PIE XII et la guerre contre le nazisme, ses sympathies...
S'il y a un enfer, il doit y être "ce Vicaire du Christ" !
Le pontificat de Pie XII commence le 12 mars 1939, soit quelques mois avant le début de la seconde guerre mondiale.
L'attitude du Saint-Siège vis-à-vis du IIIe Reich et de la solution finale est empreinte d'une grande timidité, sinon d'ambiguïté. La thèse de la complicité délibérée par antisémitisme n'est soutenue par aucune source, pas plus que celle de la résistance héroïque. L'examen des sources disponibles tend a accréditer celle d'une indécision oscillant entre une opposition prudente et discrète, mais pas inefficace, une neutralité gênée et un double-jeu à la limite de la complicité passive qui tranche pour le moins avec l'opposition nette au régime sovietique. Il est en revanche très clair que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique et que les condamnations publiques ont été très mesurées.
Il est nécessaire de rappeler en préambule que l'immense majorité des italiens est à l'époque catholique, que l'immense majorité de la Curie est italienne, que le Vatican n'a pas à l'époque encore complètement admis la perte des États Pontificaux, que si le Saint-Siège n'a pas une grande sympathie pour le régime fasciste, il ne vient pas moins d'accepter de ses mains les très favorables Accords du Latran. Organiquement lié au reste de la péninsule, physiquement à la merci du régime fasciste, lequel est l'allié obligé du IIIe Reich, le Vatican ce retrouve donc au centre des puissances de l'Axe, sinon son otage, dans une position qui n'est pas sans rappeler celle de Berlin Ouest quelques années plus tard, mais sans allié fiable. Avant toute autre considération, il faut donc avoir en tête que de la part du Vatican, une opposition frontale aux régimes de l'Axe aurait certes pu être une option héroïque mais en aucun cas une option raisonnable.
En second lieu, la papauté de l'époque n'avait pas encore atteint le magistère moral planétaire qu'il developpera progressivement à partir de Paul VI et qu'on lui connait aujourd'hui. Pas encore complètement dégagée d'ambitions temporelles et crispée sur les prérogatives de son clergé, elle était en conflit d'influence avec toutes les nations europénnes et sur la défensive depuis la chute successive des monarchies catholiques. Il est donc anachronique de croire que la papauté telle qu'elle était pendant la seconde guerre mondiale aurait pu avoir un impact significatif sur le cours des choses par son seul discours.
Bien que les archives vaticanes de cette période soit encore secrètes, on peut retracer les actions, omissions et hésitations de Pie XII de 1939 à 1945 :
Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès. Après le pacte Ribbentrop-Molotov, le Vatican tente au moins de garder l'Italie hors du conflit. Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20 octobre 1939), il dénonce l'engrenage de la guerre.
Le 26 décembre 1939, Pie XII condamne l'agression de la Finlande par l'Union soviétique.
Le 18 janvier 1940, après la mort de 15 000 civils polonais, Pie XII déclare dans une adresse radiophonique « L'horreur et les abus inexcusables commis contre un peuple sans défense est établi par le témoignage indiscutable de témoins oculaires ».
Le 4 mai 1940, le Vatican prévient la Hollande que l'Allemagne va l'attaquer le 10.
Après l'invasion de la Hollande et de la Belgique par les Allemands, le pape envoie un message de sympathie à la reine des Pays-Bas, au roi des Belges et au grand-duc du Luxembourg. Quand Mussolini apprend ces messages, il accuse le pape de prendre partie contre les alliés des italiens et proteste officiellement auprès du Saint-Siège. Le ministre des affaires étrangères du régime fasciste déclarera que "Pie XII était près a être déporté plutôt que de trahir sa conscience".
Au printemps 1940, un groupe de généraux allemands désireux de renverser Hitler et de faire la paix avec les Anglais approchent Pie XII.
Pie XII choisit de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des Nazis, il réplique par la voix de Mgr Tardini :
« Tout d'abord, il ne semblerait pas opportun qu'un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d'injustices. Non pas que la matière manque (…) mais des raisons pratiques semblent imposer de s'abstenir. »
Mgr Tardini ajoute qu'une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même :
« Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations. »
Au printemps 1940, le Cardinal Secrétaire d'État Luigi Maglione reçoit une demande du Grand Rabin de Palestine Isaac Herzog afin que le Pape intercède en faveur des juifs lithuaniens déportés par les Allemands. Pie XII appelle Ribbentrop le 11 mars et proteste énergiquement contre le traitement des juifs.
