26/02/2010Nouvelle lune (6) : RévélationNouvelle lune (1) : Fascination
Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible
Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes
Nouvelle lune (4) : Tentation
Nouvelle lune (5) : Hésitation
Rudy et moi restons pleins d'interrogations. Depuis trois mois, il était heureux avec son homme mais n'a pas su résister, en une semaine, à deux différents garçons. Si nous nous mettons officiellement ensemble, cela veut dire qu'il va briser le cœur d'une personne qui l'aime et qui n'a rien fait de mal… Et puis, tout ça pour quoi ? Tout s'est précipité tellement vite, en quelques jours seulement, est-ce que nous ne sommes pas dans une sorte d'euphorie illusoire ? Si nous nous mettons ensemble, vais-je être capable de vivre avec l'idée qu'il pourrait me tromper à mon tour ? Suis-je réellement prêt à être en couple après tous mes déboires sentimentaux ? Ne vais-je pas me réveiller, au bout de quelques jours, pour me rendre compte qu'en fait, non, ce que je ressentais n'était pas réel, c'était juste une réaction à la douleur ? Et là j'aurais le poids d'une relation, du bonheur de quelqu'un d'autre sur les épaules. J'ai envie d'être avec Rudy mais la responsabilité est trop grande.
Pourtant, le soir-même, il met fin à sa relation pour en entamer officiellement une avec moi. Il pense tout le temps à moi, me dit-il, a toujours ressenti quelque chose pour moi, depuis le jour de notre rencontre il y a neuf mois, et après tous les échanges que nous avons eus pendant ces mois jusqu'à la concrétisation sexuelle et émotionnelle de ces derniers jours, c'est une évidence que nous sommes faits pour être ensemble. J'ai peur, peur de tout ce que ça implique, mais sa décision, sa preuve d'amour, m'émeut et me transporte. Me voilà propulsé dans un couple improbable avec un adorable garçon.
Je le découvre plus qu'enclin à communiquer. La première chose qu'il me dit, au sujet de nous, c'est : pas de tabous, abordons tous les sujets, ne restons jamais sur des non-dits. Et là, je me dis : bingo. Enfin un mec qui veut parler, sans stratégie, sans égo surdimensionné, sans fierté douloureuse et mal placée. Il vient entier, authentique, affectueux, sans jamais rien cacher de son caractère ou de ses intentions. Ce qui ne l'empêche pas de s'adapter, sans que je lui demande quoi que ce soit, pour que je me sente bien, de s'inquiéter de mon sommeil, de me dire, de lui-même, qu'il va du coup nettement moins boire puisqu'il sait que je n'approuve pas. Chaque moment avec lui me donne l'impression d'être un gosse face à une pochette surprise. On se découvre même une connexion émotionnelle encore plus forte qu'on imaginait, une empathie à double sens. Lorsqu'il évoque certains aspects douloureux de sa vie, je pleure avec lui (ce qui ne me surprend pas, je sais que je suis comme ça). Mais je me rends compte qu'il est exactement pareil puisqu'un soir où je fonds en larmes, encore fragilisé et bouleversé par mes récentes pertes relationnelles, il pleure avec moi en me disant : "Je ne supporte pas de voir que tu as aussi mal".
Je suis passé, en quelques jours, du désespoir le plus total à une relation pleine de plaisir. Le contraste entre les deux est frappant et engendre une fois de plus quelques interrogations. J'ai en effet toujours l'impression que cette relation a quelque chose d'illégitime. Et ce n'est pas que parce qu'elle a commencé dans le secret. C'est comme si le malheur était tangible, concret, je le perçois toujours au plus profond de mon être. A l'inverse, le bonheur me semble vaporeux, extérieur, insaisissable, irréel. Comme si mon conte de fées n'avait pas lieu d'être ; comme si je me complaisais dans le malheur et n'avais pas le droit au bonheur.
Je me suis assez posé de questions. Depuis presque deux mois, maintenant, que je suis avec Rudy, j'essaie juste d'accepter tout ce qu'il m'apporte et de gérer avec sérénité tout le reste. Vivre pleinement plutôt que de toujours tout intellectualiser (hum, je reste moi-même quand même). Nous sommes bien ensemble, et on en oublierait presque notre lien initial. Ce qui aurait pu être glauque n'a nullement été une gêne entre nous, au contraire. Car oui, Rudy n'était pas n'importe qui, un inconnu rencontré sur le Net. Nous avons quelqu'un en commun : Rudy, c'est l'ex de mon ex, Angelounet. 24/02/2010Nouvelle lune (5) : HésitationArticles précédents
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Nouvelle lune (4) : Tentation
Le lendemain, je suis sur mon petit nuage. Rudy a une heure dans l'après-midi avant d'aller voir son homme. Nous nous retrouvons à Saint-Lazare ; nous ne nous embrassons pas, ne nous faisons même pas la bise, prenons soin de ne pas nous toucher pour se dire bonjour. Drôle d'effet après la journée torride que nous avons passée la veille, mais bon. Nous nous promenons et parlons de tout et de rien, une fois de plus. Le moment est étrange car j'ai terriblement envie de le prendre dans mes bras, d'être affectueux avec lui. Je me rends compte que je l'apprécie plus que de raison. Que je ne devrais pas ressentir tout ça, que c'est déjà bien assez compliqué comme ça. Que ça me fait chier qu'il passe la soirée avec son mec officiel. On ne se touche pas vu que nous sommes dans la rue ; j'ai l'impression d'être en cavale, de faire quelque chose d'interdit. C'est excitant.
A un moment, il s'apprête à traverser alors qu'une voiture arrive. Je lui prends alors le bras pour le retenir, retire très vite mon membre une fois que Rudy est sain et sauf. Mais, en moins d'une seconde, je l'ai perçu, son bras a commencé à se diriger vers le mien et Rudy m'a adressé un regard qui en disait long. On n'a pas besoin de se toucher réellement ni de s'embrasser pour sentir le désir entre nous. Ses yeux me bouleversent tant ils sont emplis d'affection.
