30/06/2005Dans la file d’une caisse au monoprix place Saint Augustin, j’attends derrière un homme mal travesti. Suspendue à ses épaules, il porte jusqu’aux genoux une robe noire décolletée. Sa poitrine tombante est postiche et sur la tête un carré de faux cheveux à frange épaisse s’ajuste à des traits efféminés encore jeunes. Son profil souriant est parsemé de taches de rousseur. Plus bas, d’autres taches, grandes et sombres, maculent de manière inquiétante, toute la surface apparente de sa peau. Dans une pose lascive, il replie une jambe derrière l’autre et pointe le sol de son nu-pied à talon haut. Pour échanger les politesses avec la caissière, sa voix monte artificiellement vers l’aigu. Elle sonne triste. En rendant la monnaie, la caissière ne le regarde pas. Il range avec précaution son portefeuille et ses achats dans un large cabas noir dont il ramène les anses à l’épaule. Lorsqu’il souffle sur sa franche avec sa lèvre inférieure pour s'éventer le front, je pense pendant quelques secondes à ma cousine J. et à ses airs idiots et satisfaits de pimbêche, certaine d’être belle et irrésistible. Dans la rue, j’étudie mentalement la scène, repense au professeur C. et à ses cours sur les troubles de l’identité, vouloir être à tout prix tel que l’on se définit. 27/06/20051998Après la représentation, ma démarche n’est pas très assurée. On dirait qu’elle emprunte à l’ivresse des personnages et se cale malgré moi sur le chaos de l’opéra tout entier. L’émotion encore brillante au regard d’un jeune homme aperçu tout à l’heure à l’entracte, me croise dans le métro. Je n'ose m'approcher de lui. Derrière ses cheveux, il s’enferme. Il serait si bon pourtant de partager cette éraflure encore fraîche qui quittera le visage d’ici peu pour s’intérioriser. Mais Lulu et la Geschwitz chutent et meurent une nouvelle fois à mon oreille. Je disparais et il n’existe déjà presque plus.
Lulu ! Mon ange ! Montre-toi à moi encore une fois ! – Je suis près de toi ! Je reste près de toi – pour l’éternité.
25/06/2005Préliminaires (2)Parmi la vaste panoplie de nos jeux, celui du doigt dans le creux figurait en tête de nos favoris. Dans l’articulation d’un bras, une phalangette effleurait la fine pellicule cutanée en mouvements circulaires. Un shoot de chatouilles exquises envahissait alors le creux et tout entier dans la spirale, j’accédais à des dimensions encore inexplorées de sensualité. Un apprentissage précoce à tour de rôle où l’actif dirigeait totalement le transfert vers ces contrées essentielles. Le contact tactile demeurait léger et homogène. Toute pression excessive du doigt aurait instantanément brouillé les vagues et dissipé le précieux trouble. De loin, le père de S. souriait en s’étonnant. Nous n’y prêtions guère attention.
J’aimerais parer ma vie sexuelle des rares crépitements de mon enfance. Mais, si j’en redécouvre le souvenir par hasard, je m'empêtre dans la complexité du langage adulte des corps et le plaisir se décolore.
23/06/2005Dans la cour carrée du Louvre, le flûtiste a de l’avance. L’angle de lumière ne rase pas encore la pierre et la nuit se laissera longtemps désirer. Mais déjà sa main impatiente explore mes épaules par touches sensibles et développe, hésitante, son jeu de pressions subtiles. Je place et je déplace les carreaux noirs de cache-cache sur mes yeux, comme la pudeur imprécise alterne avec une affirmation soutenue à la lumière.
L’ombre s’étend lentement en triangle, K. étire son corps sur ses jambes, et sur tout le tour des larges bancs de dalles les touristes ou autres habitués s'allongent et s’évadent. Assis au pied d’une imposante porte à jamais close, nous échangeons du sucre dans nos mots. L’air devient plus respirable, le timbre flûté y danse et se colore, je découvre la magie diurne très particulière d’un lieu que je ne fréquentais qu'en noctambule.
