31/03/2005Je crois que c'est gagné, je sens comme un début de somnolence qui me gagne, ouf dodo, bonne nuit à tous les décalés du sommeil ;) 30/03/2005En lisant sur GA les débats sur le référendum de la constitution européenne, je me suis dit que ce que je cherchais réellement, c'était de trouver une seule raison pour se passionner pour "ça"... Moi qui aimais tant la politique...Je viens seulement de comprendre : L'Europe n'est pas en cause : ça s'est poduit insidieusement mais je ne m'interesse plus à rien, rien du tout... Je ne lis plus, je vais peu au cinéma, mes élèves m'ennuient, Ptimari est transparent, je ne le vois plus. Un peu comme une mort clinique, avec un cerveau qui continue de penser mais qui se gaspille, sans but précis, sans objectif.
28/03/2005Je n'ai pas aimé faire cette déclaration d'impôts. Qui eut cru que je regretterais un jour de ne plus payer de pension alimentaire. Je n'ai pas aimé cocher définitivement ces cases. Chacun de ces actes administratifs est comme un livre qu'on referme à jamais. Je ne suis pas prêt à le refermer. Quand on sait qu'on ne travaille pas le lundi, l'insomnie est loin d'être gênante... La nuit ressemble à une journée supplémentaire qui s'ouvre devant moi, c'est du temps de gagné sur la mort.
Si je pouvais, je me ferais définitivement vacciner contre le sommeil. Le problème, c'est Ptim, mais comment fait-il pour dormir tant ? J'ai tout essayé, le café, l'alcool, le mélange des deux, rien n'y fait, son premier baillement se produit invariablement vers 21 heures. Hier soir, il a fait fort, il a tenu jusqu'à trois heures trente, je crains que le prix à payer pour ce record ne soit une semaine d'hibernation totale. Heureusement, j'ai de la lecture. Je m'en doutais, je devrais le tromper plus souvent, c'est toujours dans ces moments-là que je réalise combien je tiens à lui, finalement. 26/03/2005Je retire tout ce que j'ai dit de méchant sur le mourant Papounett', ça a du bon ces week-end de trois jours, je veux Pâques toutes les semaines, moi. Je suis prêt à me convertir... 24/03/2005MétéoVigilance cyclonique sur l'ile de la Réunion, il est temps de clouer solidement les volets des cases.
23/03/2005PapeMes parents étaient très pieux. Ils ont longuement tenté de me contaminer, tout au long de mon enfance, mais j’ai résisté du mieux que j’ai pu.
Pourquoi je repense à ça maintenant ? Sans doute à cause de ce satané pape qui n’en finit pas de mourir. Si les catholiques avaient une once d’humanité, ils le débrancheraient bien vite, le Papounet, histoire d’abréger ses souffrances. Mais non, chez les chrétiens, on n’abrège pas, monsieur ! On laisse souffrir jusqu’au bout. Comme « Jésus » sur sa croix, la souffrance y’a que ça de vrai, ça a de la gueule, ça, la souffrance, monsieur....Et puis c’est photogénique, record d’audimat garanti, le fond de commerce de l’église. Je bave et je souffre en direct pour racheter vos péchés... miam, combien de bigotes culottes humidifiées rien qu’à cette jouissive pensée ?
Abréger sa vie est un crime. Dieu, sur son nuage est très colère et vous refuse l’entrée de son joli paradis bleu. Qui se suicide ne connaîtra jamais la joie de forniquer les petits angelots joufflus qui gardent l’entrée du ciel. C’est ce qu’on m’apprenait quand j’étais petit dans mon école de prêtres.
Quand mon fils est mort, ma mère, qui est très croyante, m’a avoué, presque honteuse, car elle connaît mes opinions, qu’elle voulait faire « dire des messes » à son intention. Je l’ai rassurée en lui expliquant combien son geste me touchait, enfin, pas le geste, l’intention. Et c’était vrai. Elle m’aurait demandé la permission de lui faire tatouer des crucifix à titre posthume, ou des plumes au cul en forme de sainte vierge, que je lui aurais fait la même réponse. Quand plus rien n’a d’importance, sauf l’amour des gens qu’on aime, on ne mégote pas, tout le reste est accessoire.
Ptits bobos quotidiensJe ne coagule plus assez. Enfin pas moi, mon sang. Trop d'anti-coagulants, m'a t-il dit, il faut juste changer le dosage. Si je me cogne à un pare-brise, je vais peut-être m'écraser en une grosse flaque rouge, comme un moustique.
On va me couper l'eau dans 48 heures, ça fait trois mois que je ne paie pas le loyer, pas par manque d'argent, juste pour faire chier la proprio qui refuse de faire nettoyer les immondices en bas. Je crois qu'elle n'a pas le droit de faire ça, toute façon, je ne cèderai pas, je suis une vraie mule quand je m'y mets, j'irai me laver chez les voisins, on fera connaissance.
22/03/2005« Trouver un sens à sa vie »... C’est une expression. Une formule mal foutue, trop entendue. Une formule qu’on emploie en général au futur, qu’on utilise plutôt quand on est jeune en parlant de son avenir. Puis on vieillit un peu et à «l’heure des bilans », (encore une formule), on se dit qu’il serait plus sage de trouver un sens à sa mort, de commencer à y penser, tout au moins, le temps avance si vite... Et on se retrouve confronté au même vide : Et si la mort n’avait pas plus de signification que la vie ?
Les poissons rouges dans l’aquarium ne se posent pas ces questions, et si le but ultime, c’était de tendre vers la sagesse du poisson rouge ?
