Où le Narrateur, s'identifiant ainsi à une Tête couronnée d'outre Manche qui eût été plus inspirée de prendre le Noctambus; rencontre dans le comportement incohérent de l'Être Aimé son 13ème pilier personnel
Lors du deuxième épisode de mes moyennement trépidantes aventures, je finissais sur une note extatique, faisant elle même suite à une soirée non moins extatique au cours de laquelle le jeune Prodige de beauté que nous appellerons Q avait persévéré dans son entreprise hélas inconsciente d'appropriation de la moindre fibre musculaire du gros amas de chair que l'on peut trouver sous le gras de mon pectoral gauche en cherchant bien.
Je préciserai simplement afin de re-situer l'action que l'épisode que je m'apprête ici à narrer devant tes yeux embués de larmes par l'émotion et la couleur de ces pages naquit vécut puis expira il y a plus d'un an, et reste par conséquent largement antérieur à l'anecdote Onirique que j'eus l'immense joie de te faire partager pas plus tard qu'il y a une semaine.
Ohh, ça va hein. On a bien encensé Schubert et sa « Symphonie inachevée », on ne va pas me chier une pendule pour ma « Non Histoire un poil emmêlée ».
Manquerait plus qu'on me respecte moins qu'un vague compositeur plus poudré qu'un nez de Mannequin Londonien, et perruqué comme une travailleuse du Bois.
Et puis après tout, puisque visiblement la vacuité pathétique de ma vie t'intéresse tant, c'est que la vacuité pathologique de la tienne peut bien te laisser le temps de te replonger
"LÀ" dans la genèse de l'Histoire ici narrée, et de constater
"ICI" l'encourageante tournure que les événements avaient pris.
Je profite du temps nécessaire à ta relecture pour aller faire caca.
* * *Te voilà donc de retour tout imprégné de mon vécu (N'aie crainte mon Vécu part très bien à 40 ° sans prélavage), et convenablement armé pour te faire une opinion à la fin du présent récit.
Je laissai donc comme tu viens de le lire le Jeune Ephèbe aux bons soins d'un chauffeur de taxi au sortir d'une soirée que je pourrais sans la moindre vergogne qualifier de paradisiaque. Et j'ose affirmer qu'il en allait de même pour la deuxième partie des forces en présence, puisque comme je l'expliquai, il me le notifia par Texto avant même que n'aient eu le temps de s'écouler les 3 minutes nécessaires pour regagner mon Domus adoré.
Eussions nous parlé de rapport charnel, un tel empressement friserait l'éjaculation précoce, mais bon moi je dis ça je dis rien.
Je reçus d'ailleurs dès le Lundi Matin, et pour la première fois à son initiative, un sympathique Texto me souhaitant bon courage, et soulignant non sans humour que le Week end n'était que dans 5 jours.
La «peut-être y a t il ici une » perche tendue n'a pas échappé à l'Oeil avisé de Nikko (et non pas aviné, en tout cas pas là), et je bondis sur l'occasion pour lui répondre que, tiens d'ailleurs, en parlant de Week end, peut être voulait il faire quelque chose à l'occasion de celui qui se présentait.
L'empressement de la réponse - 2 minutes - me conforta dans mon idée qu'il y avait avec ce Texto baleine sous gravillon, Lui dont le temps de réaction avoisinait habituellement les 24 heures, voire 48 les jours d'intense occupation.
Réponse, est il besoin de le souligner, affirmative et enthousiaste.
Je fais ici une petite parenthèse afin de spécifier que j'avais eu l'intention -dès que j'ai eu celle de l'écrire il y a un moment - d'illustrer ce récit avec les Textos authentiques (que j'avais sauvegardé précieusement), mais que c'était sans compter la malveillance de l'un de mes anciens réceptionnistes qui, un jour que j'oubliai sur mon bureau mon téléphone portable avant d'aller déjeuner, les effaça tous, et ce sans autre raison que notre inimitié profonde et réciproque, et une connerie sans fond mâtinée de méchanceté gratuite.
Tu devras donc te contenter de retranscriptions de mémoire qui, j'y mets un point d'honneur, respecteront le sens si elles ne respectent pas tout à fait le texte, quoique que je me souvienne encore parfaitement de certains d'entre eux.
Je sais c'est sordide. .
Voici donc un aperçu de l'échange concerné:
Lui:« Tu dois avoir repris le Boulot, allez courage, plus que 5 jours avant le Week End. Gros bisous »
Il va sans dire que j'arborai dès la lecture -discrète, je travaillais- un sourire grand à m'en détendre les ligaments maxillaires, ce qui piqua un peu au vif le touriste américain qui venait de m'informer que sa nuit passée dans notre hôtel n'avait pas été idyllique en raison d'une clim trop bruyante.