Nous nous disons au revoir sur le quai du métro. Il me fait une bise, chaste, mais très proche des lèvres. C'est électrique, j'ai encore plus envie de le serrer dans mes bras, de le ramener chez moi plutôt que de le laisser partir vers son mec.
Mais je ne suis que l'amant.
Le lendemain matin, j'ai plusieurs textos de Rudy. Il me confie qu'il avait envie de me rejoindre directement en rentrant de chez son mec. Moi, il m'a manqué toute la nuit, j'avais terriblement envie de sa présence. Je suis encore touché par mes tragédies amoureuses et il n'y a qu'avec lui que j'oublie et que je me sens de nouveau vivre.
Le rendez-vous est pris, il vient passer l'après-midi chez moi. J'ai la nouille qui frétille.
En arrivant, il me raconte comment s'est passée sa soirée. Lui qui d'ordinaire a un appétit sexuel démesuré n'avait pas du tout envie de son homme. Homme qui a, d'ailleurs, senti que quelque chose se tramait. De mon côté, je suis tranquille, personne ne se doute de rien. En tout cas, pas de ça.
Nous faisons une nouvelle fois l'amour puis nous allons au Mc Do de Convention. Et ce moment s'avère décisif. Car au lieu d'en faire un lieu banal et anodin, nous abordons enfin le sujet de notre avenir commun. Malgré ma sensibilité, j'ai cette caractéristique très masculine de moins aimer l'autre après avoir joui : une fois mes besoins primaires satisfaits, celui que je pouvais désirer ardemment quelques minutes avant le rapport peut devenir une coquille vide à mes yeux par la suite. Et dans la mesure où Rudy n'était pas la personne à laquelle il fallait que je m'attache, je me serais attendu à ça.
Sauf que non. C'est tout le contraire. Assis au premier étage, un groupe de jeunes loubards pas très loin de nous, j'observe Rudy manger, sourire, parler. Et je me sens transporté par son regard. Il porte en lui une telle douceur que ça me bouleverse. Alors que nous évoquons notre histoire, j'ai des larmes étoilées plein les yeux.
Je lui avoue. Oui, je l'ai revu dans une optique de vengeance, je n'aimais pas ce qu'il montrait de lui aux soirées où nous nous sommes côtoyés, j'ai le cœur brisé et je suis instable, oui. Mais en réalité, j'avais, sans me l'avouer, toujours été attiré par lui et je me suis rendu compte que ce qui se passait entre nous allait bien au-delà du sexe. Il est le seul à m'avoir autant remonté le moral en si peu de temps, le seul à m'apporter autant de plaisir et de bonheur étant donné la situation. Il me redonne goût à la vie. Et même si c'est bizarre et compliqué, oui, s'il n'était pas déjà en couple, j'entamerais une relation avec lui.
Nous continuons notre discussion en marchant jusqu'au métro Boucicaut. Nous évoquons rapidement quelques craintes. Il se demande comment réagiront mes amis en sachant ce qu'il se passe avec "lui". Je lui explique que je n'en ai plus rien à foutre de ce que pensent les autres. Mes amis comprendront qu'il me fait du bien et que c'est tout ce qui compte. C'en est fini de se poser de telles questions : tout ce qui m'intéresse, c'est d'aller mieux, de penser à moi et à moi seul, car la dernière fois que j'ai agi contre moi-même pour préserver quelqu'un d'autre je me suis pris la plus belle claque de ma vie. Allez donc tous vous faire foutre, je saisis mon bonheur.
A l'heure où les travailleurs sortent de leur aliénation quotidienne, où les riches grand-mères du quartier font leurs courses, je passe mes bras dans le dos de Rudy, le colle à moi et lui donne un dernier baiser.
A suivre... 22/02/2010Nouvelle lune (4) : TentationArticles précédents
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Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes
Le lendemain, je me sens dans un drôle d'état d'esprit. La nuit passée à échanger des sextos avec Rudy m'a complètement retourné le cerveau. C'est la première fois que je fais ça. Certains messages ont été bien plus chauds que ce qui a été publié ici, d'autres ont abordé d'autres sujets, bien plus profonds. L'ensemble me fait me sentir vraiment bizarre. Je me sens mis à nu, comme si j'avais dévoilé mes sentiments et couché avec un nouveau garçon.
Nous continuons à échanger des messages. Il me raconte sa journée, il a allègrement couché avec son mec ; je suis un peu jaloux (et frustré), mais après tout, je ne suis rien. Je n'ai aucun droit. Et puis, qu'est-ce que je peux faire ? Je ne vais quand même pas les faire rompre.
Une nouvelle nuit où nous discutons et où nous décidons de nous retrouver au petit matin. On ne se chauffe pas trop et on se promet qu'il ne se passera rien. On a envie de se voir mais peur de ce qui pourrait arriver vu la situation complexe…
Lorsqu'il arrive, je me sens vraiment mal à l'aise. Je me demande même ce qu'il fait là, en fait. Je suis crevé par ces deux nuits, complètement décalqué et décalé. On se met dans mon coin cuisine pour prendre le petit dej et on parle comme si de rien n'était. On tente de mettre de côté la tension sexuelle qu'il y avait entre nous la veille, d'oublier qu'il a déjà un copain. Le voir lui, chez moi, un dimanche matin, c'est surréaliste. Je devrais être en train de dormir, il devrait être chez lui. Je ne suis même plus attiré tellement ça me stresse. Mais l'idée d'avoir un gentil et beau garçon dans mon lit, de lui faire des câlins, me plaît toujours autant.
