25/06/2005The boy whit a ant on his side
Ca commence par quelques unités que j'aperçois presque du bout de l'oeil. Trois petites fourmis sur le lino du salon. A y regarder de plus près, elles ne sont pas trois mais cinq, six, sept, huit... Un cortège en transe, une farandole cuirassée.
Elles se dirigent sous le divan. Encombrant, j'ai du mal à le déplacer. Chaque centimètre révélé dévoile sa portion de la marée. L'immédiateté du geste en moins, je pense à ces scènes ou d'un trait on soulève un drap, on pousse un corps, pour découvrir une masse grouillante et abominable. Elles doivent être cents, trois cents, milles.
J'ai beau avoir lu Werber, leur sympathie ne m'évoque que compte goutte.
Ne sachant trop quoi faire, au bord de la panique, je branche l'aspirateur et joue à "Twister" sur le terrain dégagé. Quelques grains noirs poursuivent leur route, je me demandent s'ils se rendent compte de quoi que ce soit, est-ce un mouvement de panique que je perçois dans leur agitation ?
Le salon dégagé, je vais le tour de l'appartement, toujours le vortex en main. Je pense à ouvrir la porte qui donne sur le hall d'entrée. Une longue colonne noire ondule sur le carrelage reliant, sans trop de détour, ma porte d'entrée à celle de sortie. Le sas aux deux portes vitrées ne semble leur avoir posé aucun problème. Deuxième session.
Trifouille dans mes pauvres références au monde des fourmis, je m'arme d'un détergent en vaporisateur et entreprend de brouiller leur piste...
24/06/2005MicroplanctonVendredi après-midi. Le soleil se fend sur le macadam du parking qui sépare mon bureau du bâtiment principal. A intervalles réguliers une alarme de voiture s’enclenche pour quelques klaxonnements.
Callé entre le ventilateur et l’ordinateur, il me reste une heure et quart à patienter. J’ouvre ma page blanche et insère ma disquette de transport dans le lecteur. Je bois un peu d’eau tiède dans une tasse blanche ornée de motifs ménagers et commence à coller dans mes vêtements.
Je n’ai pas d’idée précise en posant ces mots si ce n’est celle de tuer un peu de temps. Le tout n’aura probablement pas d’intérêt à être copié/collé tout à l’heure sur mon blog mais si c’est pour écrire dans le vide, autant frapper le clavier l’ordinateur éteint (Ma vie, c’est ta mort).
En m’endormant hier soir, j’ai poursuivi l’écriture de quelques paragraphes de mon histoire. C’est allongé que les choses semblent venir plus facilement. La chute n’est pas verticale mais horizontale. La surface d’un lac plus que le cours d’une chute. Le calme plat qui permet aux choses de remonter plus que la fulgurance des souvenirs qui s’éclatent sur les rochers. (Je suis un lac, tu es une cascade)
Ecrire couché n’est pas facile, pas plus que dans le noir. Je me dis à chaque fois que ces phrases qui émergent et qui s’enroulent avec fluidité me resteront bien jusqu’au lendemain tant elles n’ont rien d’extraordinaire. Banalité des mots, individualité des enchaînements. Quelques heures plus tard, en toute verticalité, les choses reprennent du poids et me tombent aux pieds.
Quelques minutes après, c’est l’oubli ou le rejet. Je n’aime pas mes pieds, je n’aime pas les regarder ni ce qui est à leur hauteur. Alors, je poursuis ma ligne et attend la prochaine nuit où mon microplancton dessinera à nouveau des gerbes lumineuses.
21/06/2005fils de fer en plein champ (II)
Si c’est en pleine nuit, que l’écriture se délie
Je veux bien attendre encore un peu
La mine se perd dans la pénombre
Des petites hachures au bout des doigts
Des coupures similaires
Un air de ressemblance
Si c’est pour écrire dans le noir
Je n’ai pas besoin d’y voir.
