La correspondance.
Tartouilly sur Suite, le 24/11/07.
Journal, ma page fatale,
en parcourant les portraits, ici ou là - c'est un des plaisirs de GA - outre l'aplomb avec lequel certains se décrivent comme s'ils étaient une bagnole à vendre et qui me laisse comme deux ronds de flan, voire trois ! certaines phrases me jettent dans l'expectative. Ainsi ce soir je lis (c'est un jeune homme de 20 ans, pas forcément canon mais avec la fraîcheur de son âge, de jolies mines, des regards craquants, ce sens d'être beaux en photo qu'on tous les jeunes gens désormais, quand dans ma génération, sauf exception, on avait l'air con, on paraissait honteux, on clamait qu'on ne s'aimait pas !), je lis, dis-je, cette formule énigmatique :
Une pincée de culture, sans forcément être intello.
Bigre ! Intello avec une pincée de culture, c'est vendre pas cher le kilo de Sartre, de Barthes, ou de Michel Foucault ! Surtout je me demande si être intello ne serait pas une tare irrémédiable quand on est PD. Du genre que ça va me ruiner l'affaire sur le marché du zizi-sexuel ? ! Mieux vaut prévenir qu'on prend soin de s'en guérir ! Être intello, immonde ringardise décriée par la Star Ac ! Vanité des vanités ! Aveu d'un manque absolu de savoir vivre, de savoir jouir. Garçon ennuyeux, dépressif, si ça se trouve sensible à la poésie, la musique, la peinture, toutes choses emmerdantes pour ne pas dire odieuses ! Non, non, ne fuyez pas, j'aime, ça me nourrit c'est vrai, mais juste un peu, tellement peu, par pincée, que ça n'entame en rien mon potentiel sexuel et amoureux. Viendez les gens, j'ai de l'humour. Il est connu que les intellos n'en ont pas. Les footballers, oui, Jonathan Swift ou Alfred Jarry, non ! C'était des cons ! La culture, c'est juste un sac à dos pour passer des diplômes et qui vous détruit la colonne vertébrale. Au cerveau il faut de la respiration, de l'air, de l'espace, du désert. Tellement, que c'est pour ça qu'on n'arrive plus à vivre ensemble. Cet air sur les photos, ce vide à tourner autour d'un parc pour garder un beau corps, cette musique entre les oreilles pour éviter le bruit du monde et celui du vent qui prête à penser...
Et quoi ? Je fais ma vieille daube, mon pot au feu ! ? A propos de jolis souvenirs, c'est dans un Mc Do, une jeune serveuse black avec qui j'ai piqué le fou rire partagé de ma vie en lui commandant un big-machin-je-ne-sais-plus-quoi, quand au même moment on a compris l'absurdité du nom pseudo américain imprononçablement con désignant une horrible chose à bouffer !
Mais, je m'égare...
Veuille agréer journal l'expression la plus compassée de mon décalage. Ça ne te réchauffe pas les fesses, mais c'est tellement prétentieux que ça fait encore rire quelque chose en moi qui n'a rien de Tennessee. Marg.