Après une bonne heure à manger et papoter, l'air de rien, il se prépare à aller se coucher. Il se lave les dents, se déshabille, comme si nous étions un vieux couple. Je me mets de mon côté du lit, près du bord, je me demande s'il va se frotter à moi en passant. Même pas, il se glisse à l'autre bout sans même me toucher. C'est débile, alors, très vite, je me colle à lui. Il a tout de suite du répondant, me prend chaleureusement dans ses bras. C'est terriblement simple, incroyablement bon. Juste avoir un garçon dans mes bras, un garçon capable de donner autant d'affection, sans retenue, avec authenticité.
On continue de papoter. Je sens que le désir monte en moi (je bande, appelons un chat un chat) mais je ne veux rien tenter. Il est casé, s'il doit se passer quelque chose, c'est à lui de prendre les choses en main.
- Calme-toi, me dit-il.
- Hein, quoi ?
Il n'a pas touché ma bite, comment peut-il savoir… ?
- Ton cœur bat super vite, calme-toi…
- Ah ? Euh, mais non, il bat normalement…
Grillé.
Je retire mon T-shirt parce qu'il me donne chaud, le bougre. Et là, je sens bien que cette nudité supplémentaire le perturbe. Il a la tête sur mon torse poilu, le caresse, me l'embrasse. Il prend bien soin de rester aussi loin de mes lèvres que de mon bas-ventre de sorte que tout ceci reste très soft. J'aime sentir sa tête sur moi, je lui caresse le dos, les cheveux. J'embrasse son front, chastement. Sa main descend à peine sur mon ventre. Qu'on me caresse ainsi le torse et le ventre a un énorme pouvoir érotique, c'est l'une des choses que je préfère : je bande de plus en plus dur. Mais va-t-il se décider à aller jusqu'au bout ?
En même temps que sa main joue au yoyo sur mon torse, ses lèvres se rapprochent de mon visage. Il m'embrasse dans le cou, sur les joues, sur le front. Redescend, remonte, fait le tour de ma bouche, sans jamais la toucher. J'ai chaud, mon caleçon est trempé, mon cœur est bouleversé. Putain mais vas-y, embrasse-moi, prends-moi, allez, ne me fais pas languir plus longtemps !!! Il continue pourtant son petit jeu, au point de me rendre fou. Mon caleçon va exploser, mon cœur va s'échapper, j'ai l'impression que mon sang va gicler par tous mes pores. Le torse, le téton, le ventre, le téton, le torse, le cou, la mâchoire, la joue, près des lèvres et enfin, enfin, enfin, il me donne un baiser de Prince Charmant.
C'est le moment juste, idéal, j'ai la sensation d'être au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne. Plus rien d'autre ne compte, plus personne n'existe ; nous sommes seuls au monde, sous ma couette, à s'embrasser pour la première fois, et c'est bon, et c'est chaud, terriblement banal et unique et merveilleux à la fois. Ses lèvres si douces qu'entoure une barbe piquante offre un délicieux contraste. Je me sens complètement défaillir pour lui, pourtant je sais qu'il ne faut pas, mais je suis ainsi fait, toujours le cœur en érection autant que mon sexe.
On s'embrasse longuement, on se câline chastement : il joue sur mon ventre mais ne se rapproche jamais trop de mon humidité. Mais pour moi, le processus est lancé. Un baiser, dans ma vie, est toujours aussi intime qu'une pipe. Ainsi, l'un ne va pas sans l'autre. Me donner accès à ses lèvres c'est s'autoriser à se foutre à poil et à jouer plus en profondeur avec nos bâtons d'amour. Alors, on rapproche nos corps, d'abord habillés, je profite allègrement de son très beau cul, de sa bite, de tout son corps, avant de baisser son caleçon et de goûter à son ardent désir.
La suite est plus que conforme à mes attentes : faire l'amour avec lui est digne d'un conte de fées. Je ne m'étais pas trompé, nous sommes complètement compatibles. Il fait tout bien du premier coup, ce qui n'arrive habituellement jamais avec mes chéris. Il est volontaire, pas du tout du genre à faire l'étoile de mer et pense au désir de l'autre avant le sien. Je n'avais jamais connu une relation sexuelle qui se passe aussi bien du premier coup.
Lui aussi ressent notre connexion de folie. Je lui ai plu autant qu'il ma plu : il vante mes prouesses sexuelles (pourtant pas optimales à ce moment-là), ne s'attendait pas à ce que je sois aussi à l'aise sexuellement, que je prenne autant les devants, que je sois aussi coquin. "Tu fais tellement bien l'amour…" me dit-il. "Avec mon homme, je baise, avec toi je fais l'amour."
L'heure tourne, il nous faut nous séparer. Nous n'abordons pas les sujets qui fâchent. Moi, je m'en fous, je n'ai pas d'attaches, j'ai vécu un superbe moment. Mais lui doit se poser mille questions, doit culpabiliser d'avoir trompé son mec de la sorte… Je préfère le laisser réfléchir avant d'en parler. Je me sens bien même si j'ai la sensation d'être devenu une vraie salope.
Je me sens tout-puissant. Je repense à ce moment, quelques semaines auparavant, lorsque je me disais qu'il fallait que je couche avec lui, pour réaliser que je suis arrivé à mes fins. Je l'ai voulu, je l'ai eu.
A suivre... 21/02/2010ZéroDepuis plus de dix jours, je dors. C'est un miracle. Les premiers temps, dès la tombée de la nuit, je sentais des signes de fatigue pointer leur nez et je m'endormais avec une rapidité incroyable tous les soirs au plus tard à minuit pour me réveiller, frais comme la rose, en même temps que les travailleurs.
