Liberté Egalité Fraternité
Ne me dites pas que je suis seul ! Que tout ceci n’a servi à rien ! Nous devons bien être quelques millions à penser cela, écœurés par ce qui s’est passé depuis...
L’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence n’a été qu’une formalité, et nous le savions tous depuis longtemps ! Qui ne s’en doutait pas ?
Nous savions tous, au fond de nous mêmes, que c’était déjà perdu... un peu comme cet anonyme qui s’avance au bord du précipice, attiré par le vide, une espèce de fatalisme c’est emparé de nous, le « peuple de gauche ». Et même celle qui était chargée de l’ingrate tâche de défendre nos couleurs n’y croyait pas... que dire ?
Parce qu’en face, tout était prêt : ne pas le reconnaître ce serait cautionner de futures défaites.
Un grand — métaphoriquement parlant hein ! — candidat, rompu à l’art de la comm’ et de la décomplexions, qui nous en a mis plein la vue ; aidé par des troupes en ordre de bataille (à l’inverse de chez nous), des média bien aux ordres, l’opinion travaillée au corps depuis plusieurs années n’a eu qu’à céder, je n’y vois que logique.
Aujourd’hui, j’eus pu devenir néo-sarkoyste, si seulement je m’étais laissé aller, vous savez, le côté obscur de la Force... tout est si simple, le noir et le blanc c’est évident, et puis être un prédateur c’est si bien, à bas les faibles ils nous ralentissent, la Grande France revient, y en a marre de payer pour les autres, on ne peut pas nier que les gênes jouent un rôle dans les comportements, le mouton dans la baignoire, il faut liquider les héritages douteux, la France si vous ne l’aimez pas quittez-la, parce qu’on va bien la nettoyer vous le savez j’ai un contrat avec Karcher, et je vais y mettre bon ordre !
Non, je n’ai pas pu, il ne fallait pas avoir le QI d’un Einstein pour voir que ce gars était pas net ! Être président, cela suppose du sang-froid, de la maîtrise et, par dessus-tout, ne pas exciter les citoyens les uns contre les autres ; et je ne crois pas que l’actuel président en fasse la preuve, au jour le jour !
Que reste-t-il de cet héritage républicain, de ce ciment entre les Citoyens Français, inscrit aux frontons de tous nos édifices ?
Liberté : de n’avoir qu’une opinion, qu’un seul visage dans la petite lucarne, à toute heure du jour et de la nuit, jusqu’à la nausée...ou peut être de travailler plus pour gagner plus, ou de faire grève sans gêner le patron, ou alors et surtout de la fermer car « je connais votre patron monsieur le journaliste... »
Egalité pour qui ? Pour moi qui suis blonde, qui m’appelle Ophélie et qui, interpellée avec 2 grammes de cocaïne vais pouvoir partir librement parce que c’est ma « consommation personnelle » ou alors pour moi, Mohamed, un peu trop bronzé et pas assez connu, avec ma barrette de shit, qui vais en prendre pour plusieurs mois et qui sont tes complices tu vas parler ou je te balance dans un transfo ?
Fraternité de qui, envers qui ? de ce pro-Sarkozy qui insulte, menace de mort, traite de « feignant qu’on va remettre au travail ce sale gauchiste à cause de vous la France est en bas » ou de cette mamie, fort agréable au demeurant, envers ces « jeunes » qui la « gênent » tellement, ils « me font peur moi avant je pensais que môssieu le Pen allait y mettre de l’ordre mais ce Sarkozy il-est-bien il parle bien et puis ce qu’il dit il le fait non ? À la télé ils le disent : moins de violences, plus d’interpellations...» (..) que dit-il ce cher président, déjà ? Ah oui : « Ceux qui ne peuvent supporter d’être haïs ne doivent pas faire de la politique. Il n’y a pas de destin sans haine. »
Ce qui m’attriste par-dessus tout, jour après jour, c’est qu’une majorité aie pu, qu’une minorité n’aie pas pu, et que nous tous, pauvre Peuple de France dans son entier, désormais nous en subissions les conséquences...
Les motifs d'inquiétude sont loins d'être dissipés ! Son ouverture est-elle crédible ?
Elle ne sert qu'à étouffer l'opposition et à endormir les citoyens...
La session parlementaire qui s'annonce sera capitale : les lois les plus antisociales et antirépublicaines jamais prises depuis 60 ans risquent fort d'être votées, remettant même en cause la laïcité, sans la moindre consultation des citoyens...
Et sur le plan européen, en allant négocier un mini-traité, il piétine l'avis du peuple donné dans le référendum de 2005.
Tant que Nicolas Sarkozy n'aura pas fait la preuve définitive de sa qualité de véritable démocrate, je le considèrerai comme un dictateur en puissance. Il va devoir, et sa majorité avec lui, rapidement révéler son vrai visage, quel qu'il soit.
« Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » François Mitterrand
Astares.