Je lui répondis aussitôt (Au gros Ricain, pas à Q), mais son humeur ne s'améliora pas, et je dois dire à sa décharge que je le comprends aisément, car même si ma bouche disait que j'étais « Deeply sorry, Sir», mon visage lui, communiquait plutôt « I want to thank the academy... ».
Dès épuisement de ma file d'attente, je filai tapoter ma réponse de mes doigts boudinés:
Nikko: « Pffff Si c'est pour remuer le couteau dans la plaie, économise ton forfait. Et en parlant de Week end, veux tu faire quelque chose de celui ci entre deux sessions d'esclavagisme notarial? »
Lui: « Avec plaisir, tu veux quoi? Ciné? Sport? Restau? Décide, c'est toi le Boss »
Je souligne ici que CE texto fait partie de ceux dont je me souviens parfaitement, et que le texte livré ici est original. Et je laisse à ton appréciation Ami Lecteur, le bien fondé ou non du caractère enflammé dont je fis preuve par la suite, et qui me conduit aujourd'hui encore à dire qu'il n'aurait pas manqué grand chose.
Nikko: « Ah ben si je décide, je dis les 3. Donne moi juste tes contraintes horaires, et je te prépare un programme pour samedi soir qui va te mettre des étoiles dans les yeux »
Phrase un peu connotée, je me suis dit que j'allais peut être me faire remettre à ma place, en tout cas le mettre mal à l'aise
Lui: « Pas de contrainte spéciale. Déjà une idée? »
Tiens, ben non alors....
Nikko: « Pas encore, mais je récapitule: J'ai carte blanche pour samedi aprèm et soirée, menu garanti sans brocoli ou choux de Bruxelles, et dans un restau qui soit encore plus beau que celui de la dernière fois. C'est bien ça? »
Lui: « C 'est pas des étoiles que je vais avoir dans les yeux, là, c'est une galaxie ».
Là je le demande, qui n'aurait pas loupé un battement de coeur en recevant cette réponse, réponse qui, on pourra aisément le comprendre fait partie de celles qui m'ont suffisamment marqué pour que je m'en souvienne par coeur?
Qui n'aurait pas (un peu au moins) perdu le sens des réalités et laissé courir son imagination, bride sur le cou?
Qui n'aurait pas un tant soit peu perdu de vue qu'à priori et quoi qu'on en pense ce garçon est hétérosexuel, et par conséquent une cause perdue?
Qui osera me dire les yeux dans les yeux que j'ai eu entièrement tort de m'emporter, et que si ce dialogue s'était tenu entre deux personne sexuellement compatibles, il n'aurait pas été qualifié de flirt sans la moindre équivoque?
Mais sur le moment, ça n'était pas ma préoccupation première, puisque son ambiguïté, même inconsciente, était déjà pour moi un fait acquis que ce soit à tort ou à raison.
Non, ma préoccupation à moi,ce qui a dès lors occupé mes quelques neurones valides a été de me mettre en chasse du meilleur programme possible, de chercher dans mes souvenirs le restau le plus intimiste, cosy, lounge,ou romantique que j'aie pu connaître, de chercher dans Pariscope un film qui ne serait rien d'autre qu'un chef d'oeuvre, de chercher LA petite idée qui ferait la différence, en bref de me comporter comme n'importe quel garçon amoureux qui veut faire briller de plaisir les yeux de l'objet de son affection..
Je passai donc toutes les soirées de ma semaine jusqu'à pas d'heures à chercher sur le net un restau qui conviendrait, qui ne serait évidemment ni « Les Associés » ni, le « Pub St GERMAIN », mais qui en serait la suite logique, à éplucher tout ce que le net compte comme site de critiques de restaus parisiens, à désespérer de trouver un restau qui soit ce que je veux ET bien noté.
Le choix final fut en fait un endroit que j'avais découvert en arrivant sur Paris avec Alex (Stoooooop on se calme on ne hurle pas, je n'ai pas commis l'affront de me resservir pour un rencart amoureux du lieu découvert lors d'un précédent rencart amoureux, on y était allés avec sa mère), et qui en fait correspondait en tous points à ce que je voulais.
Ceux qui connaissent sauront exactement de quoi je parle en disant follement original, intimiste, cosy, lounge et romantique. Et délicieux.
Du moins l'était ce dans mon souvenir.