En 1941, Cardinal Theodor Innitzer informe le pape sur les déportations commises à Vienne.
En 1941, l'ambassadeur de l'Etat Français au Vatican Léon Bérard s'inquiète de l'avis du Vatican sur le statut des juifs promulgué par le régime de Vichy. Le Secrétariat d'État du Vatican confirme que la législation ne s'oppose pas à l'enseignement de l'Église. Le nonce apostolique en France Valerio Valeri, "embarrassé" par ce blanc-seing pontifical accordé à la politique juive du régime de Vichy, vérifie l'information auprès du Vatican. Le Secrétaire d'État Maglione confirme que c'est bien la position du Saint-Siège.
En septembre 1941, Pie XII s'oppose au code juif slovaque[13], qui, à l'opposé du statut des juifs français, interdit le mariage mixte.
En avril 1941, Pie XII accorde une audience privée à Ante Pavelic, nouveau dictateur de Croatie ne voulant pas d'une audience diplomatique qui reconnaitrait de facto le régime. Une note du Foreign Office (GB) sur le sujet décrit Pie XII comme " le plus grand couard de l'époque". Cependant, le Vatican ne reconnaitra pas le régime croate. Sans toutefois condamner publiquement les conversions forcées de serbes par les croates, il le fera dans une memorandum daté du 25 janvier 1942 adressé à la légation yougoslave.
En octobre 1941 Harold Tittman, délégué américain au Vatican demande au pape de condamner les atrocitées commises contre les juifs; la réponse du pape fait état de son souhait de rester "neutre"[17], réitérant par là la position du Vatican exprimée dès septembre 1940.
En 1941, Pie XII déclare que la condamnation du communisme exprimée dans Divini Redemptoris par Pie XI n'interdisait pas les catholiques américains de soutenir le prêt-bail accordé par les États-Unis à l'URSS.
En mars 1942, Pie XII établit des relations diplomatique avec l'Empire japonais, puis avec la Chine nationaliste..
En mai 1942, l'ambassadeur polonais Kasimierz Papée s'étonne que le Pape ne condamne pas les atrocités commises en Pologne.
En mars 1942, le chargé d'affaire slovaque apprend à Pie XII que le gouverment slovaque planifie la déportation de 80 000 juifs en Pologne. [20] Le Vatican proteste auprès du gouvernment slovaque en "déplorant ces mesures qui enfreignent le droit des gens, du seul fait de leur race".
Le 18 septembre 1942, le pape reçoit une lettre de Monseigneur Montini (futur pape Paul VI) disant que "les massacres prennent des proportions effrayantes"
En septembre 1942, Myron Taylor, représentant des États-Unis à Rome et ses homologues anglais, brésilien, uruguyen, belge et polonais préviennent que le "prestige moral" du Vatican est sévérement compromis par sa passivité face au atrocités, à quoi le Cardinal Maglione réponds que les rumeurs ne sont pas vérifiées.
En décembre 1942, Tittman suggére à Mgr Maglione de faire une déclaration similaire à la déclaration alliée " German Policy of Extermination of the Jewish Race" , qui lui répond que le Vatican "ne peut dénoncer publiquement des atrocités particulières"
En septembre 1943, suite a l'occupation allemande de l'Italie du Nord, l'Église accorde le refuge à 477 juifs à l'intérieur du Vatican et 4 238 dans des monastères et couvents des environs.
En mars 1944, par son nonce apostolique à Budapest, le Vatican unit sa voix à celle du Roi de Suède, de la Croix-Rouge, des États-Unis et de Grande-Bretagne pour protester contre les exactions contre les juifs hongrois. Les déportations cèssent effectivement le 8 juillet 1944.
L'Eglise participe au transfert de 6 000 enfants juifs bulgares vers la Palestine. A cette occasion Mgr Maglione reitère que l'Église ne soutient pas le sionisme.
(source Wikipdia)