Août 2004
Le grand tableau à lamelles dans le hall de la gare. Depuis plusieurs jours, je venais chaque après-midi assister à l’arrivée de deux trains en provenance du sud. Car il ne faisait aucun doute, il rentrerait bientôt de province une fin d’après-midi. À ce moment là comme pendant tout l'été 2004, je portais en permanence ce nœud caractéristique de boyaux qui serre fort le ventre des amoureux délaissés. Ma lecture d’alors n’était qu’un alibi entre mes mains. Je me laissais plutôt envahir par le claquement rafraîchissant des lamelles sur le tableau. Dans ma chair, je sentais l’horaire devenir plus critique, et mon trac insoutenable.
Au bout du quai, pendant les quelques minutes précédant l’entrée en gare, je n’y croyais déjà presque plus. Il n’arriverait pas aujourd’hui. Et puis même, que se passerait-il ? Un instant lucide, les plus belles scènes plusieurs fois répétées dans la tête, me paraissaient absurdes.