<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/"><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/</link><title>-Diabolito-</title><description>-Diabolito-</description><language>fr</language><webMaster>webmaster@gayattitude.com</webMaster><lastBuildDate>Sat, 13 Mar 2010 13:34:34 +0100</lastBuildDate><pubDate>Sat, 13 Mar 2010 13:34:34 +0100</pubDate><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100313131923/un-pas-en-arriere/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100311151625/l-amas-de-laine/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100307210548/melancolique-acidite/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100226163739/nouvelle-lune-6-revelation/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100224152220/nouvelle-lune-5-hesitation/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100222181203/nouvelle-lune-4-tentation/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100221154134/zero/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100219181619/nouvelle-lune-3-textos-nocturnes/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100217161927/nouvelle-lune-2-l-impensable-impossible/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100209044120/l-epee-de-la-nuit/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100127033030/de-l-amour-a-l-amitie/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100123182828/travailler-moins-pour-vivre-mieux/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100113210308/modes-de-vie/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100110195444/through-the-broken-glass/" /></rdf:Seq></items></channel><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100313131923/un-pas-en-arriere/"><title>Un pas en arrière ?</title><description>La vie est une petite coquine. Elle est capable d'apporter exactement ce que vous désirez mais quand vous vous y attendez le moins ; et vous comprenez, justement, que ce n'était pas ça, en réalité, que vous vouliez.

Après des semaines d'hésitation, alors que j'arrive enfin à la conclusion que non, il me faut d'abord voyager intérieurement avant de repartir à l'aventure, non seulement je me retrouve avec un ancien client qui a besoin de mes services, mais en plus je reçois une surprise dans ma boîte mail :

— Monsieur, j'attire votre attention sur l'offre d'emploi ci-dessous.

Un recruteur a vu et apprécié mon profil sur un site de mise en relation professionnelle. Je ne comprends pas parfaitement l'offre, mais je vois que le salaire est attractif, de quoi me donner envie de renoncer quelque temps à mon oisiveté. Enthousiaste, je candidate officiellement dans la foulée.

Entretien téléphonique. Le poste, principalement rédactionnel, semble intéressant. Surtout, la langue de travail est en anglais — mon rêve après toutes ces années d'études inutilisées. Ils recherchent un bilingue alors que mon niveau est &quot;courant&quot;, mais mon profil correspond tout de même à leurs attentes : mon niveau de langue est testé au téléphone et la dame est satisfaite.

Je n'ai pas envie de bosser à temps plein. J'ai encore des économies, je peux tenir encore quelques mois, et surtout j'ai envie de digérer avant de me lancer dans une nouvelle aventure. Mais je suis curieux, alors j'accepte de les rencontrer.

Le lendemain, test de rédaction dans leurs locaux, dans un luxueux bâtiment à Opéra. Vingt minutes pour rédiger un texte selon leurs règles. Ils mettent la pression exprès pour voir ce qu'on est capable de faire en si peu de temps. Tant mieux, j'adore ça. C'est dans l'urgence que je suis le plus efficace. Ca me paraît facile et je m'en sors bien, malgré une ou deux erreurs.

Premier entretien avec l'éditeur. Je n'avais pas joué à me vendre depuis longtemps, mais je reprends bien vite mes réflexes, ne me laisse jamais déstabiliser, suis à l'aise. Le mec m'a tutoyé d'emblée, je ne me sens pas de tutoyer mon peut-être futur chef lors de l'entretien, alors j'évite de l'interpeller. Puis il me pose une question que je n'attendais pas du tout. 
— Qu'est-ce qui te rend malheureux ?
— Ah bah on ne me l'avait jamais faite celle-là !

Ce qui me vient à l'esprit est ma peur de l'abandon, mais je ne suis pas chez mon psy. Je ne sais pas quoi répondre.

— Qu'est-ce qui te met en colère, alors ?
— L'injustice.
— Trop facile. Moi aussi j'aurais répondu ça.
— Etre passé à côté de quelque chose, laisser passer une erreur. Je ne supporte pas ça.
— Et qu'est-ce qui te rend heureux ?
— Le sentiment d'avoir accompli tout ce que je voulais dans la journée. Ca m'apaise.

En même temps que je parle, je croise mes bras. Il m'interrompt.

— Ouvre-toi. C'est important pour la personne que tu vas rencontrer après.

Tiens, il me donne un conseil. Cela signifie-t-il qu'il souhaite que je réussisse à faire bonne impression auprès de ses supérieurs ? Mais si mon corps se ferme malgré moi, cela ne signifie-t-il pas que je n'ai en réalité pas envie d'intégrer cette entreprise ?

Deuxième entretien. Intégralement en anglais. Je kiffe. Des années que je n'avais pas eu l'occasion de converser de la sorte. Je fais une erreur à la con, impossible de trouver un mot, j'en emploie un autre, qui n'est pas le bon. Impossible de savoir dans quelle mesure cela joue sur ma candidature. 
Je me permets une question personnelle à la fin.
— Je peux vous demander d'où vous venez ?
— Je suis australienne, mais j'ai longtemps vécu à Londres, d'où mon accent.

Troisième entretien, avec le big boss. &quot;Je vous accorde dix minutes, ça vous va ?&quot;. L'entretien en durera en fait vingt. Ce jeune est le seul en costume, cheveux gominés. Tout, dans son attitude, dans son phrasé, dans la façon dont il choisit ses mots, est étudié. Il respire l'école de commerce à plein nez. Quand il me parle de son entreprise, j'ai l'impression qu'il joue dans une pub à faible budget.

— Ah vous avez fait de l'italien ?
Et là il me parle en italien. Gloups.
— Un poco.
Merde, ça c'est de l'espagnol.
— Euh, j'étais très bon au lycée, mais je n'ai pas pratiqué depuis… Ho domenticato tutto.
Le seul autre mot dont je me souviens de cette langue, c'est &quot;cazzo&quot;, &quot;verge&quot;. Je me vois mal lui balancer ça dans la gueule.

— Il faut que vous ayez bien conscience que nous travaillons dans un environnement très féminin, il n'y a que des filles ici, alors j'espère que votre fiancée n'est pas jalouse !

(Je n'aime pas la chatte.)

— Au contraire, je préfère ce genre d'environnement. J'ai fait des études littéraires où les filles sont majoritaires, ça me convient parfaitement.

(Mi piace il cazzo !)

— Je vais être honnête avec vous. Votre test est très bon, votre profil est très intéressant, mais ce qui me fait peur, c'est que vous êtes à votre compte depuis longtemps.

Ah mais j'ai la même peur. En fait, je ne cherche même pas de boulot à temps plein, ça m'est tombé dessus sans que je m'y attende et j'ai décidé d'éprouver le processus de recrutement afin d'en savoir plus sur vous et sur moi.

— C'est légitime. Mais travailler seul, à force, est pesant. J'ai besoin de contacts humains, d'échanger, d'apprendre. C'est formidable d'être indépendant, mais les missions sont particulièrement rébarbatives sans relations. Et puis, j'ai travaillé en entreprise avant, pourquoi n'y arriverais-je plus maintenant ?

Après deux heures dans leurs locaux, ils me libèrent. L'éditeur me raccompagne.
— A très bientôt, Jonathan.

Me voilà perdu. Bien que j'aie tenté de me montrer enthousiaste tout le long, je me sens en inadéquation avec l'entreprise. &quot;On s'investit à fond ici, on ne compte pas ses heures…&quot; Typiquement le genre d'ambiance que je ne supporte pas. J'aime partir à heure presque fixe, avoir du temps pour moi. En tout cas, être le seul décisionnaire de mes horaires. Le travail, c'est un plus, ça ne devrait pas être la base de nos vies. A quoi ça sert de vivre si c'est pour avoir à peine le temps de manger, baiser et regarder une série ? Putain, tuez-moi, je ne suis pas fait pour ce monde.

En même temps, à quoi je m'attendais ? A ce qu'on me paye 2500 euros bruts par mois pour écrire et faire gentiment mes heures ? Dans la rédaction, un salaire aussi élevé est extrêmement rare (pour ne pas dire inexistant). Des milliers de gens aimeraient être à ma place, je ne peux pas l'ignorer. Et si moi, maintenant, j'ai plutôt envie de prendre mon temps pour vivre, je n'aurai plus d'argent dans quelques mois ; il me faudra alors trouver un boulot, et jamais il ne sera aussi bien payé ni ne correspondra autant à mon profil.

Oui mais voilà, ne vaudrait-il pas mieux trouver un mi-temps, moins bien payé, mais où le boulot sera plus varié ? J'ai beau avoir martelé à quel point j'avais envie de connaître leur domaine et d'écrire pour eux, en réalité, j'en aurai vite fait le tour, je déteste la répétition.
— Qu'est-ce qui te rend malheureux ?
Putain, c'est ça que j'aurais dû dire : la répétition.

Et puis, j'en fais quoi, de mes insomnies, qui ont bien repris ? Je les range dans une boîte et les refile à quelqu'un d'autre ? Si seulement…

Le meilleur moyen de ne pas regretter quelque chose, c'est d'essayer. Il faut juste que je prenne de la distance face à tout ça. Ce n'est que du travail, ce n'est pas la vraie vie. C'est un jeu, une mascarade, une comédie dont je connais les règles. Et dans un premier temps je serai forcément ravi de découvrir le fonctionnement d'une nouvelle entreprise, son langage (j'ai déjà remarqué qu'ils disaient &quot;focusser&quot; au lieu de &quot;focaliser&quot;). Etre l'ethnologue que j'adore dans le monde professionnel.

Oui mais ne vais-je pas perdre mon âme à faire quelque chose en sachant que ça va profondément me faire chier ? Comment accepter de leur mentir, de leur faire croire que je suis à fond, que je m'investis sur le long terme alors que, clairement, je n'y vais que le temps de prendre un nouveau rythme et de gagner de l'argent au passage ? Ca, ça ne doit même pas entrer en considération, les entreprises ne se gênent pas pour enculer à sec leurs employés, à moi d'y trouver mon compte, et si c'est dégueulasse, j'irai sucer ailleurs.

Je change d'avis toutes les heures. Et je ne suis même pas encore sûr d'être pris. Dis, cerveau de merde, tu ne voudrais pas arrêter d'analyser le moindre non-événement de ma vie ?</description><content:encoded><![CDATA[La vie est une petite coquine. Elle est capable d'apporter exactement ce que vous désirez mais quand vous vous y attendez le moins ; et vous comprenez, justement, que ce n'était pas ça, en réalité, que vous vouliez.<br />
<br />
Après des semaines d'hésitation, alors que j'arrive enfin à la conclusion que non, il me faut d'abord voyager intérieurement avant de repartir à l'aventure, non seulement je me retrouve avec un ancien client qui a besoin de mes services, mais en plus je reçois une surprise dans ma boîte mail :<br />
<br />
— Monsieur, j'attire votre attention sur l'offre d'emploi ci-dessous.<br />
<br />
Un recruteur a vu et apprécié mon profil sur un site de mise en relation professionnelle. Je ne comprends pas parfaitement l'offre, mais je vois que le salaire est attractif, de quoi me donner envie de renoncer quelque temps à mon oisiveté. Enthousiaste, je candidate officiellement dans la foulée.<br />
<br />
Entretien téléphonique. Le poste, principalement rédactionnel, semble intéressant. Surtout, la langue de travail est en anglais — mon rêve après toutes ces années d'études inutilisées. Ils recherchent un bilingue alors que mon niveau est "courant", mais mon profil correspond tout de même à leurs attentes : mon niveau de langue est testé au téléphone et la dame est satisfaite.<br />
<br />
Je n'ai pas envie de bosser à temps plein. J'ai encore des économies, je peux tenir encore quelques mois, et surtout j'ai envie de digérer avant de me lancer dans une nouvelle aventure. Mais je suis curieux, alors j'accepte de les rencontrer.<br />
<br />
Le lendemain, test de rédaction dans leurs locaux, dans un luxueux bâtiment à Opéra. Vingt minutes pour rédiger un texte selon leurs règles. Ils mettent la pression exprès pour voir ce qu'on est capable de faire en si peu de temps. Tant mieux, j'adore ça. C'est dans l'urgence que je suis le plus efficace. Ca me paraît facile et je m'en sors bien, malgré une ou deux erreurs.<br />
<br />
Premier entretien avec l'éditeur. Je n'avais pas joué à me vendre depuis longtemps, mais je reprends bien vite mes réflexes, ne me laisse jamais déstabiliser, suis à l'aise. Le mec m'a tutoyé d'emblée, je ne me sens pas de tutoyer mon peut-être futur chef lors de l'entretien, alors j'évite de l'interpeller. Puis il me pose une question que je n'attendais pas du tout. <br />
— Qu'est-ce qui te rend malheureux ?<br />
— Ah bah on ne me l'avait jamais faite celle-là !<br />
<br />
Ce qui me vient à l'esprit est ma peur de l'abandon, mais je ne suis pas chez mon psy. Je ne sais pas quoi répondre.<br />
<br />
— Qu'est-ce qui te met en colère, alors ?<br />
— L'injustice.<br />
— Trop facile. Moi aussi j'aurais répondu ça.<br />
— Etre passé à côté de quelque chose, laisser passer une erreur. Je ne supporte pas ça.<br />
— Et qu'est-ce qui te rend heureux ?<br />
— Le sentiment d'avoir accompli tout ce que je voulais dans la journée. Ca m'apaise.<br />
<br />
En même temps que je parle, je croise mes bras. Il m'interrompt.<br />
<br />
— Ouvre-toi. C'est important pour la personne que tu vas rencontrer après.<br />
<br />
Tiens, il me donne un conseil. Cela signifie-t-il qu'il souhaite que je réussisse à faire bonne impression auprès de ses supérieurs ? Mais si mon corps se ferme malgré moi, cela ne signifie-t-il pas que je n'ai en réalité pas envie d'intégrer cette entreprise ?<br />
<br />
Deuxième entretien. Intégralement en anglais. Je kiffe. Des années que je n'avais pas eu l'occasion de converser de la sorte. Je fais une erreur à la con, impossible de trouver un mot, j'en emploie un autre, qui n'est pas le bon. Impossible de savoir dans quelle mesure cela joue sur ma candidature. <br />
Je me permets une question personnelle à la fin.<br />
— Je peux vous demander d'où vous venez ?<br />
— Je suis australienne, mais j'ai longtemps vécu à Londres, d'où mon accent.<br />
<br />
Troisième entretien, avec le big boss. "Je vous accorde dix minutes, ça vous va ?". L'entretien en durera en fait vingt. Ce jeune est le seul en costume, cheveux gominés. Tout, dans son attitude, dans son phrasé, dans la façon dont il choisit ses mots, est étudié. Il respire l'école de commerce à plein nez. Quand il me parle de son entreprise, j'ai l'impression qu'il joue dans une pub à faible budget.<br />
<br />
— Ah vous avez fait de l'italien ?<br />
Et là il me parle en italien. Gloups.<br />
— Un poco.<br />
Merde, ça c'est de l'espagnol.<br />
— Euh, j'étais très bon au lycée, mais je n'ai pas pratiqué depuis… Ho domenticato tutto.<br />
Le seul autre mot dont je me souviens de cette langue, c'est "cazzo", "verge". Je me vois mal lui balancer ça dans la gueule.<br />
<br />
— Il faut que vous ayez bien conscience que nous travaillons dans un environnement très féminin, il n'y a que des filles ici, alors j'espère que votre fiancée n'est pas jalouse !<br />
<br />
(Je n'aime pas la chatte.)<br />
<br />
— Au contraire, je préfère ce genre d'environnement. J'ai fait des études littéraires où les filles sont majoritaires, ça me convient parfaitement.<br />
<br />
(Mi piace il cazzo !)<br />
<br />
— Je vais être honnête avec vous. Votre test est très bon, votre profil est très intéressant, mais ce qui me fait peur, c'est que vous êtes à votre compte depuis longtemps.<br />
<br />
Ah mais j'ai la même peur. En fait, je ne cherche même pas de boulot à temps plein, ça m'est tombé dessus sans que je m'y attende et j'ai décidé d'éprouver le processus de recrutement afin d'en savoir plus sur vous et sur moi.<br />
<br />
— C'est légitime. Mais travailler seul, à force, est pesant. J'ai besoin de contacts humains, d'échanger, d'apprendre. C'est formidable d'être indépendant, mais les missions sont particulièrement rébarbatives sans relations. Et puis, j'ai travaillé en entreprise avant, pourquoi n'y arriverais-je plus maintenant ?<br />
<br />
Après deux heures dans leurs locaux, ils me libèrent. L'éditeur me raccompagne.<br />
— A très bientôt, Jonathan.<br />
<br />
Me voilà perdu. Bien que j'aie tenté de me montrer enthousiaste tout le long, je me sens en inadéquation avec l'entreprise. "On s'investit à fond ici, on ne compte pas ses heures…" Typiquement le genre d'ambiance que je ne supporte pas. J'aime partir à heure presque fixe, avoir du temps pour moi. En tout cas, être le seul décisionnaire de mes horaires. Le travail, c'est un plus, ça ne devrait pas être la base de nos vies. A quoi ça sert de vivre si c'est pour avoir à peine le temps de manger, baiser et regarder une série ? Putain, tuez-moi, je ne suis pas fait pour ce monde.<br />
<br />
En même temps, à quoi je m'attendais ? A ce qu'on me paye 2500 euros bruts par mois pour écrire et faire gentiment mes heures ? Dans la rédaction, un salaire aussi élevé est extrêmement rare (pour ne pas dire inexistant). Des milliers de gens aimeraient être à ma place, je ne peux pas l'ignorer. Et si moi, maintenant, j'ai plutôt envie de prendre mon temps pour vivre, je n'aurai plus d'argent dans quelques mois ; il me faudra alors trouver un boulot, et jamais il ne sera aussi bien payé ni ne correspondra autant à mon profil.<br />
<br />
Oui mais voilà, ne vaudrait-il pas mieux trouver un mi-temps, moins bien payé, mais où le boulot sera plus varié ? J'ai beau avoir martelé à quel point j'avais envie de connaître leur domaine et d'écrire pour eux, en réalité, j'en aurai vite fait le tour, je déteste la répétition.<br />
— Qu'est-ce qui te rend malheureux ?<br />
Putain, c'est ça que j'aurais dû dire : la répétition.<br />
<br />
Et puis, j'en fais quoi, de mes insomnies, qui ont bien repris ? Je les range dans une boîte et les refile à quelqu'un d'autre ? Si seulement…<br />
<br />
Le meilleur moyen de ne pas regretter quelque chose, c'est d'essayer. Il faut juste que je prenne de la distance face à tout ça. Ce n'est que du travail, ce n'est pas la vraie vie. C'est un jeu, une mascarade, une comédie dont je connais les règles. Et dans un premier temps je serai forcément ravi de découvrir le fonctionnement d'une nouvelle entreprise, son langage (j'ai déjà remarqué qu'ils disaient "focusser" au lieu de "focaliser"). Etre l'ethnologue que j'adore dans le monde professionnel.<br />
<br />
Oui mais ne vais-je pas perdre mon âme à faire quelque chose en sachant que ça va profondément me faire chier ? Comment accepter de leur mentir, de leur faire croire que je suis à fond, que je m'investis sur le long terme alors que, clairement, je n'y vais que le temps de prendre un nouveau rythme et de gagner de l'argent au passage ? Ca, ça ne doit même pas entrer en considération, les entreprises ne se gênent pas pour enculer à sec leurs employés, à moi d'y trouver mon compte, et si c'est dégueulasse, j'irai sucer ailleurs.<br />
<br />
Je change d'avis toutes les heures. Et je ne suis même pas encore sûr d'être pris. Dis, cerveau de merde, tu ne voudrais pas arrêter d'analyser le moindre non-événement de ma vie ?]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100313131923/un-pas-en-arriere/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-03-13T13:19:23+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100311151625/l-amas-de-laine/"><title>L'amas de laine</title><description>Flottement, indécision, mélancolie, douleur, colère, amour, complicité, sens… 2010 apporte son lot de surprises aussi, son ensemble de sentiments contradictoires, sa part de lumière autant que de ténèbres. Il m'est alors bien difficile, parfois, de gérer tout ça, d'envisager un futur serein tout en recréant un équilibre sur les fondations des blessures indélébiles sauvagement infligées en 2009.

Depuis quelque temps, je m'interroge beaucoup sur le sens de la vie, la direction que je souhaite me donner et la façon d'y parvenir. Je me le demande tellement que j'ai souvent la sensation d'être un nouveau-né, perdu, abandonné, esseulé, qui ne sait plus qui il est, et qui n'a comme seule source d'identité tangible que la marque de ses plaies. Pourtant, en 2008, après quelques mois de thérapie et d'intense introspection, j'avais fini par conclure que le sens de la vie était de ressentir. La vie, pour moi, se déroule à travers nos émotions. Un événement est extérieur et peut produire des remous à l'intérieur — et c'est ça qui est intéressant. Mais j'ai tellement ressenti ces derniers mois, j'ai été envahi par tant d'émotions qu'il est logique, légitime et naturel que j'aie aujourd'hui le désir, l'envie et le besoin d'être protégé et anesthésié. En d'autres termes, j'ai perdu le sens, le goût et l'essence de la vie.

