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(mis à jour vendredi 10 octobre 2008 à 19:32)

30/01/2007

30/01/07 - 05:32

C'est le bonheur...


On est le 23 janvier, Yangshuo est tout proche. Dans le bus de Guilin à Yangshuo, un chinois-arnaqueur de gentil touriste naïf m’accoste à l’arrière du bus. Il me demande d’où je viens, si la Chine c’est bien, patati, patata, et où est-ce que je compte dormir. Je lui dis que j’ai réservé au 7th Heaven Café ma chambre (histoire de lui faire comprendre « casse-toi » « tchunide » en chinois). « Au 7th Heaven Café, mais c’est pas bien, il faut aller au Youth Machin, c’est bien mieux, blablabla ». Il me dit qu’il faut descendre ici pour rejoindre le 7th et après prendre un taxi. Un autre chinois qui avait fait la Gorge du Saut du Tigre en même temps que moi me reconnaît et se met à gueuler en chinois avec l’autre type. Je suis debout au milieu du bus et me demande ce qu’il se passe. L’autre chinois m’explique en anglais que ce mec est un voleur et que lui m’accompagnera au 7th. Ok. Après être sortit du bus, en chemin, il m’apprend qu’il est prof d’escalade à Yangshuo au China Climb. La bonne nouvelle ! Merci pour l’info, je passerai à la boutique demain.
La guest-house où je devais dormir a déménagé, et n’ayant pas de plan de la ville, je décide de changer de guest-house (car de toute façon je n’avais pas réservé). La Bambou House fera l’affaire. Lit en dortoir moelleux mais chambre pourrie, douche commune assez mal foutue, mais bon, 2€ la nuit, j’ai pas envie de me prendre la tête, après une nuit dans le bus et une autre dans le train, je suis décalqué et j’ai pas envie de tourner dans la ville pendant 3 heures avec mes 25Kg sur le dos. Déjeuner au Kelly’s Restaurant sur les bons conseils d’Elo, une nana que je verrai par la suite à Krabi, Thaïlande. Veggie Burger, French Fries, et Tsing Tao pour mon ventre agonisant. Passage à China Climb pour prendre rendez-vous pour une demi-journée de grimpe le lendemain matin, 20€ quand même. Retour à la guest-house. Dodo super tôt, mais pas trop tôt non plus, car un étudiant chinois dormant dans le même dortoir que moi se met à me débiter pendant une heure toutes ses vacances dans le sud de la Chine, me montre ses photos de famille et son parcours de voyage. Hmm, c’est fort intéressant tout ça, mais j’aimerai bien dormir coco…
Le lendemain, je m’extirpe du lit vers 08:00 du mat’ assez difficilement, douche puis re-Kelly’s Resto pour le petit dej’. Au menu, High Fiber Breakfast, nickel pour commencer la grimpe : Jus d’orange frais pressé, omelette, toasts, beurre, café, fruits frais et yaourt-muesli. Départ de China Climb en minibus pour escalader un caillou, la Wine Bottle. Cool, je reste un petit peu en France ! On commence par une petite voie d’échauffement, un 5b (je grimpe du 6b+ après travail et entraînement à Paris). C’est assez facile, et ça me convient tout à fait pour commencer, car cela fait quand même plus de deux mois que je n’ai pas grimpé. Je suis tout seul avec les deux guides, un écossais et un néo-zélandais, ce qui me laisse peu de temps pour récupérer entre chaque grimpe. Six en l’espace de 3 heures, dont chacune faisait environ 20m. Finalement, j’aurai fini sur une 6a+ en rapidité avec seulement une chute, pas mal pour une reprise. Retour au Kelly’s pour le même déjeuner qu’hier, la bière m’assomme d’un seul coup. Je titube tranquillement dans les rues commerçantes, je tourne en rond. Je file prendre une douche, discute rapidement sur le net, retourne en rond dans la ville, papotte avec une chinois dans une librairie-bar, retour à la guest-house. En ouvrant la porte du dortoir, une hollandaise de mon âge arrivée quelques heures plus tôt est en petite serviette de bain au milieu de la chambre, je lui dis que je repasse dans 10 minutes avec un grand sourire aux lèvres. Je me pose dans le lit pour regarder la deuxième saison de The Weeds et tombe comme une masse dans mon lit.
10:30, le réveille teinte, j’ai rendez-vous a midi pour la deuxième séance de grimpe. Deux américains se joignent à nous, la séance est plutôt cool. Pour eux c’est une séance d’initiation, donc je n’aurai pas eu le temps de faire beaucoup de voie difficile. Je décide de prendre mon temps dans ces voies plutôt faciles, histoire de bien travailler mes mouvements, retrouver mes appuis sur les cailloux. Pour clore la journée, je me fais un petit resto français avec au menu : verre de vin blanc, deux crêpes bacon, pomme de terre, fromage, oignon, et une quiche lorraine. Je ressors du resto le ventre satisfait. Dodo, pas envie de rencontrer du monde ce soir, je suis fatigué et préfère rester dans mon coin.
