Bruno Mégret : direction Madagascar
Bruno Mégret, ancien député, brièvement maire deVitrolles et ancien numéro 2 du FN quitte à la fois la France et la vie politique.
L’exil est lointain. Après avoir annoncé qu’il quittait la politique, le 20 mai dernier, dix ans après son départ du Front national dont il était le numéro 2, le président du Mouvement national républicain (MNR), Bruno Mégret a également prévu de quitter la France : il va déménager et démarrer une nouvelle carrière à Madagascar, Tananarive, loin de la politique et de ses tracas. Une filiale de Bouygues a prévu de le recruter pour le marché local comme expert - ancien élève de Polytechnique, il va désormais se consacrer à la cause du développement des pays émergents à travers son activité pour une filiale de Bouygues.
Extraits de sa déclaration qui est donnée simplement à titre d'info car il s'agit d'un homme politique qui a joué un rôle important dans les années 90.
" J'ai pris une décision importante. Je me mets en réserve de la politique et je pars à l'étranger exercer des responsabilités au sein d'une grande entreprise française. J’estime en effet être arrivé au bout de la démarche que j'ai entreprise il y a maintenant de longues années lorsque je me suis engagé en politique.
Pendant toute cette période je n'ai jamais eu qu'un seul projet : construire une grande force politique de droite capable de parvenir au pouvoir pour enrayer le déclin de notre nation. Et, à chacune des étapes de mon parcours, c’est ce projet qui m'a guidé dans mes choix et mes décisions.
C'est cette volonté qui m'a fait quitter le RPR lorsque j’ai réalisé qu’il ne serait jamais en mesure d’assumer cette mission et, même s’il s’agit aujourd’hui de l’UMP, les événements de ce point de vue ne m’ont pas détrompé.
C'est cet espoir qui m'a conduit alors à m'engager au FN et à y jouer un rôle déterminant pour le transformer et tenter d’en faire une force de gouvernement avec, vous vous en souvenez, de réels succès.
Aujourd'hui, je considère avoir tout tenté. Je n’ai ménagé ni ma peine ni mes intérêts. J'ai tout mis en jeu dans ce combat de plus de deux décennies y compris ma vie familiale, ma vie professionnelle et ma réputation. J’aurais pu mener une carrière très honorable au sein du RPR. J’aurais pu poursuivre une vie politique confortable au sein du FN. J'ai accepté de tout risquer pour le projet que je porte.
Mais les circonstances n’ont pas permis à ce jour de voir mes efforts couronnés de succès.
Aujourd'hui, alors que je vais quitter la France, je n'ai aucun regret pour le passé.
Pour le reste j'ai vécu intensément comme peu d'hommes politiques ont pu le faire. J'ai connu des moments exaltants, j'ai mené des actions spectaculaires, j’ai lancé des idées qui font leur chemin, j'ai été entouré d’hommes et de femmes extraordinaires pour leur courage et leur dévouement. C'est vrai, j'ai connu des échecs mais aussi de grands succès. Et surtout j’ai agi comme un homme libre qui va au bout de ses idées, sans compromission, sans peur, sans retour. Je n’ai renoncé à rien et personne ne m’a mis à genoux.
Oh ! certes tout n'a pas été facile. Je suis sans doute l'homme politique qui a été le plus attaqué, contre lequel tout a été utilisé, les articles de presse délibérément rabaissants, les actions judiciaires injustes, les traquenards financiers, les embuscades administratives, les coups bas de toutes sortes. Mais de tout cela je ne conserve aucune amertume car toutes ces avanies m’ont prouvé à moi-même que j’avais la force de les surmonter et aujourd'hui j’en tire même un soupçon de fierté.
C'est donc avec l’esprit serein, avec une certaine plénitude que j'ai décidé aujourd'hui de m’investir dans une nouvelle activité professionnelle, de quitter l’administration pour le secteur économique et de partir à l'étranger. Je le fais en ayant le sentiment d'avoir accompli mon devoir jusqu'au bout et d’être resté fidèle à mon idéal."