Il me faut en fait digérer, apprendre à vivre à la fois avec, et sans. Je croyais bêtement qu'en refaisant ma vie, qu'en laissant passer quelques semaines, j'oublierais, je guérirais, je pardonnerais. Non : plus le repas est lourd et gras et plus le corps met du temps à digérer. Avec maux de ventre et expulsions liquides par tous les orifices.

Je comprends également que tout ceci n'est pas que sentimental. Il ne faut pas oublier que j'ai enchaîné les profondes désillusions professionnelles dans presque toutes mes expériences ; les trahisons dont j'ai été victime sont peut-être les vraies (tout au moins l'une des) raisons de mon incapacité à travailler aujourd'hui. En 2008, j'avais un boulot qui faisait sens, enfin je le croyais, étant dans un domaine qui me plaisait ; j'étais entouré de gens que j'aimais, qui formaient une nouvelle famille pour moi.

Quand le cerveau travaille pour les mauvaises entreprises, lorsque le cœur bat pour les mauvaises personnes, surviennent nécessairement des événements tragiques, provoquant la sensation de ressentir trop violemment ce qui ne nous était pas destiné. La roulette russe de la vie nous impose toutes sortes d'obstacles, que l'on a parfois le courage de surmonter ; mais les injustices me laissent indubitablement un goût d'incomplétude et gâche même les belles saveurs qui se présentent. Comment retrouver alors la sérénité en croquant dans un fruit gâté ?

Il faudrait tout prendre comme un jeu. La vie n'est qu'un ensemble de parties de jeux de société dont maîtriser les règles permet de gagner. J'apprends, à mes dépens, que tricher fait partie des pratiques courantes, presque obligatoires, du destin humain. Mais est-ce vraiment ce dont j'ai envie ? Renoncer à mon authenticité ? Pour gagner quoi, au juste ?

Le problème, c'est qu'il est bien difficile de maintenir une distance face aux événements qui nous touchent ; je ne suis pas un robot, bien au contraire, je reste encore et toujours cette éponge capable de capter les émotions ambiantes. Et puis, surtout, on a beau ne vouloir que s'amuser, je ne peux pas ignorer la faille que nous portons tous. La réalité de notre souffrance vient de notre recherche permanente de consolation. Le Saint Graal, c'est le lien originel, le cordon dont la déchirure reste douloureuse à jamais. Les psys parlent de la Mère, les religieux de Dieu, les philosophes des Idées. Peu importe. Il n'existe pas de solution, alors pourquoi ne pas accepter son universel sort ? Puisque nous ne pouvons pas y échapper, apprenons à aimer la douleur.

Ce n'est pas de consolation, dont j'ai besoin, pas de futur à paillettes ou de projets intersidérants. J'ai finalement déjà beaucoup accompli rien qu'en vivant pleinement tous ces derniers mois. &quot;Lorsque l'on a beaucoup marché, il faut s'arrêter pour laisser à l'âme le temps de nous rejoindre. On ne peut pas toujours aller, il faut parfois revenir à soi&quot; (Ngo Semzara Kabuta). Ce que je veux maintenant, c'est digérer le passé afin qu'il n'ait plus aucun lien avec le présent. Couper tout ce qui est susceptible de me hanter. Ranger, tout mettre à plat, me débarrasser de tout ce qui me dérange depuis trop longtemps.

Depuis que j'ai emménagé seul, tous les jours je me fous la pression pour sortir, j'essaie de voir un maximum de gens, de ne pas rester enfermé. Mais quel mal y aurait-il vraiment à faire le contraire ? Je suis assez aguerri pour savoir ce dont j'ai besoin au moment présent. Ce n'est pas un drame de rester chez soi, seul face à soi-même. Ce n'est pas de vie sociale dont j'ai besoin, mais d'équilibre intérieur. Prendre du temps pour soi, seul, et méditer. &quot;What we achieve inwardly will change outer reality&quot; (Plutarch).

Pour avancer, il me faut d'abord reculer, faire un saut dans le temps, puis nager, plus fort, jusqu'à maintenant.</description><content:encoded><![CDATA[Flottement, indécision, mélancolie, douleur, colère, amour, complicité, sens… 2010 apporte son lot de surprises aussi, son ensemble de sentiments contradictoires, sa part de lumière autant que de ténèbres. Il m'est alors bien difficile, parfois, de gérer tout ça, d'envisager un futur serein tout en recréant un équilibre sur les fondations des blessures indélébiles sauvagement infligées en 2009.<br />
<br />
Depuis quelque temps, je m'interroge beaucoup sur le sens de la vie, la direction que je souhaite me donner et la façon d'y parvenir. Je me le demande tellement que j'ai souvent la sensation d'être un nouveau-né, perdu, abandonné, esseulé, qui ne sait plus qui il est, et qui n'a comme seule source d'identité tangible que la marque de ses plaies. Pourtant, en 2008, après quelques mois de thérapie et d'intense introspection, j'avais fini par conclure que le sens de la vie était de ressentir. La vie, pour moi, se déroule à travers nos émotions. Un événement est extérieur et peut produire des remous à l'intérieur — et c'est ça qui est intéressant. Mais j'ai tellement ressenti ces derniers mois, j'ai été envahi par tant d'émotions qu'il est logique, légitime et naturel que j'aie aujourd'hui le désir, l'envie et le besoin d'être protégé et anesthésié. En d'autres termes, j'ai perdu le sens, le goût et l'essence de la vie.<br />
<br />
Il me faut en fait digérer, apprendre à vivre à la fois avec, et sans. Je croyais bêtement qu'en refaisant ma vie, qu'en laissant passer quelques semaines, j'oublierais, je guérirais, je pardonnerais. Non : plus le repas est lourd et gras et plus le corps met du temps à digérer. Avec maux de ventre et expulsions liquides par tous les orifices.<br />
<br />
Je comprends également que tout ceci n'est pas que sentimental. Il ne faut pas oublier que j'ai enchaîné les profondes désillusions professionnelles dans presque toutes mes expériences ; les trahisons dont j'ai été victime sont peut-être les vraies (tout au moins l'une des) raisons de mon incapacité à travailler aujourd'hui. En 2008, j'avais un boulot qui faisait sens, enfin je le croyais, étant dans un domaine qui me plaisait ; j'étais entouré de gens que j'aimais, qui formaient une nouvelle famille pour moi.<br />
<br />
Quand le cerveau travaille pour les mauvaises entreprises, lorsque le cœur bat pour les mauvaises personnes, surviennent nécessairement des événements tragiques, provoquant la sensation de ressentir trop violemment ce qui ne nous était pas destiné. La roulette russe de la vie nous impose toutes sortes d'obstacles, que l'on a parfois le courage de surmonter ; mais les injustices me laissent indubitablement un goût d'incomplétude et gâche même les belles saveurs qui se présentent. Comment retrouver alors la sérénité en croquant dans un fruit gâté ?<br />
<br />
Il faudrait tout prendre comme un jeu. La vie n'est qu'un ensemble de parties de jeux de société dont maîtriser les règles permet de gagner. J'apprends, à mes dépens, que tricher fait partie des pratiques courantes, presque obligatoires, du destin humain. Mais est-ce vraiment ce dont j'ai envie ? Renoncer à mon authenticité ? Pour gagner quoi, au juste ?<br />
<br />
Le problème, c'est qu'il est bien difficile de maintenir une distance face aux événements qui nous touchent ; je ne suis pas un robot, bien au contraire, je reste encore et toujours cette éponge capable de capter les émotions ambiantes. Et puis, surtout, on a beau ne vouloir que s'amuser, je ne peux pas ignorer la faille que nous portons tous. La réalité de notre souffrance vient de notre recherche permanente de consolation. Le Saint Graal, c'est le lien originel, le cordon dont la déchirure reste douloureuse à jamais. Les psys parlent de la Mère, les religieux de Dieu, les philosophes des Idées. Peu importe. Il n'existe pas de solution, alors pourquoi ne pas accepter son universel sort ? Puisque nous ne pouvons pas y échapper, apprenons à aimer la douleur.<br />
<br />
Ce n'est pas de consolation, dont j'ai besoin, pas de futur à paillettes ou de projets intersidérants. J'ai finalement déjà beaucoup accompli rien qu'en vivant pleinement tous ces derniers mois. "Lorsque l'on a beaucoup marché, il faut s'arrêter pour laisser à l'âme le temps de nous rejoindre. On ne peut pas toujours aller, il faut parfois revenir à soi" (Ngo Semzara Kabuta). Ce que je veux maintenant, c'est digérer le passé afin qu'il n'ait plus aucun lien avec le présent. Couper tout ce qui est susceptible de me hanter. Ranger, tout mettre à plat, me débarrasser de tout ce qui me dérange depuis trop longtemps.<br />
<br />
Depuis que j'ai emménagé seul, tous les jours je me fous la pression pour sortir, j'essaie de voir un maximum de gens, de ne pas rester enfermé. Mais quel mal y aurait-il vraiment à faire le contraire ? Je suis assez aguerri pour savoir ce dont j'ai besoin au moment présent. Ce n'est pas un drame de rester chez soi, seul face à soi-même. Ce n'est pas de vie sociale dont j'ai besoin, mais d'équilibre intérieur. Prendre du temps pour soi, seul, et méditer. "What we achieve inwardly will change outer reality" (Plutarch).<br />
<br />
Pour avancer, il me faut d'abord reculer, faire un saut dans le temps, puis nager, plus fort, jusqu'à maintenant.]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100311151625/l-amas-de-laine/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-03-11T15:16:25+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100307210548/melancolique-acidite/"><title>Mélancolique acidité</title><description>J'ai fini par être rattrapé. J'ai tenté de fuir mon sort, de mettre des pansements sur mes blessures, d'avancer en attendant qu'elles guérissent. Mais les pansements ne constituent pas un soin, ils camouflent la laideur du temps, les marques de la réalité.

On ne peut échapper à la douleur, éviter les confrontations, les situations désagréables, oublier complètement. Je croyais qu'avec le temps on cicatrisait, on passait à autre chose. J'imaginais que chaque jour atténuait les drames, les peurs, les flammes. Il n'en est rien. Comme une mer qui laisse momentanément place aux badauds qui se promènent, les plaies finissent par reprendre leurs droits et terminent le désastre entamé.

J'ai envie d'arracher des bouts de mon corps.</description><content:encoded><![CDATA[J'ai fini par être rattrapé. J'ai tenté de fuir mon sort, de mettre des pansements sur mes blessures, d'avancer en attendant qu'elles guérissent. Mais les pansements ne constituent pas un soin, ils camouflent la laideur du temps, les marques de la réalité.<br />
<br />
On ne peut échapper à la douleur, éviter les confrontations, les situations désagréables, oublier complètement. Je croyais qu'avec le temps on cicatrisait, on passait à autre chose. J'imaginais que chaque jour atténuait les drames, les peurs, les flammes. Il n'en est rien. Comme une mer qui laisse momentanément place aux badauds qui se promènent, les plaies finissent par reprendre leurs droits et terminent le désastre entamé.<br />
<br />
J'ai envie d'arracher des bouts de mon corps.]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100307210548/melancolique-acidite/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-03-07T21:05:48+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100226163739/nouvelle-lune-6-revelation/"><title>Nouvelle lune (6) : Révélation</title><description>Nouvelle lune (1) : Fascination
Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible
Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes
Nouvelle lune (4) : Tentation
Nouvelle lune (5) : Hésitation

Rudy et moi restons pleins d'interrogations. Depuis trois mois, il était heureux avec son homme mais n'a pas su résister, en une semaine, à deux différents garçons. Si nous nous mettons officiellement ensemble, cela veut dire qu'il va briser le cœur d'une personne qui l'aime et qui n'a rien fait de mal… Et puis, tout ça pour quoi ? Tout s'est précipité tellement vite, en quelques jours seulement, est-ce que nous ne sommes pas dans une sorte d'euphorie illusoire ? Si nous nous mettons ensemble, vais-je être capable de vivre avec l'idée qu'il pourrait me tromper à mon tour ? Suis-je réellement prêt à être en couple après tous mes déboires sentimentaux ? Ne vais-je pas me réveiller, au bout de quelques jours, pour me rendre compte qu'en fait, non, ce que je ressentais n'était pas réel, c'était juste une réaction à la douleur ? Et là j'aurais le poids d'une relation, du bonheur de quelqu'un d'autre sur les épaules. J'ai envie d'être avec Rudy mais la responsabilité est trop grande.

Pourtant, le soir-même, il met fin à sa relation pour en entamer officiellement une avec moi. Il pense tout le temps à moi, me dit-il, a toujours ressenti quelque chose pour moi, depuis le jour de notre rencontre il y a neuf mois, et après tous les échanges que nous avons eus pendant ces mois jusqu'à la concrétisation sexuelle et émotionnelle de ces derniers jours, c'est une évidence que nous sommes faits pour être ensemble. J'ai peur, peur de tout ce que ça implique, mais sa décision, sa preuve d'amour, m'émeut et me transporte. Me voilà propulsé dans un couple improbable avec un adorable garçon.

Je le découvre plus qu'enclin à communiquer. La première chose qu'il me dit, au sujet de nous, c'est : pas de tabous, abordons tous les sujets, ne restons jamais sur des non-dits. Et là, je me dis : bingo. Enfin un mec qui veut parler, sans stratégie, sans égo surdimensionné, sans fierté douloureuse et mal placée. Il vient entier, authentique, affectueux, sans jamais rien cacher de son caractère ou de ses intentions. Ce qui ne l'empêche pas de s'adapter, sans que je lui demande quoi que ce soit, pour que je me sente bien, de s'inquiéter de mon sommeil, de me dire, de lui-même, qu'il va du coup nettement moins boire puisqu'il sait que je n'approuve pas. Chaque moment avec lui me donne l'impression d'être un gosse face à une pochette surprise. On se découvre même une connexion émotionnelle encore plus forte qu'on imaginait, une empathie à double sens. Lorsqu'il évoque certains aspects douloureux de sa vie, je pleure avec lui (ce qui ne me surprend pas, je sais que je suis comme ça). Mais je me rends compte qu'il est exactement pareil puisqu'un soir où je fonds en larmes, encore fragilisé et bouleversé par mes récentes pertes relationnelles, il pleure avec moi en me disant : &quot;Je ne supporte pas de voir que tu as aussi mal&quot;.

Je suis passé, en quelques jours, du désespoir le plus total à une relation pleine de plaisir. Le contraste entre les deux est frappant et engendre une fois de plus quelques interrogations. J'ai en effet toujours l'impression que cette relation a quelque chose d'illégitime. Et ce n'est pas que parce qu'elle a commencé dans le secret. C'est comme si le malheur était tangible, concret, je le perçois toujours au plus profond de mon être. A l'inverse, le bonheur me semble vaporeux, extérieur, insaisissable, irréel. Comme si mon conte de fées n'avait pas lieu d'être ; comme si je me complaisais dans le malheur et n'avais pas le droit au bonheur.

Je me suis assez posé de questions. Depuis presque deux mois, maintenant, que je suis avec Rudy, j'essaie juste d'accepter tout ce qu'il m'apporte et de gérer avec sérénité tout le reste. Vivre pleinement plutôt que de toujours tout intellectualiser (hum, je reste moi-même quand même). Nous sommes bien ensemble, et on en oublierait presque notre lien initial. Ce qui aurait pu être glauque n'a nullement été une gêne entre nous, au contraire. Car oui, Rudy n'était pas n'importe qui, un inconnu rencontré sur le Net. Nous avons quelqu'un en commun : Rudy, c'est l'ex de mon ex, Angelounet.</description><content:encoded><![CDATA[<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/">Nouvelle lune (1) : Fascination</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100217161927/nouvelle-lune-2-l-impensable-impossible/">Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100219181619/nouvelle-lune-3-textos-nocturnes/">Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100222181203/nouvelle-lune-4-tentation/">Nouvelle lune (4) : Tentation</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100224152220/nouvelle-lune-5-hesitation/">Nouvelle lune (5) : Hésitation</a><br />
<br />
Rudy et moi restons pleins d'interrogations. Depuis trois mois, il était heureux avec son homme mais n'a pas su résister, en une semaine, à deux différents garçons. Si nous nous mettons officiellement ensemble, cela veut dire qu'il va briser le cœur d'une personne qui l'aime et qui n'a rien fait de mal… Et puis, tout ça pour quoi ? Tout s'est précipité tellement vite, en quelques jours seulement, est-ce que nous ne sommes pas dans une sorte d'euphorie illusoire ? Si nous nous mettons ensemble, vais-je être capable de vivre avec l'idée qu'il pourrait me tromper à mon tour ? Suis-je réellement prêt à être en couple après tous mes déboires sentimentaux ? Ne vais-je pas me réveiller, au bout de quelques jours, pour me rendre compte qu'en fait, non, ce que je ressentais n'était pas réel, c'était juste une réaction à la douleur ? Et là j'aurais le poids d'une relation, du bonheur de quelqu'un d'autre sur les épaules. J'ai envie d'être avec Rudy mais la responsabilité est trop grande.<br />
<br />
Pourtant, le soir-même, il met fin à sa relation pour en entamer officiellement une avec moi. Il pense tout le temps à moi, me dit-il, a toujours ressenti quelque chose pour moi, depuis le jour de notre rencontre il y a neuf mois, et après tous les échanges que nous avons eus pendant ces mois jusqu'à la concrétisation sexuelle et émotionnelle de ces derniers jours, c'est une évidence que nous sommes faits pour être ensemble. J'ai peur, peur de tout ce que ça implique, mais sa décision, sa preuve d'amour, m'émeut et me transporte. Me voilà propulsé dans un couple improbable avec un adorable garçon.<br />
<br />
Je le découvre plus qu'enclin à communiquer. La première chose qu'il me dit, au sujet de nous, c'est : pas de tabous, abordons tous les sujets, ne restons jamais sur des non-dits. Et là, je me dis : bingo. Enfin un mec qui veut parler, sans stratégie, sans égo surdimensionné, sans fierté douloureuse et mal placée. Il vient entier, authentique, affectueux, sans jamais rien cacher de son caractère ou de ses intentions. Ce qui ne l'empêche pas de s'adapter, sans que je lui demande quoi que ce soit, pour que je me sente bien, de s'inquiéter de mon sommeil, de me dire, de lui-même, qu'il va du coup nettement moins boire puisqu'il sait que je n'approuve pas. Chaque moment avec lui me donne l'impression d'être un gosse face à une pochette surprise. On se découvre même une connexion émotionnelle encore plus forte qu'on imaginait, une empathie à double sens. Lorsqu'il évoque certains aspects douloureux de sa vie, je pleure avec lui (ce qui ne me surprend pas, je sais que je suis comme ça). Mais je me rends compte qu'il est exactement pareil puisqu'un soir où je fonds en larmes, encore fragilisé et bouleversé par mes récentes pertes relationnelles, il pleure avec moi en me disant : "Je ne supporte pas de voir que tu as aussi mal".<br />
<br />
Je suis passé, en quelques jours, du désespoir le plus total à une relation pleine de plaisir. Le contraste entre les deux est frappant et engendre une fois de plus quelques interrogations. J'ai en effet toujours l'impression que cette relation a quelque chose d'illégitime. Et ce n'est pas que parce qu'elle a commencé dans le secret. C'est comme si le malheur était tangible, concret, je le perçois toujours au plus profond de mon être. A l'inverse, le bonheur me semble vaporeux, extérieur, insaisissable, irréel. Comme si mon conte de fées n'avait pas lieu d'être ; comme si je me complaisais dans le malheur et n'avais pas le droit au bonheur.<br />
<br />
Je me suis assez posé de questions. Depuis presque deux mois, maintenant, que je suis avec Rudy, j'essaie juste d'accepter tout ce qu'il m'apporte et de gérer avec sérénité tout le reste. Vivre pleinement plutôt que de toujours tout intellectualiser (hum, je reste moi-même quand même). Nous sommes bien ensemble, et on en oublierait presque notre lien initial. Ce qui aurait pu être glauque n'a nullement été une gêne entre nous, au contraire. Car oui, Rudy n'était pas n'importe qui, un inconnu rencontré sur le Net. Nous avons quelqu'un en commun : Rudy, c'est l'ex de mon ex, Angelounet.]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100226163739/nouvelle-lune-6-revelation/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-26T16:37:39+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100224152220/nouvelle-lune-5-hesitation/"><title>Nouvelle lune (5) : Hésitation</title><description>Articles précédents
Nouvelle lune (1) : Fascination
Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible
Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes
Nouvelle lune (4) : Tentation

Le lendemain, je suis sur mon petit nuage. Rudy a une heure dans l'après-midi avant d'aller voir son homme. Nous nous retrouvons à Saint-Lazare ; nous ne nous embrassons pas, ne nous faisons même pas la bise, prenons soin de ne pas nous toucher pour se dire bonjour. Drôle d'effet après la journée torride que nous avons passée la veille, mais bon. Nous nous promenons et parlons de tout et de rien, une fois de plus. Le moment est étrange car j'ai terriblement envie de le prendre dans mes bras, d'être affectueux avec lui. Je me rends compte que je l'apprécie plus que de raison. Que je ne devrais pas ressentir tout ça, que c'est déjà bien assez compliqué comme ça. Que ça me fait chier qu'il passe la soirée avec son mec officiel. On ne se touche pas vu que nous sommes dans la rue ; j'ai l'impression d'être en cavale, de faire quelque chose d'interdit. C'est excitant.

