...Blog à ne pas lire...

25/03/2011

25/03/11 - 00:39

Piliers (3) : Verrou

Dans le RER qui me ramène chez moi, malgré la fatigue, je suis heureux. Cette vie qui s'ouvre à moi, ces garçons que je rencontre en soirée, toutes ces possibilités me font tourner la tête et je n'ai pas envie que ça s'arrête. Marco, tu es bien mignon, mais je doute de vouloir poursuivre bien loin cette histoire. Je ne suis pas prêt. Je lui envoie tout de même un texto gentil et poétique.

Après quelques échanges agréables, nous décidons de nous voir le lendemain ; rendez-vous chez lui à 22h, je pourrai passer la nuit dans son studio. A travers ses textos, il me donne l'impression d'être un garçon bien sous tous rapports, et je me dis qu'il faut lui laisser une chance. Après tout, je n'ai jamais aimé coucher une seule fois avec un garçon, j'apprécie quand les rapports s'inscrivent dans la durée, que nos peaux s'apprivoisent et s'habituent au goût de l'autre. "Et moi, j'ai envie que tu l'encules" me dit, avec classe et délicatesse, ma meilleure amie. (Bon, j'avoue, j'ai bien envie de profiter de ses fesses musclées.)

La peur au ventre, je me rends dans un quartier nord de Paris, où il réside. J'angoisse car je ne suis quasiment jamais allé dans ce coin, qui m'évoque l'insalubrité et l'insécurité. J'ai clairement peur de me faire agresser et je range bien profond mon iPhone quand j'arrive là-bas. J'angoisse également car, dans le fond, Marco pourrait être un dangereux psychopathe qui souhaite me faire saigner le cul avec sa grosse bite, m'attacher aux barreaux du lit et me laisser mourir là.

Il m'ouvre la porte. Je me penche pour lui faire un smack. Il me tend sa joue. Ah. J'ai dû rater un épisode. Par texto, il joue l'amant, mais une fois chez lui, il a changé d'avis ? J'comprends pas. Putain les mecs, vous êtes vraiment relous parfois.

Son intérieur s'avère assez rudimentaire, fidèle à l'image roots que j'avais commencé à construire. Pendant des heures, on parle, on parle, on parle. Enfin, il parle. Comme à mon habitude, je le questionne sur sa vie, sur ses amours passés, sur la naissance de sa sexualité (un thème qui me passionne depuis quelques mois tant les différences d'une personne à l'autre sont majeures). Je me rends compte que lui et moi avons beaucoup en commun. Néophobie, répulsions alimentaires et autres névroses et prises de tête, Marco s'avère aussi riche qu'une pochette surprise. A la différence — importante — que, lui, il s'en est sorti. Je suis subjugué. Car non seulement il comprend parfaitement mes blocages psychologiques, vu qu'il les connaît de l'intérieur, mais il a réussi à les dépasser. Je ne pensais pas que c'était possible. Bien sûr, j'en ai croisé des centaines de gens qui ont voulu me faire changer, mais ils l'ont toujours fait en me brusquant, en voulant me forcer — j'ai toujours détesté les obligations. A écouter Marco me parler de son évolution, j'entrevois la possibilité de grandir moi aussi.

Et sinon, on baise ? Nan parce que ça fait quatre heures qu'on discute, donc ce serait bien de passer aux choses sérieuses quoi. Pendant tout ce temps, il n'a aucun geste d'affection envers moi. J'ai beau faire mon plus grand sourire de pouffiasse, m'allonger innocemment sur son lit, rien n'y fait. A aucun moment il n'entre en contact physique avec moi.

Quand on se couche enfin, le suspense est entier. Pendant deux secondes. A la troisième, on se prend dans les bras et on s'embrasse. Je goûte à nouveau à ses lèvres lippues, à sa langue joueuse, à ses mains de travailleur. Je ne me sens pas parfaitement bien ; est-ce la fatigue accumulée ces derniers jours ? Est-ce qu'il ne me correspond vraiment pas ? Ou est-ce son comportement sexuel ? Marco, visiblement en forme, lui, finit par prendre les choses en main. Allongé sur moi, il m'écarte les jambes et sa bite fait toc toc pour rentrer. Mais euhhhhhh comment dire… Tu sais pas que je ne suis pas passif ??? Je visualise rapidement la soirée où nous nous sommes rencontrés, je repense à la discussion que nous venons d'avoir, et je me rends compte avec effroi, que non, il ne sait pas. Je ne lui ai jamais dit que j'étais actif et j'ai eu un comportement de pucelle effarouchée depuis que je le connais, alors forcément, il s'imagine qu'il va pouvoir me prendre. Merde merde merde, je fais quoi ? Faut que je lui dise, mais j'ose pas, j'me sens bête, putain, pourquoi on n'en a pas parlé avant ? Oh le con.
Je commence limite à débander, j'ai la rondelle serrée comme si ma vie en dépendait, alors il finit par comprendre sans prononcer un mot, à changer de position et me tendre sa croupe pour que je le pénètre.

Puis il se colle à moi pour dormir, prend un peu trop de place à mon goût (il fait super chaud) et, au petit matin, on remet ça.

A suivre…

21/03/2011

21/03/11 - 21:05

Piliers (2) : Lit

Chacun commence à se préparer à aller au lit. Je me rends alors compte que le canapé sur lequel je dois dormir avec Marco ne se déplie pas. Nous devrons nous coller. Lapin Blanc sort des couvertures et autres oreillers. Il nous demande si nous souhaitons partager une couverture ou si on en veut une chacun. J'attends deux secondes pour voir la réponse de Marco, qui reste coi. Je précise donc, l'air de rien, qu'une seule suffira. (Non mais c'est vrai, de toute façon, c'est l'été, il fait chaud, tout ça…)

Marco se déshabille. Je découvre son torse. Lapin Blanc croise mon regard à ce moment-là, et, à son habitude de jouer en mettant les pieds dans le plat, s'exclame bien fort : "Oui il est bien foutu Marco !" Je m'échappe vite fait pour me laver les dents, tout en pensant à son torse effectivement bien dessiné et musclé. Chair ferme et douce. Je le goûterais bien.

Tout le monde se couche. Vu l'étroitesse du canapé, il faudrait que je me mette sur le flanc, mais je m'allonge sur le dos, le bras du côté de Marco derrière ma tête, en signe d'accueil. Lui est sur le ventre, le visage tourné vers moi, la main proche de mon torse nu.