Si la nouvelle est excellente et me donne la pêche, elle me confronte encore plus au vide de ma vie. Tout à coup, je ne peux plus me cacher derrière une excuse. Effectivement, j'ai plus d'énergie et d'enthousiasme pour agir. Mais pas tant que ça, finalement. J'ai encore et toujours du mal à m'y mettre. C'est comme si la moindre demi-heure de labeur (i.e. travail, ménage…) devait être compensée par plusieurs heures de loisirs. En 2008, quand je bossais comme un dératé pour la Ruche, j'avais une force de travail surhumaine des jours, des semaines durant. Aujourd'hui, tout me paraît insurmontable, même après une bonne nuit de dix heures.
Je pourrais encore en trouver, des excuses. Je ne suis pas bien chez moi, envie d'hiberner en cette saison, envie de sortir dès qu'il y a un rayon de soleil, j'ai mal au dos dès que je m'assois sur mes chaises pourries… Bla bla bla. La vérité, c'est juste que je n'ai pas envie. Juste pas envie. Envie de rien. Et certainement pas de ça. Je n'arrive pas à croire que ce soit juste une question de sens des actes. Quand je passe une heure sur Facebook, ça n'a aucun sens en soi, même si c'est révélateur de mon besoin d'être relié aux autres.
Ce n'est pas qu'en la valeur travail que je ne crois plus, ni en le monde, c'est en moi. Quand j'ai fini mes études en 2007, quand j'ai travaillé en 2008, j'avais des croyances, des envies, de l'ambition. J'avais la vie devant moi, en somme. Quand je me suis mis à mon compte il y a un an, j'avais encore des projets. Mais aujourd'hui, plus rien, je n'y arrive plus. J'ai des idées, vagues, mais toujours pas l'énergie de les mettre en place. Alors que ça n'en demande pas tant que ça. Au fond, j'ai l'impression que quoi que je fasse, je n'y arriverai pas. Je ne me sens pas à la hauteur. C'est tellement cliché qu'à me lire je me dis que personne ne va y croire. Pour une fois, je n'arrive pas à retranscrire ce que je ressens - voilà, même ça je n'y arrive plus.
Depuis toujours, j'ai la sensation de ne rien savoir faire. De ne pas être doué, de ne pas être bon. Alors je sais bien que j'ai quelques compétences, qu'elles aient des implications dans la vie personnelle et professionnelle. Mais je les trouve minimes, faibles, insuffisantes par rapport à ce qu'il faudrait. OK, je sais aligner trois phrases à l'écrit, et alors ? Après ? J'en fais quoi ? Je n'aime pas écrire sous la contrainte, être rédacteur m'ennuie et je ne suis pas assez doué pour être journaliste (sans parler d'un manque de connaissances dans lequel je me complais complètement vu que je suis coupé du monde). OK, je sais aligner trois phrases en anglais. So what ? Mon niveau a considérablement baissé depuis que je suis parti à Londres, je garde un anglais courant mais je suis loin, très loin d'être bilingue et me sens donc incapable d'accéder à des fonctions qui nécessitent une parfaite maîtrise de cette langue. Alors oui, on ne peut pas me retirer mes compétences orthographiques, largement supérieures à la plupart des gens les plus cultivés. Mais là encore, ça ne suffit pas, je ne rivalise pas avec de vrais secrétaires de rédaction ; je mets ceux que je connais sur un piédestal si élevé que j'ai l'impression d'être un enfant à côté d'eux.
Je ne sais plus quoi faire de ma vie. Après des études généralistes d'anglais dont il ne reste rien, un Master de communication qui n'a servi à rien, des expériences dans la culture ou l'administration qui me paraissent si loin… Même pour être secrétaire j'ai l'impression de ne plus être à la hauteur vu que je suis empoté comme personne dès lors qu'il faut faire un truc un tout petit peu compliqué sur Word ou Excel.
J'ai tout le temps l'impression d'être "en sommeil". Comme s'il fallait attendre (quoi ? une étincelle ? un alignement planétaire ? la fin du monde ?) quelque temps avant que je ne me remette en marche. Là encore, j'ai toujours des excuses (la fatigue, la déprime, la rébellion…). Et je croise de plus en plus de gens plus ou moins comme moi - au mieux, il font un break, au pire, ils sont sortis du système depuis des années. A chaque fois ça me conforte dans l'idée que ce mode de vie est possible, que c'est ce qui me convient le mieux. Parfois, je suis frappé de voir que ces gens gâchent leurs compétences. J'en vois qui ont fait de longues études intéressantes, ou qui se lancent dans de titanesques projets d'écriture. Souvent, je suis admiratif face à leur expression, touché par leurs traits d'esprits. C'est qu'ils n'ont plus que ça à faire, en somme - penser. Comme moi, ils se laissent dériver dans les méandres de leur cerveau avec peu de branches dans le monde réel. Ils me rappellent clairement moi, ces gens, ces compétents qui ont fait le choix de ne pas être productivistes. Jusqu'à ce qu'une autre façon de voir les choses m'a heurté. Et s'ils ne savaient rien faire, en réalité ? Ce n'est pas parce que le monde ne leur convient pas, qu'ils en sont partis, c'est parce qu'ils ne correspondent pas au monde. Parce qu'ils n'ont pas de talent utile au monde du travail actuellement. Ils n'ont rien à apporter. C'est pareil pour moi. Je vois bien que je ne sais plus rien faire, je n'ai jamais su faire quoi que ce soit de vraiment bien, en fait. Ma vie, ça a toujours été d'être et de faire les choses "assez bien".
Pourtant j'ai bien conscience que dans de nombreuses entreprises il ne s'agit pas réellement de savoir-faire, mais plus de savoir-être. Je l'ai vu de mes propres yeux, ce sont les plus ambitieux, ceux qui se posent le moins de questions, qui avancent le plus vite et vont le plus loin. Ils ne sont pas les plus doués, mais ils font croire qu'ils sont les meilleurs. Tout est une question de croyance de l'autre en soi. Mais pour cela, il faut avoir confiance en soi, et ça, vraiment, je ne sais pas faire. J'ai beau le tourner dans tous les sens, je vois bien que je ne vaux rien. J'essaie de prendre tout ça comme un jeu, de faire semblant, moi aussi, mais quand on a comme valeur profonde l'authenticité, il est bien difficile d'accepter d'être un imposteur.
