Quatre garçons dans le vent and a fifth musketeer
Ce qu’il y a de bien avec la nouvelle génération d’acteurs anglais, écossais et irlandais, c’est qu’on peut jouer au fanboy de base tout en préservant un semblant de dignité – c’est pas comme quand il y a quelques mois, je scotchais sur Channing Tatum, c’est sûr qu’on balancera pas avec la même engouement qu’on vient de se taper Sexy Dance 2 qu’une bio sur Jane Austen. Aucune envie de développer, juste un post comme un post-it sur le frigo, genre «Les cocos, je vous ai à l’œil ! ».
Sam Riley (Royaume-Uni, 28 ans)
Vu dans :
Control
Prochainement dans :
Franklyn, avec Ryan Philippe et Eva Green, et dans
Nottingham avec Russell Crowe
Parce qu’incarner une icône de l’histoire du rock a tout du cassage de gueule en règle quand on ne s’appelle pas Joaquin Phoenix – et que de ce fait, on pourrait faire passer la lecture du bottin pour du James Joyce – Sam Riley mérite définitivement les regards tournés vers lui depuis quelques mois. D’allure à la fois rugueuse et fragile, juvénile et lasse, les expressions faciales et corporelles du jeune homme appréhendées séparément de la figure proéminente du post-punk ne manquent pas d’interpeller. Du coup, c’est monsieur le Gladiateur en personne qui a décroché son téléphone pour l’inviter dans le prochain Ridley Scott où il interprétera Robin des Bois.
Jim Sturgess (Royaume-Uni, 27ans)
Vu dans :
Across The Universe, The Other Boleyn Girl et
21
Prochainement dans :
Fifty Dead Walking Men, d’après l’histoire vraie de Martin McGartland, avec Ben Kingsley, Rose McGowan et Kevin Zegers,
Heartless avec Timothy Spall et Clémence Poésy
Quand un film est mauvais Mauvais – apparemment évoquer l’existence fastueuse du roi Henry VIII en cette fin de décennie n’est pas la plus judicieuse des trouvailles – il faut bien se raccrocher à quelque chose. Dans le cas de
Deux Sœurs pour un roi, c’est l’impeccable Kristin Scott-Thomas et Jim Sturgess dans un rôle fugace, mais qui interpelle déjà sur les velléités du comédien– bon, j’avoue, le torse velu et bombé d’Eric Bana a son petit effet quand même, mais pas le jeu de l’acteur lui-même hélas – qui m’ont sauvé d’un ennui terrassant – c’est l’avantage d’être hétéro dans ce cas et de pouvoir tripper sur une triplette entre Natalie et Scarlett. Il n’est pas passé inaperçu pour tout le monde d’ailleurs, en l’espace de quelques mois, Hollywood l’accueille à bras ouverts dans
Accross The Universe, comédie musicale pour les ex-fans des 70’s et le marque direct de l’étiquette convoitée de « bankable » avec la gentillette mais rentable version ado d’
Ocean’s Eleven. Du coup, il succèdera à Colin Farrell au goûtage de lèvres de Fleur Delacour – c’est cool d’être une actrice française à Hollywood en ce moment.
Michael Fassbender (Allemagne, 32 ans)
Vu dans:
Angel de François Ozon
Prochainement dans :
Hunger de Steve McQueen, et
Creek avec Dominic Purcell et Henry Cavill
Comme quoi, un réalisateur qui vous pourrit la rétine avec ses filtres dégueulasses, ses ralentis de pub pour parfum, et sa grandiloquence ne peut même pas réussir à rendre un film de gladiateurs avec Gerard Butler, Dominic West et David Wenham en slip (et à poil) pendant toute sa durée un tant soit peu regardable. Tellement que je me foutais bien de qui pouvait se cacher sous les muscles et les attributs capillaires du mec-mignon-qui-fait-penser-à-Tarzan – déjà que Leonidas-pas-en-slip me sort déjà par les yeux à l’écran. Il fallait donc un vrai pédé pour donner du relief au charme vénéneux, absolument implacable et dévastateur –oui, j’ai sorti les violons – de cet acteur irlandais d’origine allemande. Face à Romola Garai, il est donc fouyoyouille comme il faut dans ce mélodrame qui n’arrive hélas pas à se situer entre la tragédie flamboyante inspirée de Fleming et Sirk et sa parodie. Il n’empêche, dans son incarnation de Gros Salaud comme je les aime – à l’écran hein – il est remarquable et accroche direct le regard – c’est sûr, y’a intérêt d’en avoir un peu dans le froc quand on se mesure à Charlotte Rampling, Sam Neill et l’excellente Romola, la fille qui mérite encore et toujours de piquer tous les rôles de Keira Knightley. Et encore, son ascension ne fait que commencer : la rumeur précédant
Hunger, évocation de l’histoire vraie de la grève de la faim du terroriste de l’IRA Bobby Sands, est très flatteuse, avant même que le film n’ait été couronné d’une Caméra d’or par le j’imagine facilement pas très conciliant Bruno Dumont. On a tellement confiance qu’on oubliera même ton prochain film avec Joel Schumacher et le mec de
Prison Break - voire Même se risquer à le voir. A stud is dead, a star is born.
Ben Whishaw (Royaume-Uni, 27ans)
Vu dans :
I’m Not There.
