The boy whit a ant on his side
Ca commence par quelques unités que j'aperçois presque du bout de l'oeil. Trois petites fourmis sur le lino du salon. A y regarder de plus près, elles ne sont pas trois mais cinq, six, sept, huit... Un cortège en transe, une farandole cuirassée.
Elles se dirigent sous le divan. Encombrant, j'ai du mal à le déplacer. Chaque centimètre révélé dévoile sa portion de la marée. L'immédiateté du geste en moins, je pense à ces scènes ou d'un trait on soulève un drap, on pousse un corps, pour découvrir une masse grouillante et abominable. Elles doivent être cents, trois cents, milles.
J'ai beau avoir lu Werber, leur sympathie ne m'évoque que compte goutte.
Ne sachant trop quoi faire, au bord de la panique, je branche l'aspirateur et joue à "Twister" sur le terrain dégagé. Quelques grains noirs poursuivent leur route, je me demandent s'ils se rendent compte de quoi que ce soit, est-ce un mouvement de panique que je perçois dans leur agitation ?
Le salon dégagé, je vais le tour de l'appartement, toujours le vortex en main. Je pense à ouvrir la porte qui donne sur le hall d'entrée. Une longue colonne noire ondule sur le carrelage reliant, sans trop de détour, ma porte d'entrée à celle de sortie. Le sas aux deux portes vitrées ne semble leur avoir posé aucun problème. Deuxième session.
Trifouille dans mes pauvres références au monde des fourmis, je m'arme d'un détergent en vaporisateur et entreprend de brouiller leur piste...
27/06/05 - 17:41
J'aime imaginer le sac d'aspirateur onduler des flancs.
_snoopdog_