Le 26 janvier, c’est mon troisième et dernier jour de grimpe ici. Comme les deux guides sont plutôt content de trouver dans leur boutique un grimpeur au niveau avancé, ils m’emmènent escalader sur un nouveau pin de sucre où le sommet se trouve à plus de 80m de haut. Il faudra faire 3 relais pour y arriver. Impossible de laisser les sacs avec nos manteaux, chaussures et autre bordel au sol, on pourrait se les faire voler. Il faudra les accrocher à une dégaine un peu plus haut. Le premier guide passe devant, installe la corde et arrive au premier relai. Je grimpe en second, c’est moi qui m’occupe d’accrocher le sac qui doit peser pas loin de 10Kg, je ne sais pas trop ce qu’il y a dedans, sûrement des briques qu’on m’a glissé en cachette. Le premier mouvement est assez compliqué avec tout ce bordel, il faut tout de suite décoller les pieds d’environ 80cm. Je me hisse tant bien que mal à la seconde dégaine, transpire déjà comme un porc, et me déleste du sac. La suite est nettement plus facile ! Passé les deux premiers relais de 35m assez facilement, le dernier de 15m est assez coriace. C’est une étape dans une faille se rétrécissant progressivement, il faut bien placer ses pieds à plat contre la paroi et économiser à fond sa force dans les bras en les gardant bien tendu. Le dernier guide qui passera pour décrocher tout le matos m’avouera avant que je grimpe qu’il déteste cette partie-là, qu’elle est hyper crevante. Je le rassure en lui disant qu’il n’aura qu’à prendre exemple sur moi ! « I’m gonna teach you dude ! » J’aurai quand même fait un petit décrochage mais je suis arrivé au bout ! Et là, panorama de ouf, des pains de sucres à perte de vue, le soleil en profite pour faire son apparition. Je suis monté au paradis !
Retour en ville, je loue rapidement un VTT pour me perdre dans les campagnes environnantes, et ça a marché, je me suis bel et bien paumé et j’ai eu du mal à retrouver mon chemin. Re-crêpe – vin rouge au Balcony, puis direction le bus de nuit à 21:00 en direction de Shenzen.
Cette petite session ici a été vraiment sympa, cela reste pour l’instant mon meilleur souvenir de Chine, la reprise de l’escalade aidant sûrement, combiné aux paysages surréalistes. Je me dis que je serai parti d’ici un peu à la hâte et y serai bien resté plus longtemps. J’ai un petit coup de blues dans le bus juste avant de m’endormir.
Et comme bus de nuit rime avec nuit impossible, je n’ai pas dormis bien longtemps. Tantôt réveillé par les hurlements du chauffeur toutes les heures, par les déplacements de chinois qui éprouvent le besoin de sortir du car à chaque fois qu’il s’arrête dans une station service, etc. Je m’arrête là, la liste est encore longue. Arrivé à Shenzen vers 08:30, je saute dans un taxi en direction de l’aéroport, de là, il faut que je réserve un avion pour Bangkok car je ne m’en suis pas encore occupé. Après m’être fait baladé dans tout le hall pour trouver le bon guichet, j’apprends que le billet coûte 160€ (hic, ce n’est pas donné) et que l’avion décolle à… 21:10 ! Ok ce n’est pas grave, juste douze heures à tuer. J’aurai eu le temps de découvrir en long en large le McDo et le Starbuck, de fumer un paquet de clopes, de compter le nombre de vitres sur la façade sud de l’immeuble, etc. Naturellement, mon avion a une heure de retard, et tout le monde décolle vers 22:00, arrivée à Bangkok à 00:15. Les guichets pour réserver un avion pour Krabi sont fermés, je demande à la station de taxi s’ils connaissent un hôtel pas trop cher dans le coin pour passer la nuit - Oui, oui, il y en a un à 15€ la nuit pas très loin – Bon c’est pas donné, mais je n’ai pas vraiment envie de dormir dans l’aéroport, je suis mort. Puis aucun regret, la chambre c’était du grand luxe, avec minibar, salle de bain avec baignoire, s’il vous plaît et lit moelleux deux personnes. Je me fais couler un bain chaud, récupère ma trousse de toilette et mon shampoing que j’avais rangé à part (qui a eu la bonne idée d’exploser au milieu du sac à dos), regarde Fashion TV depuis ma baignoire, aperçois la tête de G. au défilé homme Castelbajac, je crois que c’est une hallucination, non, non, c’est bien lui.
Réveil le dimanche 28 janvier vers 08:00, je resaute dans un taxi, retour à l’aéroport une heure plus tard, file vers un guichet d’avion low coast, apprends que mon avion décolle dans une heure (chic pas besoin de passer la journée ici) et sur le coup de midi, j’arrive à Krabi. Il fait super chaud, la mer est magnifique, il y a des falaises qui bordent les eaux turquoises, il y a des gens accrochés dessus. Non ils ne fuient pas un nouveau tsunami, ils font juste de l’escalade. Hmm…

