Portrait n°1 (Ouah! quel honneur!)
Le Chat…
Qui n’a pas déjà essayé ?
Certains pour simplement discuter, d’autres pour des plans, que sais-je…
Je suis tombé dans cette drogue au temps de la fac, alors que j’étais étudiant stagiaire en D.E.A. : le temps des expériences, j’allais à la
bibliothèque du labo pour aller sur Internet que je n’avais pas à la maison.
Bref, j’ai commencé avec Caramail… et là j’ai découvert le monde Gay : comment, d’autres mecs, comme moi, aimaient des mecs ? Je n’étais donc pas le seul ? (Bref, etc, etc… vous connaissez la suite !).
Et il y a alors, parmi la foule de mecs qui sont passés sous mes doigts (oh la belle image !), un seul mec qui subsiste, c’est-à-dire avec
qui je continue à chatter et qui a marqué au fer rouge mon âme. J’ai appris à le connaitre, à apprécier ce qu’il est, ses poissons (enfin, quand il en avait, car ils sont morts depuis!), ses oiseaux, ses chiens, son Nicolas. A l’écouter, à le lire m’allumer, me raconter son travail, ses envies, ses passions, ses remords, et lui à écouter ma vie, je suis vite tombé dans un sentiment que je n’avais pas encore connu envers un garçon ; un sentiment qui vous transporte, vous berce, vous angoisse même parfois. J’avais cependant du mal à accepter cet Innamoramento puisque, déjà, était gravé sur sa pierre le nom de Nicolas. La distance qui nous séparait –lui Paris, moi Bordeaux –, quelque part, m’a aidé dans le sens où elle m’a conforté dans l’idée d’inaccessible.

Il s’appelle Christophe, il est avec Nicolas, depuis toujours me semble-t-il. Je ne l’ai vu qu’une fois : à Paris, lorsque je suis monté pour
passer mon concours. Mais alors, c’est comme si je me souviens de chaque seconde d’intense bonheur, de colère, de tristesse.
Imaginez : vous craquez sur un homme, votre premier, votre tout premier, celui à qui vous avez envie de dire des « je t’aime » sincères,
plein de chaleur, que vous avez envie de prendre dans vos bras, le cajoler, … mais vous vous retenez, vous prenez sur vous, vous vous mordez la langue parce que son homme est là, qu’il l’aime et que vous n’avez pas le droit de le priver d’un tel bonheur. Aimeriez-vous, vous, qu’on vous prenne votre mec sous le nez ? Non. Ce qui ne m’empêchait pas d’avoir envie de l’emmener, le kidnapper.
Depuis notre connaissance, grâce à Christophe, je vis. En effet, il a été l’impulsion, le déclic nécessaire à mon acceptation de mon intégrité d’homo : vous comprenez alors ce qu’il incarne, ce qu’il représente. Peut-être d’ailleurs, est-ce que je ne confonds pas Amour et Symbole… Est-ce si différent…. ?
Sa grande qualité est aussi son grand défaut : il est charmeur. Il en use avec talent : c’est ce que j’adore et ce qui m’énervait le plus ! Ses « je ne t’oublie pas », « tu es adorable », « tu me manques », « quand viens-tu me voir ? » m’allaient droit au cœur en me poignardant car j’étais mal à l’aise face à ce que je ressentais pour lui et son amour pour Nicolas. Quand je lui disais : « mais tu as
Nicolas ! », il me répondait qu’il l’aimerait toujours. Soit. Qu’ils soient heureux.
Sa voix est belle, sa gentillesse, légendaire, son humour, décalé, sexuel à souhait, sadique… subtil. Le genre d’effets qui vous laissent pantois, sans force, où vous avez envie de vous laisser tomber, comme dans un bain chaud, vous détendre, surtout ne pas réfléchir, totale confiance,…
J’avoue, et vous le comprendrez alors, que j’ai mis du temps à « décrocher » de Christophe ; une longue période de silence s’en est suivie… Maintenant, nos dialogues sont sympas, cools, toujours teintés d’humour et bercés d’anciens souvenirs. En tout cas, je n’y vois plus de quelconques contre sens (même s’il essaye toujours et encore ; mais s’il ne le faisait pas, ce ne serait plus Christophe !), de faux appels sentimentaux et donc de psycho tortures. Je suis serein et heureux de lui parler, de leur parler, sans sous entendu, sans gêne, sans mal être.
Je vous vois venir : « Ouais, tu l’aimes toujours quoi ! ». Mais oui. Et alors ? Je n’ai jamais compris ceux qui détestent, et donc renient, leurs Amours (véritables) passés. Celui-là, c’est mon Platonique par excellence : il faut donc qu’il reste ainsi ; du moins, c’est ce que je crois. Qu’il reste intact, beau, pur, blanc.
Ils savent tout ceci. Je sais qu’ils en sont conscients. Tant mieux.
En résumé :
Christophe, je t’aime.
PS: j'adore son petit grain de beauté dans le cou, à droite... si si! Vous aussi, vous trouvez? dites le lui!!!
http://zhivago60.skyblog.com/
(mais ne dites pas que c'est moi qui vous ai refilé son adresse!)