Les OGM c'est quoi ?
Conférence de Christian Velot présentant de manière scientifique ce qu'est un OGM et suivant leurs différentes applications (recherches, médicamenteuses, agro-alimentaires etc.).
Christian Velot est maitre de conférence en génétique moléculaire (Université Paris-Sud XI) et chercheur à l'Institut de génétique et de microbiologie (centre scientifique d'Orsay).
Les OGM, c'est quoi ? (complet)
(enregistrement effectué en 2005)
Alternative en Midi-Pyrénées
1 h 25 mn 57 s - 12 nov. 2007
www.confederationpaysanne.fr
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Prises de position d'un scientifique ...
"POUR QUE LES OGM SE VENDENT ON LEUR INVENTE UNE UTILITE SOCIALE "
Peut-on se passer des OGM ? Entretien avec le chercheur Christian Vélot.
Recueilli par FLORENT LATRIVE et GUILLAUME LAUNAY et
publié dans le journal Libération le lundi 4 février 2008
Pourquoi les scientifiques sont-ils si divisés ?
Que la communauté scientifique soit divisée n’est pas propre aux OGM. Pour lever les controverses, en général, on fait des expériences. Mais avec les OGM, on est dans une situation de carence d’évaluation. Quand on parle d’un maïs pesticide, qui produit un insecticide, la moindre des choses serait qu’il soit évalué comme un pesticide. Or ces plants sont sans doute mieux évalués que les autres plantes, mais ils sont évalués bien en deçà des pesticides. On ne dit pas que les études prouvent que cet OGM est toxique, on dit qu’elles sont suffisamment inquiétantes pour au moins demander à ce que des tests soient refaits par un laboratoire indépendant.
Vous doutez de cette indépendance ?
Les études sont faites par des laboratoires choisis par la firme semencière, au prétexte du secret industriel. Et chaque fois qu’on a voulu avoir accès aux données brutes, ça a été au prix de batailles juridiques et administratives monstrueuses.
Une pétition lancée par des chercheurs contre le moratoire sur le maïs OGM a reçu plus de 1 000 soutiens…
Ces chercheurs se réfugient derrière la prétendue neutralité de la science pour donner plus de poids à leurs arguments. Le principal problème, ce n’est pas tant les lobbys financier ou semencier, c’est le lobby scientiste. Ils restent persuadés que la science va répondre à tout.
Que pensez-vous de la polémique qui a suivi la suspension du maïs Mon 810 ?
Pour la première fois, on avait à côté des scientifiques un collège économique et social. Et pour la première fois, un comité d’experts a pris en considération un certain nombre d’études de ces dernières années qui jusqu’ici avaient été ignorées ou négligées, et qui mettent en évidence que le pollen ne s’arrête pas à 50 mètres, comme le nuage de Tchernobyl. Le collège scientifique a conclu à des «interrogations». Ensuite, que le sénateur UMP qui présidait cette autorité, Jean-François Le Grand, se permette une interprétation personnelle, c’est normal. Ce n’est pas au scientifique de décider, mais au politique.
Les OGM permettraient d’utiliser moins de pesticides…
On nous ment en nous faisant croire que les OGM sont la solution aux pesticides. Effectivement, l’agriculteur n’a plus à pulvériser l’insecticide, mais ce pesticide est toujours dans l’environnement puisque le maïs le fabrique en permanence.
Ont-ils vraiment un impact sur la santé ?
Je ne peux pas répondre à cette question. Au regard des données brutes que l’on a pu obtenir à partir de tests sur des animaux, on voit des perturbations des paramètres hépatiques et rénaux. On dit donc : «Soyons prudents, prenons le temps.» Le problème, c’est que le temps de l’évaluation scientifique n’est pas compatible avec l’urgence du brevet et des profits.
La France ne menace-t-elle pas sa recherche en se coupant des OGM ?
De quelle recherche parle-t-on ? On fait beaucoup d’amalgames avec les OGM. Ça fait trente ans qu’on s’en sert en recherche, je suis utilisateur de cette technologie. C’est un outil utilisé de manière routinière dans les laboratoires, c’est un peu la clé à molette du biologiste moléculaire. Dire qu’on prend du retard en recherche n’est pas vrai. Concernant le domaine agricole, ce n’est pas dans la recherche qu’on va prendre du retard, mais dans les applications dans les champs et dans les assiettes. Mais est-ce qu’on peut vraiment parler d’un retard ? Est-ce qu’on doit absolument concurrencer les Etats-Unis sur tout et n’importe quoi ? On pourrait au contraire jouer la carte de la biosécurité.