24/01/2007

24/01/07 - 11:42

J’adore les transports


Je suis arrivé sur Kunming, capitale du Yunnan, j’y ai seulement passé deux nuits le temps de recharger les batteries, je n’ai pas beaucoup visité la ville, car de toute façon les grandes villes en Chine ne sont pas très intéressantes. Des magasins partout, des malls de boutiques de luxe, des Computown, des McDo et KFC, des petits vendeurs à la sauvette (un demi-ananas épluché coûte 20cts). J’ai mangé au McDo, histoire de remplir mon ventre de junk-food.
Direction Lijiang, une ville à 700km au Nord. Je prends l’avion pour m’y rendre, ça m’évite 10 heures de bus. Cette fois-ci je ne rate pas mon avion (32€). Après 50min de vol (au lieu de 10 heures de bus), j’arrive dans une ville encerclée de montagnes, dont la plus haute atteint les modestes 5500m. La vieille ville de Lijiang est classée au Patrimoine Historique de l’UNESCO. Je me dis qu’elle doit valoir la peine d’être visitée, on la surnomme aussi la petite Venise de l’Orient. En effet, il y a des petits canaux partout dans lesquels végètent quelques poissons rouges, des passerelles en bois pour les traverser, des restaurants, des magasins (encore) et des guest-houses. Il y a tellement de restos et de magasins qu’il semblerait que ce soit la seule activité de ses habitants. Je trouve une petite guest-house située dans le centre ville pour 2,5€ au lieu de 5€. Le propriétaire, 30 ans au plus, vit ici avec toute sa petite famille, et naturellement parle aussi bien anglais que moi je parle chinois. Je suis le seul touriste ici à mon arrivée. J’ai le droit à une chambre double avec SDB pour moi tout seul. Encore un coup de bol, car quand je demande aux autres touristes que je rencontre où ils dorment et combien ils payent, ils semblent tous payer entre 3 et 6€ pour un lit en dortoir. Nous sommes seulement le 18 janvier, et la ville est noire-jaune de Chinois, je me demande ce que ça doit être en plein mois de Juillet… Le soir, je file au Sakura Café, un bar branché à 2 pas de ma chambre. Je vois sur la carte qu’il est possible de manger des cuisses de grenouille. Chic ! Ca fait une éternité que j’en ai pas mangé. Arrive mon plat, et à ma grande surprise, ce ne sont pas des cuisses de grenouilles mais des peaux séchées de crapaud épicées en salade. Hmm… Je reste perplexe devant mon plat et décide d’attaquer la bière. Je tente un planté de baguettes dans le plat, attrape une des petites peaux et l’approche fébrilement de ma bouche. Je mâchouille, bon, ça a le goût de laitue avec le piment en plus. Je ne mange qu’un quart du plat car je transpire à grosses gouttes, la langue me brûle à max et je n’ai pas envie de crier le lendemain sur les toilettes. Dodo, 02h00 du mat’.