Mais voilà, autre dilemme. Il ne restait déjà que deux jours, et tout ce que j'avais trouvé c'était un restau dont je n'étais même pas sur qu'il soit encore bon, j'étais nul, j'étais même pas digne d'organiser un anniversaire chez Mc Do, il allait me détester, je ne le méritais pas, et j'allais partir très loin, et vous ne me reverrez jamais, et vous me regretterez bien, et ça sera bien fait.
Je m 'égare.
« Aléa Jacta est » comme on dit quand on a de la culture, ou « Que le cul nous pèle » comme on dit quand on en a moins, tant pis, je reste sur ce choix on verra bien.
Encore la soirée suivante (celle de Jeudi) à éplucher ALLOCINÉ, pour trouver LE film et c'est soulagé et fébrile en même temps que je bouclai l'ossature de mon programme.
Je pouvais dès lors me creuser la tête pour les finitions, les petits détails qui feraient la différence, les petits rajouts qui l'émerveilleraient, les trucs que l'on ne peut trouver que dans une répugnante guimauve hollywoodienne à la Nuits Blanches à Seattle.
Et ça tombe bien j'adorais ça.
Euuh me creuser la tête, hein, pas Nuits blanches à machin-truc.... J'ai du goût je vous rappelle.
Vendredi Matin, je préparai mon texto dans le RER en allant au taf, texto qui disait en substance:
« Programme bouclé, j'ai le film, le restau, deux trois petites idées entre temps qui j'espère te plairont, sois à UGC les halles à 15h00, tu m'y trouveras avec ta place et mon plus beau sourire ».
Je luttai pour ne pas envoyer le tout tout de suite, car il n'était quand même que 6h30 ( oui je fais partie de la France qui se lève tôt, chère au président de Loracle), et tint jusqu'à 10h00 du matin, heure à laquelle je lançais ma bouteille dans l'océan de la 3G de chez ésséfère.
Puis attendis la réponse....
Attendis....
Attendis...
Attendis....
L'on comprendra donc aisément que je frolai l'attaque cardiaque en sentant enfin vibrer dans ma poche, vers 16 heures... Et fébrile, je regardai, pour voir que ce n'était que Paolo, un ami cher parti vivre avec sa chère vieille moitié au Portugal il y a un peu moins de deux ans. Je dis « que » Paolo, mais j'étais tout de même ravi d'avoir de ses nouvelles, et nous décidâmes d'aller dîner ensemble le soir même.
Le fait d'avoir quelqu'un avec qui parler m'a un peu changé de mon quotidien qui était depuis le Lundi de ne faire que penser à Q. je n'ai pas pensé à lui ce soir là. J'ai parlé de Lui.
Je relatai l'ensemble de l'Affaire à Paolo, les éléments, les détails, heureux d'avoir enfin une oreille compatissante et objective. Tellement objective d'ailleurs que sa première réponse fut « Mais dans quoi t'as encore été te fourrer, pauvre conne! ». Objectif, je vous dis
Mais bon quand je martelais mon point de vue, relatant les commentaires appréciateurs du bel Ephèbe sur mon goût vestimentaire, ou le galbe de mes pectoraux, il finit par se ranger à mon avis, reconnaissant que « Non mais là c'est vrai, on peut dire qu'il te drague ».
J'en avais presque oublié ce que j'attendais, d'ailleurs, quand mon téléphone vibra à nouveau, me délivrant, cette fois du destinataire attendu, le message suivant:
Lui: « Ton programme a enchanté ma journée. J'ai du avoir l'air con avec ce grand sourire béat au milieu de mes dossiers toute la journée. J'ai hâte d'être à demain ».
Peut on m'en vouloir de m'être dit « demain je ne suis plus célibataire, et je serai avec le plus joli garçon de la Terre! »?
Même le maître de cynisme que peut être Paolo dut en convenir: Ce n'était pas là les paroles de quelqu'un dont le seul sentiment était une amitié virile et couillue comme l'on peut en rencontrer chez les tourneurs fraiseurs, ou chez les militaires quand ils ne sont pas de JNRC.
Je crois me rappeler que mon sommeil fut plus que léger cette nuit là, et que j'étais debout et fringant dès 05h30 -un samedi rappelons le- sans le moindre espoir ni la moindre envie de me rendormir. je devais déjeuner chez ma Grand mère paternelle ce midi là, mais aussi grand son amour pour Nikko soit il, la chère ancêtre eut vu d'un mauvais oeil le débarquement d'une descendance passablement excitée dans ses appartements dès potron minet.