22/06/20052004Je te vois encore là-bas, au bout de l’allée, un pantalon d’été relevé aux chevilles et les pieds nus sur les pavés mouillés, debout et silencieux parmi la nuit tranquille. Je livre ici ma langue sous l’œil taché de vert, qui brille gorgé de pluie de liqueur douce-amère, s’infiltre goutte-à-goutte le poison du silence, demain criblé de doutes, l'inacceptable absence. 19/06/2005En arrivant vers vingt-et-une heure trente, Julien m’embrasse et je salue Romain qui s’active aux derniers préparatifs, torse nu sous une salopette en accord avec le thème de la soirée : Jarretelle et Ruralité. Je retrouve aussi David, déjà présent à la soirée de novembre et dont Julien m’a conté depuis les consommations à tendance sado maso qu’il affectionne. Dans le salon, vidé pour l’occasion, de mauvaises enceintes reliées à un ordinateur portable crachent de toutes leurs forces de pauvres rythmes latino, régulièrement ponctués par Dalida et d’autres vieux tubes insipides des années quatre-vingt. L’invitation à la danse n’est pas comprise et les premiers invités se réfugient à distance dans la cuisine ou sur le petit balcon. L’espace y est étroit et tout en conversant avec une jeune étudiante chinoise, je sens avec inquiétude l’instabilité de l’avancée. Urue s’interroge sur la profession de psychologue du travail : "Mais, c’est scientifique ? Et comment peux-tu conseiller les gens ?" Quand une de ses amies restée trop longtemps à l’écart, "pour ne pas déranger", se manifeste, je traverse à grandes enjambées la pièce de danse vide et me joins aux autres convives à l’abri dans la cuisine. Zoé me propose de me dire mon avenir, elle n’a pas son tarot, mais dispose en permanence sur elle de toute son intuition. Nous nous isolons un peu plus derrière une porte. Dans la chambre de Julien, nous parvenons à nous asseoir parmi la transposition désordonnée et éclatée du salon, et Zoé m’affirme que je vais être amoureux, "c’est obligé !".
Vers deux heures du matin, les premiers danseurs se risquent enfin sur la piste. Un jeune homme se charge de dégrader un peu plus l’ambiance musicale. Je distribue alors les principaux remerciements avec mes "au revoir". Dans la rue, l’air doux de la nuit invite à la flanerie.
18/06/2005Le 2 Janvier 2003Une chambre sinistre grise et blafarde à deux lits dans l’hôpital. En longeant derrière l’infirmière le couloir du service, je découvris la population de personnes âgées épuisées, privées de fonctions essentielles pour la plupart et grabataires, qui allaient devenir mes voisins pour quelques heures. Je ne saurais aujourd’hui en faire une description précise, mais je puis encore rendre mentalement audible la respiration angoissée, comme un bruyant gonflement, du vieux patient derrière le mur, dans la chambre d’à côté. Deux médecins accompagnés d’un stagiaire entrèrent. Le professeur responsable du service était une femme d’une quarantaine d’années belle et très aimable. Elle me présenta son jeune collègue au visage ravageur. Il entreprit rapidement une consultation démonstrative en en détaillant et justifiant tous les détours comme ce test classique "ingénieux et très instructif" dont j’avais déjà l’habitude depuis quelques mois et qui consiste à glisser sous la voûte plantaire un mince objet, en bois par exemple, pour examiner à l’extrémité du membre, la réponse sensorielle. À l’ouverture de l’enveloppe, je refusai le décryptage commenté de l'IRM. J’en connaissais déjà l’essentiel et cela suffisait pour comprendre ce dont il s’agissait.