Le lendemain, debout à 07h00 afin de me rendre à la Gorge du Saut du Tigre, un trek de deux jours dans les montagnes. J’arrive sur le coup de midi après 3 heures de bus et démarre aussitôt la rando avec pas grand-chose dans le ventre. Ca commence doucement, j’accélère le pas progressivement et distance tous les autres touristes qui étaient avec moi dans le bus. Les paysages sont super beaux, des rizières partout, les montagnes, le bruit de la gorge du Yang Tze qui résonne dans toute la vallée, des troupeaux de chèvre sur le chemin… Et là, c’est le drame. Une série de 28 bandes où ça grimpe, ça grimpe, et ça regrimpe. Il doit y avoir 200 mètres de dénivelée entre la première et la dernière bande. A partir de la quatrième, je fais une pause à chaque angle, j’en peu plus, je me déshabille progressivement. J’arrive vers 17h30 à la Half-Way guest-house et décide que ce sera tout pour aujourd’hui. ! J’y rencontre un français et deux écossais, pause pancakes au chocolat, banane-pomme. C’est trop bon. Les autres touristes dans le bus arrivent progressivement. On passera la soirée à siroter des bières avec en plus un américain et les 2 norvégiens du bus. Dodo 21h00.
Je continue seul la rando le lendemain et j’arrive à la fin sur le coup de midi. J’ai gagné 6 heures de marche sur le timing prévu. J’ai hyper mal au genou. J’attrape in extremis le dernier bus pour Lijiang, retour à l’auberge en fin de journée. J’essais vainement de réserver un avion pour Guilin (Guangxi) pour le lendemain ; mais primo, sur internet, le billet d’avion coûte 110€, secundo impossible de le recevoir par courrier, tertio, par les agences de voyages de la ville, c’est 150€. Au final, je prendrai un bus de nuit demain. Dodo sur le coup de 01h00 du mat’ après avoir regardé toute la saison 1 de The Weeds (merci la cousine).
Journée shopping le lendemain (où je n’ai rien acheté), bières en terrasse pour observer le panorama de la ville, bus à 20h00. Et là, le bus, c’est l’angoisse. Trois rangées de 2 lits superposés sur toute la longueur du bus. Le lit doit être aussi large que mes hanches et encerclé de barreaux métalliques (Maïté ne pourrait pas rentrer) et le matelas est aussi moelleux qu’une planche de bois. La route est défoncée sur la moitié du trajet, tout le monde est secoué comme une bouteille d’Orangina. Secoue, secoue-moi ! Ca pue la chaussette et la clope (car il y a toujours des insomniaques pour vous réveiller par leur fumée de cigarette à 04h00 du mat’). Il y a un navet chinois qui passe sur la TV du bus, après c’est karaoké avec des vieux airs de chansons françaises reprisent en chinois. Tout le monde semble les connaître à les entendre fredonner. A croire que ces chansons font partie de leur culture nationale (où alors c’est ce qu’on essaie de leur faire croire). Arrivée sur Kunming à 06h30. Réservation du billet pour le train de 15h53 pour Guilin. Sept heures à tuer. Embarquement. Arrivée sur Guilin le lendemain à 11h50. Juste 20 heures de train couchette avec un bébé qui aura gueulé pendant une heure au milieu de la nuit. Au final, je m’en suis sortis pour 30€ depuis Lijiang au lieu de 150. Par contre je suis explosé. Il ne me reste plus qu’à chopper le bus pour Yangshuo (2 heures) et j’arrive enfin vers 15h00.
Je réserve 3 jours d’escalade dans les pains de sucres. J’ai hâte de glisser mes doigts sur ces petits cailloux.

17/01/2007

17/01/07 - 04:00

Comme les rillettes, nous n’avons pas les mêmes valeurs


Je monte dans le bus à 09h00 pour quitter Emei. Sept heures de route officiellement (dix heures officieusement) m’attendent pour rejoindre Chongqing, port fluvial sur le Yang Tze. De là je devrais prendre le lendemain un speed boat pour rejoindre Yichang et ainsi découvrir les fameux paysages des Trois Gorges. La route est défoncée sur une bonne moitié du trajet. Des nids de poules secouent constamment le bus. On avance à deux à l’heure.
Je rêvasse un peu à la fenêtre.
Madame porte des bottines à talons en cuir noir. Il y a des petites perles cousues à même le cuir qui scintillent au gré de ses mouvements. Les montants de ses chaussures recouvrent un pantalon noir moulant. Il fait assez frais (dans les 10°C) alors elle a sortit sa longue veste matelassée d’un rose fushia flamboyant. Tout ça dégage une certaine présence. Elle pourrait intimider. Le seul hic, c’est qu’elle est habillée ainsi uniquement pour chasser la boue que les camions, bus et autres voitures projettent sur le trottoir de son immeuble. Et comme il pleut beaucoup, que le ballet incessant des véhicules dure toute la journée, elle doit probablement passer son temps à nettoyer. Un jogging basket ferait l’affaire, mais non, il faut savoir rester élégante en toute circonstance. Dans le bus, Monsieur, lui est toujours habillé pareil. Pas de chichi, couleurs toujours très sombres, chaussures dégueulasses. Il fume dans le bus et jette son mégot à même le sol sans prendre le soin de l’écraser. Il mange des graines de tournesol et recrache ses déchets autour de lui. Il se racle bien le fond de la gorge pendant quelques secondes avant d’expulser son mollard droit dans le couloir (à noter que Madame fait de même).
Je suis au milieu du bus, j’ai mes écouteurs d’iPod vissés dans les oreilles, je fuie un petit peu tout ça. J’ai une petite faim, je fouille rapidement dans mon sac pour voir ce que j’ai à grignoter. Deux clémentines, waouh, quel butin ! J’arrive finalement à Chongqing à 18h30. Un mec de l’agence de voyage qui m’a vendu la mini croisière m’attends à la gare routière pour m’emmener à son bureau.
J’y apprends que si je le souhaite je peux partir ce soir pour le même tarif et ainsi économiser une nuit d’hôtel. Par contre il ne s’agit plus d’un speed boat mais d’un bateau de croisière classique et la visite durera quatre jours au lieu de deux. OK je ne suis pas pressé. Moi qui rêvais fort d’un McDo en arrivant à Chongqing pour caler mon ventre agonisant, c’est râpé. Au lieu de ça, j’ai le droit à la traditionnelle soupe de nouilles épicées. Au moins, j’ai moins froid, mais j’ai toujours faim.
J’embarque.
Je suis dans une cabine pour 4 personnes avec salle-de-bain privée. Grand luxe ! J’ai deux Chinois en guise de colocataires. Ils ne parlent pas anglais, ça tombe bien, je n’ai pas trop envie de discuter. J’ouvre la porte de la salle-de-bain, et là… Surprise ! 80cm² pour un lavabo, une douche dont le trou d’évacuation de l’eau n’est rien d’autre que celui des WC turcs. OK. Pas de douches pendant quatre jours.
En pleine nuit, il stagne dans la chambre une odeur de pisse et de merde tellement forte que ça arrive à me réveiller. J’ai l’impression de suffoquer. Je blottis ma tête aux creux des couettes et finis par me rendormir. Ce sera comme ça tout le reste du temps. A noter que mes colocataires fument aussi clopes sur clopes et n’ouvrent jamais la fenêtre. L’un d’entre eux avait acheté des crevettes séchées et m’en propose une pleine poignée. Je décline gentiment avec un grand sourire de dégoût, je n’ai pas vraiment envie de manger la bouffe que je filais à mes tortues quand j’étais petit. Et puis ça pue. Je retourne vite au bar pour continuer « Les Bienveillantes ».