A un moment, il s'apprête à traverser alors qu'une voiture arrive. Je lui prends alors le bras pour le retenir, retire très vite mon membre une fois que Rudy est sain et sauf. Mais, en moins d'une seconde, je l'ai perçu, son bras a commencé à se diriger vers le mien et Rudy m'a adressé un regard qui en disait long. On n'a pas besoin de se toucher réellement ni de s'embrasser pour sentir le désir entre nous. Ses yeux me bouleversent tant ils sont emplis d'affection.

Nous nous disons au revoir sur le quai du métro. Il me fait une bise, chaste, mais très proche des lèvres. C'est électrique, j'ai encore plus envie de le serrer dans mes bras, de le ramener chez moi plutôt que de le laisser partir vers son mec.

Mais je ne suis que l'amant.

Le lendemain matin, j'ai plusieurs textos de Rudy. Il me confie qu'il avait envie de me rejoindre directement en rentrant de chez son mec. Moi, il m'a manqué toute la nuit, j'avais terriblement envie de sa présence. Je suis encore touché par mes tragédies amoureuses et il n'y a qu'avec lui que j'oublie et que je me sens de nouveau vivre.

Le rendez-vous est pris, il vient passer l'après-midi chez moi. J'ai la nouille qui frétille.

En arrivant, il me raconte comment s'est passée sa soirée. Lui qui d'ordinaire a un appétit sexuel démesuré n'avait pas du tout envie de son homme. Homme qui a, d'ailleurs, senti que quelque chose se tramait. De mon côté, je suis tranquille, personne ne se doute de rien. En tout cas, pas de ça.

Nous faisons une nouvelle fois l'amour puis nous allons au Mc Do de Convention. Et ce moment s'avère décisif. Car au lieu d'en faire un lieu banal et anodin, nous abordons enfin le sujet de notre avenir commun. Malgré ma sensibilité, j'ai cette caractéristique très masculine de moins aimer l'autre après avoir joui : une fois mes besoins primaires satisfaits, celui que je pouvais désirer ardemment quelques minutes avant le rapport peut devenir une coquille vide à mes yeux par la suite. Et dans la mesure où Rudy n'était pas la personne à laquelle il fallait que je m'attache, je me serais attendu à ça.

Sauf que non. C'est tout le contraire. Assis au premier étage, un groupe de jeunes loubards pas très loin de nous, j'observe Rudy manger, sourire, parler. Et je me sens transporté par son regard. Il porte en lui une telle douceur que ça me bouleverse. Alors que nous évoquons notre histoire, j'ai des larmes étoilées plein les yeux.

Je lui avoue. Oui, je l'ai revu dans une optique de vengeance, je n'aimais pas ce qu'il montrait de lui aux soirées où nous nous sommes côtoyés, j'ai le cœur brisé et je suis instable, oui. Mais en réalité, j'avais, sans me l'avouer, toujours été attiré par lui et je me suis rendu compte que ce qui se passait entre nous allait bien au-delà du sexe. Il est le seul à m'avoir autant remonté le moral en si peu de temps, le seul à m'apporter autant de plaisir et de bonheur étant donné la situation. Il me redonne goût à la vie. Et même si c'est bizarre et compliqué, oui, s'il n'était pas déjà en couple, j'entamerais une relation avec lui.

Nous continuons notre discussion en marchant jusqu'au métro Boucicaut. Nous évoquons rapidement quelques craintes. Il se demande comment réagiront mes amis en sachant ce qu'il se passe avec &quot;lui&quot;. Je lui explique que je n'en ai plus rien à foutre de ce que pensent les autres. Mes amis comprendront qu'il me fait du bien et que c'est tout ce qui compte. C'en est fini de se poser de telles questions : tout ce qui m'intéresse, c'est d'aller mieux, de penser à moi et à moi seul, car la dernière fois que j'ai agi contre moi-même pour préserver quelqu'un d'autre je me suis pris la plus belle claque de ma vie. Allez donc tous vous faire foutre, je saisis mon bonheur.

A l'heure où les travailleurs sortent de leur aliénation quotidienne, où les riches grand-mères du quartier font leurs courses, je passe mes bras dans le dos de Rudy, le colle à moi et lui donne un dernier baiser.

A suivre...</description><content:encoded><![CDATA[Articles précédents<br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/">Nouvelle lune (1) : Fascination</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100217161927/nouvelle-lune-2-l-impensable-impossible/">Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100219181619/nouvelle-lune-3-textos-nocturnes/">Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100222181203/nouvelle-lune-4-tentation/">Nouvelle lune (4) : Tentation</a><br />
<br />
Le lendemain, je suis sur mon petit nuage. Rudy a une heure dans l'après-midi avant d'aller voir son homme. Nous nous retrouvons à Saint-Lazare ; nous ne nous embrassons pas, ne nous faisons même pas la bise, prenons soin de ne pas nous toucher pour se dire bonjour. Drôle d'effet après la journée torride que nous avons passée la veille, mais bon. Nous nous promenons et parlons de tout et de rien, une fois de plus. Le moment est étrange car j'ai terriblement envie de le prendre dans mes bras, d'être affectueux avec lui. Je me rends compte que je l'apprécie plus que de raison. Que je ne devrais pas ressentir tout ça, que c'est déjà bien assez compliqué comme ça. Que ça me fait chier qu'il passe la soirée avec son mec officiel. On ne se touche pas vu que nous sommes dans la rue ; j'ai l'impression d'être en cavale, de faire quelque chose d'interdit. C'est excitant.<br />
<br />
A un moment, il s'apprête à traverser alors qu'une voiture arrive. Je lui prends alors le bras pour le retenir, retire très vite mon membre une fois que Rudy est sain et sauf. Mais, en moins d'une seconde, je l'ai perçu, son bras a commencé à se diriger vers le mien et Rudy m'a adressé un regard qui en disait long. On n'a pas besoin de se toucher réellement ni de s'embrasser pour sentir le désir entre nous. Ses yeux me bouleversent tant ils sont emplis d'affection.<br />
<br />
Nous nous disons au revoir sur le quai du métro. Il me fait une bise, chaste, mais très proche des lèvres. C'est électrique, j'ai encore plus envie de le serrer dans mes bras, de le ramener chez moi plutôt que de le laisser partir vers son mec.<br />
<br />
Mais je ne suis que l'amant.<br />
<br />
Le lendemain matin, j'ai plusieurs textos de Rudy. Il me confie qu'il avait envie de me rejoindre directement en rentrant de chez son mec. Moi, il m'a manqué toute la nuit, j'avais terriblement envie de sa présence. Je suis encore touché par mes tragédies amoureuses et il n'y a qu'avec lui que j'oublie et que je me sens de nouveau vivre.<br />
<br />
Le rendez-vous est pris, il vient passer l'après-midi chez moi. J'ai la nouille qui frétille.<br />
<br />
En arrivant, il me raconte comment s'est passée sa soirée. Lui qui d'ordinaire a un appétit sexuel démesuré n'avait pas du tout envie de son homme. Homme qui a, d'ailleurs, senti que quelque chose se tramait. De mon côté, je suis tranquille, personne ne se doute de rien. En tout cas, pas de ça.<br />
<br />
Nous faisons une nouvelle fois l'amour puis nous allons au Mc Do de Convention. Et ce moment s'avère décisif. Car au lieu d'en faire un lieu banal et anodin, nous abordons enfin le sujet de notre avenir commun. Malgré ma sensibilité, j'ai cette caractéristique très masculine de moins aimer l'autre après avoir joui : une fois mes besoins primaires satisfaits, celui que je pouvais désirer ardemment quelques minutes avant le rapport peut devenir une coquille vide à mes yeux par la suite. Et dans la mesure où Rudy n'était pas la personne à laquelle il fallait que je m'attache, je me serais attendu à ça.<br />
<br />
Sauf que non. C'est tout le contraire. Assis au premier étage, un groupe de jeunes loubards pas très loin de nous, j'observe Rudy manger, sourire, parler. Et je me sens transporté par son regard. Il porte en lui une telle douceur que ça me bouleverse. Alors que nous évoquons notre histoire, j'ai des larmes étoilées plein les yeux.<br />
<br />
Je lui avoue. Oui, je l'ai revu dans une optique de vengeance, je n'aimais pas ce qu'il montrait de lui aux soirées où nous nous sommes côtoyés, j'ai le cœur brisé et je suis instable, oui. Mais en réalité, j'avais, sans me l'avouer, toujours été attiré par lui et je me suis rendu compte que ce qui se passait entre nous allait bien au-delà du sexe. Il est le seul à m'avoir autant remonté le moral en si peu de temps, le seul à m'apporter autant de plaisir et de bonheur étant donné la situation. Il me redonne goût à la vie. Et même si c'est bizarre et compliqué, oui, s'il n'était pas déjà en couple, j'entamerais une relation avec lui.<br />
<br />
Nous continuons notre discussion en marchant jusqu'au métro Boucicaut. Nous évoquons rapidement quelques craintes. Il se demande comment réagiront mes amis en sachant ce qu'il se passe avec "lui". Je lui explique que je n'en ai plus rien à foutre de ce que pensent les autres. Mes amis comprendront qu'il me fait du bien et que c'est tout ce qui compte. C'en est fini de se poser de telles questions : tout ce qui m'intéresse, c'est d'aller mieux, de penser à moi et à moi seul, car la dernière fois que j'ai agi contre moi-même pour préserver quelqu'un d'autre je me suis pris la plus belle claque de ma vie. Allez donc tous vous faire foutre, je saisis mon bonheur.<br />
<br />
A l'heure où les travailleurs sortent de leur aliénation quotidienne, où les riches grand-mères du quartier font leurs courses, je passe mes bras dans le dos de Rudy, le colle à moi et lui donne un dernier baiser.<br />
<br />
<i>A suivre...</i>]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100224152220/nouvelle-lune-5-hesitation/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-24T15:22:20+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100222181203/nouvelle-lune-4-tentation/"><title>Nouvelle lune (4) : Tentation</title><description>Articles précédents
Nouvelle lune (1) : Fascination
Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible
Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes

Le lendemain, je me sens dans un drôle d'état d'esprit. La nuit passée à échanger des sextos avec Rudy m'a complètement retourné le cerveau. C'est la première fois que je fais ça. Certains messages ont été bien plus chauds que ce qui a été publié ici, d'autres ont abordé d'autres sujets, bien plus profonds. L'ensemble me fait me sentir vraiment bizarre. Je me sens mis à nu, comme si j'avais dévoilé mes sentiments et couché avec un nouveau garçon.

Nous continuons à échanger des messages. Il me raconte sa journée, il a allègrement couché avec son mec ; je suis un peu jaloux (et frustré), mais après tout, je ne suis rien. Je n'ai aucun droit. Et puis, qu'est-ce que je peux faire ? Je ne vais quand même pas les faire rompre.

Une nouvelle nuit où nous discutons et où nous décidons de nous retrouver au petit matin. On ne se chauffe pas trop et on se promet qu'il ne se passera rien. On a envie de se voir mais peur de ce qui pourrait arriver vu la situation complexe…

Lorsqu'il arrive, je me sens vraiment mal à l'aise. Je me demande même ce qu'il fait là, en fait. Je suis crevé par ces deux nuits, complètement décalqué et décalé. On se met dans mon coin cuisine pour prendre le petit dej et on parle comme si de rien n'était. On tente de mettre de côté la tension sexuelle qu'il y avait entre nous la veille, d'oublier qu'il a déjà un copain. Le voir lui, chez moi, un dimanche matin, c'est surréaliste. Je devrais être en train de dormir, il devrait être chez lui. Je ne suis même plus attiré tellement ça me stresse. Mais l'idée d'avoir un gentil et beau garçon dans mon lit, de lui faire des câlins, me plaît toujours autant.

Après une bonne heure à manger et papoter, l'air de rien, il se prépare à aller se coucher. Il se lave les dents, se déshabille, comme si nous étions un vieux couple. Je me mets de mon côté du lit, près du bord, je me demande s'il va se frotter à moi en passant. Même pas, il se glisse à l'autre bout sans même me toucher. C'est débile, alors, très vite, je me colle à lui. Il a tout de suite du répondant, me prend chaleureusement dans ses bras. C'est terriblement simple, incroyablement bon. Juste avoir un garçon dans mes bras, un garçon capable de donner autant d'affection, sans retenue, avec authenticité.

On continue de papoter. Je sens que le désir monte en moi (je bande, appelons un chat un chat) mais je ne veux rien tenter. Il est casé, s'il doit se passer quelque chose, c'est à lui de prendre les choses en main.
- Calme-toi, me dit-il. 
- Hein, quoi ?
Il n'a pas touché ma bite, comment peut-il savoir… ?
- Ton cœur bat super vite, calme-toi…
- Ah ? Euh, mais non, il bat normalement…
Grillé.
Je retire mon T-shirt parce qu'il me donne chaud, le bougre. Et là, je sens bien que cette nudité supplémentaire le perturbe. Il a la tête sur mon torse poilu, le caresse, me l'embrasse. Il prend bien soin de rester aussi loin de mes lèvres que de mon bas-ventre de sorte que tout ceci reste très soft. J'aime sentir sa tête sur moi, je lui caresse le dos, les cheveux. J'embrasse son front, chastement. Sa main descend à peine sur mon ventre. Qu'on me caresse ainsi le torse et le ventre a un énorme pouvoir érotique, c'est l'une des choses que je préfère : je bande de plus en plus dur. Mais va-t-il se décider à aller jusqu'au bout ?

En même temps que sa main joue au yoyo sur mon torse, ses lèvres se rapprochent de mon visage. Il m'embrasse dans le cou, sur les joues, sur le front. Redescend, remonte, fait le tour de ma bouche, sans jamais la toucher. J'ai chaud, mon caleçon est trempé, mon cœur est bouleversé. Putain mais vas-y, embrasse-moi, prends-moi, allez, ne me fais pas languir plus longtemps !!! Il continue pourtant son petit jeu, au point de me rendre fou. Mon caleçon va exploser, mon cœur va s'échapper, j'ai l'impression que mon sang va gicler par tous mes pores. Le torse, le téton, le ventre, le téton, le torse, le cou, la mâchoire, la joue, près des lèvres et enfin, enfin, enfin, il me donne un baiser de Prince Charmant.

C'est le moment juste, idéal, j'ai la sensation d'être au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne. Plus rien d'autre ne compte, plus personne n'existe ; nous sommes seuls au monde, sous ma couette, à s'embrasser pour la première fois, et c'est bon, et c'est chaud, terriblement banal et unique et merveilleux à la fois. Ses lèvres si douces qu'entoure une barbe piquante offre un délicieux contraste. Je me sens complètement défaillir pour lui, pourtant je sais qu'il ne faut pas, mais je suis ainsi fait, toujours le cœur en érection autant que mon sexe.

On s'embrasse longuement, on se câline chastement : il joue sur mon ventre mais ne se rapproche jamais trop de mon humidité. Mais pour moi, le processus est lancé. Un baiser, dans ma vie, est toujours aussi intime qu'une pipe. Ainsi, l'un ne va pas sans l'autre. Me donner accès à ses lèvres c'est s'autoriser à se foutre à poil et à jouer plus en profondeur avec nos bâtons d'amour. Alors, on rapproche nos corps, d'abord habillés, je profite allègrement de son très beau cul, de sa bite, de tout son corps, avant de baisser son caleçon et de goûter à son ardent désir.

La suite est plus que conforme à mes attentes : faire l'amour avec lui est digne d'un conte de fées. Je ne m'étais pas trompé, nous sommes complètement compatibles. Il fait tout bien du premier coup, ce qui n'arrive habituellement jamais avec mes chéris. Il est volontaire, pas du tout du genre à faire l'étoile de mer et pense au désir de l'autre avant le sien. Je n'avais jamais connu une relation sexuelle qui se passe aussi bien du premier coup.

Lui aussi ressent notre connexion de folie. Je lui ai plu autant qu'il ma plu : il vante mes prouesses sexuelles (pourtant pas optimales à ce moment-là), ne s'attendait pas à ce que je sois aussi à l'aise sexuellement, que je prenne autant les devants, que je sois aussi coquin. &quot;Tu fais tellement bien l'amour…&quot; me dit-il. &quot;Avec mon homme, je baise, avec toi je fais l'amour.&quot;

L'heure tourne, il nous faut nous séparer. Nous n'abordons pas les sujets qui fâchent. Moi, je m'en fous, je n'ai pas d'attaches, j'ai vécu un superbe moment. Mais lui doit se poser mille questions, doit culpabiliser d'avoir trompé son mec de la sorte… Je préfère le laisser réfléchir avant d'en parler. Je me sens bien même si j'ai la sensation d'être devenu une vraie salope.

Je me sens tout-puissant. Je repense à ce moment, quelques semaines auparavant, lorsque je me disais qu'il fallait que je couche avec lui, pour réaliser que je suis arrivé à mes fins. Je l'ai voulu, je l'ai eu.