Tu peux le faire cents fois
Mais une seule suffira
Quand tu parles au poisson, je m’adresse à la cafetière
Ton bocal est vide, mon café est prêt
L’air vibre au bout des doigts gelés
28 étoiles électriques par paquets de quatre
Ici et là, ne bouges pas
Je m’enfonce dans le coussin vert
Et je te vois recomposé
Y’as pas de bandelettes à découper ici
Pas d’encre au feutre déposée
Alors si tu est d’accord
Restons en là avant
Avant que je ne coupe les mots en deux
Reste ici et moi là bas
Suis le bout de mon doigt
Regardes bien là
Là où je te montre
Là où tu ne vois pas
Si tu veux de belles histoires
De ces longues phrases qui butent au coins des pages
Si tu veux de ces mots qu’on coupe en deux
Alors, déchires les en leur milieu
Alors là, c'est en 2004. On nous avait dit qu'il n'y ferait sûrement pas très chaud. Finalement, on a quand même l'occasion de faire quelques photos en tshirt. Depuis que je me rase sous les bras et que j'ai trouvé le déo qu'il me fallait, je ne transpires plus à grosses gouttes.
(quand je lui ai dit comment s'appelait le mien, on était au bord de l'eau. Ca l'a fait rire un peu, enfin, je crois. Si en plus je lui avait dit qu'il portait des chapeaux...)
16/06/2005Merci, bonsoirAlors aujourd'hui, j'ai eu plein d'idées. J'ai pensé à me faire de nouvelles photos. Une série maquillé à la I am X. Une autre d'"hommage" en reprenant les pauses et expressions de mes auteurs de blogs favoris. Quelques idées mais finalement peu de temps pour les réaliser.
Alors, je les notes toujours ici, pour dire que l'intention y était et puis qui sait.
Alors, je m'arrête ici parceque, même si ça ne se voit pas, je fais énormément de fautes de frappes étant donné un taux d'alcoolémie un chouia élevé ^^
The chilcatcher 13/06/2005Peau de chagrin
En frottant négligemment les lames de mon rasoir pour en chasser les poils coincés, je me fais une triple entaille au pouce droit. Trois microcoupures parallèles qui me décollent des segments de peau sans pour autant les ôter. D'étroits éloignements, petits reliefs.
Quelle histoire digitale a été cette fois été sectionnée ? La même question que pour ces deux petites brûlures qui ponctuent chacune une de mes paumes. L’une près d’une croix, l’autre après une intersection.
09/06/2005Chère page blanche,Tu sais, je ne trouve pas de quoi te noircir tous les jours. Parfois je stresse en ayant peur d’être assimilé à toi. S’il n’y à rien à écrire est-ce parce qu’aujourd’hui je n’ai pas vécu ? Je préfère penser que ce n’est pas le cas.
Ton corps froid gèle parfois mes mots à cristaux liquides. La chaleur de mes pensées, flamme vacillante ou joli brasier, ne résiste pas toujours au vent ambiant. C’est le cœur des éléments qui se joue autour de nous.
Tu sais que je t’aime, toi, ma grande silencieuse, ma petite angoissée.
07/06/2005Moi No
Quand je sors du lit, les choses démarrent… ou poursuivent leur route. La tête dans un seau de vide
J’ai beaucoup d’idées alors je fais des listes. Les choses à faire, les choses à lire et à voir, les choses à dire et à penser. Je fais mes listes les yeux fermés, sous la couette, pendant que dans la pièce d’à côté la douche commencer à couler.
Matin et soir, c’est un peu la même histoire. Dans la journée aussi à vrai dire. Une pensée parasite qui tire vers le haut mes petits morceaux de vie.
C’est toujours dans le même éloignement des choses, quand je suis prêt à (me) perdre, que mes petits cailloux blancs s’alignent. Petits cailloux de pensée, mélange de poudre d’os et de mie séchée.
Mes oiseaux ne sont pas que de chair, parfois aussi un peu de craie. Ils se frottent le bec contre les branches de saule alors qu’ils n’ont pas encore tout digéré de leur dernier larcin.
J’ai déjà essayé de les gaver de longues phrases, de bourrer leur foie de descriptions ininterrompues, d’exploser leur estomac sous un déluge verbal.
Je taille des cailloux si énormes, qu’ils en deviennent rochers. Mais ce ne sont alors plus des moineaux qui débarquent mais des pélicans.
03/06/2005PirateAujourd'hui, j'apprends qu'Endive, essayant de me capter dans ma réalité virtuelle sur Msn, tombe sur une autre. Je ne suis pas elle, je ne l'ai jamais été. Des traces de moi doivent être restées sur le portable. Des traces qui me ressucitent, automatiquement je l'espère, depuis presque un an.
Je change fissa mon mot de passe.
Alors, je peux aujourd'hui le dire, mon code c'était pokemons :°) 01/06/2005La disparition c'est excitant"Si vous postez un article sur votre journal aujourd'hui, gardez-en une copie au cas où."  |