Je bois constamment du thé, ce qui m’oblige à faire quelques aller-retour aux WC collectifs (non, je n’irai pas faire pipi sous la douche). Les WC collectifs en Chine c’est assez déconcertant. Ici, il y a une rangée de quatre compartiments séparés par un petit mur d’un mètre de hauteur et pas de portes pour s’isoler si on a éventuellement envie de faire caca (non, je ne ferais pas non plus caca sous la douche). Entre ces quatre compartiments coule une petite rivière d’eau afin d’évacuer les excréments dans un trou principal, direction le fond du fleuve. Inutile de préciser que le désodorisant « fleurs des champs » n’était même pas en option.
Retour au bar où j’y passe les ¾ du trajet. La température extérieure est approximativement la même que la température intérieure. au lieu d'avoir 37°C dans le corps, j'ai du chûter à 34. J’ai eu le temps de lire la moitié du bouquin. Emmitouflé dans mes trois manteaux et mon pull en laine, je discute quelques fois avec les trois new-yorkais et l’australien qui se sont retrouvés ici comme moi. Enfin je les écoute discuter car je ne comprends pas grand-chose de ce qu’ils disent. Je me dis que je suis bien nul en anglais, et eux aussi sûrement. On se partage nos biscuits secs sans saveur, quelques fois une bière. Je vais fumer une clope à la fenêtre pour ne pas les gêner de ma fumée (à la différence du chinois lambda) et manque de peu de me recevoir sur la tête un sceau rempli d’un liquide verdâtre. Soupir.
Les Trois Gorges c’est bien joli, des montagnes partout, un paysage de fjords, mais bon ça va bien 5 minutes. De temps en temps, le bateau accoste dans des petits villages. On a le droit de faire une visite d’un temple à chaque fois si on accepte de payer entre 5 et 7€. Sinon on peut toujours faire les boutiques dans le shopping-village.
Arrivé enfin a Yichang. Bus pour Wuhan. Retour à l’appart’ à 23h00 avec la cousine. C’est bon de se sentir chez soi dans un meublé à 2°C. J’y reste deux nuits seulement le temps de réserver le billet d’avion pour Kunming (77€ quand même, mais ça évite trente heures de train), de me délester à la China Post de 10Kg de bagages, de récupérer les shorts et pantalons en lin que je me suis fait tailler il y a deux semaines chez la couturière, quelques courses, et hop, départ pour l’aéroport.
Naturellement, le jour où je décolle il neige à gros flocons, les routes sont dégueulasses, je suis trempé. Le taxi driver trouve la bonne idée de faire des petits détours dans la ville pour me facturer un peu plus cher. Je lui fais remarquer bien gentiment que je connais Wuhan et qu’il est inutile de me promener pendant trois plombes, il faut que je sois dans l’avion dans une heure et demie et l’aéroport est à une heure de route d’ici. Alors accélère et va tout droit OK ? OK.
Je rate mon avion. Merde. Heureusement, si j’attends deux heures je peux prendre le prochain et c’est gratuit, pas besoin de racheter un billet. Cool.
Je viens d’arriver à Kunming, je sors de l’aéroport. J’ai juste une veste et un petit pull, la température est de 16°C, j’ai enlevé ma grosse écharpe de 2,40m de long. Je laisse l’air doux effleurer mon cou. C’est agréable.