Prochainement dans:
Brideshead Revisited avec Matthew Goode et Hayley Atwell , et
Bright star de Jane Campion avec Abbie Cornish
Un peu comme Sam Riley, en PIRE. Franchement, qui avait envie de voir l’adaptation du roman de Süsskind après que Kubrick, Forman et Scorsese eux-mêmes n’avaient pas osé relever un tel défi ? Par le réal de
Cours, Lola, cours en plus, ouaiiiiis, super, pourquoi pas
Voyage au bout de la nuit par Dany Boon aussi ? Sans surprise, le film se casse les dents lamentablement, mais est sauvé du bûcher par un détail. L’acteur qui campe Jean-Baptiste Grenouille est non seulement idéalement taillé pour le rôle niveau physique, mais surtout, quelle grâce, quel magnétisme, quel charsime – ouais, ça fait très Frédéric Mitterrand comme moment, mais il le mérite ! Ajoutez à cela qu’il compose un des meilleurs avatars de Bob Dylan dans le film de Todd Haynes, en le distillant sous la figure tutélaire d’Arthur Rimbaud, et qu’on le retrouvera sous le costume d’un des emblèmes du romantisme anglais, le poète John Keats, sous l’œil de Jane Campion. N’en jetez plus, Ben est mon nouveau héros romantique – au sens littéraire comme littéral. Oui, chaud le garçon – hmmmm, pardon.
James McAvoy (Ecosse, 29 ans)
Vu dans:
Atonement,
Wanted
Prochainement dans :
The Last Station avec Helen Mirren, Paul Giamatti, Christopher Plummer, Kerry Condon et Anne-Marie Duff
James. En quelques mois, le prénom le plus commun dans le territoire anglo-saxon s’est résumé à une seule figure, un emblème, un étendard. Le passage de l’ombre à la lumière de la carrière du jeune écossais a quelque chose de la technique sournoise du charmeur de serpents.
State of Play est une fiction policière écrite avec une acuité remarquable par Paul Abbott (
Shameless), mis en scène avec sobriété stylisée par David Yates (le meilleur réalisateur d’
Harry Potter après Cuaron) et interprété à la perfection par certain des meilleurs sujets de sa Majesté, de John Simm à Bill Nighy en passant par Kelly McDonald. Pas facile de se faire remarquer avec un petit second rôle, mais quand on a le regard perçant, malicieux et fougueux, ça se fait presque à l'insu de son instigateur. Peut-être plus difficile encore de ne pas passer pour un animal empaillé devant la prestation hénaurme du génial Forest Whitaker en général Idi Amin, et pourtant, il tient tête le p’tit bougre (1,70m tout à croquer). Alors quand en deux films,
Becoming Jane et
Atonement/Reviens-Moi, il est posé comme nouveau héros romantique, on frôle le « typecasting », mais on est pas non plus masos au point de faire la fine bouche et ne pas se délecter comme il se doit de ses prestations. C’est cette dernière composition qui l’a propulsé, à juste raison, au centre des regards. J’essaierais bien d’expliquer par A+B ce que son incarnation de Robbie Turner a de fascinant, mais je ne suis pas sûr d’en être capable. Il faut juste voir avec quelle finesse et quelle précision son corps, sa diction, et son regard caractérisent le personnage. Et même si le film n’est pas à vraiment à la hauteur de la performance de l’acteur, ça n’en reste pas moins un écrin tout à fait idéal.
Du coup, me revoilà re-basculé quinze ans avant, à l’époque où j’achetais tous les numéros de Starclub où apparaissait [
censuré !] pour me faire un scrap-book débilos mais ô combien jousiif à feuilleter avec les copines pendant la récré. Sauf que je suis un grand garçon là, alors, j’me suis dit « Cassons le mythe ! Le mec est sûrement un gros bouseux vaniteux, aussi appétissant à l’extérieur qu’il est répugnant à l’extérieur ! ». J’me suis donc mis à regarder différentes interviews de l’intéressé, et là A-U-S-E-C-O-U-R-S, le mec est drôle (mais vraiment drôle hein, du genre à vanner pendant le talk-show de Craig Ferguson comme s’il était au pub avec ses potes, le charme en plus et les bris de chope par terre en moins), humble (comme s’il était toujours choqué par sa soudaine notoriété et essayait de minimiser sa réussite par le bouclier de l’humour) mais toujours spontané, cherchant à tout prix à ne coller à aucun stéréotype en faisant de sa gaucherie potentielle son principal atout. Deux solutions : il devient le nouveau Orlando Bloom, divorce d’Anne-Marie Duff, se tape Sienna « la traînée » Miller et devient la risée du tout-Hollywood – qui continuera à l’employer mais uniquement dans des rôles ternes et inoffensifs, soit il suit les pas de Ben Whishaw , et devient un mec, un vrai, qui a des couilles, du charisme et de l’aplomb, et qui sera un modèle pour ses congénères. Cela dit, pour y arriver, faudra probablement moins de
Wanted ( aka "tout ce que vous avez toujours détesté dans
Fight Club et
Matrix condensé dans une apologie douteuse des tueurs à ages et du tuning") et plus de Bulgakov, comme son prochain rôle. Quoiqu’il en soit, j’y crois, parce qu’ "I Want to believe " certes, mais il est certain que si tous les Shia LaBeouf de ce monde continueront à faire la une pour des arrestations suite à des conduites en états d’ivresse, Hollywood continuera à traverser l’Atlantique pour sa recherche insatiable de « leading men ». Je l’ai toujours su moi, la bière, c’est tellement mieux que le bourbon.
P.S : James, si tu me lis, mets juste un peu la pédale douce quand tu répètes pour la 343e fois à quel point tu aimes Anne-Marie, que tu ne supportes pas d’être séparé d’elle et que vous allez organiser vos emplois de temps de tournages pour l’éviter le plus possible, blablabla… Oscar et moi on veut pas que t’insistes sur le fait que tu es en plus un mari idéal :/ !