Vingt minutes plus tard, le jeune neurologue me fit plier le corps sur un oreiller et passa plusieurs fois un coton imbibé au bas de mon dos courbé. "Votre colonne se dessine très bien, ne vous inquiétez pas." Une grosse aiguille déflora la peau avec un bruit très bref. Je tressaillis un peu en serrant fort le coussin contre mon ventre. Mon teint virait au livide. Je me concentrai pour ne surtout pas bouger. Le prélèvement me conduisit jusqu' au seuil du malaise. 16/06/2005Le journal de C. - Août 1982Je suis au fond d’un fauteuil de velours rouge au bar de l’hôtel. Un verre d’orangeade trop sucrée est posé près du cahier. Ce matin, j’ai téléphoné à J. qui habite chez ses grands-parents pendant mon absence. Il a reçu mon courrier hier et une de ces uniques préoccupations fut de savoir où j’avais déniché le timbre collé sur l’enveloppe. Je ne me souvenais même plus de ce qu’il représentait. Mais J. n’eut de cesse de détailler l’effigie d’une tête de bélier, et de me demander quelle impression cela m’avait procuré en l’achetant. Je n’ai pas saisi ce qui l’intriguait tant. Et brusquement, l’impression de passer trop souvent à côté de lui et de ne pas le comprendre fit monter le picotement du sel à mes yeux. Mon chagrin prit part à la conversation et quand il devint audible, J. s’excusa d’un mot et se tut. Je me sens idiote. Je sais qu'il est plus heureux chez elle qu’avec moi. Je n'accède pas à tous les instants magiques de l’enfance avec lui. Il s’est résigné aujourd’hui à mon incapacité et L. a compris depuis longtemps que le champ en ce domaine était libre. Elle voudrait bien prendre ma place et je n’arrive pas à lutter. Moi, je déteste les jeux et surtout les jeux de cartes. Je m'ennuyais tant à l'écart de cette grande table animée certains dimanches après-midi. A. s'y énervait régulièrement. A..
J. comprendra plus tard que si je suis restée après l'accident, ce n'est que pour lui. 13/06/2005À l'usage des lecteurs du Journal de C.Le journal de C. est une reconstitution personnelle d’épisodes réels qui jalonnent la vie d’une de mes très proches. Je fonde son écriture sur les confidences de C. ainsi que sur mes souvenirs personnels. On comprendra donc que je me risque régulièrement dans cet exercice à un travail qui consiste à me décentrer pour épouser de manière imparfaite la perspective mentale de C.. J’y mets inévitablement beaucoup trop de moi-même, ce qui peut paraître insupportable et relever de la trahison. Pour ma défense, je dirai que ma position vis-à-vis de C. m’autorise en partie à cette expérience même si elle-même ignore jusqu’à l’existence de ces textes. Je pense aussi qu’elle comprendrait qu’il s’agit avant tout, d’un travail d’empathie et que je tente là une réconciliation profonde dans une relation marquée, à certaines époques, par le conflit. Je veux aussi donner dans ces extraits, un goût de fantastique auquel je mêle parfois une musique. Je voudrais faire sonner le timbre de manière différente de celui de mon journal, mais je ne suis pas certain d’y parvenir. L'ordre d'écriture et de mise en ligne des posts ne tient pas compte de la chronologie. Je vois là de nombreux avantages qui, à mon avis, ne desservent nullement l’expérience. Le journal de C. - Juillet 1983J’écris à l’ombre d’un grand chêne déployé dans le jardin. La lumière très dure trouble l’atmosphère d’un voile fumeux qui flotte et empêche toute perception précise au-delà de quelques mètres. Je me frotte régulièrement les yeux, inquiète de perdre les premiers degrés d’acuité. La chaleur lourde et étouffante dessèche l’herbe et l’air commencerait presque à manquer, mais je profiterai encore de ce calme froissé par le crissement insistant et généreux des cigales de mon enfance.
