Antony
Je devais rencontrer sous la rotonde celui qu’il y a quelques mois à peine je ne connaissais pas. Une amie m’avait parlé d’un être fabuleux, découvert au hasard de la première partie de Coco Rosie.
« Tu devrais aimer » m’avait-elle dit. Elle avait vu juste, une fois encore. J’ai aimé ce colosse à la voix d’argile et au cœur de cristal. Le mystère qui l’enveloppait ou dans lequel je fantasmait de le plonger faisait écho à des retrouvailles inattendues.
Une synchronisation troublante.
Aujourd’hui, les prétendants sont nombreux et c’est dans l’orangerie que le rendez-vous est reporté. Une foule immense face à l’intimité de mon écoute. Un nombre qui surprend mais qui réchauffe. Pendant les quelques minutes d’attente, j’apprends qu’il ne surgit pas de nulle part comme je l’avais cru mais est un ancien membre de Current 93.
Deux personnes derrière moi trouvent l’ambiance tendue.
Sur scène, devant un rideau éclairé d’une lumière spectrale, les quelques instruments se font prendre en main puis Antony s’installe. Durant une bonne partie du concert, je ne verrai qu’un visage tranché à l’horizontale par le couvercle à peine soulevé de son piano. Une bouche qui se tord et se mange, un menton qui tremble. Ces quelques parcelles suffisent amplement à me décoller du sol tant l’émotion est palpable. Je découvre plus que je ne reconnais et chavire à de multiples reprises. Un peu plus tard, son instrument écartelé, c’est dans la verticale que son visage me sera dédoublé, fragmenté dans un sens puis dans l’autre.
Rarement des cicatrices auront été aussi belles.
Be my husband
12/05/05 - 23:42
J'aime comment tu procèdes pour inciter au cliquage.
_snoopdog_