Quelques minutes passent.

Rien d'autre ne se passe.

Je bouge un peu. Trouve le moyen de coller un bout de mon corps contre son coude. Dans mon langage à moi, ça veut dire : "Allez mec, fonce !!!".

Quelques minutes passent.

Rien d'autre ne se passe.

Alors je réfléchis. Je ne comprends pas. Pourquoi il ne se rapproche pas de moi ? Pourquoi il ne me prend pas dans ses bras ? Pourtant, dans la soirée, il a mis sa main sur mon épaule, sur mon dos, a fait quelques allusions… J'ai dû me faire des films. La vie, c'est pas comme les films romantiques. Même si je suis comme une meuf. Une vraie gonzesse. Je pourrais prendre les choses en main. Agir, pour une fois. Ne pas attendre que l'autre fasse le premier pas.

Je me repasse le film de la soirée. Et je me rends compte que mon comportement ne laissait pas tellement percevoir que j'étais intéressé. Que je ne lui ai jamais envoyé de signal clair, que je n'ai jamais cherché à le toucher, que je ne lui ai fait aucune allusion. Je me suis contenté d'accepter les contacts qu'il me proposait. Timide, je n'ose rien faire, et si je ne dis pas non, c'est que ça veut dire oui. Quand un mec me déplaît, je lui fais comprendre rapidement et je ne le laisse pas poser sa main sur moi. Mais ça, Marco ne peut pas le savoir, il ne peut pas se douter qu'il a affaire au pédé le plus chiant de Paris !

Tout le monde s'est assoupi. Je suis crevé, j'en ai marre, je décide de me mettre à mon aise et de cesser d'être sexy pour dormir : Lexomil, boules quiès et masque sur les yeux. Je tourne le dos à Marco et me laisse étreindre par Morphée.

...

Une heure après, un train hyper bruyant passe et me réveille malgré les boules quiès. Très désagréable. Du coup, j'ai un peu de mal à me rendormir. Mon cerveau se remet en marche, bien que dans le coton du médicament et du sommeil. Putain, je suis vraiment trop con à toujours faire ma gonzesse. Si seulement j'osais simplement le prendre dans mes bras. Alors que je change de position et que je me tourne vers lui, sans même m'en rendre compte, désinhibé par mon médicament, je pose ma main sur son torse. Après tout, personne ne le saura jamais, même pas lui. Et s'il se réveille, je mettrai ça sur le compte du sommeil.

Ah mais… mais c'est que ses doigts me caressent. Il… il ne dort pas finalement. Il se colle à moi, même. La chaleur de son corps m'atteint. Son visage se rapproche du mien. Son front rejoint ma joue. Remonte doucement. Les yeux toujours fermés, la main sur moi, il goûte à mes lèvres.

On s'embrasse et on se câline. C'est mignon comme tout. Roger et son amie dorment à quelques mètres de nous. Je le sais parce que l'un des deux ronfle et l'autre respire fort. Donc tout va bien. Mais moi, après quelques minutes de bisouillage et de caressage, je… comment dire. Je finis par être très humide, pour rester poli. Et alors que nos corps s'unissent complètement l'un à l'autre, je me rends compte que Marco est aussi excité que moi.

Mon dieu mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?! Qu'on se fasse des bisous, passe encore, mais coller ma bite contre lui alors que nous ne sommes pas seuls, c'est indécent. Je n'ai (presque) jamais fait du sexe avec quelqu'un d'autre dans la même pièce. Ce ne serait pas bien, ce serait manquer de respect aux autres.

Bisous, caresses et mains qui descendent. Il est brûlant et moi aussi.

Oh et puis merde ! J'ai le droit de vivre, moi aussi j'ai envie d'être heureux, alors si ça les dérange les deux autres, bah ils nous le diront !

Nous retirons nos caleçons et batifolons en essayant d'être les plus discrets possibles. Mais même quand on ne fait "que" se branler et se sucer, c'est dingue ce qu'on fait comme bruit. Si j'arrive à bien contrôler ma respiration, je la sens tout de même très haletante, au rythme des va-et-vient qu'il impose avec plaisir à mon sexe. C'est qu'il se débrouille pas mal, le Marco. Lorsque je lui rends la pareille, je prends bien soin de garder la couverture sur moi, sinon les deux endormis auraient une pleine vue sur mon cul. D'ailleurs, je ne suis plus très sûr qu'ils dorment. Le froissement de nos ébats semble provoquer une agitation à quelques mètres de nous. Mais personne ne se plaint, alors je continue.

Le soleil commence à se lever. Il faudrait songer à finir si on ne veut pas être complètement grillés. Je suis allongé, Marco se place à quatre pattes entre mes jambes. La position ne me stresse pas même si je suis un peu plus "passif" que d'habitude : je sais bien qu'il ne va pas tenter de me faire le cul ici. On se touche vigoureusement jusqu'à provoquer la jouissance de l'autre ; je me prends tout sur le ventre. Heureusement que j'ai ce qu'il faut à proximité. Il s'étale sur moi, en sueur, et s'endort dans mes bras.

Deux heures après, nous sommes réveillés par l'agitation matinale générale. Certains ne sont pas dupes de notre rapprochement, mais qu'importe. En groupe, Marco et moi osons à peine nous regarder, comme gênés par nos contacts nocturnes, éblouis par les marques qu'ont laissé les draps sur nos tronches. Alors que je m'apprête à regagner mes pénates, il trouve le moyen de me demander mon numéro de téléphone, que je lui donne malgré tout. J'aimais ce silence depuis notre réveil, j'aimais l'incertitude quant à le revoir, devoir le chercher sur Facebook, demander ses coordonnées à quelqu'un.

Je quitte cette lointaine banlieue plein de bons souvenirs, le ventre collant. Mais sans savoir si j'ai envie de donner suite à cette histoire.

A suivre…

16/03/2011

16/03/11 - 02:44

Piliers (1) : Portes

— Faut trop que je te raconte un truc : j'ai failli faire un truc à trois !
— Mais quelle traînée ! me répond Rouge Cerise.

C'est l'un de mes correspondants sur Twitter. Grâce à lui, aux nombreux messages qu'il m'a envoyés, je suis resté sur le site après ma rupture. On se confie de plus en plus l'un à l'autre, et nous avons prévu de nous rencontrer prochainement — ce qui me stresse un peu, évidemment, vu comme je suis timide.
Nous aimons à disserter sur tout et sur rien, enfin, surtout l'amour et les pédés. On évoque nos fantasmes. Il s'avère que lui comme moi aimerions bien, non pas vivre un simple plan cul, mais une relation à trois. Est-ce que ce serait possible ? Comment ça fonctionnerait ? Qui dort avec qui ? On s'amuse à essayer d'imaginer une telle vie. Mais il est certain que son copain, Isidore, n'apprécierait pas cette situation. Sachant que ces deux garçons semblent particulièrement beaux, l'idée m'amuse.

C'est déjà tellement compliqué à deux, alors à trois. De toute façon, honnêtement, je commence à me sentir bien dans ma peau. Ma vie devient amusante, célibataire. Je ne vais pas aller m'emmerder avec un mec. Même si un bon coup de bite me ferait du bien. Et c'est dans cet état d'esprit que je délaisse Twitter le temps d'une soirée. Dommage que les textos me parviennent encore.

"Encore des pensées."

Ce soir de fin juillet, je vais chez Lapin Blanc et Ours Brun, le couple gay le plus beau que je connaisse. Bah tiens, justement, avec eux, je ferais bien un truc à trois. Même un plan, n'importe quoi, juste pour avoir le plaisir de goûter à leurs corps qui paraissent si délicieux.

Ils habitent un grand appartement à l'autre bout du monde (enfin, de l'Ile-de-France, mais j'ai l'impression de devoir prendre mon passeport tellement ça me semble loin). Il est possible de dormir sur place, mais comme je suis crevé et que je n'ai plus 16 ans, je songe plutôt à rentrer avec les derniers RER.

Arrivé en province chez eux, je retrouve une amie et fais la connaissance d'un pédé pote à elle qui s'avère super intéressant. Roger est psy, et moi qui suis intéressé par ce domaine depuis toujours, je ne cesse de le questionner sur son activité. On parle de tout et de rien, mais je remarque que lui ne me questionne pas des masses sur qui je suis ni ce que je fais. Enfin, il n'hésite pas à aborder le sujet du cul, et on s'amuse à parler sodomie : il m'explique qu'aujourd'hui il peut être aussi bien actif que passif alors qu'avant, non. Ah, un espoir pour moi alors ? Je remarque également que, pour un psy, il n'est pas franchement à l'écoute. Face à notre amie assez attristée par ses derniers déboires sentimentaux, je reconnais qu'il a un discours de thérapeute, mais il ne semble pas enclin à la laisser parler ; il réagit comme un robot qui déclamerait la même phrase à chaque fois qu'il entend certains mots-clés. Mais pas de réelle écoute de l'autre, pas de compassion, pas de libération. Ni vraiment psy, ni vraiment ami selon moi.

Des filles viennent m'aborder et s'intéresser à ce que je fais. Ca me surprend et j'en viens même à me demander si euh, y en n'a pas une qui me prend pour un hétéro quoi… Alors que je discute chiffons avec une morue, la porte d'entrée, face à moi, s'ouvre et laisse apparaître dans l'embrasure de la porte le plus beau garçon des invités. Petit, peau bien dorée et cheveux éclaircis par le soleil, un petit air de bad boy, il me fait un énorme sourire pour me dire bonjour. Ah, il a une voix de tapette (ding ding ding). Mais pas de manières de pédé. Qui est donc ce Marco ?

Très vite, je me retrouve à papoter avec Roger et Marco. J'essaie de poser des questions au bronzé, qui a beaucoup voyagé. Mais Roger est toujours entre nous, visiblement très intéressé par ce nouveau garçon. Sauf qu'il ne dit pas grand-chose d'intéressant. Il rapporte sans cesse la discussion à sa propre vie, commentant l'expérience du bad boy par des "moi je" incessants. C'est quoi ce psy ? Je suis, une fois de plus, celui qui parle le moins, puisque aucun des garçons ne daigne me poser de questions. Je me dis que c'est quand même super cliché de se retrouver, nous trois, les trois pédés, à discuter, alors qu'il y a tout plein d'autres gens à cette soirée. Je finis par décider de leur lâcher la grappe puisque, visiblement, ils préfèrent être entre eux. Ca ne me gêne pas ; même si Marco me trouble un peu, je suis très bien seul, pourquoi changer ?

"Toujours des pensées."

Il est minuit, le RER frémit. Un groupe de personnes se forme et commence à dire au revoir à chacun des convives. Je prends mes affaires et fais de même. Lapin Blanc me dit que je peux rester dormir si je le souhaite, qu'il n'y a aucun problème, qu'il y a de la place. Je le remercie mais non, vaut mieux que je rentre, je suis fatigué. Je fais la bise à mon amie, qui est déçue. Je fais la bise à Roger, qui aimerait que je reste plus longtemps. Puis je fais la bise à Marco.

— Oh, tu t'en vas déjà ?
— Bah euh ouais, j'ai hésité, mais bon…
— Reste, ça va être sympa, me dit-il en passant la main sur mon épaule.

La main sur l'épaule : le geste qui est souvent un signe. Un signe d'intérêt. J'ai remarqué que quand un garçon me le fait, c'est qu'il m'aime bien. Alors je plais à Marco, finalement ? Mais moi, je veux quoi ? La phrase de mon psy me revient en mémoire : "Changez de scénario". Je sais qu'il est bien plus sage de rester sur ma décision de rentrer chez moi. Mais j'ai envie de renouer avec l'ancien moi. Je change mes plans et accepte de différer mon départ. Au pire, je prendrai un bus de nuit. Peut-être que je "dormirai" avec Lapin Blanc et Ours Brun comme ça ?

La nuit nous appartient donc. Les rescapés de la soirée se retrouvent tous autour d'un verre dans le salon. Nous parlons crûment, nous rions fort. Ours Brun doit aller promener le chien. Nous décidons, dans un délire, de tous l'accompagner. Il y a une forêt juste à côté.

"Pas une journée où je pense pas à toi. Tu me manques."

Je trouve ça terriblement grisant. Un groupe qui se balade dans la nuit, dans la nature, j'ai l'impression de partir à l'aventure. Il ne manquerait plus qu'on se mette par deux et que Stéphane Rotenberg apparaisse pour nous proposer de faire la course. Mon binôme, dans cette situation, clairement, c'est Marco. Dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre, il me protège. Forcément, je fais ma groooooosse tapette apeurée. Bah oui, il pourrait y avoir des racailles, des loups-garou, des extraterrestres. J'ai rentré mes mains dans mes manches car ce qui me fait le plus peur, ce sont les bêtes. Un Parisien à la campagne quoi. Je sursaute dès que je crois sentir un insecte passer, en poussant un cri très viril. Je m'attends à ce que Marco s'intéresse moins à moi. Au contraire : il passe sa main dans mon dos et trouve que mon comportement est "mignon". Ce contact me plaît. Je sais donc ce que ça veut dire : que lui me plaît.

Après une heure de marche excitante, nous rentrons grignoter et nous coucher. Il faut attribuer les lits. Lapin Blanc s'en charge arbitrairement : les trois hétéros dans une chambre ensemble, Roger et son amie dans un canapé, Marco et moi dans un autre, en face d'eux. Lorsque Lapin Blanc prononce nos noms, je perçois un léger sourire au coin de ses lèvres : quelle mère maquerelle ! Marco et moi ne manifestons rien, ni enthousiasme ni protestation. Seul Roger se plaint. Intérieurement, je jubile. Je sais qu'il ne se passera rien vu que nous sommes quatre dans la même pièce, mais quand même, avoir un joli garçon près de moi cette nuit va me faire du bien.

Les pizzas sont prêtes mais j'ai l'estomac qui commence à se nouer. Après ses multiples pensées, Rudy m'envoie des messages plus complets. Je m'isole pour lui répondre.

Rudy : Tous les jours un SMS depuis 5 jours. Aucune réponse de ta part. Je suis déçu mais je vois que tu vas bien sur Twitter. Bonne continuation, je vais pas continuer de faire des SMS dans le vent… Tu me manques.
Moi : Je ne sais pas quoi te dire Rudy… Tu étais distant et tout à coup tu veux à nouveau être présent par texto, je ne comprends pas.
Rudy : Peut-être parce que égoïstement j'avais besoin de toi… Peut-être que j'avais envie d'avoir de tes nouvelles… Peut-être parce que j'avais envie… Et ne pas avoir de réponse, ça m'a tué.
Moi : Je comprends mais je ne savais pas quoi répondre à tes "pensées", je préfère que tu me dises les choses, que tu m'expliques. C'est toi qui t'es muré dans le silence le premier, je n'ai fait que te suivre.
Rudy : Y'a des trucs que je crevais d'envie de partager avec toi (ou au moins te raconter, avoir ton avis). Je vois que tu vas beaucoup mieux. Moi, j'ai encore du mal par rapport à toi. Je pense à toi très (trop) souvent. Et j'aimerais que cette discussion reste entre nous (pas sur Twitter hein). Je m'endors. J'ai eu une grosse journée et la même m'attend demain. On continue les SMS plus tard si tu "sais quoi me dire". Je t'embrasse.

Je retourne dans le salon. Echanger ces messages avec lui me tord les boyaux. Il essaie de me récupérer. Il me touche encore. Mais il ne m'aura pas, non. Il ne m'aura pas. Je veux penser à l'avenir, pas à ce que j'ai vécu avec lui.

A suivre…

10/03/2011

10/03/11 - 21:45

Ruines (5) : Action !

Le dîner me soulage. On peut à nouveau parler ; j'oriente la discussion sur tous les sujets qui peuvent nous éloigner de cette diabolique application iPhone. Et je fais durer. Mais une fois les pizzas ingurgitées, les sujets de discussions taris, Drew relance l'application. Je suis gêné et, en même temps, je sais que je reste maître de mes actes, que si je ne veux pas, je peux passer mon tour, instaurer mes limites. Et si ça doit dériver ? Eh bien ça dérivera, je suis célibataire, j'ai un cœur à panser, un esprit à calmer. Après tout, je suis en confiance. Et puis, cette appli ne doit pas aller bien loin quand même.

— Bon, OK, je veux bien jouer, mais va falloir me faire boire !

Quitte à faire quelque chose de nouveau, autant y aller à fond. Et puis, indépendamment de ma motivation, je suis crevé, vraiment crevé par ma semaine de boulot, j'ai besoin d'un remontant, comme on dit.

Action : Tardis, mets-toi en caleçon.

Ah, là ça devient intéressant. Je n'ai rien à faire, juste à mater, cool. Alors qu'il se déshabille, visiblement gêné, il est aussi visiblement excité… Et moi, j'avoue que, euh, je commence à l'être aussi. C'est quoi cet alcool déjà ?

Action : Jonathan, passe ta main entre les jambes de Drew.

Facile. Hop.
De temps à autre, il y a une vérité, mais elle est vite écartée. De même, les actions entre Drew et Tardis sont faites rapidement afin que je reste au centre de l'attention.

Action : Drew et Tardis, caressez le torse de Jonathan.

Ah. Mon torse. Zone érogène. Très érogène. Ouh là là. Heureusement qu'on rigole en même temps, ça permet de désacraliser le moment.

Action : Jonathan, retire ton pantalon.

Euhhhhhh. Bon. Après tout, c'est pas grand-chose. Et j'aime bien mes jambes, je garde mon haut, donc tout va bien. Pourquoi j'ai mis ce caleçon orangeâtre immonde ? J'espère qu'il n'est pas sale. Tiens, ma bite est particulièrement petite ce soir. L'alcool, sûrement. Boire ou bander, il faut choisir.

Action : Tardis, prends une douche devant les autres participants.

Ah ouais, ça monte d'un cran là quand même. Moi je ne le ferais pas, mais puisque j'ai l'occasion de le voir plus en détail, je ne vais pas me priver.
Nous allons dans la salle de bain. Il retire son caleçon, rentre dans la baignoire, fait couler l'eau sur son joli corps… Malgré sa gêne, sa bite grossit encore, se dresse bien haut, bien dure. Elle est pas dégueulasse du tout, un peu trop grosse à mon goût, mais bien jolie.
Après quelques secondes, il arrête l'eau, sort de la baignoire, se sèche et enfile un peignoir.

Action : Jonathan, alors que Tardis, nu, a les yeux bandés, embrasse-le pendant 30 secondes et caresse-le où tu veux.

Il s'allonge sur le canapé et ouvre son peignoir, découvrant, une fois de plus, son sexe plus que ravi. Drew reste à l'autre bout de la pièce et chronomètre alors que je m'agenouille et me penche pour joindre nos lèvres et lier nos langues pour la toute première fois. Si son sexe n'était pas en train de me regarder avec un gros appétit, je l'aurais presque pris pour une princesse endormie.
Ce baiser est long et excitant. Alors que les actions de ce jeu sont toutes très courtes, celle-ci paraît interminable et cela fait du bien. A l'artificiel et l'enchaînement presque industriel des défis que nous avons dû relever, ce moment semble vrai, tendre et chaud à la fois. J'y mets tout mon cœur, car un baiser est sacré. En même temps, ma main caresse son torse, doucement, et descend, lentement, vers les poils de son pubis, contournant la tour, côtoyant les cuisses, titillant ses couilles avant de glisser sur son épée prête à dégainer.

Les 30 secondes sont passées. J'ai le cœur qui bat fort ; les garçons sont surexcités. Drew a les yeux rivés sur mon entrejambe et, surpris, salue la maîtrise de mon corps. Car il est vrai que je ne bande pas. J'ai bien un léger afflux sanguin qui est parvenu dans mon caleçon, mais vu la situation, rien de très probant. Je me sens pourtant très excité — moralement. Mais mon corps ne suit pas vraiment. Qu'importe, continuons à jouer. C'est amusant, finalement.

Action : Drew et Tardis, léchez chacun un téton de Jonathan.

Ouf. L'action parfaite pour faire retomber la pression vu que je ne suis pas sensible des tétons — enfin si, mais on me fait vite mal, et ce n'est pas ce qui m'excite le plus en temps normal. Comme prévu, alors que chaque tête humidifie mon torse, cela fait retomber la pression chez moi. Je trouve ça plus ridicule qu'autre chose.

Action : Jonathan, tu dois laver Drew.

Il était le seul encore habillé, il a dû tout enlever d'un coup. Il se met donc sous la douche et, conformément aux instructions, je prends du savon et lui frotte le corps. Lui aussi a été bien gâté par la nature. Je le savonne de haut en bas, en passant rapidement sur sa bite, parce que bon, quand même, on n'a pas élevé les cochons ensemble. Je trouve ça très excitant. Ils ne le voient pas, mais l'érection point aussi chez moi.

Action : Jonathan, tu dois embrasser les fesses de Tardis.

Classe. Il se met sur le canapé, se cambre en avant. Je lui claque la bise à droite. Je ne suis pas à l'aise. Ce n'est pas agréable. C'est idiot, en fait, comme action, et ça fait tout retomber.

Action : Jonathan, tu dois embrasser les testicules de Drew.

Je dois donc passer de l'un à l'autre. Un bisou, c'est rien. Mais le contact est très intime. Drew est chatouilleux, donc il n'apprécie pas, et moi je plonge mon nez dans de nouvelles odeurs — que j'adore habituellement, mais là c'est dérangeant car non seulement je n'ai pas eu le temps de m'abreuver de l'ensemble de son corps, mais en plus tout est multiplié par deux, tout est trop nouveau, trop soudain, trop artificiel pour que j'y prenne vraiment goût.

Action : Drew et Tardis, insérez votre sexe dans la bouche de Jonathan.

Ah ouais. Carrément. Malgré l'implication que cela représente, au point où j'en suis, je sais que je peux le faire. C'est pas comme si j'avais jamais gobé un mec en soirée pour le délire… Je sais bien qu'en plus ça ne durera pas, je ne vais pas les sucer, je vais juste les accueillir symboliquement.
Je m'assoie sur le canapé. Ils sont debout. Sexes dressés. Le premier avance vers moi, met sa bite dans ma bouche une seconde, puis l'enlève. Le deuxième fait exactement la même chose. J'ai vraiment l'impression d'être une pute. Je ne suis pas spécialement excité. Mais j'aimerais bien que ça dérive, en fait. Qu'on passe aux choses sérieuses. Merde, mais pourquoi je ne bande pas ?!

Action : Jonathan et Tardis, lavez-vous mutuellement.

A mon tour d'être nu. Moi qui suis plutôt pudique, et malgré la différence de taille de nos sexes, je me dis que vu le moment que nous partageons, ce serait bête de s'arrêter là. Je me fous à poil, je file dans la baignoire et Tardis me rejoint, suivi de Drew qui, habillé, nous regarde. L'eau n'a pas du tout de vertu purificatrice à ce moment-là. Malgré la bonne odeur du savon, je reste un pécheur, je fais quelque chose de sale, d'inédit, d'interdit. Et j'aime ça. Mettre mes mains partout sur lui, son torse, son dos, ses cuisses, ses fesses, je passe même la main dans sa raie, je malaxe doucement ses couilles, empoigne vite fait son sexe ; pendant que lui fait de même, me caresse de partout. Enfin je durcis, lentement, la chaleur de l'eau me pénètre, mon sang afflue à fleur de peau, je frisonne légèrement. J'ai envie de me coller contre Tardis, comme je le ferais lors d'une vraie relation, de rapprocher nos sexes, de me frotter contre son cul, de le prendre dans mes bras. Mais, mis à part un bref baiser affectueux qu'il dépose sur ma mi-molle, il ne dépasse par le cadre des instructions du jeu. Malgré l'excitation grandissante et l'envie que nous basculions vraiment, tous les trois, dans des jeux dont nous seuls décidons des règles, je reste mal à l'aise. Le fait de sentir le regard de quelqu'un qui ne participe pas est dérangeant. Pas naturel. Il faudrait qu'il nous rejoigne.

Nous sortons de la baignoire, nous essuyons. J'hésite quelques secondes à leur proposer de passer dans la chambre. Puis je me ravise, on verra bien où le jeu nous mènera. Et j'ai toujours peur de ne pas bander assez.

Action : Jonathan, insère délicatement ton doigt dans l'anus de Tardis.

Alors là, non. C'est le seul moment du jeu où je refuse une action. Je trouve ce geste trop intime pour le faire comme si ça n'engageait à rien. Comme ça, au milieu du salon, mettre mon doigt dans un fion comme si j'étais un paysan au Salon de l'Agriculture. C'est mort. Je mets mon véto.

Les actions se suivent et se ressemblent. Mais nous avons atteint le paroxysme de l'excitation quelques minutes auparavant et tout ce que nous propose l'appli nous semble bien moins intéressant. Drew et moi nous lassons, il est plus d'une heure du matin, l'enthousiasme nous quitte.

— Bon, on va peut-être euh… passer à autre chose ? suggère Tardis.

Il a le regard brillant et, je l'imagine, la bite rayonnante. La mienne est rentrée comme une crevette. J'ai envie de me coucher — seul. Drew est aussi peu motivé que moi.

— Oui, je vais rentrer, il est tard.

C'était amusant. J'ai repoussé mes limites. Mais je ne suis pas fait pour les trucs à trois. Si ma raison en a envie, même si je souhaite tester de nouvelles expériences, mon corps me ramène à la réalité. Moi qui suis facilement excité, ce soir, ma bite a brillé par son absence. Même dans les moments les plus intenses, elle n'a jamais fourni une belle et vigoureuse érection. Jona, il faut se rendre à l'évidence : tu es fait pour être sérieux. Une petite salope de temps en temps, certes, mais dans le fond, toujours un mec sage et posé.

En partant de chez eux, je reçois un texto de Rudy, le premier depuis des semaines. Un mot, un seul : "Pensées".

Fin de la première partie.

08/03/2011

08/03/11 - 07:33

Ruines (4) : Vérité ?

Dans la moiteur de l'été, j'ai le cœur gonflé. Veineux, plein du sang du passé. Il faudrait libérer tout ça, que je puisse repartir sur de bonnes bases, vivre quelque chose de nouveau pour compenser les dernières pertes qui me pèsent encore.

— Nous sommes rentrés, on se voit quand ? me demande, sur Facebook, un couple d'amis.

Je connais Drew depuis six ans environ. Et son mec, Tardis, depuis 2008.

— La semaine prochaine ? OK pour un action-vérité "hot" ;-) ?

Ha ha, quel blagueur ce Tardis. OK pour vendredi. Bon, les mecs, j'avoue que je suis chaud en ce moment, mais vous me connaissez, je parle beaucoup et n'agis jamais, alors hein.

Ces deux garçons sont des personnes que j'apprécie particulièrement. Non seulement ils sont mignons, mais ils sont surtout intelligents, perspicaces, psychologues. Les deux pédés les plus à l'écoute que je connaisse. Moi qui suis le confident habituel de mes amis, avec eux, je parle pendant des heures, leur raconte mes histoires dans les moindres détails, avant de débattre sur l'amour ou le monde de l'entreprise. Je ressors de chacune de nos soirées profondément enrichi.

Je leur fais la bise en arrivant, comme d'habitude.

Lorsque j'ai rencontré Drew, j'étais en couple avec Bibi. Je n'ai donc, logiquement, eu aucune attirance pour lui. Notre connexion était purement mentale, il me fascinait par ses qualités et me renvoyait, en prime, une magnifique image de moi-même. Lorsqu'il m'a présenté son mec, je suis tombé sous le charme. Tardis, beau blond, joli sourire, teint serein. Malgré ses manières particulièrement précieuses et sa couleur de cheveux, j'ai ressenti une très forte attirance pour lui.

Interrogatoire. Alors que, d'habitude, nous conversons longuement, Drew expédie la discussion en une demi-heure en me questionnant sur tous les aspects de ma vie. Ma rupture avec Rudy et ma vie amoureuse depuis, mon nouveau boulot, mes parents, mes amis. En une demi-heure, tout y passe. Je peux à peine leur poser des questions à eux. Je ne comprends pas cette précipitation. Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire si la discussion est bâclée de la sorte ?

En 2009, lors d'un dîner, Drew et Tardis me font la proposition la plus étonnante de ma vie : "Voilà, on a bien réfléchi, on aimerait faire un truc à trois, mais pas un plan sans âme, on veut le faire avec un garçon qu'on apprécie vraiment, autant physiquement qu'intellectuellement, et tu es le seul à remplir nos critères." Je suis flatté, hein, mais euh, comment dire, je suis pur et chaste, tout ça, le sexe c'est à deux, pas à trois pour moi…

Drew sort son iPhone, lance une application, et commence à me poser des questions. D'un autre genre.

— Vérité : Avec quel acteur aimerais-tu faire l'amour ?
— Euhhhhhh, chais pas moi… Mais c'est quoi cette appli ?

Je découvre vite qu'il a lancé un jeu d'action ou vérité. J'avais pris leur proposition pour une plaisanterie, mais non, ils veulent vraiment jouer à ça, sauf que non, on en a déjà parlé, il ne se passera rien entre nous.

J'avais été intrigué par leur proposition. Les situations "marginales" m'ont souvent attiré, et j'avais carrément imaginé, plutôt qu'un plan à trois qui reste un plan cul sans lendemain pour moi, de faire un couple à trois. Après tout, j'adore ces mecs, il y a un vrai truc qui passe entre nous ; ça ce serait une putain d'expérience. Mais après quelques mois d'hésitation, j'avais fini par leur faire comprendre que si j'étais vraiment attiré par Tardis, mon amitié pour Drew et son passé sexuel débridé (associé malgré moi à des MST) me coupait toute envie.

Bon, après tout, je peux dire non à chaque action qui ne me convient pas. Alors jouons quelques minutes, le temps que les pizzas commandées soient livrées.

Action : Jonathan, allonge-toi sur le ventre pendant que Tardis te masse les fesses avec ses pieds.

Qu'est-ce que c'est que cette action ? Je m'exécute en riant nerveusement pendant que Tardis entre, pour la première fois, en contact avec mon postérieur. C'est ridicule.

A la lecture des nouvelles instructions, Drew rit et part se laver les mains. A son retour, il me montre son iPhone.

Action : Jonathan, suce les dix doigts de Drew.

WHAT ? C'est quoi cette idée pourrie ? Bon, après tout, vu ce que je suis capable de faire en soirée, je peux bien lui sucer les doigts, ça n'a rien d'excitant vu le contexte et il vient de se laver les mains. M'enfin, les dix quand même...

Vérité : Jonathan, donne trois adjectifs pour qualifier les fesses de Tardis.

Euhhhhhhh. Je suis un peu gêné, mais il est vrai que ce passif me donne envie, et que je trouve donc ses fesses "rondes, chaudes et accueillantes". On rigole bêtement.

Action : Jonathan, touche le torse de Tardis.

Hum. Ca commence à devenir tendancieux ça. Le torse, ça m'excite moi. Elles arrivent quand les pizzas ?

Action : Jonathan, fais un smack à Drew.

Oh là là… Bon, un smack, c'est rien. Je m'exécute.

DING DONG. Sauvés par le gong. A moins que le livreur soit beau gosse et qu'il vienne participer à nos jeux.

A suivre…

04/03/2011

04/03/11 - 19:13

Ruines (3) : L'Ange Noir

J'ai envie de baiser, mais grave. Plusieurs semaines que je suis célibataire et donc abstinent. Prévoir un autre plan cul ? Non. Même si je suis content de m'être dépassé l'autre soir, je préfère rester vierge dans ce domaine. Le sexe, c'est sacré. Et si je remettais le couvert avec un ex ?

Il est temps de grandir. De se libérer. De ne plus être entravé par les névroses des autres : j'en ai bien assez tout seul. Plus personne ne m'imposera quoi que ce soit. Et je ne veux plus être l'esclave de mes problèmes non plus. Je me fous un coup de pied au cul et je sors de chez moi, même si le cœur n'y est pas complètement.

La vie virtuelle apporte beaucoup de joies, mais n'est rien comparée aux émotions de la vie réelle. Je suis trop timide pour oser rencontrer des mecs, mais dans le fond je n'ai pas besoin des garçons pour m'amuser, mes ami(e)s de longue date me suffisent. Alors, cet été, ce n'est pas parce que je suis seul que je dois être malheureux. Je renoue avec ma part sociable en côtoyant de plus en plus de gens. Je passe plusieurs soirées chez ma voisine, à disserter sur nos problèmes, sur ces connards de mecs qui nous aiment toujours trop ou pas assez, à jouer à Mario Kart, à sortir en boîte, même.

Le Tango m'a ainsi vu renaître. J'aime ce lieu où l'entrée n'est pas chère, où la musique est variée, où il n'y a pas de vieilles pies (VIP). Je ne soutiens jamais le regard des garçons lorsque je danse, mon but n'étant pas de draguer. Je regarde s'il y a des gens que je connais de temps en temps, d'abord par crainte de croiser ceux dont je ne veux plus entendre parler, ensuite par plaisir d'apercevoir des connaissances.

Pour la première fois depuis des années, je monte sur le podium. Moi qui crains tant d'être le centre de l'attention, ce soir-là je décide de provoquer ma peur en faisant comme à mes 18 ans : Jona lève-toi et danse avec la nuit ! J'ai peur de ce que vous allez penser de moi ? Non, je m'en fous. Peur de votre désir, de votre dégoût ? Non, je m'en fous. Je suis là pour moi, pour mes amis, et vous, vous n'existez pas. Je me sens pousser des ailes. Je délire. Je ris. Je vis.

Pause clope. Je ne fume pas mais j'accompagne ma voisine. Il fait très chaud, je suis en sueur, je me sens dégueulasse. Et là, je le vois arriver. Avec l'un de ses amis.

— Bradshaw ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
— Je suis venu pour te voir.

J'avais effectivement écrit sur Facebook que j'irais au Tango, mais je n'avais pas imaginé qu'il m'y rejoindrait. Nous ne nous sommes pas vus depuis notre brève aventure de décembre 2009. La barbe drue, les lèvres lippues, le petit cul : il est toujours aussi sexy. Les yeux rouges, le regard trouble, le discours incohérent : il est toujours aussi bourré.

Je rougis, je bafouille, mon cœur s'emballe. Et meeeeerde, il me fait toujours de l'effet, ce con.

Il me demande ce qu'il s'est passé avec Rudy. Je lui explique que nous avons recouché ensemble il y a peu.

— T'es célibataire alors ?

A partir de ce moment-là, la soirée n'est plus la même du tout. Il vient vers moi, pour parler, pour danser, mais comme je suis déjà avec des amis, je ne reste jamais trop longtemps près de lui. Je ne sais pas s'il est trop défoncé ou s'il est asocial, mais il ne les calcule pas, leur répond à peine lorsqu'ils lui parlent. Par contre, il me bouffe du regard, ce que je ne comprends pas vu que je ne suis pas du tout son genre. Son visage est très souvent près du mien, sûrement parce que sa vue est trouble. Je… Je crois qu'il m'aime bien, ce soir.

Et moi, qu'est-ce que je veux ? Au rythme de la danse, j'évalue la situation. Ce mec, beau comme un dieu, que j'adore, tente sans cesse de se rapprocher de moi, au détriment des personnes qui l'accompagnent, ayant visiblement des desseins pas très catholiques. Mais il est encore bourré, j'ai déjà goûté à sa bite imbibée. Je préférerais, s'il devait se repasser quelque chose, que ce soit un moment loin de toute substance. Il a beau me dire que je bouge bien, rechercher ma présence, je sais que son envie est passagère et faussée. Alors je lui résiste. Et je sens bien que le fait de ne pas trop le calculer lui donne encore plus envie de moi.

Fin de la nuit, la boîte se vide. Je discute longuement avec l'un des amis de Brad avant qu'ils ne se débrouillent pour que je sois de nouveau à côté de lui. Il me demande comment je vais rentrer. Il n'habite pas loin de chez moi, je sens grave qu'il veut me proposer de faire le chemin ensemble (voir plus si affinités). On discute longuement. Son regard est lourdement posé sur moi même quand je ne le regarde pas. Et puis, à un moment où il est de nouveau dans mon axe de vue, il se penche vers moi et rapproche ses lèvres des miennes…

MERDE !
Je fais quoi ?
Je repense à mes amis qui me disaient de l'embrasser quelques minutes avant.
Je vois ses lèvres qui me fascinent tant.
Je vois ses yeux qui ne me voient pas vraiment, eux.

Je lui tends mon oreille. Il s'arrête. Je fais mine de ne pas comprendre. "Tu voulais me dire quelque chose ?"

Je me rends compte à quel point j'adore ce garçon. Sa sensibilité me touche. Ses failles me bouleversent. Mais ce n'est pas un mec pour moi. Je n'ai pas envie d'être un mouchoir. Je n'ai pas envie qu'il soit mon lot de consolation non plus. Il représente la meilleure chose qui me soit arrivée alors que je ne croyais plus en la vie fin 2009. Le premier espoir, la première marche de ma guérison. Le premier qui m'a fait comprendre qu'il y en aurait d'autres, que je ne suis pas qu'une épave. C'est le genre de mec vers qui j'ai envie de me tourner quand ça ne va pas, avec qui j'ai envie de dormir quand je me sens seul — parce que nos âmes sont liées. Mais juste dormir. Je ne veux pas recoucher avec lui. Ce soir, j'en suis certain : j'ai une affection débordante pour lui, mais notre relation n'ira jamais plus loin. Il apparaît après chaque rupture, lorsque je me remets en cause, pour me redonner confiance en moi. Sans le savoir, à chaque fois, il m'aide à me relever.