Je décidai donc de m'occuper, et m'attelai au visionnage de l'épisode 7 de la saison 3 de Desperate. Oui celui de la prise d'otages dans le supermarché, oui.
Génial de commencer ce qui devrait être la plus belle journée de sa vie en chialant.
Mais il fut vite 14h30, et j'étais enfin au ciné, sur le pied de guerre, à chercher la collègue que Bastian avait mandatée pour me sortir une éxo (Comprendre une place gratuite) pour la séance de 15h30 du « Labyrinthe de Pan ».
J'avais eu l'audace de penser qu'il serait plus original et attentionné de l'attendre avec une place offerte, que de faire la queue avec lui pour que nous utilisions nos cartes illimité.
Que ça cadrerait plus avec le coté « spécial » de l'occasion.
Bon déjà ça partait mal, la jeune fille en question était introuvable, et nous dûmes au final aller faire la queue. J'aurais dû sentir, là, que ça merdait.
Après les récents échanges de textos, et plus particulièrement son dernier de la veille au soir, je prédisais une séance de cinéma digne d'un premier rendez vous de collégiens, avec effleurage timide de main sur l'accoudoir, petits regards et emmélage digital enamouré de rigueur.
ON peut le comprendre, non?
Ben j'ai pu me brosser, Martine. Rien, que dalle, peau de zob, nada, wallou!
Je ne comprenais pas.
Friand d'images et de symboles, je m' étais imaginé cette soirée comme un train sur des rails, filant droit, lancé et ne suivant qu'une route et une seule...
Bon ben mon train avait du partir pendant les grèves, parce que je pense qu'en pousse pousse j'aurais été plus sûrement à bon port. J'étais complètement perdu. Comment quelque chose qui s'annonçait si bien pouvait se révéler si calamiteux?? Je veux bien admettre que je m'étais sans doutes chauffé tout seul, mais j'y avais été aidé, je le maintiens et je n'en démordrais pas.
Ceci -et je m'en excuse encore Yvain, mais je persiste- a sans doutes contribué au fait que pour moi, Le Labyrinthe fut un film de merde, dénué de tout intérêt, et impénétrable (comme quoi c'était la soirée).
Las, je me consolai en disant que je n'avais pas encore sorti l'artillerie lourde, et qu'il ne pouvait pas résister à ma prochaine attaque.
Nous sortîmes à 18h30 du ciné, et à 18h30, en novembre il fait nuit.
Et près du quartier des halles se trouve un endroit, qui, la nuit justement, devient le plus bel endroit de Paris. Oui, toi qui connaît cet endroit, tu me vois venir. Lorsqu'il me demanda ce que l'on faisait ensuite, je me contentai de lui répondre « t'occupe » en souriant, et lui dis de se contenter de me suivre.
Arrivé devant la station Louvre Rivoli, je me retournai vers lui, et lui demandai s'il me faisait confiance. Ce à quoi il répondit par l'affirmative, encore heureux, et je lui enjoignis alors de fermer les yeux. Ceci fait, je pris ses mains dans les miennes, et l'amenai doucement vers ma surprise. Pas à pas, ses mains dans les miennes, nous nous rapprochions de la cour Carrée, illuminée comme il se doit, magnifique, sans égal. Je l'arrétai quand nous fûmes au centre de la cour
Et, cerise sur le gâteau, AVEC son joueur de flûte traversière, dont la musique ricochait avec enchantement sur les vieilles pierres.
J'étais derrière lui, le menton posé sur son épaule, tenant toujours ses mains, et je lui chuchotai a l'oreille « vas y, ouvre... »
Le « wouahou » enfantin et émerveillé qu'il lâcha compensa alors tout ce qui avait pu merder jusque là (c'est à dire tout), et nous allâmes ensemble nous asseoir sur l'un des bancs du tour, admirant donc une cour quasi vide le froid aidant, et bercés par la mélodie du musicien.
Le genre de truc qui n'existe qu'au cinéma.
Sauf que dans ce genre de scène, au cinéma, il y a baiser, regards enfiévrés, tendresse, chaleur, Amour, quoi. Et que là il n'y avait que deux cons assis l'un a côté de l'autre, et dont l'un en plus d'être con était complètement désemparé, se répétant sans cesse « ça devrait pas se passer comme ça, ça devrait pas se passer comme ça... »
Je me serais insulté. J'étais assis, à côté du garçon que j'aimais, dans l'un des endroits les plus féeriques de Paris, je n'avais qu'à tendre le bras, le prendre par les épaules par la main, en levrette (Rayer la mention inutile), et je ne faisais rien. J'étais paralysé.