Quand j’avais dix-sept ans je suis passé complètement à côté de la philosophie, car « Au bon coin », le bistrot en face du lycée, le patron avait investi dans un flipper dernier modèle sur lequel j’étais expert, et puis je n’aimais pas la proffe de philo qui ne parlait que de la mort et de choses ennuyeuses, et qui avait mauvaise haleine. Enfin, bref, j’étais peut-être trop immature pour supporter ses radotages. Alors à son cours, je n’y suis pas allé de l’année. Trente ans plus tard, je constate le manque : Je ne suis pas armé pour répondre aux questions sérieuses, ni même pour me les poser. Je ne peux que constater ma douleur, comme un animal blessé qui lèche ses plaies. Voilà c’est ça, je me lèche, dans l’espoir d’une cicatrisation.
21/03/2005Dîner chez MC. Ptimari nous a accompagné en claudiquant sur ses béquilles, Mi est passé entre deux avions.
MC et moi, on boit plus que de raison, Ptim n'apprécie guère, mais tant pis pour lui. On parle de notre insensibilité, de notre difficulté définitive à compatir...MC me souffle en voyant mon désarroi : « Je suis sur "la terrasse" toutes les nuits, je suppose que tu y es aussi ... ». Elle a vu juste, je m’y sentirai moins seul.
20/03/2005Après-midi somme toute assez sportif si on tient compte du fait que la randonnée sur nos vélos gays a commencé au vin rouge.
De nouveau garde-malade. Ptimari s'est déchiré le jumeau, je ne savais même pas que ça existait le "jumeau", paraît que c'est un muscle du mollet, me voilà moins bête.
Il fait beau, il ne peut rien nous arriver. "Coup de tonnerre dans un ciel bleu", j'ai déjà vécu ça une fois, l'histoire ne se répète jamais. 19/03/2005Programme de la matinée : Je vais faire le lézard sur les quais devant une bière, et si je déprime malgré le soleil, j'irai dépenser plein de sous à Planet Saturn.
J’ai un ennemi caché. Mon vélo prenait la poussière au fond de la cour pavée de mon squat en attendant le printemps. J’ai découvert ce matin qu’une main anonyme avait sournoisement coupé à la pince un rayon sur deux de la roue arrière. Colombo mène l’enquête. 16/03/2005Si je jetais, mettons, un objet toutes les heures, il me faudrait plusieurs années avant que ma maison soit vide. 11/03/2005Marion n'arrive que ce soir gare Saint Jean, elle a retardé son voyage d'un jour pour cause de grève et je me morfonds. C'est drôle de constater que je suis devenu comme mes parents au même âge, accro à son retour, comme si mon existence n'avait plus d'utilité que pour elle. Je n'étais pas comme ça avant, c’était avant. Tout à l’heure, au téléphone, MC, m’a dit qu’elle nous préparerait quelque chose de chaud à manger pour notre arrivée, et apprenant que je n’avais pas demandé à Ptimari de se joindre à nous, elle a dit qu’on ne serait que « tous les quatre ». Elle parlait de Loïc, bien sur, mais j'ai sursauté cependant, je n’en ai rien laissé paraître.
10/03/2005Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller marcher. Je n'aime pas que les manifs se fassent sans moi. 07/03/2005Mes élèvesAprès tant d’années. Je m’en doutais que ça arriverait un jour... Ce travail n’est plus fait pour moi. Je ne les aime plus. Il faut aimer un minimum pour continuer. Un minimum... Je ne les aime plus. Pire, je les trouve bêtes. Et laids. Et insensibles. Et incultes. Et je leur en veux. Je leur en veux d’être là tout mous. Je leur en veux d’être vivants aussi. Surtout, oui, surtout ça... Quelle injustice. Vivants avec leurs grands sourires niais, et leurs MP3 sur les oreilles, et leurs problèmes et leurs acnés juvéniles.
Et pourtant, je continue à faire semblant, je continue, et sans me flatter, je suis plutôt assez bon comédien, je trouve.
Demain, ils vont faire joujou dans la rue pour emmerder Fillon, tant mieux. J’aime bien. quand ils reviennent tout excités, premières manifs, premières banderoles, premiers printemps, l’apprentissage de la vie. Oui, c’est uniquement pour les rebelles que je garde un petit faible, les trop sages m’ennuient. M’ennuient...
Quant à moi, pour la première fois, je ne ferai pas la grève de jeudi, ça me fera économiser plein d’argent que Guimard n’aura pas. Et avec cette tune, j’irai boire un soir jusqu’à plus soif, avec qui voudra bien, jusqu’à ce qu’on en pleure.
05/03/2005Suicide des jeunesQuand j’ai lu la page d’accueil, j’avais envie de dire... Quoi au juste ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je sens seulement, encore un peu, parfois. Je viens d’imprimer le débat et les commentaires, pour relire un jour à tête reposée... Reposée. Un jour où il ne pleuvra pas et où mon cerveau fonctionnera. Un jour où je comprendrai ce que je lis.
Je vais descendre me mouiller sans parapluie, ça me fait toujours du bien. Après, je passerai à l’Utopia boire un thé bouillant.
03/03/2005Une journée d'autoroute, Lille-Bordeaux en un temps record compte tenu de la neige, je n'aime pas rouler seul, je pense trop, mes idées et mes yeux se brouillent, j'appuie sur le champignon, s'arrêter, ne pas jouer avec ça, pas comme ça... Un café, appeler n'importe qui pour reprendre pied. J'appelle R., je passe le voir en arrivant sur Bordeaux, je ne le dirai pas à Ptim.
R. croit à dieu, à l'enfer et au paradis, il est très reposant.
Ma vie est ponctuée d'événements futiles, aujoud'hui je retrouve mon blog délaissé.  |