Mais sans débouchés, comment la recherche sera-t-elle financée ?
C’est tout le problème de la politique de recherche depuis vingt ans, qui met la recherche appliquée en amont de la recherche fondamentale. C’est catastrophique. Si on faisait de la recherche tous azimuts en utilisant les OGM comme un outil parmi d’autres, et qu’on trouve des applications socialement utiles, on serait dans une démarche scientifique saine. Aujourd’hui, on fait des OGM pour faire des OGM. Et pour que ça se vende, on nous invente une utilité sociale.
Mais les OGM ne sont-ils pas une solution aux crises alimentaires mondiales ?
Le problème de la faim dans le monde n’est pas scientifique et technologique mais politique. Sinon, il faudrait qu’on m’explique pourquoi, alors qu’on produit deux fois plus que les besoins, il y a des gens qui meurent de faim. On veut nous faire croire qu’on va résoudre la faim dans le monde avec des OGM dont le seul but pour les firmes semencières est de mettre des brevets sur des plantes et d’avoir la mainmise sur l’alimentation mondiale.
Qu’attendre alors du débat sur le projet de loi ?
La discussion c’est toujours bon à prendre. Mais il faut qu’elle prenne en compte les conclusions du Grenelle, notamment sur les questions de responsabilité, de transparence. Dans son discours, Nicolas Sarkozy a pour la première fois - on peut lui rendre ça - désigné les OGM agricoles par leur nom : des «plantes pesticides». Mais on ne trouve pas une seule fois ce terme dans le projet de loi. J’ai peur que ce soit à nouveau du vernis sur des ongles sales, qui va permettre en fait d’autoriser la contamination par les OGM.
source : http://www.bio-aquitaine.com
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Les conséquences...
Chercheur en génétique à l'Institut d'Orsay, Christian Vélot, connu pour ses avis critiques sur les cultures transgéniques, se dit victime de pressions de sa direction, allant jusqu'à l'éviction de son équipe.
Un chercheur a-t-il droit à la liberté d’expression ? Peut-il critiquer la science ? Christian Vélot, 43 ans, maître de conférences en génétique moléculaire (université Paris Sud), et directeur d’une équipe de recherche à l’Institut de génétique et microbiologie d’Orsay, s'estime victime de ses prises de position sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Explications :
Il estime subir, depuis 2006, des pressions de la part de la direction de l'Institut d'Orsay, depuis la confiscation de crédits jusqu’à l’annonce, fin septembre, de l’exclusion de son équipe en 2010.
«Nous sommes virés de façon arbitraire, indépendamment de toute évaluation scientifique et sans aucune consultation du conseil scientifique et du conseil d’institut», déplore le chercheur. Christian Vélot attribue ces décisions à ses prises de positions personnelles sur les OGM.

Il donne depuis quatre ans des conférences à destination du grand public – dont l’une a d’ailleurs servi de document de travail à l’intergroupe OGM du Grenelle de l’Environnement. «En tant que biologiste moléculaire, je suis un utilisateur de la technique OGM, qui est d’abord un outil au service de la recherche. Pour nous, les OGM sont comme des éprouvettes qui contribuent à la compréhension des processus biologiques. Parallèlement je donne des conférences parce que je considère que cela releve de notre devoir d’informer les citoyens de ce qui se passe dans les labos, afin qu’ils puissent participer aux débats sur des nouvelles technologies qui sont aussi des choix de société comme les nanotechnologies, ou les OGM.»
Des conférences pédagogiques mais pas neutres, car Christian Vélot ne croit pas qu’un chercheur doive ou puisse l’être.
Il y explique notamment que l’introduction des OGM dans l’agroalimentaire soulève de nouvelles questions sanitaires ou environnementales et que cette technique n’a rien de chirurgical mais est totalement aléatoire. Il a été cité par la défense au procès de faucheurs volontaires d’OGM.
«Ma direction m’a d’abord adressé des remontrances verbales, me reprochant de prendre des positions publiques sur les OGM au nom de mes tutelles», relate-t-il. Lui affirme pourtant avoir toujours parlé publiquement «à titre personnel, en tant que chercheur, mais en citant [son] affiliation professionnelle.» «On m’a ensuite accusé de cracher dans la soupe. Mais si on ne peut plus, en tant que scientifique critiquer la science, cela veut dire que la science n’est plus la science, c’est une église !»
