Amour bébête, what the fuck?
Partout, l’heure d’hiver s’est abattue comme la sonnerie d’un réveil. La nuit est tombée sur leurs yeux grands ouverts. Tristesse et constat des abandons médiocres, des menues frustrations. Impossible de traîner les pieds dans les feuilles de platane. Tout est balayé. La pluie discontinue révèle à ces millions de gens leurs millions de courses illusoires et solitaires. Et le vent glacé s’engouffre entre les tours de la Bibliothèque comme une pensée sombre leur traversant l’esprit.
Dans les night-clubs de la ville, c’est la même conscience. Les mêmes masses et le même mouvement erratique. Les sourires succèdent au moues et les débris de verres poisseux aux merdes des chiens. Murs noirs, murs blancs, battements assourdissants, looks sur-étudiés, torses sculptés, idioties à l’oreille. Qu’il est absurde de danser ! Quel est ce motif incroyable qui les pousse à monter sur le podium ? Qu’ont-ils à montrer ? à promettre ? Qu’attendent-ils de la vie, tous, à l’arrêt sous les devantures des boutiques quand les cordes qui tombent simulent mille pendaisons ? Une accalmie ?
Et moi, je veux lui faire des enfants. Hi hi hi. Ouh là là là là.
"... quand, furieux, inaltérables et tendres, vos rêves inondaient ce premier matin de novembre." (La Rumeur)
01/11/04 - 13:01
Tout ce qu'ils veulent en dansant, c'est s'oublier.
pyram