La pesanteur se fait maintenant plus nette et ma douleur sourde plus précise. J’entends le bruit d’une grille que l’on ferme au loin. Le temps s’assouplit et s'étire, donnant libre cours à la contemplation. Je n’écoute plus la stridulation des insectes, mes pensées pénètrent plus loin l’espace et tout devient accessible. Je sais que je ne dors pas. Son souvenir affleure à peine dans mes veines. 11/06/2005L’employé de banque m’invita à le suivre. Au bas d’un colimaçon d’escaliers une grille, que l’on situerait au premier abord en prison, laissait entrevoir une salle vide à la luminosité glacée et aux murs d’acier. En entrant, je sentis la gravité de ces minutes. Des rectangles d’inégale grandeur formaient des étages de couvercles numérotés. Sous le 81, l’employé enclencha une première clé accrochée à un énorme trousseau. Il en sortit ensuite une seconde de sa poche sur laquelle il attira mon attention : "Voici votre clé, elle est nécessaire pour ouvrir votre coffre, vous devez la conserver soigneusement. Si vous la perdez, nous serions obligés de faire appel à un serrurier et les frais seraient à votre charge." Il entrouvrit la porte du compartiment, laissa la clé en place sur la serrure et se retira. Une fois seul dans la salle, je regardai le petit espace où se logerait sous quelques papiers, toute la précieuse correspondance de O. et de P.. Je la protégeais ainsi du regard de mon beau-père et lui donnais par ce protocole, une valeur supplémentaire.
Un jour de rupture, je récupérai les lettres de O. pour les lui rendre. Il me vit glisser les dossiers dans sa boîte au rez-de-chaussée. J'avais l'idée que ce geste aurait un impact assez puissant pour signifier ma colère. Depuis, O. est revenu et le courrier de ces années d’adolescence se cache sous le couvercle bleu, dans la boîte à chapeau.
10/06/2005200420 heures, un dimanche de juillet, dans le hall immense de la poste du Louvre. Sur la droite, affalés et visiblement habitués, deux SDF interpellaient les rares usagers. J’affrontais leurs quolibets fermement résolu à envoyer mon enveloppe au plus vite. J’avais le sentiment que poster un pli depuis un endroit si particulier un dimanche soir, lui conférait un peu de l’exceptionnel de la situation. Une chanson gravée avec mon filet de voix, enregistrée l’après-midi même sur le conseil bienveillant de doP. Quand l’employé expliqua que la prochaine levée n’aurait lieu que le lendemain, l’idée de glisser le disque directement dans sa boîte aux lettres vint, mais je contins mon impatience. En sortant, les mains vides, je pliai le cou pour ouvrir à mon regard la trajectoire infinie du ciel. Je crois bien que j’appelais quelque chose ou quelqu’un. Les premières blessures pansées, je rentrai presque tranquille. 08/06/2005Il est des personnes que l’on rencontre pour la première fois qui paraissent tout de suite familières, comme si vous retrouviez intacte l’affection d’un être cher après une longue absence. Connaissant un peu votre histoire pour en avoir lu quelques bouts, elles viennent à vous l’oeil amusé et la tonalité chaleureuse. L’émotion se fait très pudique, elle tinte l’arrière-plan des paroles et poudre le reflet trop brillant des sourires. À cet instant, se conçoit la confiance, avec délicatesse et prudence.
