26/09/2008

26/09/08 - 00:22

Liberté, Liberté chérie.

Pour ne pas devoir à autrui l'amertume de ne pas être soi, il faut parfois s'obliger à mettre un pain dans la gueule à autrui, et à tourner les talons sans autre forme de procès.

24/09/2008

24/09/08 - 14:56

Se taire.

J'allais faire un post sur la 1ère journée contre l'échec scolaire, mais je crois que ça y est, j'ai atteint le stade du dégoût des hypocrisies dans lesquelles baignent tous les débats sur l'Ecole en France.

24/09/08 - 12:01

L'homme au pull orange.

J'allais faire mes emplettes. Le mercredi, je suis un homme libre, j'oublie les sonneries qui retentissent toutes les cinquante-cinq minutes, les machines à café et le sacerdoce pédagogique. ... ça ne m'a jamais empêché d'accumuler les paquets de copies sur le coin de ma table de travail, mais le mercredi je ne suis plus un numéro d'affectation académique, et je fais un bras d'honneur à mes paquets de copies si je veux.
J'allais donc, décontracté, l'esprit vagabondant, acquérir quelque croquembouche, des fruitzélégumes, des yarouts, toutes choses à même de me rassasier quand, le soir venu, j'ai besoin de goûter ou d'engloutir un plat de pâtes en écoutant Vivaldi.

Ce mercredi doncques, léger de tout, appréciant finalement cette odeur de pluie fraîche passée au tamis de rares éclaircies matutinales, je croise une ancienne collègue, devenue mônmôn, avec sa progéniture dans un panier à roulettes, enfin, on appelle ça une poussette je crois. Et quelle est la première remarque qu'elle fait à sa descendance, qui se bidonne illico dans son lit mobile ? Oh, regarde le pull du monsieur, c'est Casimir, il va te chanter l'Ile aux enfants.

Tout ça parce que je ne m'habille pas en noir.

23/09/2008

23/09/08 - 07:57

Le paradoxe du moment présent, c'est qu'il ne se laisse saisir qu'une fois révolu.

Pontalis, L'amour des commencements.

22/09/2008

22/09/08 - 22:28

Il y avait longtemps, mais alors très longtemps, que je n'avais pas assisté à un numéro ministériel aussi grotesque, condescendant et lèche-boules. C'est pas une langue de bois qu'il a, ce pauvre Eric Woerth, c'est une plantation industrielle de chênes. Une sorte de sous-Juppé, mais sans le charme discret de la bourgeoisie, la tentation de Venise en moins.

Une question gênante sur le nombre de nouvelles taxes à la con que nous pond notre Lumière Céleste présidentielle du pouvoir des chats ? Eric Woerth ne répond pas, et prend deux longues minutes à remercier, franchement, les personnels de Bercy, qui sont vraiment des gens formidables, non mais vraiment formidables et vous savez, être ministre, c'est d'abord de l'humain, non mais je tiens à le dire, parce qu'au-delà des chiffres, et je suis ministre de la Fonction publique donc cela me tient à coeur, ce sont des hommes, des hommes et des femmes.
Un sarcasme de l'opposition (Ségolène Royal, bien tapée sur ce coup-là) ? Eric Woerth se pavane en espérant qu'elle s'est, je cite : "décongélisée" (je passe sur la métaphore sournoise de la frigidité).
Un commentaire demandé sur la pyrotechnie sarkozienne, un jour/une réforme ? Ecoutez, franchement, "j'aime ce président de la république", et c'est notre CheGuévara moderne ma bonne dame, pas moins.

Bon allez, j'arrête de rire, ça va me donner le hoquet.

22/09/08 - 19:22

Wikipedia, les italiens et moi : Domenico Scarlatti, ou La Farinelli est une bonne copine.

(Giuseppe) Domenico Scarlatti est un compositeur et claveciniste virtuose italien, né à Naples le 26 octobre 1685, mort à Madrid le 23 juillet 1757.




La classe, nan ?


Scarlatti étudie probablement d'abord avec son père, Alessandro Scarlatti [fameux compositeur d'opéras, notamment] , avant d'être l'élève de Gaetano Greco (pas le peintre, hein). En 1704, il adapte, pour la représenter à Naples, l'Irène de Pollarolo. Peu après, son père l'envoie à Venise pour étudier avec Francesco Gasparini. Il y rencontre Thomas Roseingrave, un musicien anglais qui devait plus tard participer à la diffusion de ses œuvres à Londres. Scarlatti est dès cette époque un claveciniste hors pair, et on raconte que lors d'une joute musicale avec Haendel organisée à Rome au palais du cardinal Ottoboni pendant son séjour italien, il lui est jugé supérieur au clavecin, pendant que son rival l'emporte à l'orgue. Les deux musiciens restent d'ailleurs amis (hypocrites).

En 1709, il entre au service de Marie-Casimire, reine de Pologne (double-peine, avec un prénom pareil...) qui vit alors à Rome (pas folle, la chérie !), et il compose plusieurs opéras pour sa scène privée. Il est maître de chapelle à la basilique Saint-Pierre de 1715 à 1719 et se rend peut-être l'année suivante à Londres pour y diriger un de ses opéras au King's Theatre.

