triste vérité
attention: article super chiant qui parle de moi à la première personne... (ça veut tout dire)
hier soir, rompu par la fatigue, je me couchais. j'étais vraiment accaparé par la fatigue, mais une pensée, un souvenir, plus précisément, me traversa l'esprit. je me souvenais de ces cons qui me narguaient. et je voyais mon esprit actuel revenir dans mon corps d'il y a bien des années, alors que je n'étais qu'un enfant de 11 ans... à l'époque, je ne savais pas quoi répondre, j'avais peur, et j'ai dit une vieille réponse à deux balles sur le modèle de celles que vos parents peuvent vous conseiller de rétorquer... (bref, le truc trop ringard qui fait pas mouche dans la plupart des cas) et je me suis pensé en train de leur répondre un truc d'adulte "putain, mais qu'est-ce que vous me faites chier, là?!" ou "vos gueules bande de sales petits cons!" peut-être auraient-ils fait des yeux ronds...
et alors...
alors... (en même temps que j'imaginais tout ça, je tâchais de me convaincre que tout cela était vain car irréalisable, mais malgré tout, le flot de cette connerie m'est rentré dans la tête)
je n'ai pas pu m'empêcher, jusque tard dans la nuit, de penser à tout ce que je pourrais faire si je pouvais réinvestir, avec mon esprit actuel, l'époque et le corps de mes 11 ans...
tout d'abord, j'aurais certainement sauté sur ce que je fais aujourd'hui, j'aurais appelé le monde qu'il faut, j'aurais passé les épreuves... et puis, bon, comme l'école avec, c'est chiant, j'aurais passé le bac vite fait! enfin, je sais pas trop, j'attends un peu, histoire de jauger? je passe mon brevet? ou direct le bac? ou je refais toute ma scolarité? ou je fais des cours par correspondance? enfin, faudrait se coltiner le sport... oh, ça me ferait chier! surtout, j'éviterais de faire n'importe quoi ce jour où je me suis blessé au cou!
ah, mais t'aurais-je connu, toi mon meilleur ami? si j'étais allé étudier dans cette grande école vers 15 ans, qui m'a été fermée par la suite... enfin, je serais aller faire ce que je sais faire sur ma petite chaise qui parfois couine à côté du grand tabouret qui ne couine que rarement, quand on investit dans un tabouret professionnel (certes à la vie plus courte) qui se bidouille grâce à de l'air (si j'ai bien compris)? je serais venu te voir, dans ton bureau... t'aurais-je dit que je viens du futur? t'aurais-je dit ce qui t'attend? t'aurais-je mis en garde? que préfères-tu? ne pas l'avoir connu, ou l'avoir connu et souffrir?
et c'est pareil chez mes parents: aurais-je dit ce qui vient ensuite? l'auraient-ils supporté? le savoir les auraient-ils aidé? mais qu'aurais-je chamboullé?
et mon frère? à cette époque où nous jouions ensemble, ou nous découvrirons la playstation (^^) avec ses merveilleux final fantasy (j'ai refait des tas et des tas de parties de ff7) mais les jeux avec mon frère commencerait vite à me saoûler (d'autant plus que sur ce point, il a toujours été un peu plus enfantin que moi) et cela changerait le destin! j'ai déjà joué à final, mais devrais-je recommencer?
comment ne pourrais-je pas te protéger, comme si tu étais mon petit frère? est-ce que je t'aiderais à vaincre tes quelques peurs, doutes? mais ne déglèrerais-je pas ta nature? te rendrais-je meilleur? et notre grand-mère? notre aicbab?
oh, j'irais la voir, et je lui dirais "aicbab etitep am elatan eugnal at iom-sdnerppa ,ho" et je la protégerai... vivra-t-elle mieux? vivra-t-elle plus longtemps? elle, si fière, même dans la vieillesse?
ma mère, si protectrice à mon goût, me laisserait-elle aller dans la ville? aucun doute que je prendrai mon vélo! mais bon, à 11 ans, ça fait juste...
et puis, à 11 ans, j'aurais aucune crédibilité pour faire ce que je fais actuellement... je serais pas autonome, j'aurais pas de frics! pire, je ne pourrais pas encore choisir complètement mes vêtements, et encore pire, la mode d'alors était vraiment pas terrible (enfin, les souvenirs de ce que j'ai pu porter)
enfin, si je m'habillais comme maintenant, que dirait mon entourage, les autres?