Il faut que je me bouge avant que je m'enterre. Mais j'aurais envie de le faire en repartant à zéro, libéré de tous mes boulets. 19/02/2010Nouvelle lune (3) : Textos nocturnesArticles précédents
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Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible
Rudy : Ca va ?
Moi : Oui, je passe la soirée avec mon ex.
Rudy : Hein ? Bah alors !
Moi : On se voit souvent, y a rien entre nous ! Il essaye de temps en temps de recoucher avec moi mais je dis tout le temps non (sauf une fois). Et là il a un copain de toute façon, donc aucun risque.
Rudy : Ah tu couches pas avec les hommes en couple ?
C'est quoi cette question ? A-t-il en tête l'idée de coucher avec moi ?
Moi : Pas avec lui en tout cas. ;)
Rudy : Putain, j'ai trop envie de te voir… Lundi, un Starbucks dans la journée ?
Et là, j'ai senti que quelque chose basculait. Il avait beau me parler de son mec, dire qu'il était content de passer du temps avec lui, il m'exprimait souvent son affection de la sorte. Mais cette phrase, "Putain, j'ai trop envie de te voir…" sortait tellement du cœur que j'y ai vu plus que de la simple amitié.
Moi : I feel like seeing you too… Ca devrait être bon pour lundi.
Rudy : On se tient au courant. Mais pas trop tard car je dors avec mon homme. ;-)
Ou comment calmer mes ardeurs en deux secondes.
Moi : Ca me va dans l'idée. Oh vous faites chier à tous être en couple !
Rudy : Bah pourquoi ?
Moi : J'aime pas les couples. :p
Rudy : Jaloux ! Et puis c'est vrai, j'aurais pu te… Enfin bon…
Ah, voilà un message qui me plaît.
Moi : Me… me quoi ?
Rudy : Te… J'en sais rien moi. ;-)
Moi : Salope. :p
Rudy : Tu as vu tes statuts Facebook des fois toi ?
Moi : J'aime bien les salopes moi. ;) Qu'est-ce qu'ils ont mes statuts ?
Rudy : Bah parfois, on voit que tu aimes les salopes. ;-)
Moi : C'est parce que j'en suis une aussi. :D
Rudy : J'osais pas le dire. Mais j'aime bien l'être moi. ;-)
Moi : J'ai bien senti quand on a parlé de cul qu'on semblait assez sur la même longueur d'ondes ouais. :p
Rudy : Arrête, tu vas m'exciter, lol.
Moi : Ne me dis pas ça, je suis une salope (et je commence à être grave en manque). De toute façon tu peux rien faire de mal, t'es au boulot.
Rudy : Exactement… Mais lundi. ;-)
Moi : Je suis pas sûr que tu puisses faire grand chose au Starbucks. :p
Rudy : Bah oui mais au Dépôt !
Moi : Oh quelle horreur !!! Je serais bien incapable de faire quoi que ce soit là-dedans. T'y es déjà allé toi ?
Rudy : Jamais dans un truc à cul ! J'ai baisé dans plein d'endroits quand même. ;-)
Moi : SALOPE ! Moi j'ai toujours été classique. Malheureusement. Et donc t'as envie d'ajouter le Starbucks à ta longue liste de dépravation ? ;)
Rudy : Non, mais j'aime bien aller chez les gens et voir leur univers.
Moi : Tu peux venir chez moi quand tu veux… :D
Rudy : Avec plaisir. ;-) Mais tu veux quand même pas m'inviter un soir ?
Moi : Il faudra bien que je t'invite chez moi pour te remercier de m'inviter tout le temps dehors…
Rudy : Bon ok. Mais le soir, j'ai tendance à rater mon train.
Moi : Ca tombe très bien. J'en ai marre de dormir tout seul.
Rudy : Tu sais ce qu'il s'est passé la dernière fois que j'ai dormi avec un garçon.
Moi : Et c'est pas allé assez loin à mon goût. ;)
Rudy : Bon, lundi chez toi alors ?
Sauf que le lundi, il n'était dispo que l'après-midi. Il me fallait trouver un soir, moment plus sensuel, pour parvenir à mes fins.
Moi : Oh l'aprem c'est triste. Lundi : Starbucks. Un soir de la semaine : chez moi.
Rudy : OK. Ce sera la semaine d'après alors…
Moi : Oh c'est dans longtemps ! Bon bah peut-être que tu viendras chez moi lundi alors, lol.
Oui parce que je suis chaud, quand même.
Nous changeons de sujet. Dans la conversation, en réponse à son questionnement sur mon état moral, je lui glisse : "ça me fait du bien de parler avec toi…".
Rudy : Moi aussi j'aime parler avec toi, ça fait vraiment du bien. Même mon homme a compris ça. Il n'est pas jaloux de toi. Tant mieux. ;-)
Et merde.
Les minutes passent sans que je réponde.
Rudy : J'en connais un qui s'est endormi !
Moi : Pas encooooooooore ! Trop excité pour dormir je crois. ;)
Rudy : J'ai bien vu que tu étais excité, vu les propos(itions).
Puis, dans un texto à part…
Rudy : Ah Jonathan…
Comme un soupir de désir… Non ?
Moi : Quoi ? T'as joui ? :D
Rudy : Euh non, j'ai pas joui. Mais je suis dans un tel état ce soir…
Moi : Putain, m'en parle pas, j'avais pas autant mouillé mon caleçon depuis très longtemps ! ^^;
Rudy : C'est bizarre. Je fais très rarement des SMS cochons mais quand j'en fais avec mon homme, c'est systématiquement en parallèle de tes SMS. Mais là, non, on continue à parler de cul. J'EN PEUX PLUS. Alors comme ça tu mouilles ton caleçon ?
