10/01/2010Through the Broken GlassCliquer ici pour lire la première partie de l'histoire.
J'ai lu l'intégralité du blog de Bradshaw en une semaine. Après avoir été intime avec lui, j'avais besoin d'en savoir plus sur lui ; et comme en plus il a, semble-t-il, tout lu de moi, cela me permet de rééquilibrer la balance.
Je découvre ainsi que nous semblons animés par la même faiblesse dépressive, la même empathie, le même sentiment de marginalité avec difficulté d'insertion dans le monde. Nous portons une faille similaire, sauf qu'elle semble bien plus profonde chez lui et que nous y réagissons complètement différemment. Je me bats avec mon psychisme, tente de tout comprendre, de tout analyser, de tout contrôler, au point de trouver difficilement le sommeil. A l'inverse, Brad fuit cette douleur en faisant tout, absolument tout, pour l'oublier : il sort, boit, fume, se drogue et dort à outrance (en tout cas, c'est l'impression que son blog donne).
Son univers me fait flipper et m'intrigue. Je découvre le milieu de la nuit que je pensais pourtant connaître un peu. Je me rends compte à quel point c'est un monde parallèle, avec d'autres règles, d'autres modes de fonctionnement. A chaque fois qu'il parle de drogues, notamment, cela paraît tellement simple ; à croire que tout le monde prend de la coke en boîte. Comme quoi, on voit ce dont on a envie en chaque lieu. On ne m'a quasiment jamais rien proposé d'illicite, j'avais donc naïvement pensé que, de nos jours, on ne se droguait pas tant que ça en boîte ; sur le blog de Bradshaw, les nuits hallucinatoires semblent anodines.
Alors je fais quoi, moi, de tout ça ? Je me sens attaché à un mec dépressif dont le mode de vie est à l'opposé de mien. Il y a de fortes chances que vu mon état, on se tire vers le bas. Mais qu'importe, j'aime vivre les choses et ai envie de le découvrir quand même.
Sauf qu'il n'y a pas tellement de répondant de son côté. J'ai du mal à le comprendre. Il me contacte régulièrement, on s'échange des messages tous les jours, mais la plupart du temps ce qu'il m'écrit est vide de séduction. J'essaie, dans un premier temps, de jouer son jeu - celui de la stratégie, de ne pas paraître intéressé pour le laisser venir à moi. Ca fonctionne pas trop mal : à chaque fois que je suis distant, il vient vers moi. Mais je n'aime pas les relations calculées, c'est naze, j'ai juste envie de me laisser aller à ce que je ressens, de partager des moments, d'échanger. Avec Bradshaw, il faut jouer aux échecs. Alors je finis par m'ouvrir à lui. Je lui avoue que j'avais envie d'un deuxième soir (il semble surpris : il ne me connaît pas tant que ça, alors). Je lui arrache une discussion dans laquelle il me fait comprendre qu'il ne sait pas ce qu'il veut avec moi. Je lui envoie un mail pour lui dire clairement que j'aimerais bien le revoir et voir où ça peut nous mener ; jamais il n'y répondra.
Il me donne l'impression d'être dans une tour d'ivoire, avec le besoin de tout contrôler. Et c'est seulement quand je lui tourne le dos qu'il se rapproche. Si je vais vers lui, il regarde ailleurs. Ce qui me gêne le plus, c'est de ne jamais parvenir à vraiment communiquer avec lui. Quel que soit le support (mail, Facebook, texto, de visu), il garde le mystère sur ce qu'il pense et ressent. Le véritable échange s'avère impossible.
C'est lorsque je découvre un nouvel article sur son blog que je comprends mieux. Il n'a pas que moi en tête (m'y a-t-il eu, d'ailleurs ?), je ne suis qu'un garçon parmi tant d'autres, une énième groupie. Et je déteste ça. Je ne l'accepte pas. Je veux vivre une vraie relation, pas un jeu de séduction stérile.
Alors, sans rancœur, j'ai laissé tomber et suis tout de suite passé à autre chose.
Je suis content de ce que j'ai vécu avec lui. Déçu que ça n'ait été qu'une aventure d'une nuit, une fois de plus (l'histoire se répète), car je ne trouve pas ça épanouissant, mais satisfait tout de même par ce que ça m'a apporté. Cette fin-là n'aura au moins pas été tragique et m'aura permis de reprendre espoir : même au plus mal, noyé dans le noir, on peut vivre de belles choses.
Et moi, j'ai repris mes bonnes vieilles méthodes qui ont toujours fait leur preuve : ne pas coucher dès le premier soir. Enfin, presque...  |
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Jonathan, 27 ans, consultant éditorial.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
10/01/10 - 21:01
bonsoir diabolito, je vous sens mieux, nous le voyons dans vos écris.
passant (visiteur - site web)