d'une certaine manière, j'agirais comme un petit adulte... et puis aussi, la décoration de ma chambre deviendrait plus sobre, je réorganiserais ma chambre comme aujourd'hui... et je suppose que cela effraierait ma mère... elle me dirait "qui êtes-vous? qu'avez-vous de mon fils?" (elle sent tellement de choses, ma mère) alors, devrais-je lui dire qui je suis? et si oui, devrais-je me limiter?
et finalement, aurais-je de meilleurs rapports avec les autres?... je me demandais si je me comporterais bien? qui serais-je? ferais-je semblant d'être le petit garçon renfermé, timide et souffre-douleur? ou bien, serais-je un brillant élève aux rapports houleux avec ces petites larves qui sont mes camarades, mes condisciples? aurais-je des rapports avec eux? leur immaturité ne m'énerverait-elle pas prodigieusement? (au cas où je ferais un bout de scolarité pour être un peu dans la norme) ou alors, les dévoyerais-je? irais-je voir ces types louches? les manipulerais-je, comme je peux savoir le faire avec toute la grande cruauté que j'ai entrevue en moi et que je me refuse à développer? serais-je une sorte de Lolita?
oh, et bien sûr, j'arrêterais de me gaver de trucs gras et je mangerais des légumes! beaucoup de légumes! (comme j'aime les choux fleurs à la bechamelle!) et je ferai du sport! mon Dieu, pourquoi n'ai-je pas compris plus tôt que faire du sport c'est trop bon?
pourquoi est-ce que j'ai gâché ma jeunesse par la peur? (car tout ce que je n'ai pas fait ou mal fait tient de la peur... mais avec mon esprit actuel, qui est si tendu, mon corps supporterait-il le changement, à un âge où on doit se coucher tôt? supporterait-il tout ce stress qui est en moi?)
et puis, surtout, ce garçon que j'ai rencontré au lycée, si j'avais suivi mon ambition, l'aurais-je rencontré? il aurait fallu patiemment attendre jusqu'à la seconde, parler avec les mêmes petites cruches stupides (je sais, je suis dur)... ou alors, puisqu'il avait deux de plus que moi, serais-je parti en bus jusque chez lui? (ma mère m'aurait-elle permis, encore une fois, de prendre le bus tout seul? surtout que cette ligne devait pas être sûre, déjà que maintenant... :$ ou alors lui mentirais-je? comment me comporterais-je?) comment l'aurais-je abordé? serais-je allé à son école? (mais où était-il? quand est-il arrivé dans ce petit coin où il a apparemment mal vécu?) l'aurais-je aidé à ne pas faire de bêtises? comment l'aurais-je abordé, lui qui n'aime apparemment que les filles? doucement? ou directement? comment aurais-je dû m'y prendre? aurais-je dû lui dire, ce jour où les stupides intrigantes nous mirent côte à côte
"je t'aime, je veux passer ma vie avec toi, tu es tout pour moi, j'aime tous tes défauts, j'aime ce que tu n'aimes pas de toi, même si tu avais tué quelqu'un, je t'aimerais, je pourrais mourir pour toi, tu pourras me battre si tu veux, je serai tout entier à toi, je t'aime, et n'aime que toi, pour toujours, même si tu ne m'aimes pas, je veux être à ton service, je veux être prêt de toi, t'apporter mille aides, je ne veux rien en échange, pas même ton amour, si seulement je peux être prêt de toi..."
ou aurais-je dû faire le bon pote, sans jamais rien dire? mais comment aurais-je pu jouer un jeu? j'en suis incapable! l'amour me rend fou! j'aurais joué grossièrement, comme j'ai fait, et ça fait plus de dégâts qu'autre chose!
et tant encore, d'idées, et de correction des incohérences, des anachronismes (devrais-je me comporter en enfant? devrais-je changer ma destinée? mais à quel point? sur le plan professionnel, ça ne fait pas de doute! mais il faudrait que j'habitue et éduque mon corps de 11 ans à agir avec mon esprit plus âgé! mais quel lien aurais-je avec ma famille? seraient-ils pareils par la suite? rencontreraient-ils les mêmes personnes?)
c'est alors que je réalisais que je t'aimais toujours. qu'il n'y aurait jamais personne. je ne suis jamais plus tombé amoureux de personne. je me suis peut-être amouraché de deux trois types. mais jamais autant que toi. et parfois, j'aimerais t'oublier! ne jamais t'avoir connu! j'aimerais simplement pouvoir autant aimé que je l'ai fait. mais c'est comme si j'avais fermé le temple de mon coeur... comme j'aimerais aimer de nouveau, passionnément, à la folie... tu es l'homme de ma vie, mais quelle vie?