Des SMS cochons uniquement en parallèle des miens ? Ca veut dire quoi ça ? Que c'est moi que tu kiffes en réalité ?
Moi : Ah oui, quand je suis excité, j'ai la bite qui mouille grave (et je transpire aussi beaucoup du cul) : je suis un homme fontaine ! :p Pas toi ?
Rudy : Je mouille beaucoup aussi. ;-) Y a même des mecs que ça a dérangé. Mais c'est pratique quand tu mets pas de capote. Ca sert de gel et hop… Oui, j'aime le sexe et je le revendique. J'ai besoin de beaucoup faire l'amour (ou de baiser aussi tiens). J'aime certains trucs aussi et je m'éclate pas mal avec mon homme car on parle bien de sexe…
Mais tu me fais chier à parler de ton mec ! Tu souffles le chaud et le froid avec moi.
Et là, il m'envoie une photo de son visage.
Rudy : Oh putain cette gueule, pas rasé depuis une semaine…
Moi : Ca te fait jamais mal de prendre un mec sans gel et sans capote ? Même en mouillant, moi j'ai la bite tellement sensible que souvent ça me tire. Alors qu'avec du lubrifiant c'est tellement bon putain… C'est tellement important le sexe, tu apprends tellement de choses sur les gens en couchant avec, et tu peux échanger et partager tellement plus que des fluides…
Note importante : il va de soi que cette discussion de sexe sans protection sous-entend des rapports sexuels dans un couple fidèle, après plusieurs mois de relation et tests effectués.
Moi : Oh putain salaud, tu fais exprès de m'envoyer une photo de toi pas rasé !!!
Surexcité, je suis à deux doigts (!) de lui envoyer une photo de mon émoi, pour le chauffer. Mais je reste pudique, aucune photo de mon anatomie n'a jamais été faite (je pourrais être Miss France, moi), alors je retire mon caleçon, je le mets au sol et je le prends en photo.
Rudy : Euh, tu es tout nu alors ? Prendre un mec sans gel et sans capote ? Bah je lui lèche le cul s'il faut. Je suis pas rasé et je pique grave. Tu aimes ça ? Là, je pique. Bah j'ai le boxer tout mouillé aussi. Grrr.
Moi : C'est une nuit pleine de surprises et d'humidité…
Rudy : Tu me donnes chaud. J'ai une demi-molle depuis trop longtemps là. Heureusement que je suis au taf. Tu m'excites en plus, tu le sais…
Moi : J'avoue, heureusement que tu es au taf, je n'aurais pas été très sage sinon… Déjà que je ne te facilite pas la tâche. Mais quand un mec m'excite j'ai du mal à me contenir.
Rudy : Oh putain, j'en peux plus…
Et voilà, au moins, là, il ne pense plus à son mec, mais à moi.
Rudy : Je te pensais pas si chaud comme ça mais c'est avec plaisir que je te découvre ;-p (oui, j'y mets la langue). Mais effectivement heureusement que je bosse car sinon…
Moi : Je ne suis pas facilement attiré, tu sais… Alors quand je suis sûr de ce que je ressens, ouais je suis chaud. :p Et puis j'ai tellement l'impression qu'on a la même approche du sexe que ça me perturbe un peu. ^^;
Rudy : Toi, tu me plais. Je te l'ai dit tout à l'heure. Ce n'est pas uniquement physique. J'aime nos échanges, être avec toi… Et physiquement, quand tu as un T-shirt ou un polo un peu ouvert, ça me déconcentre. Tu es mignon Jonathan, tu le sais. Bon, repose-toi… Tu as bien de la chance d'être dans ton lit, j'aurais aimé y être.
Moi : :) You're fucking sweet. Je ne me l'explique pas mais tu me fais du bien. Merci pour tout ça… Avec toi j'oublie tout ce qui m'a blessé ces derniers temps. Tu es vrai avec moi et ça me touche. Et en plus je rêve de ta barbe et de ton cul (voilà, c'est dit). Putain je devrais pas te dire tout ça ! I like you and I wish you were here.
Rudy : Je te fais du bien ? J'adore cette relation avec toi. Tant de réciprocité. ;-) Si ça te fait du bien, tant mieux, ça me fait plaisir. Tu rêves de ma barbe ? Ca va piquer là… Bon, pour mon cul, ok. Il paraît qu'il est bien accueillant.
Moi : Bah ça me fait du bien de t'avoir dans ma vie. Ta barbe, ta bouche, ton sourire… Ca dépasse le physique tout ça, y a un TRUC quoi. Y a un truc…
Rudy : Euh, j'ai un peu de mal à croire que je puisse faire cet effet mais bon. ;-) Ca fait plaisir en tout cas. Tu as jamais goûté à ma bouche, tu peux pas savoir… Putain, tu m'excites aussi…
Moi : Tu sais, souvent, les feelings sont réciproques. La connexion va dans les deux sens. Tu m'aimes bien, je t'aime bien… Et puis t'es vachement mignon, et t'as de la barbe, lol. J'ai des images plein la tête. Il faudrait que je la goûte, justement, ta bouche…
Il m'envoie une photo de lui.
Rudy : 05h21, c'est dur le taf de nuit. Je vais vieillir plus vite…
Moi : Moi je te trouve chou quand tu es fatigué.
Rudy : ;-) Tu vas être crevé toi demain… Je sais pas quoi répondre à ton SMS précédent mais ça me touche vraiment beaucoup. Tu me fais plaisir… Tu as pas sommeil ?
Moi : Je suis crevé mais j'arrive pas à dormir. Tu tiens bon toi ?
Rudy : On prend un café ? Moi, ça va. La pression est redescendue. ;-)
Moi : Tu veux filer du café à un insomniaque ? Tu veux ma mort ou quoi ? ;) Va vraiment falloir que je dorme là… T'es pas censé rejoindre ton homme en plus ?
