Je me sens en danger là, enfin plutôt, je me sens dangereux, dangereux pour Marion à qui j'ai juré de ne jamais faire de bêtises, je sais comme c'est con les dates, j'ai déjà vécu ça pour Martin, je sais qu'il faut s'y préparer, être froid et dur, inhumain s'il le faut, c'est la seule façon de poursuivre sa marche. Inutile de faire encore et toujours dans le pathos, ou alors aller jusqu'au bout. Mais je ne chuterai pas, je ne sais pas pour quoi ni pour qui, si je le sais, pour Marion, pour elle, rien que pour elle. C'est monstrueux que je vive mais je n'ai plus le choix. Je ne peux plus rien pour Jean. Je n'ai pas besoin de le relire :
" 14/02/06 - 20:07
St-Valentin je te déteste !
Aujourd'hui le jour des amoureux, pour moi c'est un jour comme les autres qui commence et se termine comme il a commencé. aussi triste, même pas un mot de gentil, seul dans mon coin comme un con à attendre l'homme que j'aime, et oui, cela c'est un grand mot, aimer, je crois qu'il n'y a pas grand monde qui comprend ce mot aimer, cela vient du fond du coeur, avec les tripes. Mais là pour moi c'est la déprime, je me dis que ma vie sur cette maudite terre est un enfer."
Je connais ses mots par coeur. Les relire, aujourd'hui, une dernière fois, peut-être, comme pour tenter de me convaincre que je n'y pouvais rien, que je n'avais rien compris, que tout ça m'avait dépassé.
Je me force à ne pas chercher. La tentation est si grande de me remettre à fouiller à nouveau, appeler tout son répertoire, ses derniers contacts, les interroger, dans quel but obscur ? Que comprendrais-je aujourd'hui que je n'ai pas compris alors ?
Je vais monter à Paris voir des vivants qui ont besoin de moi.