...Blog à ne pas lire...

01/03/2009

01/03/09 - 02:00

A table ?

"Le comble de Jonathan ? C'est de mourir de faim devant un buffet rempli."

(Ma cousine, lorsque j'avais moins de dix ans, faisant référence à mes goûts très particuliers en matière de nourriture.)


Aimer n'est pas un sentiment imposé par une rencontre. Le prince charmant pourrait être en face de nous, si nous ne sommes pas ouverts à ce moment-là, nous ne l'aimerons pas. C'est un état intérieur que l'on plaque sur l'extérieur. C'est parce que je suis disposé à aimer, disponible pour une vague d'émotions, que tout à coup certains garçons apparaissent comme différents, possédant une aura, provoquant une attirance. On n'aime jamais l'autre pour ce qu'il est. On n'aime que l'image qu'il nous renvoie, de lui et de nous-mêmes.
C'est très clairement le fantasme de l'autre qui me séduit. Je dis que je veux tout savoir de l'autre, mais en réalité ce sont ses parts d'ombre qui me rendent fou, son inaccessibilité. Pour être heureux, j'ai besoin de le posséder ; mais pour aimer, j'ai besoin qu'il m'échappe. L'amour est une maladie qui me pousse à chercher sans cesse ce que précisément je n'ai pas. Et surtout, comme pour le désir, je suis soumis aux caprices de mon cœur et de ses interactions. Être disponible est une chose ; trouver en face ce que l'on cherche en est une autre. J'ai beau me dire qu'il me faut le prendre tel qu'il est, accepter le bon, le remercier pour son enrichissement, je reste bloqué par le moindre problème. Je crois que j'ai construit ma vision de l'amour sur un idéal qui m'a toujours manqué. Et je passe ma vie à le chercher. Mon amour n'est pas inné, il est à apprivoiser. Il vient, par vagues, augmente comme on remplit une baignoire d'eau bouillante. Mais le moindre tracas, la moindre différence exprimée, la plus petite engueulade comme n'importe quelle incompréhension reviennent à enlever le bouchon et à vider la bouteille de son ivresse. Plus j'avance dans mes sentiments et plus je fais le chemin inverse en me refermant sur moi-même. Je ne peux me donner totalement à l'autre que dans des moments de grâce où je me sens profondément aimé, et, surtout, intensément compris. Dès que je perçois une once de jugement, d'énervement, d'ignorance, d'intolérance à mon égard, tout est fini. Et tout est à recommencer. Comme un balancier éternel. Je me rapproche pour m'éloigner, je m'en vais pour revenir. Mais alors quand, quand pourrai-je me stabiliser un peu ? Quand vient l'heure fatidique, que je regarde à côté de moi, et que je me surprends à rêver qu'il soit à mes côtés, qu'il me dise des mots mous, qu'il m'embrasse, tout doux, qu'il me baise comme un fou ; et qu'il n'y a personne, juste un écran me reliant et me séparant du monde. Comment accepter de vouloir tout et son contraire ? Comment vouloir et ne pas vouloir à la fois ? C'est comme avoir besoin de manger sans être capable de se nourrir. Avec quoi vaut-il mieux s'alimenter ? Mon plat préféré est-il celui que je crois ? Avec qui partager le repas ? La seule chose dont je sois sûr, c'est que j'ai envie de saveurs et que je meurs de fin.

commentaires

01/03/09 - 11:49

alors goutter avant de mourir.

01/03/09 - 17:42

Moi je dis, mieux vaut croquer dans la pomme, quitte à découvrir qu'elle est blette. Ce sera toujours mieux que la regarder de tous les côtés en se demandant quel goût elle a...

01/03/09 - 19:47

Et si tu essayais pour une fois de te laisser aller, de plus te préoccuper de ce que tu donnes que de ce que tu reçois. Penser un peu moins à tes besoins, un peu plus à ceux de celui qui t'attire.

02/03/09 - 04:01

Un ordi dans ton lit ! Un lit sert en priorité à dormir, le transformer en annexe d'activités diurnes n'aide pas à lutter contre les insomnies. :)


Tu as une faute vers le milieu de ton article :

"Mais le moindre tracas, la moindre différence exprimée, la plus petite engueulade comme n'importe ( qu'elle ) incompréhension reviennent à enlever le bouchon..."



Et sinon, si tu idéalises, c'est que tu as déjà connu l'osmose parfaite, c'est peut-être de ce côté là qu'il faut faire un peu de ménage.

03/03/09 - 23:41

Subtile analyse !

Laisser tomber ses défenses, ses doutes sur soi, ravivés douloureusement par le regard un tant soit peu distancé de l'Autre ! Larguer les amarres, déboutonner les guêtres, se libérer des entraves ! Gagner en confiance et accepter une part de finitude, des limites, des imperfections : y voir le sel de la vie, la marque de l'"humanitude"...
Laisser aussi parler le corps ... Accepter son langage, qui hoquète avant de se mettre au diapason de l'amour ... C'est ce que je te souhaite, Jona. !

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Disneyland : 10 % de réduction sur votre passeport annuel. Pour en profiter, contactez-moi !

Jonathan, 27 ans, consultant éditorial.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.