Rudy : Bah si mais il dort. Alors le rejoindre à 08h ou à 09h c'est pareil.
Moi : C'est pas l'envie qui manque, mais ce ne serait pas sage de se voir après une telle nuit… ;)
Je finis par décider d'aller me coucher et de le laisser à son couple.
Rudy : Bisous doux.
Moi : Bisous fous.
Rudy : A ce point ? Arrête, je vais prendre la ligne 12 sinon…
Moi : Ne me tente pas ! Rentre chez ton homme ! On n'est pas sages…
Rudy : Si on se voit, c'est pas forcément pour tromper mon homme. Je suis quelqu'un de bien (enfin, j'essaie le plus possible). J'arrête de te tenter alors. :( Je ne vois pas en quoi on n'est pas sages.
Moi : Oui mais là, je ne serais pas sage et quelqu'un de bien, je vais te sauter dessus, je le sens, et c'est pas cool pour toi…
Rudy : C'est quoi ton adresse ? lol
Je lui donne alors mon adresse.
Rudy : Ce matin, ça va être (trop) chaud. Mais si j'arrive à te maintenir éveillé demain pareil, je viendrai avec des croissants. ;)
Moi : Ca me rassure, je préfère ça, c'est plus sage. Ne nous emballons pas. Cette nuit était chouette, c'est tout ce qui compte. :) Bisous, mal rasé. :p
Rudy : J'étais pas loin pourtant, lol. Repose-toi bien. Bisous doux qui piquent.
A suivre… 17/02/2010Nouvelle lune (2) : L'impensable impossibleSuite de l'article Nouvelle lune (1) : Fascination
Passer un moment avec Rudy me faisait plaisir, même si je savais que rien ne se passerait vu qu'il était en couple depuis trois mois. Jamais je ne gâcherais ça au prix d'un coup de bite.
Pas grave, Rudy devient mon ami. C'est déjà un grand pas en avant de savoir que mon corps fonctionne toujours. Les textos que nous nous échangeons me plaisent. Il a une façon de me parler qui me flatte, il m'aide à me sentir bien. Avec lui, je n'ai plus l'impression d'être une sous-merde. Il est parfois un peu limite lorsqu'il me dit qu'il a envie de me revoir, mais sans jamais être vraiment ambigu ; j'ai toujours connu Rudy en couple et il s'est toujours exprimé de la sorte. Je sais donc bien qu'il a un peu tendance à en faire trop dans ses mots, même en amitié. Mais pour une fois, une relation dépourvue de cynisme est une bouffée d'air frais. Il est entier et vrai, y compris dans sa façon d'exprimer son affection. Et quand je le taquine sexuellement, il ne surenchérit pas.
Je revois Rudy juste après avoir eu mon aventure avec Bradshaw. Il a du mal à comprendre que sa sainteté Diabolito ait pu coucher aussi facilement avec lui et ait renoncé à ses valeurs pour se taper un beau gosse. Je lui explique la complexité et la profondeur de la situation. Le dîner se passe bien, à l'exception de la pizza quatre fromages et du vin qu'il engloutit seul ; cette vision d'un homme ingurgitant deux produits qui me dégoûtent a le don d'annihiler tout désir. Cela ne m'empêche pas d'apprécier le jeune homme, je le lui manifeste en passant ma main sur son cou en revenant des toilettes ; je suis devenu si tactile ces derniers mois. Il passe bien vite à son tour aux chiottes, puis nous quittons le restaurant pour nous promener.
Une fois de plus, il fait froid, mais parler pendant des heures nous réchauffe. Il finit par me complimenter sur mon physique - alors que je me sens particulièrement moche ces derniers temps. On regarde mes photos et il s'amuse à en faire le commentaire : là-dessus, t'es vraiment mignon, par contre sur celle-ci, c'est quoi cette vieille coupe de cheveux ? C'est quoi cette mèche ? On rigole, j'aime son honnêteté. Par contre, il a tendance à être scotché à son iPhone (en geek ultime qu'il est) et ça a le dont de m'emmerder bien profondément. Je considère en effet que lorsqu'on est en compagnie de quelqu'un, on ne passe pas son temps sur un appareil technologique… De plus, il envoie sans cesse des textos à son mec. Euh, tu l'dis si j'te soûle ?!
Qu'importe, je l'aime bien, il me détend, me fait rire et sait me réconforter quand ça ne va pas. J'ai gagné un ami.
Rudy et moi n'avons ensuite pas l'occasion de nous voir avant pas mal de temps. Nous continuons alors à échanger régulièrement grâce aux nouvelles technologies. Le rôle de confident lui va bien. Et moi je suis son psy !
Jusqu'à ce qu'il m'avoue avoir vraiment besoin de me parler… Pour me confier qu'il a trompé son mec avec un qu'il a rencontré en soirée. Je n'en reviens pas. Mais, tout de suite, cela fait sauter une barrière dans ma tête : s'il l'a trompé avec lui, alors il peut le tromper avec moi.
Je ne voulais pas briser un couple, m'insérer entre eux, mais puisque Rudy est capable de s'enthousiasmer rapidement pour un autre garçon, alors il est possible qu'il s'intéresse aussi à moi. Il manifeste toujours l'envie d'être fidèle mais je sens, depuis toujours, dans ses mots, qu'il reste toujours ouvert à une rencontre inopinée. Et je sais qu'il m'aime bien, qu'il me met un peu sur un piédestal. Je pourrais parvenir à mes fins. J'imagine la tête de mon entourage s'ils l'apprenaient…
Mais voilà, Rudy aime son homme. Et décide de rester avec lui, d'oublier l'incident, de passer à autre chose.