A suivre...</description><content:encoded><![CDATA[Articles précédents<br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/">Nouvelle lune (1) : Fascination</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100217161927/nouvelle-lune-2-l-impensable-impossible/">Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100219181619/nouvelle-lune-3-textos-nocturnes/">Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes</a><br />
<br />
Le lendemain, je me sens dans un drôle d'état d'esprit. La nuit passée à échanger des sextos avec Rudy m'a complètement retourné le cerveau. C'est la première fois que je fais ça. Certains messages ont été bien plus chauds que ce qui a été publié ici, d'autres ont abordé d'autres sujets, bien plus profonds. L'ensemble me fait me sentir vraiment bizarre. Je me sens mis à nu, comme si j'avais dévoilé mes sentiments et couché avec un nouveau garçon.<br />
<br />
Nous continuons à échanger des messages. Il me raconte sa journée, il a allègrement couché avec son mec ; je suis un peu jaloux (et frustré), mais après tout, je ne suis rien. Je n'ai aucun droit. Et puis, qu'est-ce que je peux faire ? Je ne vais quand même pas les faire rompre.<br />
<br />
Une nouvelle nuit où nous discutons et où nous décidons de nous retrouver au petit matin. On ne se chauffe pas trop et on se promet qu'il ne se passera rien. On a envie de se voir mais peur de ce qui pourrait arriver vu la situation complexe…<br />
<br />
Lorsqu'il arrive, je me sens vraiment mal à l'aise. Je me demande même ce qu'il fait là, en fait. Je suis crevé par ces deux nuits, complètement décalqué et décalé. On se met dans mon coin cuisine pour prendre le petit dej et on parle comme si de rien n'était. On tente de mettre de côté la tension sexuelle qu'il y avait entre nous la veille, d'oublier qu'il a déjà un copain. Le voir lui, chez moi, un dimanche matin, c'est surréaliste. Je devrais être en train de dormir, il devrait être chez lui. Je ne suis même plus attiré tellement ça me stresse. Mais l'idée d'avoir un gentil et beau garçon dans mon lit, de lui faire des câlins, me plaît toujours autant.<br />
<br />
Après une bonne heure à manger et papoter, l'air de rien, il se prépare à aller se coucher. Il se lave les dents, se déshabille, comme si nous étions un vieux couple. Je me mets de mon côté du lit, près du bord, je me demande s'il va se frotter à moi en passant. Même pas, il se glisse à l'autre bout sans même me toucher. C'est débile, alors, très vite, je me colle à lui. Il a tout de suite du répondant, me prend chaleureusement dans ses bras. C'est terriblement simple, incroyablement bon. Juste avoir un garçon dans mes bras, un garçon capable de donner autant d'affection, sans retenue, avec authenticité.<br />
<br />
On continue de papoter. Je sens que le désir monte en moi (je bande, appelons un chat un chat) mais je ne veux rien tenter. Il est casé, s'il doit se passer quelque chose, c'est à lui de prendre les choses en main.<br />
- Calme-toi, me dit-il. <br />
- Hein, quoi ?<br />
Il n'a pas touché ma bite, comment peut-il savoir… ?<br />
- Ton cœur bat super vite, calme-toi…<br />
- Ah ? Euh, mais non, il bat normalement…<br />
Grillé.<br />
Je retire mon T-shirt parce qu'il me donne chaud, le bougre. Et là, je sens bien que cette nudité supplémentaire le perturbe. Il a la tête sur mon torse poilu, le caresse, me l'embrasse. Il prend bien soin de rester aussi loin de mes lèvres que de mon bas-ventre de sorte que tout ceci reste très soft. J'aime sentir sa tête sur moi, je lui caresse le dos, les cheveux. J'embrasse son front, chastement. Sa main descend à peine sur mon ventre. Qu'on me caresse ainsi le torse et le ventre a un énorme pouvoir érotique, c'est l'une des choses que je préfère : je bande de plus en plus dur. Mais va-t-il se décider à aller jusqu'au bout ?<br />
<br />
En même temps que sa main joue au yoyo sur mon torse, ses lèvres se rapprochent de mon visage. Il m'embrasse dans le cou, sur les joues, sur le front. Redescend, remonte, fait le tour de ma bouche, sans jamais la toucher. J'ai chaud, mon caleçon est trempé, mon cœur est bouleversé. Putain mais vas-y, embrasse-moi, prends-moi, allez, ne me fais pas languir plus longtemps !!! Il continue pourtant son petit jeu, au point de me rendre fou. Mon caleçon va exploser, mon cœur va s'échapper, j'ai l'impression que mon sang va gicler par tous mes pores. Le torse, le téton, le ventre, le téton, le torse, le cou, la mâchoire, la joue, près des lèvres et enfin, enfin, enfin, il me donne un baiser de Prince Charmant.<br />
<br />
C'est le moment juste, idéal, j'ai la sensation d'être au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne. Plus rien d'autre ne compte, plus personne n'existe ; nous sommes seuls au monde, sous ma couette, à s'embrasser pour la première fois, et c'est bon, et c'est chaud, terriblement banal et unique et merveilleux à la fois. Ses lèvres si douces qu'entoure une barbe piquante offre un délicieux contraste. Je me sens complètement défaillir pour lui, pourtant je sais qu'il ne faut pas, mais je suis ainsi fait, toujours le cœur en érection autant que mon sexe.<br />
<br />
On s'embrasse longuement, on se câline chastement : il joue sur mon ventre mais ne se rapproche jamais trop de mon humidité. Mais pour moi, le processus est lancé. Un baiser, dans ma vie, est toujours aussi intime qu'une pipe. Ainsi, l'un ne va pas sans l'autre. Me donner accès à ses lèvres c'est s'autoriser à se foutre à poil et à jouer plus en profondeur avec nos bâtons d'amour. Alors, on rapproche nos corps, d'abord habillés, je profite allègrement de son très beau cul, de sa bite, de tout son corps, avant de baisser son caleçon et de goûter à son ardent désir.<br />
<br />
La suite est plus que conforme à mes attentes : faire l'amour avec lui est digne d'un conte de fées. Je ne m'étais pas trompé, nous sommes complètement compatibles. Il fait tout bien du premier coup, ce qui n'arrive habituellement jamais avec mes chéris. Il est volontaire, pas du tout du genre à faire l'étoile de mer et pense au désir de l'autre avant le sien. Je n'avais jamais connu une relation sexuelle qui se passe aussi bien du premier coup.<br />
<br />
Lui aussi ressent notre connexion de folie. Je lui ai plu autant qu'il ma plu : il vante mes prouesses sexuelles (pourtant pas optimales à ce moment-là), ne s'attendait pas à ce que je sois aussi à l'aise sexuellement, que je prenne autant les devants, que je sois aussi coquin. "Tu fais tellement bien l'amour…" me dit-il. "Avec mon homme, je baise, avec toi je fais l'amour."<br />
<br />
L'heure tourne, il nous faut nous séparer. Nous n'abordons pas les sujets qui fâchent. Moi, je m'en fous, je n'ai pas d'attaches, j'ai vécu un superbe moment. Mais lui doit se poser mille questions, doit culpabiliser d'avoir trompé son mec de la sorte… Je préfère le laisser réfléchir avant d'en parler. Je me sens bien même si j'ai la sensation d'être devenu une vraie salope.<br />
<br />
Je me sens tout-puissant. Je repense à ce moment, quelques semaines auparavant, lorsque je me disais qu'il fallait que je couche avec lui, pour réaliser que je suis arrivé à mes fins. Je l'ai voulu, je l'ai eu.<br />
<br />
<i>A suivre...</i>]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100222181203/nouvelle-lune-4-tentation/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-22T18:12:03+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100221154134/zero/"><title>Zéro</title><description>Depuis plus de dix jours, je dors. C'est un miracle. Les premiers temps, dès la tombée de la nuit, je sentais des signes de fatigue pointer leur nez et je m'endormais avec une rapidité incroyable tous les soirs au plus tard à minuit pour me réveiller, frais comme la rose, en même temps que les travailleurs.

Si la nouvelle est excellente et me donne la pêche, elle me confronte encore plus au vide de ma vie. Tout à coup, je ne peux plus me cacher derrière une excuse. Effectivement, j'ai plus d'énergie et d'enthousiasme pour agir. Mais pas tant que ça, finalement. J'ai encore et toujours du mal à m'y mettre. C'est comme si la moindre demi-heure de labeur (i.e. travail, ménage…) devait être compensée par plusieurs heures de loisirs. En 2008, quand je bossais comme un dératé pour la Ruche, j'avais une force de travail surhumaine des jours, des semaines durant. Aujourd'hui, tout me paraît insurmontable, même après une bonne nuit de dix heures.

Je pourrais encore en trouver, des excuses. Je ne suis pas bien chez moi, envie d'hiberner en cette saison, envie de sortir dès qu'il y a un rayon de soleil, j'ai mal au dos dès que je m'assois sur mes chaises pourries… Bla bla bla. La vérité, c'est juste que je n'ai pas envie. Juste pas envie. Envie de rien. Et certainement pas de ça. Je n'arrive pas à croire que ce soit juste une question de sens des actes. Quand je passe une heure sur Facebook, ça n'a aucun sens en soi, même si c'est révélateur de mon besoin d'être relié aux autres.

Ce n'est pas qu'en la valeur travail que je ne crois plus, ni en le monde, c'est en moi. Quand j'ai fini mes études en 2007, quand j'ai travaillé en 2008, j'avais des croyances, des envies, de l'ambition. J'avais la vie devant moi, en somme. Quand je me suis mis à mon compte il y a un an, j'avais encore des projets. Mais aujourd'hui, plus rien, je n'y arrive plus. J'ai des idées, vagues, mais toujours pas l'énergie de les mettre en place. Alors que ça n'en demande pas tant que ça. Au fond, j'ai l'impression que quoi que je fasse, je n'y arriverai pas. Je ne me sens pas à la hauteur. C'est tellement cliché qu'à me lire je me dis que personne ne va y croire. Pour une fois, je n'arrive pas à retranscrire ce que je ressens - voilà, même ça je n'y arrive plus.

Depuis toujours, j'ai la sensation de ne rien savoir faire. De ne pas être doué, de ne pas être bon. Alors je sais bien que j'ai quelques compétences, qu'elles aient des implications dans la vie personnelle et professionnelle. Mais je les trouve minimes, faibles, insuffisantes par rapport à ce qu'il faudrait. OK, je sais aligner trois phrases à l'écrit, et alors ? Après ? J'en fais quoi ? Je n'aime pas écrire sous la contrainte, être rédacteur m'ennuie et je ne suis pas assez doué pour être journaliste (sans parler d'un manque de connaissances dans lequel je me complais complètement vu que je suis coupé du monde). OK, je sais aligner trois phrases en anglais. So what ? Mon niveau a considérablement baissé depuis que je suis parti à Londres, je garde un anglais courant mais je suis loin, très loin d'être bilingue et me sens donc incapable d'accéder à des fonctions qui nécessitent une parfaite maîtrise de cette langue. Alors oui, on ne peut pas me retirer mes compétences orthographiques, largement supérieures à la plupart des gens les plus cultivés. Mais là encore, ça ne suffit pas, je ne rivalise pas avec de vrais secrétaires de rédaction ; je mets ceux que je connais sur un piédestal si élevé que j'ai l'impression d'être un enfant à côté d'eux.

Je ne sais plus quoi faire de ma vie. Après des études généralistes d'anglais dont il ne reste rien, un Master de communication qui n'a servi à rien, des expériences dans la culture ou l'administration qui me paraissent si loin… Même pour être secrétaire j'ai l'impression de ne plus être à la hauteur vu que je suis empoté comme personne dès lors qu'il faut faire un truc un tout petit peu compliqué sur Word ou Excel.

J'ai tout le temps l'impression d'être &quot;en sommeil&quot;. Comme s'il fallait attendre (quoi ? une étincelle ? un alignement planétaire ? la fin du monde ?) quelque temps avant que je ne me remette en marche. Là encore, j'ai toujours des excuses (la fatigue, la déprime, la rébellion…). Et je croise de plus en plus de gens plus ou moins comme moi - au mieux, il font un break, au pire, ils sont sortis du système depuis des années. A chaque fois ça me conforte dans l'idée que ce mode de vie est possible, que c'est ce qui me convient le mieux. Parfois, je suis frappé de voir que ces gens gâchent leurs compétences. J'en vois qui ont fait de longues études intéressantes, ou qui se lancent dans de titanesques projets d'écriture. Souvent, je suis admiratif face à leur expression, touché par leurs traits d'esprits. C'est qu'ils n'ont plus que ça à faire, en somme - penser. Comme moi, ils se laissent dériver dans les méandres de leur cerveau avec peu de branches dans le monde réel. Ils me rappellent clairement moi, ces gens, ces compétents qui ont fait le choix de ne pas être productivistes. Jusqu'à ce qu'une autre façon de voir les choses m'a heurté. Et s'ils ne savaient rien faire, en réalité ? Ce n'est pas parce que le monde ne leur convient pas, qu'ils en sont partis, c'est parce qu'ils ne correspondent pas au monde. Parce qu'ils n'ont pas de talent utile au monde du travail actuellement. Ils n'ont rien à apporter. C'est pareil pour moi. Je vois bien que je ne sais plus rien faire, je n'ai jamais su faire quoi que ce soit de vraiment bien, en fait. Ma vie, ça a toujours été d'être et de faire les choses &quot;assez bien&quot;.

Pourtant j'ai bien conscience que dans de nombreuses entreprises il ne s'agit pas réellement de savoir-faire, mais plus de savoir-être. Je l'ai vu de mes propres yeux, ce sont les plus ambitieux, ceux qui se posent le moins de questions, qui avancent le plus vite et vont le plus loin. Ils ne sont pas les plus doués, mais ils font croire qu'ils sont les meilleurs. Tout est une question de croyance de l'autre en soi. Mais pour cela, il faut avoir confiance en soi, et ça, vraiment, je ne sais pas faire. J'ai beau le tourner dans tous les sens, je vois bien que je ne vaux rien. J'essaie de prendre tout ça comme un jeu, de faire semblant, moi aussi, mais quand on a comme valeur profonde l'authenticité, il est bien difficile d'accepter d'être un imposteur. 

Il faut que je me bouge avant que je m'enterre. Mais j'aurais envie de le faire en repartant à zéro, libéré de tous mes boulets.</description><content:encoded><![CDATA[Depuis plus de dix jours, je dors. C'est un miracle. Les premiers temps, dès la tombée de la nuit, je sentais des signes de fatigue pointer leur nez et je m'endormais avec une rapidité incroyable tous les soirs au plus tard à minuit pour me réveiller, frais comme la rose, en même temps que les travailleurs.<br />
<br />
Si la nouvelle est excellente et me donne la pêche, elle me confronte encore plus au vide de ma vie. Tout à coup, je ne peux plus me cacher derrière une excuse. Effectivement, j'ai plus d'énergie et d'enthousiasme pour agir. Mais pas tant que ça, finalement. J'ai encore et toujours du mal à m'y mettre. C'est comme si la moindre demi-heure de labeur (i.e. travail, ménage…) devait être compensée par plusieurs heures de loisirs. En 2008, quand je bossais comme un dératé pour la <i>Ruche</i>, j'avais une force de travail surhumaine des jours, des semaines durant. Aujourd'hui, tout me paraît insurmontable, même après une bonne nuit de dix heures.<br />
<br />
Je pourrais encore en trouver, des excuses. Je ne suis pas bien chez moi, envie d'hiberner en cette saison, envie de sortir dès qu'il y a un rayon de soleil, j'ai mal au dos dès que je m'assois sur mes chaises pourries… Bla bla bla. La vérité, c'est juste que je n'ai pas envie. Juste pas envie. Envie de rien. Et certainement pas de ça. Je n'arrive pas à croire que ce soit juste une question de sens des actes. Quand je passe une heure sur Facebook, ça n'a aucun sens en soi, même si c'est révélateur de mon besoin d'être relié aux autres.<br />
<br />
Ce n'est pas qu'en la valeur travail que je ne crois plus, ni en le monde, c'est en moi. Quand j'ai fini mes études en 2007, quand j'ai travaillé en 2008, j'avais des croyances, des envies, de l'ambition. J'avais la vie devant moi, en somme. Quand je me suis mis à mon compte il y a un an, j'avais encore des projets. Mais aujourd'hui, plus rien, je n'y arrive plus. J'ai des idées, vagues, mais toujours pas l'énergie de les mettre en place. Alors que ça n'en demande pas tant que ça. Au fond, j'ai l'impression que quoi que je fasse, je n'y arriverai pas. Je ne me sens pas à la hauteur. C'est tellement cliché qu'à me lire je me dis que personne ne va y croire. Pour une fois, je n'arrive pas à retranscrire ce que je ressens - voilà, même ça je n'y arrive plus.<br />
<br />
Depuis toujours, j'ai la sensation de ne rien savoir faire. De ne pas être doué, de ne pas être bon. Alors je sais bien que j'ai quelques compétences, qu'elles aient des implications dans la vie personnelle et professionnelle. Mais je les trouve minimes, faibles, insuffisantes par rapport à ce qu'il faudrait. OK, je sais aligner trois phrases à l'écrit, et alors ? Après ? J'en fais quoi ? Je n'aime pas écrire sous la contrainte, être rédacteur m'ennuie et je ne suis pas assez doué pour être journaliste (sans parler d'un manque de connaissances dans lequel je me complais complètement vu que je suis coupé du monde). OK, je sais aligner trois phrases en anglais. So what ? Mon niveau a considérablement baissé depuis que je suis parti à Londres, je garde un anglais courant mais je suis loin, très loin d'être bilingue et me sens donc incapable d'accéder à des fonctions qui nécessitent une parfaite maîtrise de cette langue. Alors oui, on ne peut pas me retirer mes compétences orthographiques, largement supérieures à la plupart des gens les plus cultivés. Mais là encore, ça ne suffit pas, je ne rivalise pas avec de vrais secrétaires de rédaction ; je mets ceux que je connais sur un piédestal si élevé que j'ai l'impression d'être un enfant à côté d'eux.<br />
<br />
Je ne sais plus quoi faire de ma vie. Après des études généralistes d'anglais dont il ne reste rien, un Master de communication qui n'a servi à rien, des expériences dans la culture ou l'administration qui me paraissent si loin… Même pour être secrétaire j'ai l'impression de ne plus être à la hauteur vu que je suis empoté comme personne dès lors qu'il faut faire un truc un tout petit peu compliqué sur Word ou Excel.<br />
<br />
J'ai tout le temps l'impression d'être "en sommeil". Comme s'il fallait attendre (quoi ? une étincelle ? un alignement planétaire ? la fin du monde ?) quelque temps avant que je ne me remette en marche. Là encore, j'ai toujours des excuses (la fatigue, la déprime, la rébellion…). Et je croise de plus en plus de gens plus ou moins comme moi - au mieux, il font un break, au pire, ils sont sortis du système depuis des années. A chaque fois ça me conforte dans l'idée que ce mode de vie est possible, que c'est ce qui me convient le mieux. Parfois, je suis frappé de voir que ces gens gâchent leurs compétences. J'en vois qui ont fait de longues études intéressantes, ou qui se lancent dans de titanesques projets d'écriture. Souvent, je suis admiratif face à leur expression, touché par leurs traits d'esprits. C'est qu'ils n'ont plus que ça à faire, en somme - penser. Comme moi, ils se laissent dériver dans les méandres de leur cerveau avec peu de branches dans le monde réel. Ils me rappellent clairement moi, ces gens, ces compétents qui ont fait le choix de ne pas être productivistes. Jusqu'à ce qu'une autre façon de voir les choses m'a heurté. Et s'ils ne savaient rien faire, en réalité ? Ce n'est pas parce que le monde ne leur convient pas, qu'ils en sont partis, c'est parce qu'ils ne correspondent pas au monde. Parce qu'ils n'ont pas de talent utile au monde du travail actuellement. Ils n'ont rien à apporter. C'est pareil pour moi. Je vois bien que je ne sais plus rien faire, je n'ai jamais su faire quoi que ce soit de vraiment bien, en fait. Ma vie, ça a toujours été d'être et de faire les choses "assez bien".<br />
<br />
Pourtant j'ai bien conscience que dans de nombreuses entreprises il ne s'agit pas réellement de savoir-faire, mais plus de savoir-être. Je l'ai vu de mes propres yeux, ce sont les plus ambitieux, ceux qui se posent le moins de questions, qui avancent le plus vite et vont le plus loin. Ils ne sont pas les plus doués, mais ils font croire qu'ils sont les meilleurs. Tout est une question de croyance de l'autre en soi. Mais pour cela, il faut avoir confiance en soi, et ça, vraiment, je ne sais pas faire. J'ai beau le tourner dans tous les sens, je vois bien que je ne vaux rien. J'essaie de prendre tout ça comme un jeu, de faire semblant, moi aussi, mais quand on a comme valeur profonde l'authenticité, il est bien difficile d'accepter d'être un imposteur. <br />
<br />
Il faut que je me bouge avant que je m'enterre. Mais j'aurais envie de le faire en repartant à zéro, libéré de tous mes boulets.]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100221154134/zero/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-21T15:41:34+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100219181619/nouvelle-lune-3-textos-nocturnes/"><title>Nouvelle lune (3) : Textos nocturnes</title><description>Articles précédents
Nouvelle lune (1) : Fascination
Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible

Rudy : Ca va ?
Moi : Oui, je passe la soirée avec mon ex.
Rudy : Hein ? Bah alors !
Moi : On se voit souvent, y a rien entre nous ! Il essaye de temps en temps de recoucher avec moi mais je dis tout le temps non (sauf une fois). Et là il a un copain de toute façon, donc aucun risque.
Rudy : Ah tu couches pas avec les hommes en couple ?

C'est quoi cette question ? A-t-il en tête l'idée de coucher avec moi ?

Moi : Pas avec lui en tout cas. ;)
Rudy : Putain, j'ai trop envie de te voir… Lundi, un Starbucks dans la journée ?

Et là, j'ai senti que quelque chose basculait. Il avait beau me parler de son mec, dire qu'il était content de passer du temps avec lui, il m'exprimait souvent son affection de la sorte. Mais cette phrase, &quot;Putain, j'ai trop envie de te voir…&quot; sortait tellement du cœur que j'y ai vu plus que de la simple amitié.

Moi : I feel like seeing you too… Ca devrait être bon pour lundi.
Rudy : On se tient au courant. Mais pas trop tard car je dors avec mon homme. ;-)

Ou comment calmer mes ardeurs en deux secondes.

Moi : Ca me va dans l'idée. Oh vous faites chier à tous être en couple !
Rudy : Bah pourquoi ?
Moi : J'aime pas les couples. :p
Rudy : Jaloux ! Et puis c'est vrai, j'aurais pu te… Enfin bon…

Ah, voilà un message qui me plaît.

Moi : Me… me quoi ?
Rudy : Te… J'en sais rien moi. ;-)
Moi : Salope. :p
Rudy : Tu as vu tes statuts Facebook des fois toi ?
Moi : J'aime bien les salopes moi. ;) Qu'est-ce qu'ils ont mes statuts ?
Rudy : Bah parfois, on voit que tu aimes les salopes. ;-)
Moi : C'est parce que j'en suis une aussi. :D
Rudy : J'osais pas le dire. Mais j'aime bien l'être moi. ;-)
Moi : J'ai bien senti quand on a parlé de cul qu'on semblait assez sur la même longueur d'ondes ouais. :p
Rudy : Arrête, tu vas m'exciter, lol.
Moi : Ne me dis pas ça, je suis une salope (et je commence à être grave en manque). De toute façon tu peux rien faire de mal, t'es au boulot.
Rudy : Exactement… Mais lundi. ;-)
Moi : Je suis pas sûr que tu puisses faire grand chose au Starbucks. :p
Rudy : Bah oui mais au Dépôt !
Moi : Oh quelle horreur !!! Je serais bien incapable de faire quoi que ce soit là-dedans. T'y es déjà allé toi ?
Rudy : Jamais dans un truc à cul ! J'ai baisé dans plein d'endroits quand même. ;-)
Moi : SALOPE ! Moi j'ai toujours été classique. Malheureusement. Et donc t'as envie d'ajouter le Starbucks à ta longue liste de dépravation ? ;)
Rudy : Non, mais j'aime bien aller chez les gens et voir leur univers.
Moi : Tu peux venir chez moi quand tu veux… :D
Rudy : Avec plaisir. ;-) Mais tu veux quand même pas m'inviter un soir ?
Moi : Il faudra bien que je t'invite chez moi pour te remercier de m'inviter tout le temps dehors…
Rudy : Bon ok. Mais le soir, j'ai tendance à rater mon train.
Moi : Ca tombe très bien. J'en ai marre de dormir tout seul.
Rudy : Tu sais ce qu'il s'est passé la dernière fois que j'ai dormi avec un garçon.
Moi : Et c'est pas allé assez loin à mon goût. ;)
Rudy : Bon, lundi chez toi alors ?