En 1720 ou 1721 il réside à Lisbonne, enseignant la musique à la princesse Maria-Barbara. Il retourne à Naples en 1725, passe quelques années à Séville à partir de 1729 pour y étudier le flamenco (non, je ne dirai pas olé, non...) puis s'installe de façon définitive à Madrid en 1733 où il redevient maître de musique de la princesse qui a entre-temps épousé l'héritier du royaume d'Espagne (celle-là aussi, elle avait oublié d'être conne, Maria-Barbara). Le reste de sa vie se passe donc en Espagne (trop dur, la cour des Bourbons). La bonne Maria-Barbara devient reine d'Espagne et lui conserve toujours sa confiance et sa protection (ça veut dire du pognon, pour nous amis kikous). C'est pendant cette dernière période qu'il compose son œuvre monumentale pour le clavecin, d'ailleurs influencée par la musique espagnole (monumentale, nous y reviendrons).

Seule une petite partie de son œuvre a été éditée de son vivant. Scarlatti lui-même semble avoir supervisé la publication, en 1738, de son recueil de 30 Essercizi qui sont découverts avec enthousiasme dans toute l'Europe après avoir été imprimés à Londres sur l'intiative de Thomas Roseingrave. Aucune de ses sonates ne subsiste en autographe : ce qui nous est parvenu (555 pièces) provient de deux recueils manuscrits emmenés par Farinelli en Italie lorsqu'il quitta la cour des Bourbons d'Espagne.



Le recueil de 18 sonates enregistrées par le grand Vladimir pour Sony. Chez Scarlatti, la sonate est un morceau court et d'un seul mouvement.


La transposition au piano, paraît-il hérétique (ils nous font chier, les puristes), est en tout cas passionnante.

Il existe une intégrale des sonates enregistrée en 2004 par Richard Lester, sur un clavecin lisboète de 1785 (comme Hercule ou Gin le préciseront en commentaire, il en existe d'autres, mais bon, déjà que je collectionne Mozart et Beethoven, je vais pas me mettre à Scarlatti). 40 heures de clavecin, à la longue, ça peut énerver son homme, rigolard lecteur, crois-moi, même si la sensation d'être à la cour espagnole et de se prélasser dans les salons de Maria-Barbara peut constituer un ravissement de l'esprit assez enivrant.

22/09/08 - 19:11

Wikipedia, les italiens et moi : Antonio Salieri, ou Pouchkine est une gossip-girl.

Antonio Salieri est un musicien italien, né à Legnago (Vérone) le 18 août 1750 et mort à Vienne le 7 mai 1825. Il occupe, dans l'histoire de la musique classique, une place bien différente de celle évoquée dans le film Amadeus.



Né près de Vérone, le jeune Antonio étudie dès quinze ans le chant et la théorie à Venise. Son maître, Florian Gassmann, l'emmène à Vienne en 1766. Il lui enseigne la composition et le présente à Metastase et Gluck. Gassmann est un important personnage viennois et c'est grâce à lui que Salieri se prépare un avenir prestigieux. Il profite aussi du soutien important de Gluck qui n'hésite pas à proposer Les Danaïdes sous son propre nom à l'Académie de Musique de Paris, avant de révéler le nom du compositeur.
À la mort de Gassmann en 1774, Salieri est nommé compositeur de la cour et directeur de l'opéra italien, puis en 1788, Maître de chapelle de l'empereur.

Il se rendit à Milan, Venise, Rome et Paris pour les représentations de ses opéras.

Personnalité incontournable de la vie musicale viennoise de son époque, Salieri fut l'ami de Gluck et de Haydn, ainsi qu'en relations avec de nombreux autres compositeurs et musiciens importants, notamment par ses activités de pédagogue. Certains parmi ses nombreux élèves sont des plus connus : Beethoven, Schubert ou Giacomo Meyerbeer mais aussi le tout jeune Liszt ; d'autres marquent plus ou moins leur époque Hummel, Antoine Reicha, Ignaz Moscheles, Carl Czerny, Franz Xaver Süßmayr et Franz Xaver Wolfgang Mozart (le second fils de Mozart).

En 1792, Leopold Anton Kozeluch lui succède à la charge de compositeur de la Cour impériale d'Autriche.

La rumeur l'accusant d'avoir organisé la mort de Mozart, qui a été reprise par Miloš Forman dans son film Amadeus semble être colportée depuis la parution de la pièce de Pouchkine, Mozart et Salieri - dont s'est probablement inspiré Peter Shafer, également. Cette accusation n'est basée sur aucun fait réel, malgré la jalousie que pouvait légitimement ressentir Salieri à l'égard de la musique de Mozart. Le mystérieux commanditaire du Requiem de Mozart aurait été, en réalité, le fils du maire de Vienne de l'époque qui agissait pour le compte de Franz de Walsegg.


A droite, Chaliapine dans le rôle de Salieri,
probablement dans l'adaptation opératique
de la pièce de Pouchkine par Rimsky-Korsakov.



A l'enterrement de Mozart, Salieri fut l'une des rares personnes présentes. Ensuite il s'évertua à faire connaître sa musique, dont il avait, avec Joseph Haydn, reconnu le véritable génie.

Le livret de Cosi fan tutte de Lorenzo Da Ponte avait tout d'abord été présenté à Salieri qui en composa quelques numéros, avant de devoir abandonner (sans doute avait-il trop de travail). Ce fut finalement Mozart qui composa l'œuvre que nous connaissons. Il en va de même de la composition de La Clemenza di Tito, proposée préalablement à Salieri qui le recommanda à Mozart.



Ce compositeur retrouve, aujourd'hui, une place plus conforme à son œuvre. On redécouvre avec bonheur des pièces comme les extraordinaires XXVI Variations sur La folia di Spagna (1815), pour orchestre et violon solo. Il s'agit de l'une de ses dernières œuvres, dont on ne peut sous-estimer la valeur et l'innovation : on ne trouve aucun autre cycle de variations orchestré d'importance avant Brahms (Variations Haydn)...

Son opéra L'Europa riconosciuta fut joué lors de l'inauguration du théâtre lyrique de Milan, La Scala le 3 août 1778. Il l'a été à nouveau lors de la réouverture après travaux de la Scala le 7 décembre 2004.
L'opéra comique La grotta di Trofonio a été donné à l'Opéra de Lausanne, les 6, 9, 11, 13, et 15 mars 2005 par Les Talens Lyriques dirigés par Christophe Rousset. (Un CD est sorti chez le label Ambroisie.)
La mezzo-soprano Cecilia Bartoli a consacré un enregistrement chez Decca, constitué d'airs extraits d'opéras, et effectue avec ce programme une tournée européenne. La soprano-colorature allemande Diana Damrau a également enregistré sur un album récent, intitulé Arie di Bravura, plusieurs airs de Salieri, extraits notamment de Semiramide, La Finta Scema, L'Europa riconosciuta, ou encore Cublai, gran Khan dei Tartari.





L'extraordinaire Salieri de Fahrid Murray Abraham, les poings serrés, la face ensemble ahurie et concentrée devant les représentations des Noces ou Don Giovanni, dans la pénombre anonyme de sa loge, c'est l'intense déchirement d'un élu floué par son dieu, comme si ce Salieri-là, pétri du péché de l'envie, avait la conscience d'être témoin d'un miracle volé.

21/09/2008

21/09/08 - 17:49

Poésie dominico-vespérale.

Je rentre, effectivement, d'une promenade dominicale, sous ce soleil glacial, je m'enfourne dans le gosier une part de cake à mille milliards de calories, et voilà-t-y pas que la nana qui sert de speakrine sur France-Musique me dit : "C'est dimonche, et vous rentrez pét-être d'un promenad avecque les zonfants, ou bien vous étiez à la pêche..." avec un accent de sémaphore tchécoslovaque.

Mais d'où elle sort, celle-là ? D'où j'emmerde les poissons le jour du Saigneur, moi ? D'où j'ai une ribambelle de lardons (qui, d'ailleurs, à cette heure-ci, n'auraient toujours pas fait leurs devoirs) ? Elle peut pas s'adresser à tout le monde un peu, la coincée du cul préposée à désannoncer l'andante sostenuto ?
Est-ce que sur Radio-Pédé, on désannoncerait en disant "C'est dimanche les filles, et vous congédiez sans doute votre plan cul avant de reprendre le collier du "Fucking Blue Boy Bar" demain soir : écoutons Mozart" ?

Connasse.

21/09/08 - 16:05

Mozart par cinq.

Aussi loin que puisse remonter ma mémoire, je crois bien que ça a commencé avec la symphonie dite "Jupiter", une face de cassette pour chaque symphonie, A n°40 et B n°41. L'illustration, c'était cet étonnant tableau de Ingres, le trône calé sur une nuée, des biscottos bien ronds, un Jupiter au poitrail énorme, Thétis calmant son courroux à ses genoux - j'ai longtemps cru que c'était Junon, mais quand j'ai connu Junon, j'ai compris que ça pouvait pas être le genre de nana à supplier qui que ce soit - bref, je m'égare.




Enfin déjà j'étais homosexuel à l'époque, parce que ce Jupiter, fouhlala, je lui en dois, des suées bandantes. J'aurais presque la nostalgie de ces cassettes EMI, à l'emboîtement rouge pétant. La Flûte enchantée ensuite, "dizobèrfleuteu" comme dit Michaël, qui faisait Allemand option radiateur à l'époque. Une cassette chère, 45 francs, toute neuve acquisition de ma mère. DG, Karajan, Highlights, je sais, j'ai encore l'enregistrement. Rien que La Flûte enchantée, mais à fond les ballons. L'ouverture, rien que l'ouverture pendant très longtemps. Et puis un jour j'ai écouté "Ach, ich fühl's", et j'ai appris à pleurer en écoutant de la musique. Même éditeur, même chef, le Requiem, gigantesque, solennel, effrayant. Avec cet interminable Tuba mirum dans la voix de Van Dam.
Rien que ça, pendant très longtemps. Pendant des années, Mozart, pour moi, ç'a été ça. Puis Don Giovanni, par le film de Losey, ces scènes hypnotiques, quelque chose qui me tirait de l'enfance.

Et puis bon, ensuite, je ne vais pas tout te raconter, hein, invraisemblable Lecteur. Je me suis lancé de coffret d'opéra en disque d'airs de concerts, de livret en représentation au Théâtre du Capitole (dont une Flûte carton-pâte scandaleuse, une insulte à mes souvenirs d'enfant), de versions modernes en trouvailles antiques chez des disquaires aujourd'hui à la retraite. Les concertos pour piano, pour clarinette, pour flûte et harpe ou autre cor, les duos violon & alto, d'autres symphonies, etc. Les Cassations, les Divertimenti, la musique de chapelle, les partitions maçonniques, des trucs improbables disponibles par l'intégrale à 99 €.

Relativement récemment, l'homme que j'aime m'a fait connaître les soirées chez les Jacquin (on s'y croirait, chez ces braves gens, merci Gilles Thomé !), les premiers opéras pour les castrats vénitiens, le génialissime Mitridate, re di Ponto, bref, Mozart, je pensais maîtriser un chouïa.

Et voilà-t-y pas qu'en vieillissant d'un an, je tombe sur les quintettes.




Des quintettes par un quatuor, je sais, ça va vous paraître suspect si vous savez compter en latin. Il suffit d'ajouter la clarinette de Bohuslav Zahradnik (sans faute : les consonnes, ça m'a jamais fait peur) et l'alto de Karel Rehak, et y a même la place pour que le sixième mange une viennoiserie en attendant la fin du si bémol majeur (celui qui suit, pour clarinette, j'avoue que je le connaissais déjà).
Et puis si vous vous demandiez comment on passe de Cosi fan tutte à la musique de chambre de Beethoven (ben si, vous vous le demandiez forcément), vous avez la réponse en trois cédés. De rien.

20/09/2008

20/09/08 - 21:43

L'histoire du boucher.

- Tu veux que je te raconte quelque chose de rigolo ?
- Ouais.
- T'as le temps ?
- Mouais-ouais, vazy.
- Bon. Tu sais, comme il faisait froid, je voulais faire un pot-au'f. Ton père, je lui en avais parlé, il était ravi, en revenant d'Albi, je me suis dit, tiens, je vais m'arrêter à B**. Tu connais B**, hein, c'est joli comme tout ?
- Ouais, c'est vachement joli B**. C'est à côté de G** ?
- Voilààà ! C'est mignon comme tout, ils ont réaménagé la route, bref. Donc avec ton père on s'arrête, on se gare sur le petit parking avec les platanes, là, tu sais, et puis bon : y avait personne, morne plaine. Je me dis quand même, c'est bien le diable si je trouve pas une boucherie d'ouverte. Je vois une belle boucherie, avec les carrelages sur la façade et tout, je rentre, dling-dling, le père et le fils. Tu sais comment ils sont : râblés, petits, des rugbymen, avec des têtes d'aveyronnais. Je dis bonjour messieurs, est-ce que vous auriez de la joue pour un pot-a-feu. Et là, je sens un silence imperceptible, un dixième de seconde, et il me dit, le fils, "Non", comme Thomas quand il essayait de piquer des sucres, petit. Je me dis bon. On sort, au revoir messieurs, et sur le seuil, en refermant la porte vitrée derrière moi, je dis à ton père, hébé tiens, il peut se la garder et s'étouffer avec, sa joue - parce qu'il en a, et il veut pas me la vendre. Bon, je vais à une autre boucherie plus loin, je rentre pareil, et là, les gens plus naturels, ils me disent qu'il n'ont pas de joue, qu'ils en ont que sur commande l'été, parce que c'est plutôt pour l'hiver, tout ça...
- Hé oui...
- Oui, c'est vrai, c'est plutôt un plat d'hiver, mais tu sais, on n'a pas eu chaud, ce week-end, hé. Bon, bref, ces gens, très gentils, m'expliquent qu'ils n'ont pas de joue, au revoir messieurs-dames, et puis voilà. On retourne à la voiture avec ton père, j'ouvre la voiture, et là, ton père me dit regarde, et là je vois le premier boucher, le père, qui me court après, en agitant son tablier, en faisant de grands signes, en criant "Madaaaame, madame ! J'en ai de la joue, j'en ai !" Ton père et moi on était morts de rire. Alors on y est allés : tu parles, il a réfléchi, il a dû dire à son fils, on va se retrouver avec trois kilos de joue demain, il faut lui vendre à celle-là !
- Tu leur as pas dit "Tiens, vous en avez finalement ?" ou un truc comme ça ?
- Non tu sais, j'ai fait la conne, je suis gentille, je lui ai répété dix fois "Oh hébé vous me rendez bien service, hé" pour le mettre un peu mal à l'aise, et puis c'est tout. Ton père après dans la voiture, il en pouvait plus, il se marrait comme pas possible ! Enfin voilà, j'ai fait un pot-au-feu, du-ton-ner-re !

