Marie-Antoinette : pièces à conviction
Hôtel de Soubise
60 rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris
du 11 octobre 2006 au 8 janvier 2007
Ouvert du lundi au vendredi
de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30
samedi et dimanche de 14 h à 17 h 30
fermé mardi et jours fériés
Entrée : 3 / Tarif réduit : 2,30 €
Pour certains personnages,
l’histoire semble un procès toujours ouvert, où les condamnations sans appel sont bientôt suivies de réhabilitations éclatantes et tout aussi provisoires.
Que penser, par exemple, de la reine Marie-Antoinette :
Affameuse du peuple ou mère de ses sujets ?
Femme d’état énergique ou personnalité falote écrasée sous le poids de sa couronne ? Autrichienne obtuse ou incarnation de l ’élégance française ?
Passéiste bornée ou fragile figure romantique trop tôt venue ?
Dépensière capricieuse ou héroïne stoïque de la monarchie suppliciée ?
Jamais à la hauteurs des circonstances, qu’il s’agisse de régner ou de mourir, ou manipulatrice experte faisant front jusqu’au bout ?
Pour tenter de distinguer, sous l’amas des images déposées par les pamphlétaires, les mémorialistes, les historiens, les peintres, les écrivains, les cinéastes sur la mémoire de la reine,
un peu de vérité, ou si cela est trop présomptueux, un peu d’authenticité,
les Archives nationales ont choisi de présenter au public pour la première fois la majeure partie des documents originaux ayant trait à Marie-Antoinette qu’elles conservent, comme autant de pièces essentielles de ce procès en cours, ou comme autant de reliques.
Une gazette des atours,
Des lettres d’amour caviardées ou d’autres, d’intrigue politique, qui pesèrent lourd dans sa condamnation à mort,
Un journal de chasse,
Des interrogatoires,
Des cartes à jouer annotées,
Une boucle de cheveux de Louis XVII glissée dans un billet,
Une dernière missive écrite en cellule, quelques heures avant son supplice et arrachée à sa rédactrice par les gardiens.
Ce qui reste d’une reine. Ce qui reste d’une femme.
60 pièces à conviction présentées dans leur nudité, leur ambiguïté, leur cruauté, leur crudité. Non pas les portraits mille fois vus, les interprétations, les analyses ou les délires (qu’ils soient idolâtres ou haineux) mais le contact direct avec de très rares originaux, dont les péripéties de leur transmission jusqu’à nous sont elles-mêmes lourdes de sens.
Peut-être importe-t-il moins, alors, de prendre parti que de s’étonner devant ce mystère qui est la part inaliénable de l’individu, quand bien même celui-ci a été confronté à des circonstances inouïes, quand bien même la célébrité a répandu universellement son nom et quand bien même chaque circonstance de son destin a été scrutée inlassablement par ses contemporains et la postérité
.« J’attends de l’avenir un jugement équitable et cela m’aide à supporter mes
souffrances. »
Marie-Antoinette, lettre de 1789.