Christian Vélot se voit supprimer, sans explications, le reliquat de crédits dont il disposait pour assurer le fonctionnement de son labo durant les deux dernières années de son contrat quadriennal (2005-2009).
Puis, trois jours avant l’arrivée d’une étudiante qui devait rejoindre son équipe pour un master puis une thèse, il apprend qu’elle a en fait été affectée à un autre labo, qui se trouve être celui de la directrice de l’Institut. «Etre privé de ses thésards, c’est la mort pour un labo», souligne-t-il.
En juin, la direction de l'Institut d'Orsay lui demande de déménager son labo. «A moins d’un an et demi de notre prochaine évaluation scientifique, perdre trois ou quatre mois dans l’inertie d’un déménagement, serait catastrophique», plaide-t-il .«J’ai refusé de déménager avant fin 2009. A la rentrée, on m’a menacé d’un déménagement manu militari.»
Fin septembre, il reçoit une lettre l’informant que lui et son équipe ne feront plus partie de l’Institut à l’issue de leur contrat, en 2010.
Interrogée par Libération, Monique Bolotin, directrice de l’Institut d’Orsay, explique que sa hiérarchie lui demandé de ne pas s’exprimer sur le «cas Vélot». Elle lâche néanmoins que si elle a demandé à Christian Vélot de déménager son labo, «c’est pour permettre une grosse opération scientifique dans les locaux qu’il occupe et que lui même se rapproche d’équipes travaillant sur sa thématique.»
Quant aux motifs de l’éviction du chercheur, elle souligne que la décision relève du directeur adjoint et futur directeur de l’Institut, Jean-Pierre Rousset, que Libération a tenté en vain de joindre depuis une semaine.
Néanmoins, Monique Bolotin assure que «cette décision est dictée seulement par la science». «Chaque directeur est libre de composer ses équipes de travail et il est clair que Christian Vélot ne partage pas le projet scientifique de l’Institut», poursuit-elle sans plus de précision. «Il préfère jouer les victimes», assène-t-elle, «il est pris dans une spirale inflationniste.»
Christian Vélot, lui, se sent pris dans la spirale dont sont toujours victimes les «lanceurs d’alerte», ces scientifiques ou ces personnes issues de la société civile qui dénoncent ou mettent en garde contre des dangers sanitaires ou environnementaux et s’exposent ainsi à des représailles de leur hiérarchie ou des lobbyes industriels».
S’il prend le risque aujourd’hui de médiatiser ses déboires, c’est parce qu’ «il faut que tout le monde sache ce qui arrive aux chercheurs qui osent parler des risques potentiels qu’induisent de nouvelles technologies. Au Grenelle de l’environnement, on a évoqué la nécessité de l’indépendance de l’expertise scientifique. Quitte à le payer de ma carrière, au moins que cela serve à faire avancer la liberté d’expression des chercheurs et la protection juridique du statut des "lanceurs d’alerte"».
Aujourd’hui, à l’initiative de Christian Vélot, une action de médiation est en cours pour tenter au moins de récupérer les crédits confisqués et éviter le déménagement — «On me demande toujours de déménager alors que je suis officiellement viré fin 2009 !», observe le chercheur. Afin qu'il puisse au moins achever la recherche en cours.
ELIANE PATRIARCA
LIBERATION.FR : vendredi 19 octobre 2007
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Les pétitions
Lanceurs d’alerte scientifique

La Fondation Sciences citoyennes soutient la liberté d’expression et de débat dans le monde scientifique, l’appui aux lanceurs d’alerte et le développement de controverses publiques et de "forums hybrides" sur les enjeux à forte technicité scientifique. Loin des peurs frileuses des interventions du public et des logiques technocratiques, le pluralisme et la controverse sont la source non seulement d’une meilleure exploration des mondes possibles et, partant, de meilleures décisions, mais aussi d’une appropriation active des connaissances scientifiques par le public.
Ici, vous pouvez vous informer sur ce qu’est un lanceur d’alerte,
consulter les propositions de la Fondation Sciences Citoyennes, et apporter votre soutien aux lanceurs d’alertes qui en ont actuellement besoin :
Page d’information sur Christian Vélot,
Page d’information sur Pierre Méneton,
Signez la pétition de soutien à Christian Vélot
Signez la pétition de soutien à Pierre Méneton
Page d’information sur Véronique Lapides et pétition de soutien
En attendant qu’un forum soit ouvert, vous pouvez nous envoyer vos témoignages et vos commentaires à contact (arobase) sciencescitoyennes.org.
source : http://sciencescitoyennes.org/