Sauf que le lundi, il n'était dispo que l'après-midi. Il me fallait trouver un soir, moment plus sensuel, pour parvenir à mes fins.

Moi : Oh l'aprem c'est triste. Lundi : Starbucks. Un soir de la semaine : chez moi.
Rudy : OK. Ce sera la semaine d'après alors…
Moi : Oh c'est dans longtemps ! Bon bah peut-être que tu viendras chez moi lundi alors, lol.

Oui parce que je suis chaud, quand même.
Nous changeons de sujet. Dans la conversation, en réponse à son questionnement sur mon état moral, je lui glisse : &quot;ça me fait du bien de parler avec toi…&quot;.

Rudy : Moi aussi j'aime parler avec toi, ça fait vraiment du bien. Même mon homme a compris ça. Il n'est pas jaloux de toi. Tant mieux. ;-)

Et merde.

Les minutes passent sans que je réponde.

Rudy : J'en connais un qui s'est endormi !
Moi : Pas encooooooooore ! Trop excité pour dormir je crois. ;)
Rudy : J'ai bien vu que tu étais excité, vu les propos(itions).

Puis, dans un texto à part…

Rudy : Ah Jonathan…

Comme un soupir de désir… Non ?

Moi : Quoi ? T'as joui ? :D
Rudy : Euh non, j'ai pas joui. Mais je suis dans un tel état ce soir…
Moi : Putain, m'en parle pas, j'avais pas autant mouillé mon caleçon depuis très longtemps ! ^^;
Rudy : C'est bizarre. Je fais très rarement des SMS cochons mais quand j'en fais avec mon homme, c'est systématiquement en parallèle de tes SMS. Mais là, non, on continue à parler de cul. J'EN PEUX PLUS. Alors comme ça tu mouilles ton caleçon ?

Des SMS cochons uniquement en parallèle des miens ? Ca veut dire quoi ça ? Que c'est moi que tu kiffes en réalité ?

Moi : Ah oui, quand je suis excité, j'ai la bite qui mouille grave (et je transpire aussi beaucoup du cul) : je suis un homme fontaine ! :p Pas toi ?
Rudy : Je mouille beaucoup aussi. ;-) Y a même des mecs que ça a dérangé. Mais c'est pratique quand tu mets pas de capote. Ca sert de gel et hop… Oui, j'aime le sexe et je le revendique. J'ai besoin de beaucoup faire l'amour (ou de baiser aussi tiens). J'aime certains trucs aussi et je m'éclate pas mal avec mon homme car on parle bien de sexe…

Mais tu me fais chier à parler de ton mec ! Tu souffles le chaud et le froid avec moi.
Et là, il m'envoie une photo de son visage.

Rudy : Oh putain cette gueule, pas rasé depuis une semaine…
Moi : Ca te fait jamais mal de prendre un mec sans gel et sans capote ? Même en mouillant, moi j'ai la bite tellement sensible que souvent ça me tire. Alors qu'avec du lubrifiant c'est tellement bon putain… C'est tellement important le sexe, tu apprends tellement de choses sur les gens en couchant avec, et tu peux échanger et partager tellement plus que des fluides…

Note importante : il va de soi que cette discussion de sexe sans protection sous-entend des rapports sexuels dans un couple fidèle, après plusieurs mois de relation et tests effectués.

Moi : Oh putain salaud, tu fais exprès de m'envoyer une photo de toi pas rasé !!!

Surexcité, je suis à deux doigts (!) de lui envoyer une photo de mon émoi, pour le chauffer. Mais je reste pudique, aucune photo de mon anatomie n'a jamais été faite (je pourrais être Miss France, moi), alors je retire mon caleçon, je le mets au sol et je le prends en photo.

Rudy : Euh, tu es tout nu alors ? Prendre un mec sans gel et sans capote ? Bah je lui lèche le cul s'il faut. Je suis pas rasé et je pique grave. Tu aimes ça ? Là, je pique. Bah j'ai le boxer tout mouillé aussi. Grrr.
Moi : C'est une nuit pleine de surprises et d'humidité…
Rudy : Tu me donnes chaud. J'ai une demi-molle depuis trop longtemps là. Heureusement que je suis au taf. Tu m'excites en plus, tu le sais…
Moi : J'avoue, heureusement que tu es au taf, je n'aurais pas été très sage sinon… Déjà que je ne te facilite pas la tâche. Mais quand un mec m'excite j'ai du mal à me contenir.
Rudy : Oh putain, j'en peux plus…

Et voilà, au moins, là, il ne pense plus à son mec, mais à moi.

Rudy : Je te pensais pas si chaud comme ça mais c'est avec plaisir que je te découvre ;-p (oui, j'y mets la langue). Mais effectivement heureusement que je bosse car sinon…
Moi : Je ne suis pas facilement attiré, tu sais… Alors quand je suis sûr de ce que je ressens, ouais je suis chaud. :p Et puis j'ai tellement l'impression qu'on a la même approche du sexe que ça me perturbe un peu. ^^;
Rudy : Toi, tu me plais. Je te l'ai dit tout à l'heure. Ce n'est pas uniquement physique. J'aime nos échanges, être avec toi… Et physiquement, quand tu as un T-shirt ou un polo un peu ouvert, ça me déconcentre. Tu es mignon Jonathan, tu le sais. Bon, repose-toi… Tu as bien de la chance d'être dans ton lit, j'aurais aimé y être.
Moi : :) You're fucking sweet. Je ne me l'explique pas mais tu me fais du bien. Merci pour tout ça… Avec toi j'oublie tout ce qui m'a blessé ces derniers temps. Tu es vrai avec moi et ça me touche. Et en plus je rêve de ta barbe et de ton cul (voilà, c'est dit). Putain je devrais pas te dire tout ça ! I like you and I wish you were here.
Rudy : Je te fais du bien ? J'adore cette relation avec toi. Tant de réciprocité. ;-) Si ça te fait du bien, tant mieux, ça me fait plaisir. Tu rêves de ma barbe ? Ca va piquer là… Bon, pour mon cul, ok. Il paraît qu'il est bien accueillant.
Moi : Bah ça me fait du bien de t'avoir dans ma vie. Ta barbe, ta bouche, ton sourire… Ca dépasse le physique tout ça, y a un TRUC quoi. Y a un truc…
Rudy : Euh, j'ai un peu de mal à croire que je puisse faire cet effet mais bon. ;-) Ca fait plaisir en tout cas. Tu as jamais goûté à ma bouche, tu peux pas savoir… Putain, tu m'excites aussi…
Moi : Tu sais, souvent, les feelings sont réciproques. La connexion va dans les deux sens. Tu m'aimes bien, je t'aime bien… Et puis t'es vachement mignon, et t'as de la barbe, lol. J'ai des images plein la tête. Il faudrait que je la goûte, justement, ta bouche…

Il m'envoie une photo de lui.

Rudy : 05h21, c'est dur le taf de nuit. Je vais vieillir plus vite…
Moi : Moi je te trouve chou quand tu es fatigué.
Rudy : ;-) Tu vas être crevé toi demain… Je sais pas quoi répondre à ton SMS précédent mais ça me touche vraiment beaucoup. Tu me fais plaisir… Tu as pas sommeil ?
Moi : Je suis crevé mais j'arrive pas à dormir. Tu tiens bon toi ?
Rudy : On prend un café ? Moi, ça va. La pression est redescendue. ;-)
Moi : Tu veux filer du café à un insomniaque ? Tu veux ma mort ou quoi ? ;) Va vraiment falloir que je dorme là… T'es pas censé rejoindre ton homme en plus ?
Rudy : Bah si mais il dort. Alors le rejoindre à 08h ou à 09h c'est pareil.
Moi : C'est pas l'envie qui manque, mais ce ne serait pas sage de se voir après une telle nuit… ;)

Je finis par décider d'aller me coucher et de le laisser à son couple.

Rudy : Bisous doux.
Moi : Bisous fous.
Rudy : A ce point ? Arrête, je vais prendre la ligne 12 sinon…
Moi : Ne me tente pas ! Rentre chez ton homme ! On n'est pas sages…
Rudy : Si on se voit, c'est pas forcément pour tromper mon homme. Je suis quelqu'un de bien (enfin, j'essaie le plus possible). J'arrête de te tenter alors. :( Je ne vois pas en quoi on n'est pas sages.
Moi : Oui mais là, je ne serais pas sage et quelqu'un de bien, je vais te sauter dessus, je le sens, et c'est pas cool pour toi…
Rudy : C'est quoi ton adresse ? lol

Je lui donne alors mon adresse.

Rudy : Ce matin, ça va être (trop) chaud. Mais si j'arrive à te maintenir éveillé demain pareil, je viendrai avec des croissants. ;)
Moi : Ca me rassure, je préfère ça, c'est plus sage. Ne nous emballons pas. Cette nuit était chouette, c'est tout ce qui compte. :) Bisous, mal rasé. :p
Rudy : J'étais pas loin pourtant, lol. Repose-toi bien. Bisous doux qui piquent.

A suivre…</description><content:encoded><![CDATA[Articles précédents<br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/">Nouvelle lune (1) : Fascination</a><br />
<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100217161927/nouvelle-lune-2-l-impensable-impossible/">Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible</a><br />
<br />
Rudy : Ca va ?<br />
Moi : Oui, je passe la soirée avec mon ex.<br />
Rudy : Hein ? Bah alors !<br />
Moi : On se voit souvent, y a rien entre nous ! Il essaye de temps en temps de recoucher avec moi mais je dis tout le temps non (sauf une fois). Et là il a un copain de toute façon, donc aucun risque.<br />
Rudy : Ah tu couches pas avec les hommes en couple ?<br />
<br />
<i>C'est quoi cette question ? A-t-il en tête l'idée de coucher avec moi ?</i><br />
<br />
Moi : Pas avec lui en tout cas. ;)<br />
Rudy : Putain, j'ai trop envie de te voir… Lundi, un Starbucks dans la journée ?<br />
<br />
<i>Et là, j'ai senti que quelque chose basculait. Il avait beau me parler de son mec, dire qu'il était content de passer du temps avec lui, il m'exprimait souvent son affection de la sorte. Mais cette phrase, "Putain, j'ai trop envie de te voir…" sortait tellement du cœur que j'y ai vu plus que de la simple amitié.</i><br />
<br />
Moi : I feel like seeing you too… Ca devrait être bon pour lundi.<br />
Rudy : On se tient au courant. Mais pas trop tard car je dors avec mon homme. ;-)<br />
<br />
<i>Ou comment calmer mes ardeurs en deux secondes.</i><br />
<br />
Moi : Ca me va dans l'idée. Oh vous faites chier à tous être en couple !<br />
Rudy : Bah pourquoi ?<br />
Moi : J'aime pas les couples. :p<br />
Rudy : Jaloux ! Et puis c'est vrai, j'aurais pu te… Enfin bon…<br />
<br />
<i>Ah, voilà un message qui me plaît.</i><br />
<br />
Moi : Me… me quoi ?<br />
Rudy : Te… J'en sais rien moi. ;-)<br />
Moi : Salope. :p<br />
Rudy : Tu as vu tes statuts Facebook des fois toi ?<br />
Moi : J'aime bien les salopes moi. ;) Qu'est-ce qu'ils ont mes statuts ?<br />
Rudy : Bah parfois, on voit que tu aimes les salopes. ;-)<br />
Moi : C'est parce que j'en suis une aussi. :D<br />
Rudy : J'osais pas le dire. Mais j'aime bien l'être moi. ;-)<br />
Moi : J'ai bien senti quand on a parlé de cul qu'on semblait assez sur la même longueur d'ondes ouais. :p<br />
Rudy : Arrête, tu vas m'exciter, lol.<br />
Moi : Ne me dis pas ça, je suis une salope (et je commence à être grave en manque). De toute façon tu peux rien faire de mal, t'es au boulot.<br />
Rudy : Exactement… Mais lundi. ;-)<br />
Moi : Je suis pas sûr que tu puisses faire grand chose au Starbucks. :p<br />
Rudy : Bah oui mais au Dépôt !<br />
Moi : Oh quelle horreur !!! Je serais bien incapable de faire quoi que ce soit là-dedans. T'y es déjà allé toi ?<br />
Rudy : Jamais dans un truc à cul ! J'ai baisé dans plein d'endroits quand même. ;-)<br />
Moi : SALOPE ! Moi j'ai toujours été classique. Malheureusement. Et donc t'as envie d'ajouter le Starbucks à ta longue liste de dépravation ? ;)<br />
Rudy : Non, mais j'aime bien aller chez les gens et voir leur univers.<br />
Moi : Tu peux venir chez moi quand tu veux… :D<br />
Rudy : Avec plaisir. ;-) Mais tu veux quand même pas m'inviter un soir ?<br />
Moi : Il faudra bien que je t'invite chez moi pour te remercier de m'inviter tout le temps dehors…<br />
Rudy : Bon ok. Mais le soir, j'ai tendance à rater mon train.<br />
Moi : Ca tombe très bien. J'en ai marre de dormir tout seul.<br />
Rudy : Tu sais ce qu'il s'est passé la dernière fois que j'ai dormi avec un garçon.<br />
Moi : Et c'est pas allé assez loin à mon goût. ;)<br />
Rudy : Bon, lundi chez toi alors ?<br />
<br />
<i>Sauf que le lundi, il n'était dispo que l'après-midi. Il me fallait trouver un soir, moment plus sensuel, pour parvenir à mes fins.</i><br />
<br />
Moi : Oh l'aprem c'est triste. Lundi : Starbucks. Un soir de la semaine : chez moi.<br />
Rudy : OK. Ce sera la semaine d'après alors…<br />
Moi : Oh c'est dans longtemps ! Bon bah peut-être que tu viendras chez moi lundi alors, lol.<br />
<br />
<i>Oui parce que je suis chaud, quand même.<br />
Nous changeons de sujet. Dans la conversation, en réponse à son questionnement sur mon état moral, je lui glisse :</i> "ça me fait du bien de parler avec toi…".<br />
<br />
Rudy : Moi aussi j'aime parler avec toi, ça fait vraiment du bien. Même mon homme a compris ça. Il n'est pas jaloux de toi. Tant mieux. ;-)<br />
<br />
<i>Et merde.<br />
<br />
Les minutes passent sans que je réponde.</i><br />
<br />
Rudy : J'en connais un qui s'est endormi !<br />
Moi : Pas encooooooooore ! Trop excité pour dormir je crois. ;)<br />
Rudy : J'ai bien vu que tu étais excité, vu les propos(itions).<br />
<br />
<i>Puis, dans un texto à part…</i><br />
<br />
Rudy : Ah Jonathan…<br />
<br />
<i>Comme un soupir de désir… Non ?</i><br />
<br />
Moi : Quoi ? T'as joui ? :D<br />
Rudy : Euh non, j'ai pas joui. Mais je suis dans un tel état ce soir…<br />
Moi : Putain, m'en parle pas, j'avais pas autant mouillé mon caleçon depuis très longtemps ! ^^;<br />
Rudy : C'est bizarre. Je fais très rarement des SMS cochons mais quand j'en fais avec mon homme, c'est systématiquement en parallèle de tes SMS. Mais là, non, on continue à parler de cul. J'EN PEUX PLUS. Alors comme ça tu mouilles ton caleçon ?<br />
<br />
<i>Des SMS cochons uniquement en parallèle des miens ? Ca veut dire quoi ça ? Que c'est moi que tu kiffes en réalité ?</i><br />
<br />
Moi : Ah oui, quand je suis excité, j'ai la bite qui mouille grave (et je transpire aussi beaucoup du cul) : je suis un homme fontaine ! :p Pas toi ?<br />
Rudy : Je mouille beaucoup aussi. ;-) Y a même des mecs que ça a dérangé. Mais c'est pratique quand tu mets pas de capote. Ca sert de gel et hop… Oui, j'aime le sexe et je le revendique. J'ai besoin de beaucoup faire l'amour (ou de baiser aussi tiens). J'aime certains trucs aussi et je m'éclate pas mal avec mon homme car on parle bien de sexe…<br />
<br />
<i>Mais tu me fais chier à parler de ton mec ! Tu souffles le chaud et le froid avec moi.<br />
Et là, il m'envoie une photo de son visage.</i><br />
<br />
Rudy : Oh putain cette gueule, pas rasé depuis une semaine…<br />
Moi : Ca te fait jamais mal de prendre un mec sans gel et sans capote ? Même en mouillant, moi j'ai la bite tellement sensible que souvent ça me tire. Alors qu'avec du lubrifiant c'est tellement bon putain… C'est tellement important le sexe, tu apprends tellement de choses sur les gens en couchant avec, et tu peux échanger et partager tellement plus que des fluides…<br />
<br />
<i>Note importante : il va de soi que cette discussion de sexe sans protection sous-entend des rapports sexuels dans un couple fidèle, après plusieurs mois de relation et tests effectués.</i><br />
<br />
Moi : Oh putain salaud, tu fais exprès de m'envoyer une photo de toi pas rasé !!!<br />
<br />
<i>Surexcité, je suis à deux doigts (!) de lui envoyer une photo de mon émoi, pour le chauffer. Mais je reste pudique, aucune photo de mon anatomie n'a jamais été faite (je pourrais être Miss France, moi), alors je retire mon caleçon, je le mets au sol et je le prends en photo.</i><br />
<br />
Rudy : Euh, tu es tout nu alors ? Prendre un mec sans gel et sans capote ? Bah je lui lèche le cul s'il faut. Je suis pas rasé et je pique grave. Tu aimes ça ? Là, je pique. Bah j'ai le boxer tout mouillé aussi. Grrr.<br />
Moi : C'est une nuit pleine de surprises et d'humidité…<br />
Rudy : Tu me donnes chaud. J'ai une demi-molle depuis trop longtemps là. Heureusement que je suis au taf. Tu m'excites en plus, tu le sais…<br />
Moi : J'avoue, heureusement que tu es au taf, je n'aurais pas été très sage sinon… Déjà que je ne te facilite pas la tâche. Mais quand un mec m'excite j'ai du mal à me contenir.<br />
Rudy : Oh putain, j'en peux plus…<br />
<br />
<i>Et voilà, au moins, là, il ne pense plus à son mec, mais à moi.</i><br />
<br />
Rudy : Je te pensais pas si chaud comme ça mais c'est avec plaisir que je te découvre ;-p (oui, j'y mets la langue). Mais effectivement heureusement que je bosse car sinon…<br />
Moi : Je ne suis pas facilement attiré, tu sais… Alors quand je suis sûr de ce que je ressens, ouais je suis chaud. :p Et puis j'ai tellement l'impression qu'on a la même approche du sexe que ça me perturbe un peu. ^^;<br />
Rudy : Toi, tu me plais. Je te l'ai dit tout à l'heure. Ce n'est pas uniquement physique. J'aime nos échanges, être avec toi… Et physiquement, quand tu as un T-shirt ou un polo un peu ouvert, ça me déconcentre. Tu es mignon Jonathan, tu le sais. Bon, repose-toi… Tu as bien de la chance d'être dans ton lit, j'aurais aimé y être.<br />
Moi : :) You're fucking sweet. Je ne me l'explique pas mais tu me fais du bien. Merci pour tout ça… Avec toi j'oublie tout ce qui m'a blessé ces derniers temps. Tu es vrai avec moi et ça me touche. Et en plus je rêve de ta barbe et de ton cul (voilà, c'est dit). Putain je devrais pas te dire tout ça ! I like you and I wish you were here.<br />
Rudy : Je te fais du bien ? J'adore cette relation avec toi. Tant de réciprocité. ;-) Si ça te fait du bien, tant mieux, ça me fait plaisir. Tu rêves de ma barbe ? Ca va piquer là… Bon, pour mon cul, ok. Il paraît qu'il est bien accueillant.<br />
Moi : Bah ça me fait du bien de t'avoir dans ma vie. Ta barbe, ta bouche, ton sourire… Ca dépasse le physique tout ça, y a un TRUC quoi. Y a un truc…<br />
Rudy : Euh, j'ai un peu de mal à croire que je puisse faire cet effet mais bon. ;-) Ca fait plaisir en tout cas. Tu as jamais goûté à ma bouche, tu peux pas savoir… Putain, tu m'excites aussi…<br />
Moi : Tu sais, souvent, les feelings sont réciproques. La connexion va dans les deux sens. Tu m'aimes bien, je t'aime bien… Et puis t'es vachement mignon, et t'as de la barbe, lol. J'ai des images plein la tête. Il faudrait que je la goûte, justement, ta bouche…<br />
<br />
<i>Il m'envoie une photo de lui.</i><br />
<br />
Rudy : 05h21, c'est dur le taf de nuit. Je vais vieillir plus vite…<br />
Moi : Moi je te trouve chou quand tu es fatigué.<br />
Rudy : ;-) Tu vas être crevé toi demain… Je sais pas quoi répondre à ton SMS précédent mais ça me touche vraiment beaucoup. Tu me fais plaisir… Tu as pas sommeil ?<br />
Moi : Je suis crevé mais j'arrive pas à dormir. Tu tiens bon toi ?<br />
Rudy : On prend un café ? Moi, ça va. La pression est redescendue. ;-)<br />
Moi : Tu veux filer du café à un insomniaque ? Tu veux ma mort ou quoi ? ;) Va vraiment falloir que je dorme là… T'es pas censé rejoindre ton homme en plus ?<br />
Rudy : Bah si mais il dort. Alors le rejoindre à 08h ou à 09h c'est pareil.<br />
Moi : C'est pas l'envie qui manque, mais ce ne serait pas sage de se voir après une telle nuit… ;)<br />
<br />
<i>Je finis par décider d'aller me coucher et de le laisser à son couple.</i><br />
<br />
Rudy : Bisous doux.<br />
Moi : Bisous fous.<br />
Rudy : A ce point ? Arrête, je vais prendre la ligne 12 sinon…<br />
Moi : Ne me tente pas ! Rentre chez ton homme ! On n'est pas sages…<br />
Rudy : Si on se voit, c'est pas forcément pour tromper mon homme. Je suis quelqu'un de bien (enfin, j'essaie le plus possible). J'arrête de te tenter alors. :( Je ne vois pas en quoi on n'est pas sages.<br />
Moi : Oui mais là, je ne serais pas sage et quelqu'un de bien, je vais te sauter dessus, je le sens, et c'est pas cool pour toi…<br />
Rudy : C'est quoi ton adresse ? lol<br />
<br />
<i>Je lui donne alors mon adresse.</i><br />
<br />
Rudy : Ce matin, ça va être (trop) chaud. Mais si j'arrive à te maintenir éveillé demain pareil, je viendrai avec des croissants. ;)<br />
Moi : Ca me rassure, je préfère ça, c'est plus sage. Ne nous emballons pas. Cette nuit était chouette, c'est tout ce qui compte. :) Bisous, mal rasé. :p<br />
Rudy : J'étais pas loin pourtant, lol. Repose-toi bien. Bisous doux qui piquent.<br />
<br />
<i>A suivre…</i>]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100219181619/nouvelle-lune-3-textos-nocturnes/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-19T18:16:19+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100217161927/nouvelle-lune-2-l-impensable-impossible/"><title>Nouvelle lune (2) : L'impensable impossible</title><description>Suite de l'article Nouvelle lune (1) : Fascination

Passer un moment avec Rudy me faisait plaisir, même si je savais que rien ne se passerait vu qu'il était en couple depuis trois mois. Jamais je ne gâcherais ça au prix d'un coup de bite.