10/01/2007

10/01/07 - 16:48

Ma tête dans les monts Emei


Waow !
Deux jours passés à monter et descendre des marches dans les montagnes du Sichuan et c’est la grosse claque.
J’arrive hier en fin d’après-midi à Emei, une petite ville située à 2h30 de route de Chengdu, et j’avais pas du tout envie de perdre du temps en dormant une nuit à l’hôtel. J’y laisse mon gros sac à dos à la consigne (21kg !) – demande au passage combien ça coûte pour le laisser une nuit, le chef me dit que c’est gratuit si je dors demain ici, cool, j’avais pas envie de négocier, ni de chercher une autre hôtel. J’emmène mon petit sac avec duvet, bouteille d’eau, fruit sec et biscuits, fringues de rechanges, ainsi que mon tout nouveau jouet, un reflex numérique Canon 400D (à défaut de ne pouvoir s’amuser avec un mec). C’est partit pour 4h00 de rando dans la montagne. Bon il est déjà 16h00, il va falloir que je speed pour atteindre le temple où je dois dormir.
J’arrive avec beaucoup de difficultés à trouver l’entrée du sentier une demi-heure plus tard. A l’accueil de celui-ci on m’annonce que l’entrée coûte 10€ (oui, ici tout se paye). Je bredouille dans un anglo-chinois que je suis étudiant et qu’une petite réduction serait la bienvenue. 5€ - ah ! c’est déjà mieux ! Je cherche vainement dans mon portefeuille une carte étudiante qui n’existe pas et lui tend finalement ma carte Imagin-R car il y a ma photo dessus. Ca passe ! Et là s’ouvre à moi une multitude de marches. Peins de petites marches, un escalier géant en plein milieu de la montagne. Il doit y en avoir autant que 10 tour Eiffel. Il doit faire pas loin de 2°C et pourtant je transpire à max sous mes deux pantalons et trois manteaux. Il est bientôt 18h00 et je n’ai pas fait la moitié du chemin que je voulais faire. Il va bientôt faire nuit et faire de la marche de nuit dans des escaliers me tente moyen. J’arrive au Shenshui Temple et demande au premier bouddha que je croise combien coûte une chambre pour dormir dans son magnifique temple. 5€. Hmm… non c’est trop cher madame, vous savez je suis étudiant, j’ai pas beaucoup d’argent, j’ai tout juste 6€ pour faire la rando sur 2 jours… je ne peux vraiment pas… Ok, va pour 3€. Elle m’emmène dans ma chambre, on passe par la petite cours intérieure et là c’est la première claque ! C’est magnifique ! Une sorte de petit jardin zen en plein milieu du temple, des little bouddhas dans tout les sens. J’adore. On arrive à ma chambre et là… hmm, joie, c’est pas chauffé. Miam puis dodo.
A 6h30 du mat’ je suis réveillé par le gong qui annonce le début des prières. Original comme réveil, on entend au lit des voix qui fredonnent un air mélodique. Ca vibre, ça vous prends dans le corps. J’adore.
Après un petit-déj’ où on m’a servis une super bouillie de riz (dégueulasse), je suis fin prêt à 8h00 à aller grimper jusqu’au sommet à 3000m d’altitude (je dois me trouver à moins de 200m). Deux heures plus tard, je croise sur mon chemin plein de petits singes dont un connard qui s’accroche à mon sac à dos et qui ne veux pas lâcher prise. Petite pose photo, je n’en avais pas encore faite. Je suis en plein milieu d’une forêt pluviale avec des singes, loin de la ville, c’est trop bon. Deuxième claque.
Je continue à grimper, j’en ai trop marre de ses putains de marches qui montent et qui descendent, jamais c’est tout plat bordel, ou ils ne peuvent pas fouttre juste des marches qui montent ? Ce serait plus simple. J’ai fait seulement 1/3 du trajet et il est déjà midi, le dernier bus en haut de la montagne pour rejoindre l’hôtel est à 16h00. Faut que je me grouille le cul. Je monte, je monte, des fois je descends, puis je remonte. Il y a de la neige maintenant, des nuages partout, il fait super froid mais j’ai super chaud, je fais que de bouffer, de boire, et de gémir. Les temples défilent les uns après les autres. Je suis à mi-trajet et je n’aurais jamais le temps d’attraper mon bus. Je prends un autre chemin au final, tanpis pour le sommet, j’ai déjà vu pas mal de paysages, de singes, et mon putain de genoux gauche me fait hurler de plaisir. Troisième claque.
Je suis au chaud dans le lit de ma chambre double avec SDB pour 4€ la nuit. Pas de chauffage mais triple couette. Je suis comme un pacha. Demain, direction Chongqing puis mini croisière dans les Trois Gorges. C’est trop dur les vacances.

08/01/2007

08/01/07 - 11:58

Bonne année 2007 !

Premier noël passé loin de la famille en 25 ans. Je me suis retrouvé dans le Clermont-Ferrand de la Chine (pour ne pas dire le trou du cul chinois) à fêter une date qui ne signifiait pas grand-chose ici. 2 petits blocs de foie gras (sans saveur, mais bon c’était déjà un luxe d’en avoir ici), une bouteille de Champagne, une de Saint-Émilion, un reste de saucisson déjà bien entamé par ma cousine et moi en mal de nourriture française, des fraises au sucre et au citron et 2 camemberts en conserve trouvés au supermarché du coin, tout ça à partager pour environ 20 personnes dans notre gigantesque appartement de 150m² non chauffé. Des Chinois avaient eu la bonne idée de rapporter des cous et des langues de canard, ils en raffolent ici. Mais bon, il y avait aussi quelques nems et des ‘trucs’ indescriptibles mais assez bons. Et des bières, des bières et encore des bières. Couchés aux environs d’une heure du matin, autant dire que noël fût rapide. J’ai eu le droit comme cadeau à une jolie tasse en verre. Il est content Jérôme.