17/09/2008

17/09/08 - 17:31

Edvige, Marcello et moi.

Quand j'ai commencé à m'émanciper un peu du giron familial, j'ai fourni mes coordonnées à une banque, à mes employeurs, à des connaissances pas forcément intimes. J'ai fait et fais encore partie d'associations relativement peu recommandables, parfois politisées et donc cataloguées, fichées et filmées par les préfectures. Je suis entré dans la Fonction publique d'Etat par la grande porte de la Tradition républicaine, Tradition qui ne manque pas de centraliser chez les RG les informations concernant ses serviteurs. J'ai alors lu le Code de la Fonction publique comme on dévore un roman d'espionnage : je ne conseillerai jamais assez cette saine lecture à tout candidat aux concours.

Je me suis ensuite abonné à des journaux, des magazines, des sites politiques ou pédésexuels, des niouzeléteurs de gauchistes trotsko-zapatisto-anarcho-syndicaliste, j'ai dû mentionner sur des hébergeurs académiques de quoi me joindre ou me trouver. J'ai donné à de grands marchands mes adresse postale, compte bancaire, escalier et sonnette. Mon nom est dans l'annuaire, sur ma boîte aux lettres et sur l'interphone de l'immeuble, et dans quelques dizaines de fichiers clients, très probablement.
Le Trésor public et ma banque sauront presque tout sur moi s'ils se mettent un jour à vouloir bosser ensemble. La Police, si elle confisque un jour mon pécé, y trouvera les pires choses : pornographie hétéro et homo, textes appelant à pendre le dernier patron avec les tripes du dernier curé, des compilations de Nana Mouskouri, voire des airs de Donizetti chantés par Edita Gruberova.

Si un jour je vis une journée un peu particulière, je ne serai tout simplement pas étonné.

17/09/08 - 16:58

Les uns et les autres.

Je ne ferai pas à l'eau-forte le portrait de cet oncle, qui progressivement se calcifie en vieillissant et se coupe de tous les siens, un à un. Son fils m'a cet été confié s'ennuyer en sa compagnie.
Je l'admirais, plus jeune. Désormais, je suis bien obligé d'avouer qu'il me consterne. Grand fonctionnaire donneur de leçons, haut-parleur de village, cultivé mais étouffant, voyageur mais pressé, autodidacte mais chiant comme un prof, sa cavale est cacophonique, désorientée, et il a perdu son chemin depuis longtemps. Comme dit ma mère, il aura le sous-préfet et moi à son enterrement, et ça lui fera une belle jambe, à cet imbécile. Au contraire de sa cadette, qui aborde la soixantaine avec une admirable sagesse, il n'est réconcilié ni avec son enfance (tragique), ni avec sa vieillesse (à soixante-cinq ans, faudrait avoir appris à ne pas se prendre au sérieux).


J'ai rencontré Serge il y a cinq ans. Serge connaît les mots et il est sans doute celui qui a commencé à m'apprendre à me taire. Il est aussi celui qui m'a dit que ce que je lisais dans le regard des élèves n'était pas une hallucination personnelle. Quinquagénaire resplendissant, crinière blanche et accent toulousain assis, il avait quitté l'Education nationale dans les années 1980 pour aller former les gens du privé ; il y est revenu à la fin de sa carrière, cinq ans avant la retraite, pour éprouver ce qu'était devenue la relation d'enseignement à l'orée du XXIe siècle. Parallèlement, il a mené sa petite carrière dans les théâtres de Toulouse et du Nord de la France. Progressivement, ils ont acheté trois ou quatre petites maisons délabrées avec Gilles, qu'ils ont retapées au rythme des rentrées d'argent.
Ils vivent dans ces labyrinthes, cuisinent les myrtilles, s'absentent souvent pour Toulouse, Paris ou le Maroc où Serge a enseigné, il y a trente ans. Gilles a chanté dans les cabarets parisiens, coupé du bois au Canada, écrit des contes pour enfants. Ils se croisent chez eux, s'isolent dans une mansarde pour déclamer, écrire, se retrouvent pour se promener dans les prés salés de la Somme, faire du feu, boire du thé ou écouter Brassens.

17/09/08 - 16:21

Le même ennemi.

J'adore R**.

Nous avons été nommés ensemble dans cette invraisemblable région ; lui venant du Sud huile d'olive, moi du Sud graisse d'oie. Nous partageons beaucoup, comme des amis qui se sont reconnus au premier contact.
Il est devenu papa, il a acheté une maison, il ne vieillit pas toujours très bien, mais rien ne nous a éloignés.
Venant d'une formation philosophique de haute tenue, il force mon respect et mon admiration par la pénétration de ses analyses politiques, stratégiques, le plus souvent informées et nuancées. C'est ce qu'on appelle un homme de gauche, un humaniste, qui s'est un temps politiquement et syndicalement engagé. En outre, c'est un grand lecteur, et un cinéphile mordu, et un hôte élégant.
Collègue de salle des profs, compagnon de promenades picardes, complice des conversations et des silences, soutien des heures tristes, compère des rigolades. J'ai élaboré avec lui un long silence à la sortie du Pianiste. Je lui dois des fous-rires spontanés, sans cause manifeste, qui plongent toujours sa chère et tendre dans une souriante perplexité.