une vie où j'ai été paresseux, maladroit et enfermé. du coup, jamais plus dans cette vie-là, je ne pourrais réaliser ce qui est un rêve que j'avais depuis enfant, même si mon âme ne se l'avouait pas à elle-même: il n'y avait finalement aucun désir de vanité. il n'y avait qu'un désir d'accomplissement. et je t'ai perdu, toi, mon amour. jamais plus je ne te verrai. enfin, je pourrais avoir le permis (ou même à vélo si je suis courageux) aller te voir, mais à quoi bon te harceler? je t'ai écrit d'ailleurs, une lettre, où je t'avouais que je t'aimais, et tendrement qui plus est! je précisais que nos routes se séparaient, et que je te souhaitais bonne vie... mais en te revoyant, de façon totalement inattendue, quel fracas, quelle douleur dans mon coeur! la poutre de la sûreté s'est rompue, et je tombe sans filet, dans les gouffres insondables de mon coeur... et aujourd'hui, je le sens, tu es l'homme de ma vie... et tu n'aimes pas les garçons! pour un peu, je t'appelerais zigy!
en même temps que j'imaginais frénétiquement tout ça, j'avais tellement de tristesse et de souffrance qui revenait en moi... toute cette souffrance que je cache par mes efforts, le refoulement de la mémoire, et l'illusion du quotidien?
mon esprit, s'il est un édifice, est un tombeau... j'ai perdu mon amour, amour-rose, rose dont je n'ai reçu que les épines sans les pétales... et ce qui me constitue ne s'accomplira jamais. les temps où les choses décisives étaient possibles n'auront plus lieu. je ne serai jamais complet dans cette vie. il y a trop de défauts, trop d'habitudes, maintenant. le corps d'alors pouvait encore être modelé... ce n'est plus le cas... enfin, je ne sais pas! je suppose qu'en travaillant sans relâche TOUT EN prenant son temps... je suppose que je pourrais développer plus de potentiels qu'il ne se prépare actuellement dans la direction d'empressement et de flegme que j'emprunte... (j'ai l'impression de me trahir, là? si vous comprenez qui je suis, dites-le moi, j'effacerai les preuves!)
j'ai l'impression d'être castré, ou pour reprendre une image un peu moins jolie, vous vous souvenez des tama gochis? ces petites bêtes virtuelles? à l'époque, j'en avais un, et dans la notice étaient répertoriés tous les aspects possibles du tamagochi selon qu'on s'en occupait bien ou pas! il pouvait devenir franchement beau ou franchement moche! parfois, il était pas joli joli mais évoluait en un truc potable voir plutôt pas mal... mais moi, j'ai l'impression que mon évolution est terminée... j'ai l'impression que ma vie n'a plus de sens... elle ne sert plus à rien! je ne pourrais plus m'accomplir! je risque de devenir amer... et ce serait dommageable pour ce que je veux faire... je suis un peu tenté par le suicide, mais je sais que mes parents ne supporteraient pas cette idée... donc, je ne le fais pas... je pense que ça pourrait les rendre fous, (véritablement) fous de douleur... et je les aime trop, je ne veux pas leur causer cette douleur...
mais ma vie n'a plus aucun sens. je l'impression de la meubler comme je peux, de l'occuper, mais...
à moins que je me trompe et que autre chose m'attend, et cette vérité m'imprégnera au fil du temps
ou bien je ne me trompe pas, et alors, ma vie ne pourrait plus avoir de sens que si je donne ma vie pour autrui...
que devrais-je penser? que devrais-je faire?
toujours est-il que je me suis levé ce matin, et malgré l'absence d'heures de sommeil décentes, j'ai trouvé une énergie fabuleuse pour faire quelques trucs plutôt biens. j'avais l'impression d'agir comme sous le coup du désespoir, ou de me dire "perds pas ton temps, fonce! vie!" j'avais l'impression d'être un peu comme dans le film "les parapluies de Cherbourg" où à la fin, le type joue soudainement avec son fils, comme pour cacher son chagrin immense, sa douleur, cette vie qu'il aurait pu avoir, mais non, il a cette vie, et s'y accroche... ou encore, je revois la fin de la mauvaise éducation "et il continua de faire des films, AVEC PASSION"...
vamos a ver!