Pas grave, Rudy devient mon ami. C'est déjà un grand pas en avant de savoir que mon corps fonctionne toujours. Les textos que nous nous échangeons me plaisent. Il a une façon de me parler qui me flatte, il m'aide à me sentir bien. Avec lui, je n'ai plus l'impression d'être une sous-merde. Il est parfois un peu limite lorsqu'il me dit qu'il a envie de me revoir, mais sans jamais être vraiment ambigu ; j'ai toujours connu Rudy en couple et il s'est toujours exprimé de la sorte. Je sais donc bien qu'il a un peu tendance à en faire trop dans ses mots, même en amitié. Mais pour une fois, une relation dépourvue de cynisme est une bouffée d'air frais. Il est entier et vrai, y compris dans sa façon d'exprimer son affection. Et quand je le taquine sexuellement, il ne surenchérit pas.

Je revois Rudy juste après avoir eu mon aventure avec Bradshaw. Il a du mal à comprendre que sa sainteté Diabolito ait pu coucher aussi facilement avec lui et ait renoncé à ses valeurs pour se taper un beau gosse. Je lui explique la complexité et la profondeur de la situation. Le dîner se passe bien, à l'exception de la pizza quatre fromages et du vin qu'il engloutit seul ; cette vision d'un homme ingurgitant deux produits qui me dégoûtent a le don d'annihiler tout désir. Cela ne m'empêche pas d'apprécier le jeune homme, je le lui manifeste en passant ma main sur son cou en revenant des toilettes ; je suis devenu si tactile ces derniers mois. Il passe bien vite à son tour aux chiottes, puis nous quittons le restaurant pour nous promener.

Une fois de plus, il fait froid, mais parler pendant des heures nous réchauffe. Il finit par me complimenter sur mon physique - alors que je me sens particulièrement moche ces derniers temps. On regarde mes photos et il s'amuse à en faire le commentaire : là-dessus, t'es vraiment mignon, par contre sur celle-ci, c'est quoi cette vieille coupe de cheveux ? C'est quoi cette mèche ? On rigole, j'aime son honnêteté. Par contre, il a tendance à être scotché à son iPhone (en geek ultime qu'il est) et ça a le dont de m'emmerder bien profondément. Je considère en effet que lorsqu'on est en compagnie de quelqu'un, on ne passe pas son temps sur un appareil technologique… De plus, il envoie sans cesse des textos à son mec. Euh, tu l'dis si j'te soûle ?!

Qu'importe, je l'aime bien, il me détend, me fait rire et sait me réconforter quand ça ne va pas. J'ai gagné un ami.

Rudy et moi n'avons ensuite pas l'occasion de nous voir avant pas mal de temps. Nous continuons alors à échanger régulièrement grâce aux nouvelles technologies. Le rôle de confident lui va bien. Et moi je suis son psy !

Jusqu'à ce qu'il m'avoue avoir vraiment besoin de me parler… Pour me confier qu'il a trompé son mec avec un qu'il a rencontré en soirée. Je n'en reviens pas. Mais, tout de suite, cela fait sauter une barrière dans ma tête : s'il l'a trompé avec lui, alors il peut le tromper avec moi.

Je ne voulais pas briser un couple, m'insérer entre eux, mais puisque Rudy est capable de s'enthousiasmer rapidement pour un autre garçon, alors il est possible qu'il s'intéresse aussi à moi. Il manifeste toujours l'envie d'être fidèle mais je sens, depuis toujours, dans ses mots, qu'il reste toujours ouvert à une rencontre inopinée. Et je sais qu'il m'aime bien, qu'il me met un peu sur un piédestal. Je pourrais parvenir à mes fins. J'imagine la tête de mon entourage s'ils l'apprenaient…

Mais voilà, Rudy aime son homme. Et décide de rester avec lui, d'oublier l'incident, de passer à autre chose.

Je suis bien vite rattrapé par ma morale (ne touche pas aux hommes mariés). Je n'ai pas le droit de me servir de lui pour me faire du bien. Mes amies me conseillent toutes de foncer. Je n'ai pas à me préoccuper de sa situation amoureuse à lui ; je ne vais pas le violer, s'il est consentant, c'est son problème, pas le mien. Après tout, je suis libre comme l'air et j'ai le cœur en miettes.

Que faire ? Dois-je rester un simple ami et me cantonner à ce rôle qui me convient ? Etre celui à qui il se confie ? Ou passer du côte obscur de la Force en tentant de coucher avec ce garçon qui m'intrigue tant ?

A suivre...</description><content:encoded><![CDATA[<i>Suite de l'article <a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/">Nouvelle lune (1) : Fascination</a></i><br />
<br />
Passer un moment avec Rudy me faisait plaisir, même si je savais que rien ne se passerait vu qu'il était en couple depuis trois mois. Jamais je ne gâcherais ça au prix d'un coup de bite.<br />
<br />
Pas grave, Rudy devient mon ami. C'est déjà un grand pas en avant de savoir que mon corps fonctionne toujours. Les textos que nous nous échangeons me plaisent. Il a une façon de me parler qui me flatte, il m'aide à me sentir bien. Avec lui, je n'ai plus l'impression d'être une sous-merde. Il est parfois un peu limite lorsqu'il me dit qu'il a envie de me revoir, mais sans jamais être vraiment ambigu ; j'ai toujours connu Rudy en couple et il s'est toujours exprimé de la sorte. Je sais donc bien qu'il a un peu tendance à en faire trop dans ses mots, même en amitié. Mais pour une fois, une relation dépourvue de cynisme est une bouffée d'air frais. Il est entier et vrai, y compris dans sa façon d'exprimer son affection. Et quand je le taquine sexuellement, il ne surenchérit pas.<br />
<br />
Je revois Rudy juste après avoir eu <a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20091219001647/through-the-looking-glass/">mon aventure avec Bradshaw</a>. Il a du mal à comprendre que sa sainteté Diabolito ait pu coucher aussi facilement avec lui et ait renoncé à ses valeurs pour se taper un beau gosse. Je lui explique la complexité et la profondeur de la situation. Le dîner se passe bien, à l'exception de la pizza quatre fromages et du vin qu'il engloutit seul ; cette vision d'un homme ingurgitant deux produits qui me dégoûtent a le don d'annihiler tout désir. Cela ne m'empêche pas d'apprécier le jeune homme, je le lui manifeste en passant ma main sur son cou en revenant des toilettes ; je suis devenu si tactile ces derniers mois. Il passe bien vite à son tour aux chiottes, puis nous quittons le restaurant pour nous promener.<br />
<br />
Une fois de plus, il fait froid, mais parler pendant des heures nous réchauffe. Il finit par me complimenter sur mon physique - alors que je me sens particulièrement moche ces derniers temps. On regarde mes photos et il s'amuse à en faire le commentaire : là-dessus, t'es vraiment mignon, par contre sur celle-ci, c'est quoi cette vieille coupe de cheveux ? C'est quoi cette mèche ? On rigole, j'aime son honnêteté. Par contre, il a tendance à être scotché à son iPhone (en geek ultime qu'il est) et ça a le dont de m'emmerder bien profondément. Je considère en effet que lorsqu'on est en compagnie de quelqu'un, on ne passe pas son temps sur un appareil technologique… De plus, il envoie sans cesse des textos à son mec. Euh, tu l'dis si j'te soûle ?!<br />
<br />
Qu'importe, je l'aime bien, il me détend, me fait rire et sait me réconforter quand ça ne va pas. J'ai gagné un ami.<br />
<br />
Rudy et moi n'avons ensuite pas l'occasion de nous voir avant pas mal de temps. Nous continuons alors à échanger régulièrement grâce aux nouvelles technologies. Le rôle de confident lui va bien. Et moi je suis son psy !<br />
<br />
Jusqu'à ce qu'il m'avoue avoir vraiment besoin de me parler… Pour me confier qu'il a trompé son mec avec un qu'il a rencontré en soirée. Je n'en reviens pas. Mais, tout de suite, cela fait sauter une barrière dans ma tête : s'il l'a trompé avec lui, alors il peut le tromper avec moi.<br />
<br />
Je ne voulais pas briser un couple, m'insérer entre eux, mais puisque Rudy est capable de s'enthousiasmer rapidement pour un autre garçon, alors il est possible qu'il s'intéresse aussi à moi. Il manifeste toujours l'envie d'être fidèle mais je sens, depuis toujours, dans ses mots, qu'il reste toujours ouvert à une rencontre inopinée. Et je sais qu'il m'aime bien, qu'il me met un peu sur un piédestal. Je pourrais parvenir à mes fins. J'imagine la tête de mon entourage s'ils l'apprenaient…<br />
<br />
Mais voilà, Rudy aime son homme. Et décide de rester avec lui, d'oublier l'incident, de passer à autre chose.<br />
<br />
Je suis bien vite rattrapé par ma morale (ne touche pas aux hommes mariés). Je n'ai pas le droit de me servir de lui pour me faire du bien. Mes amies me conseillent toutes de foncer. Je n'ai pas à me préoccuper de sa situation amoureuse à lui ; je ne vais pas le violer, s'il est consentant, c'est son problème, pas le mien. Après tout, je suis libre comme l'air et j'ai le cœur en miettes.<br />
<br />
Que faire ? Dois-je rester un simple ami et me cantonner à ce rôle qui me convient ? Etre celui à qui il se confie ? Ou passer du côte obscur de la Force en tentant de coucher avec ce garçon qui m'intrigue tant ?<br />
<br />
<i>A suivre...</i>]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100217161927/nouvelle-lune-2-l-impensable-impossible/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-17T16:19:27+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/"><title>Nouvelle lune (1) : Fascination</title><description>Mes intentions n'étaient pas innocentes en le revoyant. Je savais qu'une relation entre nous aurait l'effet d'une bombe dans ma vie. Dans ma nouvelle comme dans l'ancienne. Une solution pour contrer les effets dévastateurs de mes derniers drames sentimentaux ? Mais je ne m'attendais pas, vraiment pas, à ce qui allait suivre.

Sur Internet, j'aimais bien Rudy. Pourtant je trouvais sa façon de s'exprimer quelque peu étrange, presque enfantine, sans jamais réussir à la définir complètement. Il me racontait sa vie, se confiait à moi facilement, me manifestait un intérêt qui faisait plaisir. Mais à chaque fois que nous nous croisions, j'étais déçu par la réalité. C'était toujours en soirée, où il était bourré. Il me faisait penser, au choix, à un poivrot beauf de 23 ans ou à une petite pute sans éthique.

Il m'avait plusieurs fois proposé de nous voir, seuls, dans d'autres circonstances, mais je n'avais jamais donné suite. Début décembre, dans l'optique de me remettre sur pied, je lui propose un rendez-vous en tout bien tout honneur. Voir de nouvelles têtes (et pourquoi pas une nouvelle bite) est tout ce dont j'ai besoin à ce moment-là. 

A peine est-il sorti du métro Bastille que je me sens vraiment - vraiment - content de le revoir. Le contact de sa barbe sur ma joue au moment de lui faire la bise me fait un peu trop plaisir et le geste qu'il fait lorsqu'il fume m'apparaît alors sexy. Damn, what's wrong with me ? Comment puis-je être attiré par &quot;lui&quot; alors que ça fait neuf mois que nous nous &quot;connaissons&quot; ? Ca ne peut être qu'à cause de notre lien si particulier, je dois vraiment avoir l'esprit tordu et pervers…

Au Starbucks, le temps passe vite et la discussion ne se tarit pas. Le jeune homme a un esprit qui fonctionne différemment du mien : il ramène souvent la parole à son expérience, va de digression en digression (alors que j'aime aller en profondeur). Mais, surprise, malgré ces défauts de communication, il revient toujours au sujet initial et semble sincèrement intéressé par ce que je lui raconte. Il m'écoute, me conseille et tente de me comprendre. Je ne m'y attendais pas et ça me fait vraiment du bien. Il est agréable, le petit Rudy.

Nous décidons de finir l'après-midi en nous promenant dans Paris, où nous discutons sans nous arrêter. Rue de Rivoli, au niveau des Tuileries, nous abordons le sexe. Et là, c'est une révélation : il en parle aussi simplement et librement que moi. Bien que nos pratiques ne soient pas exactement les mêmes, je sens qu'il perçoit la sexualité de la même façon que moi. Je suis sûr et certain que coucher ensemble serait divin. Nous sommes parfaitement compatibles, ça ne fait aucun doute. Il fait froid, nous marchons dans la rue, et pourtant, je sens la chaleur m'envahir l'entrejambe et mon caleçon s'humidifier de désir. C'est la première fois, depuis mes histoires, que je suis attiré par quelqu'un. Et il faut que ça tombe sur un garçon qui est en couple et heureux.

A suivre...</description><content:encoded><![CDATA[Mes intentions n'étaient pas innocentes en le revoyant. Je savais qu'une relation entre nous aurait l'effet d'une bombe dans ma vie. Dans ma nouvelle comme dans l'ancienne. Une solution pour contrer les effets dévastateurs de mes derniers drames sentimentaux ? Mais je ne m'attendais pas, vraiment pas, à ce qui allait suivre.<br />
<br />
Sur Internet, j'aimais bien Rudy. Pourtant je trouvais sa façon de s'exprimer quelque peu étrange, presque enfantine, sans jamais réussir à la définir complètement. Il me racontait sa vie, se confiait à moi facilement, me manifestait un intérêt qui faisait plaisir. Mais à chaque fois que nous nous croisions, j'étais déçu par la réalité. C'était toujours en soirée, où il était bourré. Il me faisait penser, au choix, à un poivrot beauf de 23 ans ou à une petite pute sans éthique.<br />
<br />
Il m'avait plusieurs fois proposé de nous voir, seuls, dans d'autres circonstances, mais je n'avais jamais donné suite. Début décembre, dans l'optique de me remettre sur pied, je lui propose un rendez-vous en tout bien tout honneur. Voir de nouvelles têtes (et pourquoi pas une nouvelle bite) est tout ce dont j'ai besoin à ce moment-là. <br />
<br />
A peine est-il sorti du métro Bastille que je me sens vraiment - vraiment - content de le revoir. Le contact de sa barbe sur ma joue au moment de lui faire la bise me fait un peu trop plaisir et le geste qu'il fait lorsqu'il fume m'apparaît alors sexy. <i>Damn, what's wrong with me ?</i> Comment puis-je être attiré par "lui" alors que ça fait neuf mois que nous nous "connaissons" ? Ca ne peut être qu'à cause de notre lien si particulier, je dois vraiment avoir l'esprit tordu et pervers…<br />
<br />
Au Starbucks, le temps passe vite et la discussion ne se tarit pas. Le jeune homme a un esprit qui fonctionne différemment du mien : il ramène souvent la parole à son expérience, va de digression en digression (alors que j'aime aller en profondeur). Mais, surprise, malgré ces défauts de communication, il revient toujours au sujet initial et semble sincèrement intéressé par ce que je lui raconte. Il m'écoute, me conseille et tente de me comprendre. Je ne m'y attendais pas et ça me fait vraiment du bien. Il est agréable, le petit Rudy.<br />
<br />
Nous décidons de finir l'après-midi en nous promenant dans Paris, où nous discutons sans nous arrêter. Rue de Rivoli, au niveau des Tuileries, nous abordons le sexe. Et là, c'est une révélation : il en parle aussi simplement et librement que moi. Bien que nos pratiques ne soient pas exactement les mêmes, je sens qu'il perçoit la sexualité de la même façon que moi. Je suis sûr et certain que coucher ensemble serait divin. Nous sommes parfaitement compatibles, ça ne fait aucun doute. Il fait froid, nous marchons dans la rue, et pourtant, je sens la chaleur m'envahir l'entrejambe et mon caleçon s'humidifier de désir. C'est la première fois, depuis mes histoires, que je suis attiré par quelqu'un. Et il faut que ça tombe sur un garçon qui est en couple et heureux.<br />
<br />
<i>A suivre...</i>]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100215184420/nouvelle-lune-1-fascination/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-15T18:44:20+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100209044120/l-epee-de-la-nuit/"><title>L'épée de la nuit</title><description>Je ne me sentais pas trop mal, dans mon mode de vie décalé, mais depuis une ou deux semaines, c'est la catastrophe : je ne dors plus que le jour. Si je parviens à m'endormir &quot;tôt&quot; (entre 1h et 3h du mat' quoi), je me réveille après maximum quatre heures de sommeil, impossible de rejoindre les bras de Morphée (enculé).

Vivre décalé quelque temps ne me gêne pas, j'y trouve mon compte. Mais cette situation devient de plus en plus pesante. Je vois à peine la lumière du jour (à mon coucher, entre 9h et midi) et, comme lorsque j'avais un rythme 4h - midi (celui de ma vie entière, en fait), je suis épuisé sur mes heures d'éveil. De plus, cela compromet toute tentative d'une vie épanouissante : la nuit, je ne peux pas sortir et avoir des activités, je ne peux même pas aller me promener. C'est frustrant, car même quand je finis par prendre une décision d'avenir, quand je commence à échafauder des projets, tout s'écroule parce qu'une fois de plus je suis rattrapé par la maladie.

J'ai l'impression d'avoir tout essayé, toutes les méthodes. Je me suis même remis aux somnifères et anxiolytiques alors que j'avais arrêté depuis trois mois (drogué !). Je rêve qu'on découvre enfin LA cause, qu'on comprenne mon mal et qu'on me propose une solution, une vraie, une efficace, celle qui me changerait la vie, qui me guérirait. A défaut, faites de moi votre cobaye, mettez-moi dans une cage, analysez tout ce que vous pouvez, charcutez-moi, droguez moi, tuez-moi, je m'en fous, pourvu que ça change.