Les mûres de septembre, les châtaignes avant l'hiver, les girolles des étés orageux. Quelques bouquets de fleurs, aussi, parfois.

Pourtant, chaque film, chaque livre, chaque article de presse, chaque émission de radio évoquant qui le thème de l'intégration sociale des gays et des lesbiennes, qui la problématique des genres, qui les aspects de la critique sociale formulée depuis des prises de positions militantes, l'union, l'adoption, etc. tout cela m'a toujours été renvoyé, comme une gifle paternaliste, discrète et distraite, qui rappelle l'enfant des bonnes familles aux règles élémentaires des politesses bienséantes. L'on est prié de ne pas dire de gros mots devant les enfants.

Or, il y a dans ces conversations soudain un flux qui s'interromp, une estafilade dans la chair, un écoeurant fossé qui bée brutalement, un coup de jarnac qui nous met hors-jeu, quand ils repoussent une remarque d'un revers de main, décrétant que, n'étant pas responsable d'une famille, n'ayant pas d'enfant, ne subissant pas l'écrasant Devoir matrimonial, n'étant pas de ce club qui aimerait siffler les filles à gros seins, on ne saurait avoir voix au chapitre. C'est immédiat, indiscutable et systématique. Subitement on est le mineur ils sont le majeur, on est l'exception ils sont la règle, on est la mouche ils sont le coche, on devrait se cacher ils s'exposent, on devrait se ranger ils passent, on devait se taire ils parlent.

Et lorsque, excédé par sa réaction, je proteste de l'hétérocentrisme de ses propos ou de sa réaction, je me vois ipso facto rangé dans le camp des pisse-vinaigres qui ne pensent qu'à leur nombril, et avec qui l'on ne peut même plus plaisanter, pfff, franchement.

15/09/2008

15/09/08 - 20:51

Post où l'on se fait détester.

Pendant mon adolescence, dont je ne nourris pas une seule seconde la nostalgie mouillée, j'ai subi les lazzi de mes camarades qui croyaient viril de se saouler au gin pas cher ou au mauvais whiskey. Ils ont passé des années à tenter de me persuader que je trouverais mon bonheur au fond d'une bouteille de vodka. Je n'aime pas la vodka. Je n'aime pas le whiskey (ou alors très cher, ma chérie), ni les alcools blancs en général, ces choses tirées de bois ou de légumes, qui déciment les paysans dans la toundra depuis des siècles.

Les seuls alcools dignes de ce nom sont tirés des fruits, et singulièrement du raisin, symbole de la civilisation. Mais je n'ai jamais beaucoup aimé les vins blancs, parce qu'ils ne m'aiment pas. Ils sonnent tout de suite dans ma tête comme une pièce pour percussions de Boulez. Dans mon enfance, une mémé me donnait un coup de blanc avec un petit gâteau, lorsque j'allais toquer au carreau, le dimanche : j'étais bien entendu saoulé, et ma mère hilare.

Je suis né en plein dans ces vignobles dont on a dit beaucoup de mal pendant longtemps et qui, depuis une quinzaine d'années, ont cessé d'alimenter les cuves crapuleuses des négociants bordelais et embauché pour eux-mêmes des chimistes qui ont fait un excellent travail. C'est encore avec un rien de bravade dans l'oeil que je conseille un Gaillac, un Corbières - pire, un Madiran. J'aime ce tanin aussi rêche que riche, glaiseux de glèbe, ce rouge épais, profond comme le sang, gras, presque pâteux. Je ne bois que cela sur un foie gras, insondable lecteur, je te le conseille amicalement.

Bien sûr, quelques Bordeaux forestiers, légendaires - Pomerol est mon favori, j'ai trop souvent été trahi par Saint-Emilion ou même Margaux. Immanquables Bourgogne - ô le souvenir d'un Aloxe-Corton aussi délicieux que la compagnie qui s'en délecta. On m'a initié au Saumur, aux vins de Loire, que j'associe, pour leur légèreté et leurs fruits parfois verts aux inégaux côtes du Rhône.

Mais il y avait quelque chose que je me refusais à cautionner, même au prix d'une mauvaise foi éhontée, même au prix d'un aveu d'inculture crasse : je n'avais jamais bu de bon alsacien. Trop verts, hâves, acides, sans relief : bons à récurer l'argenterie. Souvent. Du vin d'un pays sans soleil, un contresens, une hérésie.

Mais le Grand Cru Kitterlé 2004 en Riesling des domaines Schlumberger (68500 Guebwiller) est un miracle superbe. La robe est d'un jaune solaire, huileuse, et je vous laisse profiter du reste.