Un collégien eut été plus hardi.
ET dans un deuxième temps, c'est lui que j'aurais insulté, parce que si je ne faisais rien, c'est que je ne sentais rien venant de lui. Et après tout ce qu'il avait pu me dire, m'écrire, après ces regards des jours passés, je ne devais pas ne rien sentir venant de lui. ça n'était pas possible ça ne collait pas.
Mon masochisme ayant des limites, je proposai au bout d'un moment que l'on aille prendre un verre avant d'aller dîner, me disant en mon fort intérieur qu'un ou deux verres ne me feraient pas de mal, et aideraient peut être à museler cette timidité maladive, et qui sait, à reprendre le contrôle de cette soirée qui décidément se révélait une des plus calamiteuses que j'aie jamais passées.
Ah en effet, oui, après deux Long Island, j'étais passablement plus cool. Et lui sans doutes aussi, puisqu'il m'avait suivi.
Mais c'est pas pour autant que la situation se dégela.
Approchant du restau, (Le Réconfort, rue de Poitou, pour les initiés), je lui montrai les fenêtres et le décorum du lieu, et là il me regarda avec un air à tomber, me disant « mais tu fais aucune fausse note, tu as tout bon ce soir, c'est hallucinant ».
Bon, là normalement, c'est le signal, dans toute situation qui se respecte. Aidé par l'alcool, et ce que je pensais être une ouverture, je le regardai dans les yeux et approchai mon visage....
Pour le voir me tendre sa joue.....
Mais bordel de merde, ou est ce que ça a merdé??????
Bon ceci dit, j'embrassai sa joue quand même, ce qu'il sembla trouver tout naturel.
Je veux dire, pour re-situer dans une situation analogue, les quelques fois ou une fille a fait mine de vouloir m'embrasser, je m'empressais de lui dire que « Hola Flamboyant, retiens ta monture, on va se calmer, là », même si c'est que la joue. Mais dans le Q qui nous occupe, j'avais arrêté de chercher la logique
On a pris notre table, il a passé 10 minutes à s'extasier sur le lieu, me disant « c'est magnifique ton idée, merci merci », ce à quoi je répondais en pensée « ouais c'est ça 'en parlerai à mon Cheval », parce que là j'avais renoncé à comprendre, je voulais arrêter de chercher.
La conversation fut plate et convenue, allant d'un sujet à un autre, quand nous en vînmes à parler de Londres, où apparemment son frère vivait maintenant. Il comptait aller le voir, me dit il, un de ces quatre, et me dit que d'ailleurs si je voulais l'accompagner il adorerait y aller avec moi.
L'Écosse est sans doute un magnifique pays, mais la douche du même nom est loin d'être mon activité favorite, et je décidai là que j'avais atteint ma dose.
« Il est hors de question que je prenne autre chose qu'un taxi avec toi tant que l'on aura pas mis au point deux ou trois choses... »
Ainsi commença le monologue par lequel je vidai mon sac, lui expliquant ce qui me semblait à moi évident, puisqu'apparemment lui ne le comprenait pas.
Il a commencé sa défense en me disant « non je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit pour t'encourager... Enfin je ne vois pas. »
Je dois cependant avouer que je déplore aujourd'hui d'avoir du m'imbiber à ce point pour oser sortir ce que j'avais sur le coeur, parce que du coup, ben je garde un souvenir assez vague et imprécis de la conversation qui a suivi, et qui pourtant apparemment fut riche en enseignements, puisque l'une des phrases que je me souviens l'entendre dire ne fut pas un rejet catégorique de l'amour contre nature, mais, je crois, «je ne suis pas prêt à me lancer dans une relation». Je suis furieux et frustré de ne pas me souvenir de cette conversation, c'est un peut comme quand le papy d'a coté au cinéma tousse pendant le film policier, et vous empêche d'entendre le nom de l'assassin...
Je me souviens juste que je n'ai rien pu avaler, qu'on a décidé de choper un taxi pour rentrer vers minuit (on est loin des conversations débridées jusqu'à 5h00 du mat des précédents rendez vous), et que de voir son visage se retourner dans le taxi, une fois encore, et me fixer jusqu'à ce qu'il disparaisse ne m'a pas cette fois rempli de joie, mais n'a fait qu'ajouter à l'incompréhension d'un tel fiasco...
Aussi surprenant cela soit il, ledit fiasco a quand même une suite que je te réserve pour plus tard....
En vous r'merciant bonsoir....