Comment concevoir une vie sociale, amicale, professionnelle, amoureuse dans ces conditions ? Tout me fatigue, tout est douloureux. J'ai l'impression que ma vie est gâchée, que mes mains sont liées et que je me bats contre un monstre invincible. Quel est l'intérêt de vivre dans ces conditions ? A défaut de dormir, saurais-je mourir ?</description><content:encoded><![CDATA[Je ne me sentais pas trop mal, dans mon mode de vie décalé, mais depuis une ou deux semaines, c'est la catastrophe : je ne dors plus que le jour. Si je parviens à m'endormir "tôt" (entre 1h et 3h du mat' quoi), je me réveille après maximum quatre heures de sommeil, impossible de rejoindre les bras de Morphée (enculé).<br />
<br />
Vivre décalé quelque temps ne me gêne pas, j'y trouve mon compte. Mais cette situation devient de plus en plus pesante. Je vois à peine la lumière du jour (à mon coucher, entre 9h et midi) et, comme lorsque j'avais un rythme 4h - midi (celui de ma vie entière, en fait), je suis épuisé sur mes heures d'éveil. De plus, cela compromet toute tentative d'une vie épanouissante : la nuit, je ne peux pas sortir et avoir des activités, je ne peux même pas aller me promener. C'est frustrant, car même quand je finis par prendre une décision d'avenir, quand je commence à échafauder des projets, tout s'écroule parce qu'une fois de plus je suis rattrapé par la maladie.<br />
<br />
J'ai l'impression d'avoir tout essayé, toutes les méthodes. Je me suis même remis aux somnifères et anxiolytiques alors que j'avais arrêté depuis trois mois (drogué !). Je rêve qu'on découvre enfin LA cause, qu'on comprenne mon mal et qu'on me propose une solution, une vraie, une efficace, celle qui me changerait la vie, qui me guérirait. A défaut, faites de moi votre cobaye, mettez-moi dans une cage, analysez tout ce que vous pouvez, charcutez-moi, droguez moi, tuez-moi, je m'en fous, pourvu que ça change.<br />
<br />
Comment concevoir une vie sociale, amicale, professionnelle, amoureuse dans ces conditions ? Tout me fatigue, tout est douloureux. J'ai l'impression que ma vie est gâchée, que mes mains sont liées et que je me bats contre un monstre invincible. Quel est l'intérêt de vivre dans ces conditions ? A défaut de dormir, saurais-je mourir ?]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100209044120/l-epee-de-la-nuit/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-02-09T04:41:20+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100127033030/de-l-amour-a-l-amitie/"><title>De l'amour à l'amitié</title><description>Avant, j'attendais tout de mon couple. Je voulais que mon mec soit mon amant, mon meilleur ami, mon parent. A force d'expériences, je me suis rendu compte qu'en réalité, j'attendais le Prince Charmant, le mec parfait, celui qui saurait me combler en tous points.

L'année dernière, j'ai appris à enfin accepter l'autre tel qu'il est. J'ai compris que je souhaitais être moi-même, pleinement moi-même, et que je ne voulais pas dépendre d'une tierce personne pour ça. L'autre n'est alors devenu qu'un plus dans ma vie, quelqu'un qui vient l'enrichir et pas la nourrir à la base. Adieu la fusion, bonjour à l'union.

J'ai décidé de regarder l'autre avec attention, de le découvrir dans les moindres détails et de rapidement décider, en fonction de ce qu'il pouvait m'apporter, mais surtout par rapport à ses défauts, si oui ou non je voulais m'engager avec lui. Et cette vision de l'amour m'a fait gagner une bonne dose de sérénité : plutôt que de vouloir le changer au prix d'une insatisfaction permanente, je prends ce qui m'intéresse en lui et en jouis.

Je me suis ainsi rendu compte que certains de mes désirs étaient quasiment inaccessibles en couple ; notamment, celui d'être compris, puisque par essence je suis attiré par des garçons qui n'ont pas du tout le même système de pensée que moi. Pour me comprendre, il faut être une fille, particulièrement empathique et à l'écoute. Or mes mecs sont plus du genre à agir qu'à écouter. Et avec mes qualités psychologiques, c'est souvent moi (pour ne pas dire toujours) qui joue le rôle du confident plus que l'inverse.

Ca a été un peu douloureux, au début. Et puis je m'y suis fait. J'ai la chance d'avoir des amies, très proches, qui sont capables de me comprendre pleinement. Si j'ai déjà autant de gens qui peuvent accomplir cette tâche, pourquoi la chercher en plus chez mon mec ? 

En acceptant de ne pas être accepté, je me suis tourné vers d'autres sources de plaisir dans le couple. J'ai découvert, depuis deux ans, à quel point j'avais un besoin tactile. J'avais nié ce sens au détriment des autres sans vraiment savoir pourquoi. En redevenant célibataire, je me suis mis à toucher de plus en plus mes amies, à avoir besoin de câlins - mais sans jamais être pleinement satisfait. Car si le toucher apporte une dimension supplémentaire et affective à l'amitié (qui est par essence, pour moi, très cérébrale) il prend tout son sens dans la relation amoureuse.

C'est pourquoi, depuis quelques mois, c'est tout ce que j'attends. De la sensualité, du sensoriel, du sexe enrobé de sentiments et d'amour. Et quand amour et cul s'équilibrent, se soutiennent, s'interpénètrent, c'est l'extase.

Mais que faire des relations nées dans la séduction et le contact physique lorsqu'on n'y a plus droit ? En clair : quelle suite donner aux ex ? Depuis l'année dernière, je me retrouve confronté à des garçons qui ne m'aveuglent plus de sentiments et avec lesquels je ne sais plus quels échanges avoir. Puisqu'il n'y a plus ni amour, ni câlins, il faut tout reprendre à zéro. Une relation amicale dépourvue de sens. Mais c'est là que le bât blesse : sans sentiments, je perçois avec acuité les défauts qui ne sont, alors, plus compensés par l'échange physique. Je n'y trouve plus mon compte. Je ne suis plus satisfait.

J'ai toujours eu la volonté d'être ami avec mes ex. Mais est-ce réellement possible ? Ou faut-il attendre plusieurs années pour ça ?</description><content:encoded><![CDATA[Avant, j'attendais tout de mon couple. Je voulais que mon mec soit mon amant, mon meilleur ami, mon parent. A force d'expériences, je me suis rendu compte qu'en réalité, j'attendais le Prince Charmant, le mec parfait, celui qui saurait me combler en tous points.<br />
<br />
L'année dernière, j'ai appris à enfin accepter l'autre tel qu'il est. J'ai compris que je souhaitais être moi-même, pleinement moi-même, et que je ne voulais pas dépendre d'une tierce personne pour ça. L'autre n'est alors devenu qu'un plus dans ma vie, quelqu'un qui vient l'enrichir et pas la nourrir à la base. Adieu la fusion, bonjour à l'union.<br />
<br />
J'ai décidé de regarder l'autre avec attention, de le découvrir dans les moindres détails et de rapidement décider, en fonction de ce qu'il pouvait m'apporter, mais surtout par rapport à ses défauts, si oui ou non je voulais m'engager avec lui. Et cette vision de l'amour m'a fait gagner une bonne dose de sérénité : plutôt que de vouloir le changer au prix d'une insatisfaction permanente, je prends ce qui m'intéresse en lui et en jouis.<br />
<br />
Je me suis ainsi rendu compte que certains de mes désirs étaient quasiment inaccessibles en couple ; notamment, celui d'être compris, puisque par essence je suis attiré par des garçons qui n'ont pas du tout le même système de pensée que moi. Pour me comprendre, il faut être une fille, particulièrement empathique et à l'écoute. Or mes mecs sont plus du genre à agir qu'à écouter. Et avec mes qualités psychologiques, c'est souvent moi (pour ne pas dire toujours) qui joue le rôle du confident plus que l'inverse.<br />
<br />
Ca a été un peu douloureux, au début. Et puis je m'y suis fait. J'ai la chance d'avoir des amies, très proches, qui sont capables de me comprendre pleinement. Si j'ai déjà autant de gens qui peuvent accomplir cette tâche, pourquoi la chercher en plus chez mon mec ? <br />
<br />
En acceptant de ne pas être accepté, je me suis tourné vers d'autres sources de plaisir dans le couple. J'ai découvert, depuis deux ans, à quel point j'avais un besoin tactile. J'avais nié ce sens au détriment des autres sans vraiment savoir pourquoi. En redevenant célibataire, je me suis mis à toucher de plus en plus mes amies, à avoir besoin de câlins - mais sans jamais être pleinement satisfait. Car si le toucher apporte une dimension supplémentaire et affective à l'amitié (qui est par essence, pour moi, très cérébrale) il prend tout son sens dans la relation amoureuse.<br />
<br />
C'est pourquoi, depuis quelques mois, c'est tout ce que j'attends. De la sensualité, du sensoriel, du sexe enrobé de sentiments et d'amour. Et quand amour et cul s'équilibrent, se soutiennent, s'interpénètrent, c'est l'extase.<br />
<br />
Mais que faire des relations nées dans la séduction et le contact physique lorsqu'on n'y a plus droit ? En clair : quelle suite donner aux ex ? Depuis l'année dernière, je me retrouve confronté à des garçons qui ne m'aveuglent plus de sentiments et avec lesquels je ne sais plus quels échanges avoir. Puisqu'il n'y a plus ni amour, ni câlins, il faut tout reprendre à zéro. Une relation amicale dépourvue de sens. Mais c'est là que le bât blesse : sans sentiments, je perçois avec acuité les défauts qui ne sont, alors, plus compensés par l'échange physique. Je n'y trouve plus mon compte. Je ne suis plus satisfait.<br />
<br />
J'ai toujours eu la volonté d'être ami avec mes ex. Mais est-ce réellement possible ? Ou faut-il attendre plusieurs années pour ça ?]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100127033030/de-l-amour-a-l-amitie/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-01-27T03:30:30+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100123182828/travailler-moins-pour-vivre-mieux/"><title>Travailler moins pour vivre mieux</title><description>Depuis à peine plus d'un an, j'ai changé de vie professionnelle. Si mon boulot au sein de La Ruche me plaisait sur plusieurs aspects (extrême polyvalence, responsabilités, milieu culturel…) il m'a fait prendre conscience qu'une fois de plus je ne rentrais pas dans le moule. D'une part parce que je suis victime d'insomnies terribles qui me plongent dans une fatigue quasi permanente, d'autre part parce que je ne supporte pas le monde de l'entreprise, rempli de règles stupides, de hiérarchies capitalistes et d'hypocrisie.

Il m'a été difficile de partir vu à quel point j'avais investi d'émotion ce travail. Je ne conçois pas de côtoyer des gens quotidiennement et de ne pas m'attacher à eux, je suis trop sensible pour ça. Et quand je bosse dans un lieu avec des personnes qui ne me plaisent pas, je dépéris.

Ce nouveau départ a été consacré à la création de mon entreprise. Fort de mon expérience, je me suis senti capable de me mettre à mon compte. Quoi de mieux que bosser où je veux, quand je veux et de pouvoir proposer des services si divers pour contrer l'ennui qui me guette toujours ? Rédaction, correction, communication, secrétariat… Je me sentais capable de tout. J'ai très vite décroché quelques clients, sans même les chercher. Et je me suis rendu compte qu'en gagnant très peu d'argent je pouvais vivre.

En fait, ce n'est pas le monde de l'entreprise que je rejette (qui, au demeurant, me fascine tant que je n'y suis pas emprisonné). C'est le modèle social qu'on nous impose qui me fait horreur. Je ne vois pas, mais alors, vraiment pas, ce qui peut valoir que je me lève tôt cinq jours par semaine, que je prenne les transports en commun en même temps que tous les travailleurs (ma compassion va le plus pour les utilisateurs du RER), que je passe mes journées à enrichir une entreprise pour ensuite rentrer chez moi, sur les rotules, avec à peine le temps de manger, regarder une série et me branler pour ensuite devoir dormir et recommencer, encore et encore, jusqu'à la mort.

On me rétorque que c'est le lot commun. Nous devons tous trouver un boulot, gagner de l'argent et payer notre croûte. Je ne suis pas d'accord. On a beau ne pas gagner assez d'argent pour faire tout ce qu'on voudrait, je me rends compte que, sur certains aspects, on n'a pas besoin d'en avoir autant.

J'ai travaillé pendant un an au sein de La Ruche, année pendant laquelle j'ai perçu un salaire. J'ai gagné plus d'argent que jamais je n'en avais eu. Ce n'était pas énorme, j'ai passé mon temps à me battre pour en avoir plus (dans la culture, c'est connu, on est mal payés). Et puis, je me suis rendu compte que même après avoir réglé mon loyer (qui était relativement bas, à l'époque), ma bouffe, mes charges diverses et variées, il me restait plein d'argent (il faut dire aussi que je suis naturellement économe). Alors, après quelques mois, j'ai commencé à dépenser un peu plus. Devant des fringues, j'ai moins tergiversé qu'avant. Au resto, je prenais une boisson et un dessert, même si je n'avais plus faim. Je suivais plus facilement mes amis dans bon nombre de sorties. Et je me suis rendu compte que je développais de nouvelles envies. Tiens, si je partais à tel endroit ? Tiens, si j'achetais ça ?

J'ai vite compris le lien. Je m'aliène au travail, qui me rapporte de l'argent. N'ayant plus de temps, puisque c'est ce temps, en plus de mes compétences, que je vends à l'entreprise, j'utilise ce que je gagne pour compenser cette perte. Et comme il faut que je me sente vivre, j'achète. Car que serait une vie passée à travailler, gagner de l'argent, et ne pas en profiter ? Le travail mène à une consommation à outrance, dépourvue de vrais besoins. Travailler, c'est se créer de faux désirs.

J'en suis donc venu à la conclusion que je ne voulais pas de cette vie capitaliste : je gagne de l'argent, je consomme, je n'ai pas de temps pour moi. A fortiori quand mon temps perso est pollué par au moins deux heures quotidiennes passées allongé sur mon lit à attendre le sommeil. Inacceptable. N'ayant donc pas besoin d'autant d'argent que les autres pour vivre, j'ai adopté comme leitmotiv : Travailler moins pour vivre mieux. Réduire ses dépenses, avoir du temps pour soi. Bien sûr, cela n'est valable que lorsqu'on n'a pas de famille à élever, j'ai bien conscience que philosopher ainsi sur le travail et la vie quotidienne n'a d'existence que pour un individu sans enfants et dans un pays développé.

Je n'ai donc pas cherché de nouveaux clients. Le peu d'argent que je gagne me suffit, malgré mon loyer excessivement cher aujourd'hui (heureusement que les APL existent !) et aussi parce que j'ai eu la chance de pouvoir faire des économies en vivant chez mes parents. J'ai toujours fait attention à mon argent, sans avoir pour autant l'impression de me priver. Mais au final, entre les nombreuses bourses que j'ai perçues, les jobs, les stages que j'ai effectués, j'ai fini par mettre de côté un petit pécule, dans lequel je plonge régulièrement, mais qui me permet de garder le même mode de vie.

Résultat, je m'amuse de voir des gens de mon entourage, qui gagnent parfois 3000 euros nets par mois, se retrouver dans le rouge à la fin du mois, alors que moi, en tant que &quot;travailleur pauvre&quot;, je m'en sors bien. Je suis un excellent gestionnaire, je crois, et je ne suis pas un gros consommateur (je n'ai pas de carte de ciné, mon forfait de téléphone est l'un des moins chers, je ne bois pas d'alcool, je n'achète pas de produits high-tech ni ne pars en vacances tous les quatre matins…).

Je me retrouve donc dans la position de quelqu'un qui peut, à peu de choses près, faire ce qu'il veut. Le boulot que j'ai à faire me prend très peu de temps ; que faire du restant (à assumer que je ne sombre pas dans la dépression et que je ne sois pas complètement esclave de mes insomnies, évidemment - ce qui n'arrive pas souvent, en fait) ?

Car il faut bien dire que j'ai beau cracher dessus allègrement, les contacts humains du monde professionnel me manquent. Et bien qu'ayant des économies, je n'aime pas les voir s'amenuiser de mois en mois. Ca ne pourra pas durer ad vitam eternam. Alors ces derniers temps, j'ai envie de retravailler. Certainement pas à temps plein, je ne tiendrais pas physiquement vu mon handicap de toute façon, mais quelques heures par semaine, pourquoi pas. Sauf que je ne me bouge pas plus que ça. Je vois des annonces qui me plaisent ; très rarement, je postule. Je suis embourbé dans ma vie passive, victime de ma fatigue et de mes humeurs, souvent incapable de me bouger le cul.

Etre seul à la maison, c'est bien, dans un premier temps. Ca permet de se retrouver, d'être à l'écoute de soi ; je pense que beaucoup de gens sont bien incapables de ça, de nos jours, emprisonnés qu'ils sont dans leur carrière. Mais au final, je suis prisonnier de moi-même et je comprends en quoi le travail peut être la santé. Il permet de s'oublier, de penser aux autres, de s'investir dans des projets qui sont plus grands que nous.

Mais voilà, moi, je n'arrive pas à trouver un projet qui me booste assez pour que je sorte de moi-même. Et c'est idiot, cette histoire de travail, car dans le fond, là maintenant tout de suite, je peux vivre ma vie rêvée : m'inscrire à différents cours (chant, piano, sport...) et m'investir quelques jours par semaine dans une association. Mais je reste bloqué par cette idée que financièrement je vais finir par crever et qu'il va me falloir retourner sur les rails. Ainsi, plutôt que de mettre en œuvre ce qui me fait le plus envie, je regarde tous les jours les annonces du Pôle Emploi, parce que la plupart des gens ont une activité professionnelle, eux. Pendant que je me masturbe intellectuellement à hésiter entre trouver un mi-temps, développer ma clientèle ou profiter de mon temps libre, les autres avancent sur leurs projets professionnels. Je croyais valoir mieux qu'eux parce que je faisais le choix de suivre ma vie. Mais en réalité je fais exactement pareil, entraîné par le quotidien.

Il va falloir que je me lance. Peu importe la direction, il va falloir que je me décide. Tenter ma vie rêvée tant qu'il en est encore temps, ou gagner un peu d'argent avant de trouver ce que je veux faire professionnellement. Mais j'ai tellement d'idées et d'envies contradictoires, et toujours cette barrière physique avec les insomnies… Depuis des mois je suis obsédé par l'idée d'exercer un métier altruiste, où l'on aide concrètement les autres, mais dans le fond c'est juste parce que je sens que vivre est absurde et que je tente d'y trouver un sens. Travailler pour le bien-être des moins bien lotis serait aussi une aliénation si ce que je fais ne m'amuse pas. Et c'est ça qui est difficile : je n'imagine pas une seule activité (même un loisir) qui soit assez intéressant pour que j'y consacre plusieurs heures par jour. Même les séries télé, même le sexe, même jouer… Tout me lasse. Un peu, c'est plaisir, beaucoup c'est déplaisir. Que faire ?

Parfois, j'envie cette masse de gens qui ne se posent aucune question et qui suivent les rails. En même temps je sais que cette hyperconscience de moi-même (et des autres) est ma singularité et ma force.