Je suis bien vite rattrapé par ma morale (ne touche pas aux hommes mariés). Je n'ai pas le droit de me servir de lui pour me faire du bien. Mes amies me conseillent toutes de foncer. Je n'ai pas à me préoccuper de sa situation amoureuse à lui ; je ne vais pas le violer, s'il est consentant, c'est son problème, pas le mien. Après tout, je suis libre comme l'air et j'ai le cœur en miettes.
Que faire ? Dois-je rester un simple ami et me cantonner à ce rôle qui me convient ? Etre celui à qui il se confie ? Ou passer du côte obscur de la Force en tentant de coucher avec ce garçon qui m'intrigue tant ?
A suivre... 15/02/2010Nouvelle lune (1) : FascinationMes intentions n'étaient pas innocentes en le revoyant. Je savais qu'une relation entre nous aurait l'effet d'une bombe dans ma vie. Dans ma nouvelle comme dans l'ancienne. Une solution pour contrer les effets dévastateurs de mes derniers drames sentimentaux ? Mais je ne m'attendais pas, vraiment pas, à ce qui allait suivre.
Sur Internet, j'aimais bien Rudy. Pourtant je trouvais sa façon de s'exprimer quelque peu étrange, presque enfantine, sans jamais réussir à la définir complètement. Il me racontait sa vie, se confiait à moi facilement, me manifestait un intérêt qui faisait plaisir. Mais à chaque fois que nous nous croisions, j'étais déçu par la réalité. C'était toujours en soirée, où il était bourré. Il me faisait penser, au choix, à un poivrot beauf de 23 ans ou à une petite pute sans éthique.
Il m'avait plusieurs fois proposé de nous voir, seuls, dans d'autres circonstances, mais je n'avais jamais donné suite. Début décembre, dans l'optique de me remettre sur pied, je lui propose un rendez-vous en tout bien tout honneur. Voir de nouvelles têtes (et pourquoi pas une nouvelle bite) est tout ce dont j'ai besoin à ce moment-là.
A peine est-il sorti du métro Bastille que je me sens vraiment - vraiment - content de le revoir. Le contact de sa barbe sur ma joue au moment de lui faire la bise me fait un peu trop plaisir et le geste qu'il fait lorsqu'il fume m'apparaît alors sexy. Damn, what's wrong with me ? Comment puis-je être attiré par "lui" alors que ça fait neuf mois que nous nous "connaissons" ? Ca ne peut être qu'à cause de notre lien si particulier, je dois vraiment avoir l'esprit tordu et pervers…
Au Starbucks, le temps passe vite et la discussion ne se tarit pas. Le jeune homme a un esprit qui fonctionne différemment du mien : il ramène souvent la parole à son expérience, va de digression en digression (alors que j'aime aller en profondeur). Mais, surprise, malgré ces défauts de communication, il revient toujours au sujet initial et semble sincèrement intéressé par ce que je lui raconte. Il m'écoute, me conseille et tente de me comprendre. Je ne m'y attendais pas et ça me fait vraiment du bien. Il est agréable, le petit Rudy.
Nous décidons de finir l'après-midi en nous promenant dans Paris, où nous discutons sans nous arrêter. Rue de Rivoli, au niveau des Tuileries, nous abordons le sexe. Et là, c'est une révélation : il en parle aussi simplement et librement que moi. Bien que nos pratiques ne soient pas exactement les mêmes, je sens qu'il perçoit la sexualité de la même façon que moi. Je suis sûr et certain que coucher ensemble serait divin. Nous sommes parfaitement compatibles, ça ne fait aucun doute. Il fait froid, nous marchons dans la rue, et pourtant, je sens la chaleur m'envahir l'entrejambe et mon caleçon s'humidifier de désir. C'est la première fois, depuis mes histoires, que je suis attiré par quelqu'un. Et il faut que ça tombe sur un garçon qui est en couple et heureux.
A suivre... 09/02/2010L'épée de la nuitJe ne me sentais pas trop mal, dans mon mode de vie décalé, mais depuis une ou deux semaines, c'est la catastrophe : je ne dors plus que le jour. Si je parviens à m'endormir "tôt" (entre 1h et 3h du mat' quoi), je me réveille après maximum quatre heures de sommeil, impossible de rejoindre les bras de Morphée (enculé).
Vivre décalé quelque temps ne me gêne pas, j'y trouve mon compte. Mais cette situation devient de plus en plus pesante. Je vois à peine la lumière du jour (à mon coucher, entre 9h et midi) et, comme lorsque j'avais un rythme 4h - midi (celui de ma vie entière, en fait), je suis épuisé sur mes heures d'éveil. De plus, cela compromet toute tentative d'une vie épanouissante : la nuit, je ne peux pas sortir et avoir des activités, je ne peux même pas aller me promener. C'est frustrant, car même quand je finis par prendre une décision d'avenir, quand je commence à échafauder des projets, tout s'écroule parce qu'une fois de plus je suis rattrapé par la maladie.
J'ai l'impression d'avoir tout essayé, toutes les méthodes. Je me suis même remis aux somnifères et anxiolytiques alors que j'avais arrêté depuis trois mois (drogué !). Je rêve qu'on découvre enfin LA cause, qu'on comprenne mon mal et qu'on me propose une solution, une vraie, une efficace, celle qui me changerait la vie, qui me guérirait. A défaut, faites de moi votre cobaye, mettez-moi dans une cage, analysez tout ce que vous pouvez, charcutez-moi, droguez moi, tuez-moi, je m'en fous, pourvu que ça change.
Comment concevoir une vie sociale, amicale, professionnelle, amoureuse dans ces conditions ? Tout me fatigue, tout est douloureux. J'ai l'impression que ma vie est gâchée, que mes mains sont liées et que je me bats contre un monstre invincible. Quel est l'intérêt de vivre dans ces conditions ? A défaut de dormir, saurais-je mourir ?  |
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Jonathan, 30 ans.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |