J'écoute : Radiohead, Nîmes, 14 juin 2008. Parfait pour l'humeur…
Je regarde : les gens parler
Je lis : ce qu'il y a d'écrit
Je joue : la comédie
Je bois : et je fume
Je cite : LaFraise.com :: éditeur de bien jolis Tee-shirts
(mis à jour vendredi 25 juillet 2008 à 21:35)

27/05/2006

27/05/06 - 02:26

Les jumeaux

Ce soir il y avait deux jumeaux qui sont passé devant le bar où nous faisions le trottoir avec notre consommation à la main. S. les connait de vue, ils étaient à un enregistrement de la nouvelle star. Mon oreille distraite aurait entendue qu'ils se dirigeaient vers la flèche d'or. Ils étaient plutôt mignons (accessoirement) et m'ont fait cogiter pendant environ une heure.
A ton avis, ils couchent ensemble ?

09/05/2006

09/05/06 - 00:36

Appel à candidature

Chaque fois que j'insère la clé dans la serrure de la porte d'entrée, chaque fois que je monte les marches de l'escalier, chaque fois que j'ouvre la porte de ma chambre, chaque fois que j'appuie sur le bouton power de l'ordinateur, chaque fois que je me connecte à un des sites gays où je suis membre... chaque fois je me souviens que je suis célibataire.
Putain de merde.
Je me suis dis, pas de soucis Jé, avec le retour des beaux jours, ta libido va se remettre en route, tes idées sombres vont s'effacer grâce au premier rayon de soleil venu, ton visage va s'éclairer de ces milles petites lueures du printemps qui rendent les gens beaux et souriants. Ben non, le soleil (quand la pluie n'est pas là) et les premières chaleurs n'y changent rien. Les gens autour de toi sont beaux et souriants. Comme durant l'hiver. Ma libido défaillante, mes idées sombres, mon visage terne, tout est encore là.
Bordel de chiotte.


Moi aussi je veux vivre en couple harmonieusement. Moi aussi je veux partager les poils qui s'accumulent dans l'écoulement d'eau de la douche, les chaussettes et caleçons sales qui traînent ça et là dans l'appartement, la vaisselle qui s'entasse dans l'eau croupie de l'évier. Moi aussi j'ai envie de vivre une vie épanouie sentimentalement et sexuellement. J'ai envie de dire non quand toi tu penses oui, rien que pour te titiller ; j'ai envie de dire oui quand toi tu penses oui, parce que ça te fait sourire. Je veux recevoir des textos à 04h37 quand je suis dans un profond coma nocturne qui disent "j'ai envie de toi". J'ai aussi envie que tu me claques la porte au nez quand t'es énervé, d'envoyer des assiettes contre les murs parce que tu m'as vexé.
Et surtout, j'ai envie que tu me sortes de mon quotidien. J'en ai marre de vivre dans les marasmes de ma routine. Je veux du nouveau, du mystère, de l'inconnu, de l'intense. Je veux que tu me fasses passer par les petits chemins accidentés qui me mèneront à ton paradis. Je veux que tu m'emmènes planer avec toi, avoir la tête dans les nuages et ne plus avoir les pieds sur terre. Je veux profiter du tourbillon de ta vie. Mon tourbillon à moi me fait chier, il me fait tourner en rond pour pas grand chose. Il est statique. C'est la tempête quotidienne au même endroit de la carte. Je veux du voyage. Je veux la tempête du siècle qui passera sur tout les points de la carte.
J'en ai marre d'évoluer chaque jour dans l'espoir de te rencontrer. L'espoir fait vivre, mais au bout d'un moment, il fait chier ce putain d'espoir. Bref, je veux du concret !
Bon... restons optimistes.

04/05/2006

04/05/06 - 22:32

Ni oui, ni non


Nan Goldin, Guido avec sa mère, sa grand-mère et l'ombre, Turin, 1999.

Par la petite fenêtre de la porte de ta chambre, je t'aperçois penché sur ton lit.
Tu fixes le lit d'en face les yeux grand ouvert. Ta main est agrippée aux barreaux du lit. Tout le monde attends patiemment dans le couloir.
- Votre papa ne parle plus ? me demande la mère du nouvel arrivant.
- Il ne réponds plus que par oui ou par non, et prononce quelques mots de temps en temps.
- Ah... C'est dû à la suite de quoi ? Un attaque sûrement, ou quelque chose comme ça ?
- Quelque chose comme ça.
Mon regard est bloqué sur cette petite fenêtre.

Je te raconte ma soirée, mes exploits sportifs, l'heure à laquelle je suis rentré, qu'est-ce que j'ai mangé, à quelle heure je me suis levé, qu'est-ce que j'ai fait de ma journée.
- La voiture brille, je me suis enfin décidé à la laver. J'avais presque oublié qu'elle était rouge.
- Oui.
Après 15min je ne vois plus beaucoup de sujets de discussion. Alors on se regarde.

Tu as une larme qui coule de ton oeil droit.
Tu me touche le nez avec un grand sourire, tu as toujours les yeux écarquillés.
Tu recommence une deuxième fois. Je ne sais plus quel âge tu as.
Finalement, je regarde mes pieds.

01/05/2006

01/05/06 - 22:47

Je trouve parfois les non-dits plus intéressants que les on n'a plus rien à se dire.

Hier j'ai rejoins A. et J. à l'escalade vers 16hoo. A 18h30, comme la salle fermait et que je devais être sur Paris pour 21hoo, j'avais pas envie de rentrer chez moi pour faire un aller-retour. A. nous propose de venir manger à la maison avant de passer Chez Georges. Finallement, J. préfère rentrer chez lui car il est un peu stressé pour son diplôme et souhaite bosser dans son coin. Comme ni A. ni moi n'avions de clopes, on cherche au niveau du Trocadéro un tabac ouvert. On passe devant une affiche de l'expo Ultra Peau du palais de Tokyo. On trouve l'affiche super belle.
Comme on est à 2 pas du palais, on décide d'aller y faire un tour. Ca tombe bien car An. y est aussi, on pourra discuter rapidement de l'organisation pour ce soir. Je préfère bien plus les expos improvisées à la dernière minute que celles qui sont planifiées depuis un moment. Elles viennent nous surprendre au dernier moment, viennent perturber nos petits plannings bien câlés. L'expo est sympa. Elles me donnent quelques idées pour la réalisation du graphisme de mon stand, mais aussi sur l'évolution à donner dans mes concepts. J'ai bien aimé les murs capitonés en blanc. Dans une salle où était diffusé un film sur un écran de télévion, ils avaient remplacés les capitons par des buses diffusants des jets d'air de manière aléatoire. J'ai trouvé ça super. Je pouvais y insérer mes doigts dedans et sentir le souffle du vent glisser dans la paume de ma main. J'ai repensé au jacuzzi du Sun City, j'y fais la même chose avec les jets d'eau.
A. avait sa poche à magnésie accrochée derrière son sac à dos, et quand les buses se sont mit à souffler violement, il y a eut un petit nuage de fumée blanche qui s'est répandue dans la petite pièce. C'était rigolo. La magnésie c'est une petite poudre blanche que l'on se met sur les mains pour éviter de glisser sur les prises sous l'effet de la transpiration en escalade.
Deux heures plus tard on file manger à l'appart'. Il est sympa son appart'. C'était la première fois que j'y mettais les pieds. Un petit studio aux tons blancs cassés situé à 100m du Trocadéro. Aux murs, il y a un cadre avec des photos de lui et M. accrochées. Ils sont mignons ensemble. M. fait de l'escalade avec nous, elle super sympa. Elle a un charme fou, des jolis yeux bleus.
On se pose une heure devant MI2 avant de décoler. Il est galant, il me laisse me vautrer sur le canapé pendant que lui s'allonge avec 2 coussins sur la moquette. Comme M., il est beau, gentil, tout ça tout ça. Des fois j'aimerai bien être lui. On fume une clope à la fenêtre et il me montre les fenêtres des appart' où il y a des gonzesses canons. Il me raconte 2/3 anectodes à ce sujet. J'acquièce sans trop m'étendre dessus.
On prend ma voiture et on file sur Saint-Germain. On arrive en même temps que An. et son copain, ainsi que L. et Mi. devant Chez Georges. C'est fermé, merde. On se rabat dans la rue perpendiculaire à la rue des Canettes. Il y a du monde devant le Pousse au Crime. Je n'y suis jamais rentré, en plus l'accès au bar est payant, 13€. On croise Al. dans la rue. Il a des coups plein la figure. Il passe en 1/4 de finale avec son équipe. Ils ont battus Bayonne aux prolongations. C'est le bordel dans la rue, les mecs gueulent de partout. Ils ont fait ouvrir le bar initialement fermé pour fêter leur victoire. Il nous fait rentrer tout les 6.
Et là je deviens fou ! Il y a des rugbymans de partout. Il y en a un particulièrement canon, avec une veste Adidas blanche aux rayures roses fluo. Il a l'air assez hautain. Je le regarderai une bonne dizaine de fois dans la soirée. Il fait chaud. J'enlève mon pull et me trouve ridiculeusement petit et maigre autour d'eux. Sur le comptoir, il y a 2 mecs qui s'amusent à casser des glaçons avec leur front.
Avec A. et Al. on se pose dans un coin 15min pour parler. On discute du match un peu, puis ils se mettent à parler nanas après. Une métisse passe devant nous. Elle a un jolie visage et un joli cul. A. me demande si j'ai déjà baiser avec une black. Non. Il me dis que la plupart sont des grosses chaudasses au lit. Fantasme. Oui.
Je suis fatigué, je le dépose chez lui et rentre chez moi. Il est 02h30.
Je l'aime bien A.
Quand on me demande pourquoi je ne fais pas mon coming-out à tout le monde, je réponds que je n'en ai pas envie. Je trouve que j'ai des rapports plus sains avec les gens avec qui il y a une part de mystère dans nos relations. Et je n'aime pas parler de ma vie sexuelle. Quand des confidents hétéros me demandent comment c'est passé mon dernier plan, je n'y vais pas par 4 chemins et leur raconte la chose la plus cruement. Les détails de nos vies sexuelles, c'est inintéressant.