D'où viens-je ? Je sais. Qui suis-je ? Je crois savoir. Où vais-je ? Aucune idée.</description><content:encoded><![CDATA[Depuis à peine plus d'un an, j'ai changé de vie professionnelle. Si mon boulot au sein de <i>La Ruche</i> me plaisait sur plusieurs aspects (extrême polyvalence, responsabilités, milieu culturel…) il m'a fait prendre conscience qu'une fois de plus je ne rentrais pas dans le moule. D'une part parce que je suis victime d'insomnies terribles qui me plongent dans une fatigue quasi permanente, d'autre part parce que je ne supporte pas le monde de l'entreprise, rempli de règles stupides, de hiérarchies capitalistes et d'hypocrisie.<br />
<br />
Il m'a été difficile de partir vu à quel point j'avais investi d'émotion ce travail. Je ne conçois pas de côtoyer des gens quotidiennement et de ne pas m'attacher à eux, je suis trop sensible pour ça. Et quand je bosse dans un lieu avec des personnes qui ne me plaisent pas, je dépéris.<br />
<br />
Ce nouveau départ a été consacré à la création de mon entreprise. Fort de mon expérience, je me suis senti capable de me mettre à mon compte. Quoi de mieux que bosser où je veux, quand je veux et de pouvoir proposer des services si divers pour contrer l'ennui qui me guette toujours ? Rédaction, correction, communication, secrétariat… Je me sentais capable de tout. J'ai très vite décroché quelques clients, sans même les chercher. Et je me suis rendu compte qu'en gagnant très peu d'argent je pouvais vivre.<br />
<br />
En fait, ce n'est pas le monde de l'entreprise que je rejette (qui, au demeurant, me fascine tant que je n'y suis pas emprisonné). C'est le modèle social qu'on nous impose qui me fait horreur. Je ne vois pas, mais alors, vraiment pas, ce qui peut valoir que je me lève tôt cinq jours par semaine, que je prenne les transports en commun en même temps que tous les travailleurs (ma compassion va le plus pour les utilisateurs du RER), que je passe mes journées à enrichir une entreprise pour ensuite rentrer chez moi, sur les rotules, avec à peine le temps de manger, regarder une série et me branler pour ensuite devoir dormir et recommencer, encore et encore, jusqu'à la mort.<br />
<br />
On me rétorque que c'est le lot commun. Nous devons tous trouver un boulot, gagner de l'argent et payer notre croûte. Je ne suis pas d'accord. On a beau ne pas gagner assez d'argent pour faire tout ce qu'on voudrait, je me rends compte que, sur certains aspects, on n'a pas besoin d'en avoir autant.<br />
<br />
J'ai travaillé pendant un an au sein de <i>La Ruche</i>, année pendant laquelle j'ai perçu un salaire. J'ai gagné plus d'argent que jamais je n'en avais eu. Ce n'était pas énorme, j'ai passé mon temps à me battre pour en avoir plus (dans la culture, c'est connu, on est mal payés). Et puis, je me suis rendu compte que même après avoir réglé mon loyer (qui était relativement bas, à l'époque), ma bouffe, mes charges diverses et variées, il me restait plein d'argent (il faut dire aussi que je suis naturellement économe). Alors, après quelques mois, j'ai commencé à dépenser un peu plus. Devant des fringues, j'ai moins tergiversé qu'avant. Au resto, je prenais une boisson et un dessert, même si je n'avais plus faim. Je suivais plus facilement mes amis dans bon nombre de sorties. Et je me suis rendu compte que je développais de nouvelles envies. Tiens, si je partais à tel endroit ? Tiens, si j'achetais ça ?<br />
<br />
J'ai vite compris le lien. Je m'aliène au travail, qui me rapporte de l'argent. N'ayant plus de temps, puisque c'est ce temps, en plus de mes compétences, que je vends à l'entreprise, j'utilise ce que je gagne pour compenser cette perte. Et comme il faut que je me sente vivre, j'achète. Car que serait une vie passée à travailler, gagner de l'argent, et ne pas en profiter ? Le travail mène à une consommation à outrance, dépourvue de vrais besoins. Travailler, c'est se créer de faux désirs.<br />
<br />
J'en suis donc venu à la conclusion que je ne voulais pas de cette vie capitaliste : je gagne de l'argent, je consomme, je n'ai pas de temps pour moi. <i>A fortiori</i> quand mon temps perso est pollué par au moins deux heures quotidiennes passées allongé sur mon lit à attendre le sommeil. Inacceptable. N'ayant donc pas besoin d'autant d'argent que les autres pour vivre, j'ai adopté comme <i>leitmotiv</i> : Travailler moins pour vivre mieux. Réduire ses dépenses, avoir du temps pour soi. Bien sûr, cela n'est valable que lorsqu'on n'a pas de famille à élever, j'ai bien conscience que philosopher ainsi sur le travail et la vie quotidienne n'a d'existence que pour un individu sans enfants et dans un pays développé.<br />
<br />
Je n'ai donc pas cherché de nouveaux clients. Le peu d'argent que je gagne me suffit, malgré mon loyer excessivement cher aujourd'hui (heureusement que les APL existent !) et aussi parce que j'ai eu la chance de pouvoir faire des économies en vivant chez mes parents. J'ai toujours fait attention à mon argent, sans avoir pour autant l'impression de me priver. Mais au final, entre les nombreuses bourses que j'ai perçues, les jobs, les stages que j'ai effectués, j'ai fini par mettre de côté un petit pécule, dans lequel je plonge régulièrement, mais qui me permet de garder le même mode de vie.<br />
<br />
Résultat, je m'amuse de voir des gens de mon entourage, qui gagnent parfois 3000 euros nets par mois, se retrouver dans le rouge à la fin du mois, alors que moi, en tant que "travailleur pauvre", je m'en sors bien. Je suis un excellent gestionnaire, je crois, et je ne suis pas un gros consommateur (je n'ai pas de carte de ciné, mon forfait de téléphone est l'un des moins chers, je ne bois pas d'alcool, je n'achète pas de produits high-tech ni ne pars en vacances tous les quatre matins…).<br />
<br />
Je me retrouve donc dans la position de quelqu'un qui peut, à peu de choses près, faire ce qu'il veut. Le boulot que j'ai à faire me prend très peu de temps ; que faire du restant (à assumer que je ne sombre pas dans la dépression et que je ne sois pas complètement esclave de mes insomnies, évidemment - ce qui n'arrive pas souvent, en fait) ?<br />
<br />
Car il faut bien dire que j'ai beau cracher dessus allègrement, les contacts humains du monde professionnel me manquent. Et bien qu'ayant des économies, je n'aime pas les voir s'amenuiser de mois en mois. Ca ne pourra pas durer <i>ad vitam eternam</i>. Alors ces derniers temps, j'ai envie de retravailler. Certainement pas à temps plein, je ne tiendrais pas physiquement vu mon handicap de toute façon, mais quelques heures par semaine, pourquoi pas. Sauf que je ne me bouge pas plus que ça. Je vois des annonces qui me plaisent ; très rarement, je postule. Je suis embourbé dans ma vie passive, victime de ma fatigue et de mes humeurs, souvent incapable de me bouger le cul.<br />
<br />
Etre seul à la maison, c'est bien, dans un premier temps. Ca permet de se retrouver, d'être à l'écoute de soi ; je pense que beaucoup de gens sont bien incapables de ça, de nos jours, emprisonnés qu'ils sont dans leur carrière. Mais au final, je suis prisonnier de moi-même et je comprends en quoi le travail peut être la santé. Il permet de s'oublier, de penser aux autres, de s'investir dans des projets qui sont plus grands que nous.<br />
<br />
Mais voilà, moi, je n'arrive pas à trouver un projet qui me booste assez pour que je sorte de moi-même. Et c'est idiot, cette histoire de travail, car dans le fond, là maintenant tout de suite, je peux vivre ma vie rêvée : m'inscrire à différents cours (chant, piano, sport...) et m'investir quelques jours par semaine dans une association. Mais je reste bloqué par cette idée que financièrement je vais finir par crever et qu'il va me falloir retourner sur les rails. Ainsi, plutôt que de mettre en œuvre ce qui me fait le plus envie, je regarde tous les jours les annonces du Pôle Emploi, parce que la plupart des gens ont une activité professionnelle, eux. Pendant que je me masturbe intellectuellement à hésiter entre trouver un mi-temps, développer ma clientèle ou profiter de mon temps libre, les autres avancent sur leurs projets professionnels. Je croyais valoir mieux qu'eux parce que je faisais le choix de suivre ma vie. Mais en réalité je fais exactement pareil, entraîné par le quotidien.<br />
<br />
Il va falloir que je me lance. Peu importe la direction, il va falloir que je me décide. Tenter ma vie rêvée tant qu'il en est encore temps, ou gagner un peu d'argent avant de trouver ce que je veux faire professionnellement. Mais j'ai tellement d'idées et d'envies contradictoires, et toujours cette barrière physique avec les insomnies… Depuis des mois je suis obsédé par l'idée d'exercer un métier altruiste, où l'on aide concrètement les autres, mais dans le fond c'est juste parce que je sens que vivre est absurde et que je tente d'y trouver un sens. Travailler pour le bien-être des moins bien lotis serait aussi une aliénation si ce que je fais ne m'amuse pas. Et c'est ça qui est difficile : je n'imagine pas une seule activité (même un loisir) qui soit assez intéressant pour que j'y consacre plusieurs heures par jour. Même les séries télé, même le sexe, même jouer… Tout me lasse. Un peu, c'est plaisir, beaucoup c'est déplaisir. Que faire ?<br />
<br />
Parfois, j'envie cette masse de gens qui ne se posent aucune question et qui suivent les rails. En même temps je sais que cette hyperconscience de moi-même (et des autres) est ma singularité et ma force.<br />
<br />
D'où viens-je ? Je sais. Qui suis-je ? Je crois savoir. Où vais-je ? Aucune idée.]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100123182828/travailler-moins-pour-vivre-mieux/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-01-23T18:28:28+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100113210308/modes-de-vie/"><title>Modes de vie</title><description>Idéalement, je me lèverais à 10h. Je ferais une heure de sport (Gym Direct), quelques minutes de sophrologie, douche, et hop, vers midi, je serais opérationnel pour la suite. D'abord du solfège puis du piano. A 13h, je pourrais déjeuner et ainsi avoir l'après-midi pour me consacrer à d'autres activités (travailler, par exemple).

Poussons plus loin : dans le monde rêvé du Jona, je n'aurais pas à travailler, mais je ne ferais pas rien pour autant. Quatre après-midis par semaine, je serais bénévole dans une association. La journée restante serait consacrée aux activités ménagères (courses, ménage), administratives ou médicales.

Mais dans un monde parfait, je ne serais pas insomniaque, je ne resterais pas éveillé jusqu'aux premières heures du matin. Et je ne serais pas fatigué quotidiennement.

Dans le monde réel, je me lève entre midi et 15h (16h dans le pire des cas). Je prends une bonne heure pour mon petit déjeuner devant mes mails, Facebook et autres réseaux sociaux chronophages. Je me lave péniblement dans l'après-midi, en me stressant parce qu'il faut que je fasse-ci ou ça. Je ne fais ni solfège ni piano, la sophro et le sport sont oubliés depuis longtemps - parce qu'il faut que je travaille. Mais en réalité, je passe mon temps à rafraîchir ma page Facebook, à jouer avec mon iPhone, à regarder de loin le travail que j'ai à faire et qui m'angoisse.

Je ne fais rien de passionnant mais j'ai la sensation d'en faire des tonnes. Je suis fatigué en permanence, sauf si j'ai réussi à dormir dix heures : ces rares fois-là, je pourrais déplacer des montagnes.
Le plus étrange, c'est que cette vie imparfaite que je mène actuellement, je l'aime. Elle me correspond, elle se rapproche vraiment du mode de vie que je souhaite. Sans les insomnies et les handicaps sociaux, j'aurais une vie de rêve. Pour l'instant, je ne m'en sors, malgré tout, pas trop mal. C'est juste que j'hiberne ma vie en attendant le réveil.</description><content:encoded><![CDATA[Idéalement, je me lèverais à 10h. Je ferais une heure de sport (Gym Direct), quelques minutes de sophrologie, douche, et hop, vers midi, je serais opérationnel pour la suite. D'abord du solfège puis du piano. A 13h, je pourrais déjeuner et ainsi avoir l'après-midi pour me consacrer à d'autres activités (travailler, par exemple).<br />
<br />
Poussons plus loin : dans le monde rêvé du Jona, je n'aurais pas à travailler, mais je ne ferais pas rien pour autant. Quatre après-midis par semaine, je serais bénévole dans une association. La journée restante serait consacrée aux activités ménagères (courses, ménage), administratives ou médicales.<br />
<br />
Mais dans un monde parfait, je ne serais pas insomniaque, je ne resterais pas éveillé jusqu'aux premières heures du matin. Et je ne serais pas fatigué quotidiennement.<br />
<br />
Dans le monde réel, je me lève entre midi et 15h (16h dans le pire des cas). Je prends une bonne heure pour mon petit déjeuner devant mes mails, Facebook et autres réseaux sociaux chronophages. Je me lave péniblement dans l'après-midi, en me stressant parce qu'il faut que je fasse-ci ou ça. Je ne fais ni solfège ni piano, la sophro et le sport sont oubliés depuis longtemps - parce qu'il faut que je travaille. Mais en réalité, je passe mon temps à rafraîchir ma page Facebook, à jouer avec mon iPhone, à regarder de loin le travail que j'ai à faire et qui m'angoisse.<br />
<br />
Je ne fais rien de passionnant mais j'ai la sensation d'en faire des tonnes. Je suis fatigué en permanence, sauf si j'ai réussi à dormir dix heures : ces rares fois-là, je pourrais déplacer des montagnes.<br />
Le plus étrange, c'est que cette vie imparfaite que je mène actuellement, je l'aime. Elle me correspond, elle se rapproche vraiment du mode de vie que je souhaite. Sans les insomnies et les handicaps sociaux, j'aurais une vie de rêve. Pour l'instant, je ne m'en sors, malgré tout, pas trop mal. C'est juste que j'hiberne ma vie en attendant le réveil.]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100113210308/modes-de-vie/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-01-13T21:03:08+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100110195444/through-the-broken-glass/"><title>Through the Broken Glass</title><description>Cliquer ici pour lire la première partie de l'histoire.

J'ai lu l'intégralité du blog de Bradshaw en une semaine. Après avoir été intime avec lui, j'avais besoin d'en savoir plus sur lui ; et comme en plus il a, semble-t-il, tout lu de moi, cela me permet de rééquilibrer la balance.

Je découvre ainsi que nous semblons animés par la même faiblesse dépressive, la même empathie, le même sentiment de marginalité avec difficulté d'insertion dans le monde. Nous portons une faille similaire, sauf qu'elle semble bien plus profonde chez lui et que nous y réagissons complètement différemment. Je me bats avec mon psychisme, tente de tout comprendre, de tout analyser, de tout contrôler, au point de trouver difficilement le sommeil. A l'inverse, Brad fuit cette douleur en faisant tout, absolument tout, pour l'oublier : il sort, boit, fume, se drogue et dort à outrance (en tout cas, c'est l'impression que son blog donne).

Son univers me fait flipper et m'intrigue. Je découvre le milieu de la nuit que je pensais pourtant connaître un peu. Je me rends compte à quel point c'est un monde parallèle, avec d'autres règles, d'autres modes de fonctionnement. A chaque fois qu'il parle de drogues, notamment, cela paraît tellement simple ; à croire que tout le monde prend de la coke en boîte. Comme quoi, on voit ce dont on a envie en chaque lieu. On ne m'a quasiment jamais rien proposé d'illicite, j'avais donc naïvement pensé que, de nos jours, on ne se droguait pas tant que ça en boîte ; sur le blog de Bradshaw, les nuits hallucinatoires semblent anodines.

Alors je fais quoi, moi, de tout ça ? Je me sens attaché à un mec dépressif dont le mode de vie est à l'opposé de mien. Il y a de fortes chances que vu mon état, on se tire vers le bas. Mais qu'importe, j'aime vivre les choses et ai envie de le découvrir quand même.

Sauf qu'il n'y a pas tellement de répondant de son côté. J'ai du mal à le comprendre. Il me contacte régulièrement, on s'échange des messages tous les jours, mais la plupart du temps ce qu'il m'écrit est vide de séduction. J'essaie, dans un premier temps, de jouer son jeu - celui de la stratégie, de ne pas paraître intéressé pour le laisser venir à moi. Ca fonctionne pas trop mal : à chaque fois que je suis distant, il vient vers moi. Mais je n'aime pas les relations calculées, c'est naze, j'ai juste envie de me laisser aller à ce que je ressens, de partager des moments, d'échanger. Avec Bradshaw, il faut jouer aux échecs. Alors je finis par m'ouvrir à lui. Je lui avoue que j'avais envie d'un deuxième soir (il semble surpris : il ne me connaît pas tant que ça, alors). Je lui arrache une discussion dans laquelle il me fait comprendre qu'il ne sait pas ce qu'il veut avec moi. Je lui envoie un mail pour lui dire clairement que j'aimerais bien le revoir et voir où ça peut nous mener ; jamais il n'y répondra.

Il me donne l'impression d'être dans une tour d'ivoire, avec le besoin de tout contrôler. Et c'est seulement quand je lui tourne le dos qu'il se rapproche. Si je vais vers lui, il regarde ailleurs. Ce qui me gêne le plus, c'est de ne jamais parvenir à vraiment communiquer avec lui. Quel que soit le support (mail, Facebook, texto, de visu), il garde le mystère sur ce qu'il pense et ressent. Le véritable échange s'avère impossible.

C'est lorsque je découvre un nouvel article sur son blog que je comprends mieux. Il n'a pas que moi en tête (m'y a-t-il eu, d'ailleurs ?), je ne suis qu'un garçon parmi tant d'autres, une énième groupie. Et je déteste ça. Je ne l'accepte pas. Je veux vivre une vraie relation, pas un jeu de séduction stérile.

Alors, sans rancœur, j'ai laissé tomber et suis tout de suite passé à autre chose.

Je suis content de ce que j'ai vécu avec lui. Déçu que ça n'ait été qu'une aventure d'une nuit, une fois de plus (l'histoire se répète), car je ne trouve pas ça épanouissant, mais satisfait tout de même par ce que ça m'a apporté. Cette fin-là n'aura au moins pas été tragique et m'aura permis de reprendre espoir : même au plus mal, noyé dans le noir, on peut vivre de belles choses.

Et moi, j'ai repris mes bonnes vieilles méthodes qui ont toujours fait leur preuve : ne pas coucher dès le premier soir. Enfin, presque...</description><content:encoded><![CDATA[<a href="http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20091219001647/through-de-looking-glass/">Cliquer ici pour lire la première partie de l'histoire.</a><br />
<br />
J'ai lu l'intégralité du blog de Bradshaw en une semaine. Après avoir été intime avec lui, j'avais besoin d'en savoir plus sur lui ; et comme en plus il a, semble-t-il, tout lu de moi, cela me permet de rééquilibrer la balance.<br />
<br />
Je découvre ainsi que nous semblons animés par la même faiblesse dépressive, la même empathie, le même sentiment de marginalité avec difficulté d'insertion dans le monde. Nous portons une faille similaire, sauf qu'elle semble bien plus profonde chez lui et que nous y réagissons complètement différemment. Je me bats avec mon psychisme, tente de tout comprendre, de tout analyser, de tout contrôler, au point de trouver difficilement le sommeil. A l'inverse, Brad fuit cette douleur en faisant tout, absolument tout, pour l'oublier : il sort, boit, fume, se drogue et dort à outrance (en tout cas, c'est l'impression que son blog donne).<br />
<br />
Son univers me fait flipper et m'intrigue. Je découvre le milieu de la nuit que je pensais pourtant connaître un peu. Je me rends compte à quel point c'est un monde parallèle, avec d'autres règles, d'autres modes de fonctionnement. A chaque fois qu'il parle de drogues, notamment, cela paraît tellement simple ; à croire que tout le monde prend de la coke en boîte. Comme quoi, on voit ce dont on a envie en chaque lieu. On ne m'a quasiment jamais rien proposé d'illicite, j'avais donc naïvement pensé que, de nos jours, on ne se droguait pas tant que ça en boîte ; sur le blog de Bradshaw, les nuits hallucinatoires semblent anodines.<br />
<br />
Alors je fais quoi, moi, de tout ça ? Je me sens attaché à un mec dépressif dont le mode de vie est à l'opposé de mien. Il y a de fortes chances que vu mon état, on se tire vers le bas. Mais qu'importe, j'aime vivre les choses et ai envie de le découvrir quand même.<br />
<br />
Sauf qu'il n'y a pas tellement de répondant de son côté. J'ai du mal à le comprendre. Il me contacte régulièrement, on s'échange des messages tous les jours, mais la plupart du temps ce qu'il m'écrit est vide de séduction. J'essaie, dans un premier temps, de jouer son jeu - celui de la stratégie, de ne pas paraître intéressé pour le laisser venir à moi. Ca fonctionne pas trop mal : à chaque fois que je suis distant, il vient vers moi. Mais je n'aime pas les relations calculées, c'est naze, j'ai juste envie de me laisser aller à ce que je ressens, de partager des moments, d'échanger. Avec Bradshaw, il faut jouer aux échecs. Alors je finis par m'ouvrir à lui. Je lui avoue que j'avais envie d'un deuxième soir (il semble surpris : il ne me connaît pas tant que ça, alors). Je lui arrache une discussion dans laquelle il me fait comprendre qu'il ne sait pas ce qu'il veut avec moi. Je lui envoie un mail pour lui dire clairement que j'aimerais bien le revoir et voir où ça peut nous mener ; jamais il n'y répondra.<br />
<br />
Il me donne l'impression d'être dans une tour d'ivoire, avec le besoin de tout contrôler. Et c'est seulement quand je lui tourne le dos qu'il se rapproche. Si je vais vers lui, il regarde ailleurs. Ce qui me gêne le plus, c'est de ne jamais parvenir à vraiment communiquer avec lui. Quel que soit le support (mail, Facebook, texto, de visu), il garde le mystère sur ce qu'il pense et ressent. Le véritable échange s'avère impossible.<br />
<br />
C'est lorsque je découvre un nouvel article sur son blog que je comprends mieux. Il n'a pas que moi en tête (m'y a-t-il eu, d'ailleurs ?), je ne suis qu'un garçon parmi tant d'autres, une énième groupie. Et je déteste ça. Je ne l'accepte pas. Je veux vivre une vraie relation, pas un jeu de séduction stérile.<br />
<br />
Alors, sans rancœur, j'ai laissé tomber et suis tout de suite passé à autre chose.<br />
<br />
Je suis content de ce que j'ai vécu avec lui. Déçu que ça n'ait été qu'une aventure d'une nuit, une fois de plus (l'histoire se répète), car je ne trouve pas ça épanouissant, mais satisfait tout de même par ce que ça m'a apporté. Cette fin-là n'aura au moins pas été tragique et m'aura permis de reprendre espoir : même au plus mal, noyé dans le noir, on peut vivre de belles choses.<br />
<br />
Et moi, j'ai repris mes bonnes vieilles méthodes qui ont toujours fait leur preuve : ne pas coucher dès le premier soir. Enfin, presque...]]></content:encoded><link>http://blog.gayattitude.com/-diabolito-/20100110195444/through-the-broken-glass/</link><dc:creator>-Diabolito-</dc:creator><dc:date>2010-01-10T19:54:44+01:00</dc:date></item></rdf:RDF>