Pour Nouvel An, on a carrément fait péter le resto. Un resto bien luxueux dans cette ville trou du cul. 3,5€ par personne ça nous a coûté, si ça c’est pas la classe, je ne sais pas ce que c’est. On s’est pété le ventre à 11 convives, 10 plats sur la table, du porc, du poisson, des nems, des raviolis, des crevettes et une bouteille de vin chinois d’appellation Mouton Cadet. Autant dire qu’elle n’en avait que le nom car le goût se rapprochait plus du bonbon que du vin âpre qui vous fait travailler les papilles. Pour ce qui était des convives, il y avait encore ma cousine (on ne se quitte plus), des collègues à elle (3 qui était sympas) et une famille un peu prout-prout sur les bords. Autant dire que l’ambiance dans le resto était plutôt pincée. Vers 23h, on est allé à 5 dans LA boîte techno du quartier branché de Wuhan, le Return 97. Et là… c’est le drame. On s’est d’abord offert une bouteille de Chivas 12 ans à 40€ (oui, l’avantage de la Chine, c’est qu’on peu vivre chic et pas cher) avec du Coca (oui, et comme c’est pas cher, on peu aussi le couper avec des boissons gazeuses de merde). Le compte à rebours démarre sur l’écran géant, tous le monde se met à décompter… 5, 4, 3, 2, 1… Bonne Annéééééée ! Puis on réfléchit 3 secondes dans sa tête, on se dit qu’on serait quand même mieux avec tout ses amis à Paris, on les appellerait bien pour leur souhaiter tout le bonheur du monde, mais le téléphone ne marche pas, et puis de toute façon il serait exactement 17:00 là-bas, alors finalement, on va noyer cette bonne année pleine de santé dans la bouteille de Chivas. Entre-temps, un collègue gay de ma cousine nous a rejoint avec tout ses amis gays (chic, chic, mais il n’y a que des Chinois !!!!) et on file danser sur le mini dance-floor en face de notre ami DJ Londonien qui devait se demander lui aussi ce qu’il fouttait là. L’alcool aidant, je me suis mis à rouler des pelles à ma cousine - qui en a profité pour me mordiller les joues avec ses petites dents pointues, essayé d’arracher mon piercing – à C. (une collègue toujours), à caresser la bite d’un chinois à travers son pantalon. On s’est re-offert une bouteille de Chivas (le petit avantage de ce whisky, c’est que le lendemain matin au réveil on pas la gueule de bois) avec sa panoplie de Coca. On est finalement rentré à 6 dans la Bora Volkswagen de mon chinois (en plus j’ai choisi celui qui avait le plus de fric) et je me suis assis à l’arrière à côté du collègue gay, j’ai mis dans un élan de bonne volonté la main dans son caleçon, qui n’a pas tardé à apprécier ce petit massage et qui m’en a fait de même. Bon… en fait, tout ça était très soft.
Le lendemain, ayant mal au genoux, j’ai dû filer à l’hosto (un toubib y parle français, ça aide) car 3 semaine plus tôt, j’avais fait une petite chute dans le bus (je me suis retrouvé du 1er étage au RDC en l’espace d’un millième de seconde). Et là, il m’apprend que j’ai du me fêler un petit bout d’os au niveau de la rotule et que pour soigner tout ça, il faut que je reste sagement chez moi pendant 1 mois (la blague !).
Du coup, ni une, ni deux, j’ai pris le premier train pour Xi’an pour commencer un petit road trip qui mettait du temps à démarrer. J’y ai juste vu un petit bout de ville et la soit disant 8e merveille du monde, Terracotta, une armée enterrée de 8000 guerriers d’argile montant la garde autour du tombeau du premier empereur Qin Shi Huangdi. Impressionnant !

Aujourd’hui je suis sur Chengdu, une ville à 500km de Xi’an (dans le centre de la Chine, oui c’est un grand pays), assez jolie, quelques beaux efforts d’architecture moderne pas trop clinquante (c’est rare ici). J’ai eu le temps de faire un tour au zoo pour voir les fameux grands pandas du Sichuan vivant en liberté dans une réserve naturelle. Et là, grande surprise, le seul panda que j’ai vu se trouvait dans une grande vitrine de 200m². Il avait l’air super heureux d’être là, et moi aussi… Du coup, retour à l’auberge de jeunesse à siroter des bières dans un décor scandinave. C’est bien aussi des fois de se sentir un peu chez soit. Tellement bien que je n’ai aucune envie de décoller de l’auberge. Puis les personnes qui y travaillent sont très sympas et parlent mieux anglais que moi, et les gens qui y squattent sont cools. Deux belles suédoises, un groupe de quatre français, un norvégien, quelques américains et quelques asiatiques.

Demain, on quitte un peu la ville (ouf !) pour aller grimper quelques milliers de mètres vers Emeishan donner à manger à des singes squattant dans les environs, dormir dans des temples bouddhistes qui font aussi auberge de jeunesse pour quelques cents, regarder le lever du soleil en haut du Sommet d’Or (le coucher risque d’être plus probable que le lever). Puis retour sur Wuhan par bateau le long du Chang Jiang pour observer les soi-disant magnifiques paysages des Trois-Gorges. J’attends de voir car jusqu’ici, je suis un peu déçu !
Enjoy !