Let It Be.
Après le boulot je n'ai pas eu envie de rentrer. Pas directement. Alors je suis passé à une soirée où j'avais été invité. L'anniversaire d'un magazine. Un truc de pédés, encore.
Dans l'endroit où ça se passait, je ne reconnaissais personne. Pas la même clientèle que d'habitude. Des gens qui étaient ici pour l'occasion, de nouvelles têtes , ça faisait du bien. Des beaux, des pas beaux, des belles, des pas belles. Des gens. Et moi au milieu qui descend l'escalier, un peu gauche. Quand on ne connaît personne on est gauche.
Et puis arrivé dans la salle, je suis saisi par l'humeur bon enfant qui règne ici. Les gens se sourient , oui, et eux ils se connaissent entre eux, pour la plupart, il semblerait. Ou alors ils se reconnaissent. Par petits groupes. On dirait les soirée de GA sauf que là c'est moi le mec qui a le malheur de pas être inscrit . :)
Je les regarde et , détaillant leurs fringues, leur look, leur attitude, je me demande pour chacun, quelle peut être leur rapport avec le theme de la soirée :le magazine en question. Moi mon seul rapport avec le magazine, c'est que je le feuillette une fois de temps en temps quand il traîne sur un comptoir. Oh, et puis je connais le gars qui écrit une des chroniques les plus drôles dedans, alors il m'a collé une gomette sur la main, à l'entrée, pour que je puisse descendre , bouffer et profiter de l'open-bar . C'était gentil de sa part :)
Question: que faire d'un open-bar quand on est tout seul dans une soirée ?
Ce soir j'ai opté pour la modération. Ca me changera.
Deux petits whisky-coca (je déteste ça, d'ailleurs). Quelques bouts de pâté en crôute, une ou deux chips ... Mon pied qui tape le rythme de la musique parceque le dj de la soirée est un professionnel reconnu (par ceux qui le reconnaissent ). En fait, je suis étranger ici.
Mais ça fait rien, je sais pas pourquoi, je me sens bien. Je n'ai pas trop bu, la musique me plaît, les gens ne me plaisent pas forcément mais ils ont l'avantage d'être très variés. Pas un bataillon de clones, non, vraiment. Des ptits jeunes avec un béret de titi Parigot et une veste en velours, un type total Nike (survet-skets-barbedetroisjours-attitude), un vieux couple mais alors VRAIMENT vieux, des gouines caricaturales et des filles discretement classieuses qui embrassent leur copine, comme ça, doucement, avec un demi-sourire. Pour un peu je deviendrais lesbienne. Un braillard qui fout l'ambiance avec un accent du ch'nord, en prenant tout le monde en photo, même moi, tout seul contre mon mur avec mon blouson en cuir qui me fait ressembler à une espece d'aviateur.
Personne ne vient me parler et ce soir ça me va très bien. C'est cool !
Et puis d'un coup je me dis, il est tard (enfin, tard, par rapport au programme que je m'étais fixé ce soir) alors je sors de l'endroit. Je suis juste un peu flottant et c'est bien.
Après vient la rue. Je remets mes écouteurs et je laisse mon balladeur me jouer ce qu'il veut.
Et je rentre.
Tranquille. Je vois tout, et les chansons dans mes oreilles illustrent ce que je vois. Un morceau stressant sur une scène anodine. Un morceau cool alors que je passe devant des flics qui arrêtent quelqu'un... c'est bizarre. Mais je suis dans mon petit monde à moi et ce soir personne n'aura réussi à m'en déloger.
Et je pense, ce soir, je rentre, comme ça, et je pense à plein de trucs mais je ne pense à PERSONNE. Oui, c'est bien, je me fonds dans la rue, je me dissous dans ma musique et il n'y a pas de Sebastien, il n'y a pas de Julien, il n'y a pas de Pierre, ni de Paul ni de Jacques.
Ce soir je rentre à la maison à pieds et je suis AVEC MOI.
Ca faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé et ça me fait du bien.
Je suis là, dans la rue. je rentre chez moi.
Je suis là.
Je suis.
Let it be.
Bien en profiter, bien épuiser les sensations,bien apprécier la solitude, pour, ensuite , avoir à nouveau besoin de Sebastien, de Julien, de Hervé, de Paul, de Pierre, de Claire...
On a besoin de ça parfois quand on est un ours .
Hey, je crois que ça ferait un article assez cool sur mon blog, ça!