14/09/2008

14/09/08 - 17:32

Y sont forts, ces zaméricains.



Evidemment, ils ne manqueront pas, ceux qui vous diront que c'est de la soupe cinématographique, que c'est tout sauf du cinéma, que c'est encore un coup de pub planétaire éhonté, que c'est le grand actor's studio qui n'invente rien, que c'est l'Hollywood du show-business et rien d'autre, que c'est une vampirisation scandaleuse du music-hall, que le scénario, cousu de fil guimauve, est tarte, etc.

Mais de Fred Astaire à John Travolta, vous le tournez comme vous voulez, le talent, ça ne se discute pas.

Les numéros de Meryl Streep et de Pierce Brosnan, deux splendides quinquagénaires penchant vers la soixantaine, sont bluffants, un point c'est tout. La reprise en direct de l'album Gold d'Abba est réussie.
Il faut voir Meryl Streep, en grand écran, au bord d'une falaise, jouant avec une étole de tulle rouge et le vent côtier, chanter The Winner Takes It All à Pierce Brosnan de dos, alternant une voix brisée, parlée, le souffle coupé, et les cris rageurs des grands aigus qui terminent cette chanson. C'est facile, j'ai pleuré pendant quatre minutes cinquante six.

Les chorégraphies collectives avec les vieilles grecques apportent à cette excellente comédie musicale ce qu'il faut de second degré, qui illustre combien ce film qui ne se prend pas au sérieux se veut d'une ravissante naïveté. Franchement, ça fait un bien fou.

Et puis Colin Firth, y a pire, en trader gay.

11/09/2008

11/09/08 - 08:41

Christine Lagarde, retourne au CM1 !

... "des arbitres dans des tribunal* arbitraux" !

10/09/2008

10/09/08 - 17:23

La touche étoile.

J'ai pris conscience il y a quelques jours que ma mère, sans le réfléchir complètement j'en suis sûr, avait re-enregistré l'annonce du répondeur téléphonique, en mentionnant toujours : "Bonjour, vous êtes bien chez la famille Untel, nous ne sommes pas là pour l'instant, mais..." etc.

Cette idée est évidente, et pourtant factuellement incongrue : ils ne sont pas les seuls à habiter la maison, les seuls résidents officiels. J'ai quitté définitivement mes parents à 21 ans, mon frère également. Voilà des années que nous retournons avec une grande régularité auprès d'eux dès que nous atteignons nos congés, avec un insondable plaisir, mais de fait nous n'habitons plus avec eux depuis des années. Dix ans d'ailleurs cette année me concernant.
Je me fais maintenant la réflexion que si, comme mes petits camarades, je m'étais flanqué de femme et enfants, je parlerais, moi aussi, de "famille Untel" sur mon répondeur téléphonique. Aujourd'hui est mon anniversaire. Ils m'ont tous les trois téléphoné en moins d'une heure, comme on trace un cercle.

Je décèle autre chose dans ce lapsus. Une parole banale qui traverse l'éloignement géographique, nos âges respectifs, des mots du quotidien qui traduisent l'ineffable unité de l'amour.

08/09/2008

08/09/08 - 20:14

J'avais déjà deux heures de Quatrièmes dans les pattes. Maupassant au taquet.

Je venais de faire asseoir les Sixièmes et de faire passer un polycop d'exercices un peu variés, un peu amusants, sur les relations sémantiques et les registres de langue : synonymes argotiques, tournures élégantes, antonymes de sens et antonymes de formes ("bienveillant" est l'antonyme de forme de "malveillant", mais l'antonyme de sens de "nuisible", par exemple) etc. Mise en jambes pour les petits, la grammaire en s'amusant, avec des gros mots, ils adorent ça. J'ai ouvert l'armoire qui recèle les mini-Robert sous clef, et j'ai accepté qu'Untel et Unetelle distribuent les dictionnaires. C'est ça qui est chaque année ravissant avec les Sixièmes, ils sont partants pour tout. Même l'épouvantail poussiéreux "Dictée" les fait triper. J'admire certains instits. Pas tous, que ce soit clair. Le polycop circulait, les serre-tête éternels des éternelles petites filles sages s'ajustaient, les trousses neuves crissaient de la fermeture, les cahiers de textes alignaient scrupuleusement leurs angles à anneaux métalliques aux angles des tables des années 1980, les premières pages du grand cahier grand format spécial réclamé par les collègues psycho-rigides se cornaient de leur première ouverture où mon propre nom était déjà fleuri au stabilo ; et je les admirais partir vaillamment à l'assaut des nuances de sens, des définitions imbitables du Robert même miniaturisé, des confusions criminellement entretenues par les quelques rares instits qui n'ont toujours rien appris des tombereaux de bouquins sur l'enseignement des catégories de la langue ("Meusssieeeur, synonyme c'est que ça s'écrit pareille mais que ça se preunonce pas pareille ?"), etc.
J'entendais le grattement des plumes, je les voyais, imitant gravement les adultes, les yeux au ciel pour trouver la réponse dans les faux-plafonds, le stylo nerveusement mâchonné pour savoir s'il fallait souligner la consigne, le front dans les mains devant le cas de conscience du siècle (Faut écrire en noir ou en bleu ?), les yeux parcourant les exercices au suspense hitchcockien (Alors, soutenu ou familier, la délectation ?). Je me suis accroupi à la table de Rémi, qui me demandait, en lisant la consigne sur le tableau à trois colonnes, s'il fallait faire un tableau à trois colonnes.