A suivre...

01/03/2011

01/03/11 - 06:59

Ruines (2) : Safe Text ?

Dimanche soir. Je rentre de ma soirée avec mon amie voisine. Je me sens seul et mal. Ni les quelques heures passées avec elle, ni les messages de réconfort de mes contacts virtuels ne me soulagent. Dans quelques heures je reprends les chaînes du monde du travail, je n'ai pas du tout envie de dormir malgré l'heure avancée et j'ai besoin de plaisir pour compenser le coup que je me suis pris dans la gueule aujourd'hui. Putain, un coup de bite pourrait compenser un peu cette douleur.

Et si… ? Nan. Non je ne peux pas faire ça moi. Je n'ai jamais fait de plan cul, je ne vais pas commencer à 27 ans alors que j'ai tenu, sans difficulté, jusque là. Mais j'ai envie de nouvelles expériences depuis quelque temps, envie de me tester, de voir jusqu'où je peux aller. Diabolito, qui ne couche qu'avec des sentiments, serait-il capable de commander un mec comme on le fait avec une pizza ? Remplir sa bouche en un clic.

Je n'ai pas envie d'aller sur le Net et de me lancer dans une discussion. Je retombe sur le numéro de 75015, garçon croisé plusieurs fois sur différents sites, depuis quelques mois. A chaque fois qu'il me voit connecté il vient me parler, me propose de le rencontrer. J'avais, dans ma timidité maladive, toujours refusé. Mais j'avais tout de même noté son numéro, au cas où. Ce soir-là, je suis vraiment désespéré, alors je lui envoie un texto. Quelques échanges rapides, il est chez lui. Il n'habite pas loin. Je lui explique brièvement que je n'ai pas envie de dormir seul. Que je n'ai pas envie de sexe (tu parles, je sais très bien qu'une fois dans son lit je ne résisterai pas à la curiosité d'aller le goûter). Il est OK, je prends mes tongs et laisse mes clics, ferme la porte de chez moi et m'élance rapidement pour vivre mon tout premier plan cul.

Mon dieu, je vais le faire, ça y est. C'est parti. Je suis donc dorénavant capable de prévoir à l'avance du sexe, sans même avoir vu le mec en question en vrai. Je l'ai choisi parce qu'il n'avait pas l'air mal (sans être bien), parce qu'il était accessible et parce qu'il n'habitait pas loin. Que des critères qui n'étaient pas les miens mais qui, ce soir-là, le sont devenus.

Et puis… A peine ai-je fait quelques pas qu'on réalise l'heure qu'il est. Après minuit je suis métamorphosé ; à l'opposé des autres pétasses des contes de fée c'est durant ces heures que je revêts mes habits de lumière et que je séduis. Mais 75015 doit se lever tôt et ne veut donc pas se coucher trop tard, on va devoir faire un plan express, et dans la mesure où j'ai surtout envie d'être câliné, un minuteur semble de trop. On décide de remettre ça à plus tard et de rester sagement chacun chez soi.

Je rentre la queue entre les jambes mais je me sens mieux. Finalement, c'était la meilleure des choses à faire. Je suis allé au bout de cette expérience puisque j'ai tout analysé, j'ai vécu tout le processus d'achat compulsif de mec à baiser, avec tous les questionnements qu'ils engendrent, les hésitations et même le fait de sauter le pas — tout au moins, de sauter le pas de ma porte. Persuadé que ça y est, j'y vais. Et c'est lui qui a fait marche arrière, pas moi. Je sais donc, ce soir-là, que je suis capable de vivre de nouvelles choses, des événements que personne ne m'aurait cru capable de vivre. J'ai toujours rêvé d'être une slut, c'est donc peut-être pour cet été ?

Vous m'avez blessé, les mecs. Je ne me ferai plus avoir. Dorénavant, je ferai ce dont j'ai envie, même si cela va à l'encontre des bonnes mœurs. A quoi sert-il d'être marginalisé, d'être pédé, si on ne peut pas s'amuser à faire sauter d'autres tabous sociaux sur le chemin de notre épanouissement ?

A suivre...

 

Archives :
» janvier 2013
» novembre 2012
» août 2012
» mai 2012
» février 2012
» novembre 2011
» octobre 2011
» septembre 2011
» août 2011
» juillet 2011
» juin 2011
» mai 2011
» avril 2011
» mars 2011
» février 2011
» janvier 2011
» novembre 2010
» octobre 2010
» septembre 2010
» juillet 2010
» juin 2010
» mai 2010
» avril 2010
» mars 2010
» février 2010
» janvier 2010
» décembre 2009
» novembre 2009
» octobre 2009
» août 2009
» juillet 2009
» mai 2009
» avril 2009
» mars 2009
» février 2009
» janvier 2009
» décembre 2008
» novembre 2008
» octobre 2008
» septembre 2008
» août 2008
» mai 2008
» avril 2008
» mars 2008
» février 2008
» janvier 2008
» décembre 2007
» novembre 2007
» octobre 2007
» septembre 2007
» août 2007
» juillet 2007
» juin 2007
» mai 2007
» avril 2007
» mars 2007
» février 2007
» janvier 2007
» décembre 2006
» novembre 2006
» octobre 2006
» septembre 2006
» août 2006
» juillet 2006
» juin 2006
» mai 2006
» avril 2006
» mars 2006
» février 2006
» janvier 2006
» décembre 2005
» novembre 2005
» octobre 2005
» septembre 2005
» août 2005
» juillet 2005
» juin 2005
» mai 2005
» avril 2005
» mars 2005
» février 2005
» janvier 2005
» décembre 2004
» novembre 2004
» octobre 2004
» septembre 2004
» août 2004
» juillet 2004
» juin 2004
» mai 2004
» avril 2004
» mars 2004
» février 2004
» janvier 2004
» décembre 2003
» novembre 2003
» octobre 2003
» septembre 2003
» août 2003
» juillet 2003
» juin 2003
» mai 2003
» avril 2003
» mars 2003
» février 2003

Jonathan, 30 ans.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.