Une image des années 70 s’est faufilée dans mes pensées. Il y a un lien. Depuis plusieurs jours, je songe au visage déchirant de cette femme agenouillée entre les jambes d'un homme. Elle pleure. Son maquillage trop appuyé coule, on la filme, on la photographie. Une musique poignante porte un sanglot d'explications vers un jeune photographe. En venant sur GA dans l’après-midi, je me suis arrêté sur un radio-blog avec au programme le thème d'une autre histoire. La même femme sort d’un hôpital, l’air hagard, elle porte sa main au visage, l’image se floute, le générique de fin démarre. Ce ne sera plus jamais comme avant. Plus tôt, un pneu roule, l'homme propulsé n'est pas encore mort. Il se souvient, il n'est plus que ce souvenir. 06/06/2005Mes photos sont toutes soigneusement rangées depuis plusieurs années. Trois boîtes empilées sous la bibliothèque contiennent les séries des têtes et des allongés. À proximité, une dizaine de cartons remplis de nus improvisés coincent le sac plastique doré de l’IRM contre un autre carton beaucoup plus grand où s'enferme un contact élargi des photos de Dimitri. Sur la malle en osier près de la fenêtre, reposent sous marie-louise les triptyques enveloppés dans un vieux papier kraft. Je n’ai pas le vice du collectionneur et cependant on pourrait presque croire que je photographie pour mes boîtes. Je parle au présent parce que le désir de photographier m’inspire encore, même si le processus est désormais suspendu. J’ai récemment vendu un grand format à une amie "sculpteur". Il me plait de savoir qu’elle détaille l’affront de l’expression du modèle et tente en vain de l’encercler. Comment ai-je seulement eu accès à cette alchimie de fougue et de grâce ?
Aujourd’hui, je n’ouvre les boîtes que pour présenter les photos aux intéressés. Elles ne s’exhiberont pas sur les murs de l’appartement. P. s’est emparé l’été dernier des allongés et m’a livré quelques essais d’interprétations en poésies. Il sait que les images ne m’appartiennent plus vraiment. Dès lors qu’elles existent, je renonce sans peine à leur sens initial. Ce qui m’importe en fait, se résume aux préliminaires et au moment sacré de la séance. 05/06/2005Le journal de C. - Mai 1989Après son départ, je suis restée assise au bord du lit. Je sentais à nouveau tourner le vide. Ce n’est pas une rêverie, ce n’est pas non plus complètement assimilable à de l’angoisse. Quand je m’enfonce, j’essaie de saisir une aspérité à laquelle me raccrocher. Mais il arrive aussi que les parois soient très lisses. Je tombe alors et m'effrite. Au bout d’un moment que je ne peux estimer, je me demande toujours si j’ai dormi. Je sens des douleurs inhabituelles dans le dos et les jambes comme si j’avais tenu pendant trop longtemps une position inconfortable. Pourtant, je suis assise au même endroit sur le lit et je ne bouge pas. Peut-être suis-je encore en train de rêver. Une musique s’élève du rez-de-chaussée, un quatuor à cordes que J. ne cesse d’écouter depuis plusieurs jours. Une espèce de danse furibonde à laquelle je voudrais bien participer. On tournerait autour de moi avant le sacrifice. Je serais celle que l’on va dévorer et je me déchaînerais avec obscénité avant de m’écrouler. Le sang fouetterait mes muscles, ma fatigue prendrait enfin du sens, et je n’aurais pas peur de mourir.
Lorsque je suis descendue en m’agrippant à la rampe, j’ai découvert J. au fond du canapé, les yeux mi-clos. La musique devenait langoureuse. Je me suis accroupie sur une marche pour l’observer entre les barreaux. Il semblait absent de lui-même. 03/06/2005Oui, je prends la liberté d’un format épisodique pour me livrer à cet exercice peut-être déjà périmé.
Il y a peu, j’ai retrouvé moi aussi le craquant et le fondant de la cerise en bouche. La gourmandise s’attise aux rondeurs rouges très foncées qui brillent sur le plateau dans la cuisine. Je les fends dans la crème le matin, les noyaux où colle encore un peu de fruit rougissent mes doigts et je les fais rouler parfois ou les presse dans ma paume. Le jus savoureux goutte sur les particules du soja citronné qui s’imbibe et j’avale ma salive pour différer mon plaisir. Je n’en suis jamais vraiment rassasié. Je peux les manger par poignée aussi et très vite. Deux, trois ou quatre à la fois sans me concentrer sur le goût, juste pour me gaver comme un boulimique, de matière tendre, jusqu’à la torpeur.
Mais cela ne s’arrête pas aux cerises, ni à la nourriture d’ailleurs. Un tel comportement est tout à fait transposable à d’autres considérations tout aussi consistantes.
 |
| |