Lunettes, je vous aime
Avant hier, j'ai fait exploser mon courageomêtre en allant (presque) toute une journée à la BU.
Le courage est cependant tout relatif puisque si Cyrille n'avait pas voulu y aller, j'aurais encore glandé toute la journée chez moi, telle la loque que je suis.
Après une matinée de révision intense (Enfin, il a dû y avoir des moments de révision intense, entre deux cafés... Du moins je crois... En fait je ne sais plus trop...) nous décidons d'aller nous rassasier d'un bon sandwich.
C'est là que tout se joue, c'est là le point précis où le drame s'enclenche.
Car à une table, en face de moi, il y a ce charmant garçon... Et moi, pour mieux l'admirer entre deux moments de révision intense, j'ai mis mes lunettes, accessoire indispensable de lutte contre ma myopie, également très pratique pour arborer un petit air intellectuel qui éventuellement peut plaire à certains rares lunettophiles (Mais ne rêvons pas trop, le charmant garçons même s'il était lunettophile était aussi très certainement vulvophile.)
Le moment du sandwichage étant venu (il était midi douze passé), nous laissons "charmant garçon" et ses béquilles (Oh la pauvre amour, il s'est blessé... Si il a besoin d'un infirmier diplômé, je cours m'inscrire à l'école d'infirmier diplomé pour y recevoir le diplôme d'infirmier diplomé. Ashley power !) et sortons.
Je propose la sandwicherie qui est juste en face de la fac, mais il ne semble pas y avoir de formules... Hum, c'est peu pratique...
Cyrille me propose le kébabier chez qui nous avions déjà pris un kébab quelques jours auparavant. Nous nous dirigeons donc vers le dit kébabier, sans grand enthousiasme de ma part étant donné que la dernière fois, je ne l'avais pas trouvé spécialement délicieux.
Cyrille me demande alors si je tiens vraiment à manger un kébab parce que lui n'en a pas très envie.
Je lui rétorque que dans ce cas, il n'aurait peut être pas dû me le proposer sans que je lui en fasse la moindre allusion, et que non, moi je préférais prendre une formule à la petite boulangerie que nous venons de dépasser.
Demi tour.
Il prend le dernier sandwich "Baltique", avec du saumon, celui que je convoitais, je le maudis sur treize génération et me rabats sur un "Ranch".
Nous retournons vers la fac.
Ce goinfre engloutit rapidement son sandwich, sa boisson et son déssert (le tout pour 4,80€, ce n'est pas le moins cher d'Angers mais c'est bon, je vous donnerai l'adresse) et me presse pour que nous partions.
...
Woh, t'es gentil et tu me laisses manger mon brownie en paix. Si tu veux qu'on reste amis, va falloir que tu intègres que quand je mange, c'est un moment sacré.
Pour s'occuper il balance sac en plastique et papier divers dans une poubelle adjacente, moi je tentais de finir calmement mon déjeuner.
Après une pause café, car déjeuner ça fatigue, nous nous remettons à réviser.
Une heure après, je prends une petite pause d'une heure pour boire un café avec JG qui passait à la fac.
Le temps passe, les révisions aussi, nous décidons de partir, et là, là, il y a comme un hic.
Mais où sont mes lunettes ?
(au passage, si vous trouvez Charlie, on le cherche aussi)
Table, cartable, rien.
Et je me rappelle alors que je les avais sur mon joli nez quand nous sommes partis déjeuner, mais que je ne les avais plus quand nous sommes revenus à la BU.
Paf (rien à voir, chien unique) ça me revient, je les ai enlevées quand nous nous sommes assis pour manger.
Elles doivent donc être sur, ou à proximité du gros pavé de pierre qui fait office de banc et sur lequel nous avions poser nos jolis fessiers (Depuis qu'on m'a dit que j'ai un beau cul, j'ai les chevilles qui enflent. Elles vont bientôt étre aussi grosses que mon postérieur, ce qui n'est pas peu dire).
En sortant de la BU, et tentant désespérément de me rassurer, je demande qui pourrait bien avoir l'idée de piquer une paire de lunettes abandonnée qui ne serait pas à sa vue.
"Moi je le ferais" me répond Cyrille.
D'oh !!
Là où nous étions, il y a maintenant un jeune homme, qui doit se demander pourquoi je m'approche de lui par derrière et lui mate le cul.
On se rassure, non, je ne te mate pas coco, je cherche.
Je fais un petit tour, regarde par terre, à coté du Monsieur, en vain.
Fichtre !!
Ne me dis pas que je viens connement de perdre mes jolies lunettes Calvin Klein !!
Bon, tu peux me le dire parce que même moi je ne me fais plus d'illusion...
Dans un dernier sursaut d'espoir, je regarde l'intérieur de la poubelle adjacente mais n'y voit rien d'autre que le contenu classique d'une poubelle...
Sauf que, sur un rebord à l'intérieur, quelle est donc cette petite chose bleue qui se dresse ??
Mais c'est une branche de ma paire de lunette !!
Eureka j'ai retrouvé !
Un doute subsiste: Est ce Cyrille qui, en balançant papiers et sacs plastique, a également jeté mes lunettes que j'aurais pu poser dessus ?
Bien sur, il nie et argue du fait qu'il a roulé les papiers en boule avant de les jeter, ce qui excluerait que mes lunettes se soient trouvées avec (ou alors elles seraient dans un drole d'état)
Mais je le connais bien, c'est un fourbe. Alors je me méfie...
Toutefois, s'il les avait jetées (admettons même que ce soit purement involontaire, mais comme je viens de le dire, c'est un fourbe) elles auraient logiquement atterri DANS la poubelle, avec les papiers, et non sur le rebord intérieur.
La solution la plus probable semble être celle d'un crétin qui, lorsqu'il voit une paire de lunettes qui traine, la balance dans la poubelle la plus proche.