Dehors, il faisait un matin à peine frais, je n'avais pas serré mon manteau en venant. La fenêtre de la classe donnait sur le préau.

06/09/2008

06/09/08 - 13:50

LA CHEVRE


Personne ne lit la feuille du journal officiel affichée sur le mur de la mairie.
Si, la chèvre.
Elle se dresse sur ses pattes de derrière, appuie celles de devant au bas de l'affiche, remue ses cornes et sa barbe, et agite la tête de droite à gauche, comme une vieille dame qui lit.
Sa lecture finie, ce papier sentant bon la colle fraîche, la chèvre le mange.
Tout ne se perd pas dans la commune.


Jules Renard, Histoires naturelles, 1896.

05/09/2008

05/09/08 - 20:54

Le 5 septembre, je me pèle les noix. C'est un scandale.

C'est la saison des vieilles te-chat tyroliennes.

 

"Nous vivons à une époque de surmenés sans éducation, à une époque où l'excès de travail rend les gens parfaitement stupides."
(Oscar Wilde)





E tu... Come sei pallida ! E stanca, e muta, e bella.
Pia creatura nata sotto maligna stella.
Fredda come la casta tua vita...
E in cielo assorta.
Desdemona ! Desdemona !



Oh refrigerio ! La marina brezza !
Il mare ! Il mare ! quale in rimirarlo
Di glorie e di sublimi rapimenti
Mi si affaccian ricordi ! Il mar ! Il mar !
Ah perché in suo grembo non trovai la tomba ?

De grâce demeurez...

Ange adorable
Ma main coupable
Profane en osant toucher
La main divine
Dont j'imagine
Que nul n'a droit d'approcher
Voilà je pense
La pénitence
Qu'il convient de m'imposer
C'est que j'efface
L'indigne trace
De ma main par un baiser



Marchez dans mon chemin
Et prêtez-moi
L'appui léger de votre main,
A deux nous aimerons davantage le monde,
Le temps sera plus court, la moisson plus féconde,
Les maux dont geint l'humanité
Ont besoin de la femme et de sa charité
Allons vers l'Idéal
Montons à grands coups d'aile !
Soyez mon épouse fidèle...

Lol ne faisait-elle pas une fin de son coeur inachevé ?
M. Duras.

La lucidité est la blessure la plus proche du soleil.
R. Char.

Toute la place pour la beauté.
R. Char.


On a mal observé la vie si l’on n’a pas vu aussi la main qui, avec mille ménagements, assassine.
Friedrich Nietzsche,
Par delà bien et mal, aph. 69.

Vous avez des idées à la mode, mais qui sont sans valeur.
Sagan.
Bonjour tristesse


On ne pose que les questions auxquelles on a déjà la réponse. C’est d’ailleurs le principal obstacle à la communication.
Lacan.

« Mais tout de même, quand une tradition est aussi ancienne…
— Eh bien elle meurt de vieillesse, tiens ! »
Romain Bouteille

La connaissance aurait peu d’attraits, s’il ne fallait, sur son chemin, vaincre tant de pudeurs.
Friedrich Nietzsche,
Par delà bien et mal, aph. 65.

Ils se contentaient de si peu, ils avait si peu de colère.
Louis Aragon.

Je répandrai sur les montagnes des morceaux de votre chair,
et je remplirai les collines de vos membres ensanglantés.
J’arroserai la terre de votre sang noir et pourri le long des montagnes,
et les vallées seront remplies de ce qui sera sorti de vous.
Ezéchiel, XXXII, 5-6.

“Il y a la merveilleuse phrase d’Aristote répondant à la question : “Qui est citoyen ? Est citoyen celui qui est capable de gouverner et d’être gouverné.” Y a-t-il quarante millions de citoyens en France en ce moment ? Pourquoi ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner. Elle vise à les convaincre qu’il y a des experts à qui il faut confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s’habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à suivre des options que d’autres leur présentent ou à voter pour elles. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques.” (Cornélius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance).

Je dispose de plusieurs chemins que j'aime également et que je choisis tour à tour selon la couleur du ciel ou la couleur de mon âme.
G. Duhamel.

"C'est à l'intérieur de moi-même que le temps s'écoule. F. Mitterrand.
F. Mitterrand.

Il est bon de traiter l'amitié comme les vins et de se méfier des mélanges.
Colette.





"La poésie c'est un truc de pédés, moi je lis Placid et Muzo !" (Le Régent).



Kiri Te Vendredi, Dimanche Kanawa.