Don’t ever dare tell me all that bullshit about the fall shit!
C’est marrant, j’enrage quand j’entends parler des saisons comme dans les rédactions des classes de primaire « Quelle est votre saison préférée et pourquoi ? » En CE2, j’étais snob au point d’expliquer que c’était l’automne, ma saison préférée. Je me souviens avoir écrit qu’on pouvait se mettre sur le balcon et regarder les feuilles tomber et lire des livres. Je ne l’avais jamais fait, je n’allais jamais sur le balcon, je ne lisais pas, je regardais par la fenêtre de ma chambre et ma chambre donnait sur le parking du G20 (c’était peut-être encore Félix Potin à l’époque).
Ma stratégie d’entrée dans l’âge adulte, ça a été de nier les clichés, les préjugés, les lieux communs, et le discours populaire sur les saisons était un tissu de ça. J’ai été pour la primauté de l’urbain sur la nature et j’étais fier de sortir de chez moi sans avoir la moindre idée du temps qu’il ferait dans la journée. Des années de rhume.
Là, sur le JdI, j’ai lu un truc du genre « j’aime l’automne pour les balades en forêt et les châtaignes » et j’ai eu des envies de meurtre. Surtout que, comme par hasard, le but final de l’article était de parler de sagesse. Je hais la sagesse. Oh putain.
Comme j’essaye de ne jamais oublier d’en faire des tonnes sur le fait que je suis plein de contradictions comme chacun de nous, je mets ci-dessous un joli poème sur l’automne d’un poète que j’aime beaucoup (j’adore, là, comment il arrive à mettre du meurtre, du sang et de la mascarade religieuse dans une comptine pour enfants).
Ted Hughes
1930-1998
From Season Songs (1976)
LEAVES
Who’s killed the leaves?
Me, says the apple, I’ve killed them all.
Fat as a bomb or a cannonball
I’ve killed the leaves.
Who sees them drop?
Me, says the pear, they will leave me all bare
So all the people can point and stare.
I see them drop.
Who’ll catch their blood?
Me, me, me, says the marrow, the marrow.
I’ll get so rotund that they’ll need a wheelbarrow.
I’ll catch their blood.
Who’ll make their shroud?
Me, says the swallow, there’s just time enough
Before I must pack all my spools and be off.
I’ll make their shroud.
Who’ll dig their grave?
Me, says the river, with the power of the clouds
A brown deep grave I’ll dig under my floods.
I’ll dig their grave.
Who’ll be their parson?
Me, says the Crow, for it is well known
I study the bible right down to the bone.
I’ll be their parson.
Who’ll be chief mourner?
Me, says the wind, I will cry through the grass
The people will pale and go cold when I pass.
I’ll be chief mourner.
Who’ll carry the coffin?
Me, says the sunset, the whole world will weep
To see me lower it into the deep.
I’ll carry the coffin.
Who’ll sing a psalm?
Me, says the tractor, with my gear-grinding glottle
I’ll plough up the stubble and sing through my throttle.
I’ll sing the psalm.
Who’ll toll the bell?
Me, says the robin, my song in October
Will tell the still gardens the leaves are over.
I’ll toll the bell.
19/09/05 - 16:13
J'aime l'automne car cela fait "splochk-splochk" dans mes bottes...
evrat