29/06/2006Albédo 0,12J’ai le souvenir d’un corps qui s’inverse et qui grimpe par les pieds les escaliers d’air proches du plafond
Ici, j’ai envie de jouer mais j’ai les mains liées par la langue, jointes bien au fond de la gorge. Je pourrais feuilleter, détailler les pointillés pour mieux m’éloigner de la ligne. Je traverse la pièce et me surprend dans la cuisine, le visage penché au dessus d’une casserole remplie d’eau savonneuse et la tête plaquée contre la hôte d’aspiration.
Je sens le temps avancer alors je me duplique en petits morceaux d’îles savantes. Je compulse mes fichiers de sauvegarde vieux de seulement quelques années. Les précédents ont dû être effacés par manque de place, par avarice.
Dans deux jours il est prévu que j’achète un dictionnaire. Je sors rarement le samedi. Je ne sais pas si c’est la clef, les rochers ou la cire. Je doute un instant m’y trouver, y trouver le sens d’une vie.
Mes mots sont sélénotropes. 28/06/2006BlocJH rech. bon plan s/Paris. 21-24/07/06.
Expo, ballade, points de vue. Toute sugest. bienv.
Faire prop.
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Redite
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Sophie Calle on Ellen Allien
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Il est hors de question que je capture les publicités affichées sur mon blog pour dire qu'elles me correspondent. Elles ne me connaissent pas. C'est un leurre.
Je préfère encore poster plusieurs fois le même article. 26/06/2006Erasetheinnerrain
Et si tu veux effacer cette pluie qui coule en moi. 22/06/2006Y'a pas de quoi
Puisqu'il faut choisir
A mots doux je peux le dire
Sans contrefaçon
Je suis un garçon
Et pour un empire
Je ne veux me dévêtir
Puisque sans contrefaçon
Je suis un garçon
Tout seul dans mon placard
Les yeux cernés de noir
A l'abri des regards
Je défie le hasard
Dans ce monde qui n'a ni queue ni tête
Je n'en fais qu'à ma tête
Un mouchoir au creux du pantalon
Je suis chevalier d'Eon
Puisqu'il faut choisir
A mots doux je peux le dire
Sans contrefaçon
Je suis un garçon
Et pour un empire
Je ne veux me dévêtir
Puisque sans contrefaçon
Je suis un garçon
Tour à tour on me chasse
De vos fréquentations
Je n'admets pas qu'on menace
Mes résolutions
Je me fous bien des qu'en dira-t-on
Je suis caméléon
Prenez garde à mes soldats de plomb
C'est eux qui vous tueront
Puisqu'il faut choisir ... 20/06/2006Ecrire ici, c'est comme jouir dans un mouchoir.Alors sur le chemin du retour, j’ouvre grand la fenêtre du véhicule côté passager que l’air s’engouffre dans l’habitacle et l’emplisse d’un bourdonnement d’insecte géant. J’attends de lui qu’il couvre les grincements de mes méninges pourtant bien huilées.
J’ai cette tendance à augmenter le volume de mes réflexions, par réflexe à hurler sous mon crâne. Je passe la tête par l’ouverture et la plonge au cœur du fracas du dehors. Au lieu de laisser le fluide s’échapper, j’ai l’envie de tout garder et de l’écrire plus tard parce que c’est beau.
C’est beau le bruit de l’oubli, le sifflement du déni.
Pas l’envie d’en faire une chanson, pas l’envie de chercher des rimes. Juste celle de saisir sur le grill de mes obsessions un instant fragile parce que présent. Le siphon s’inverse, l’entonnoir se retourne et le vide menace de se sentir seul.
Alors, je retourne à la banque et débite mes intérêts en petite monnaie s’il vous plaît. Le parcmètre est vorace. La poussière coûte cher. Je me demande quel serait le prix à payer pour ne plus avoir à la souffler. Celle qui dans ma gorge enraye la machine à parler.
19/06/2006Me on MixParcequ'il y a de ces choses improbables...
Sophie Calle on Ellen Allien
...qui feraient parfois meiux de le rester :°) (trop de l peut-être)
17/06/2006Posthere
Hier. Petites heures pâles et blanches. Un bloc note a fleuri sur la table de nuit. Je suis couché quand une question se met à ramper sur le plafond de mes paupières. Je me relève, allume la lumière et la note en pensant qu’il y aura toujours bien moyen d’en faire quelque chose le moment venu.
- Et si on changeait les images accrochées aux murs, serions nous différents ? -
Je me recoucherai et me relèverai ainsi quatre ou cinq fois, un effet stroboscopique paresseux déformant un peu plus chaque nouvelle phrase gribouillée.
Je pense aux images, cadres et posters qui m’ont entouré depuis quelques années. Mon « un pièce » d’étudiant fauché me revient à l’esprit avec une aisance insoupçonnée et étonnante.
Plan serré sur l’affiche encadrée de « Naked Lunch » posée contre un mur, zoom arrière et lent avec balayage progressif de l’espace. Les repères se donnent comme autant de fleurs de nénuphars. Plus qu’un jeu aux cartes abattues c’est un souvenir en trois dimensions qui se déploie dans un mouvement qui l’embellit. Dominique A en concert époque « Si je connais Harry » sur la porte coté intérieur succédant à Noir désir façon « Tostaky », l’affiche format XL d’ « Eraserhead », un calendrier de Escher, des photos d’ami(es) punaisées face à la table sur tréteaux… La moquette brune, le coin cuisine, la minuscule salle de bain. Un tout en un que j’ai tant arpenté.
Mon souvenir ne s’arrête pas là et continue à se répandre. De fins filaments s’échappent par le trou de la serrure, entre vapeur et électricité de synthèse. Il se mettent à dessiner la cage d’escalier et coulent sur ce qui en devient la rampe et se perdent un peu plus tard dans le grand extérieur.
Ce soir, sur la route, je croise le corps d’un homme dont j’imagine la vie qui s’envole. Et tout le reste avec.
11/06/2006Et moi je sais qu’on n'est pas morts, on a juste oublié de respirer. La veille
Je rentre. Il est tard, le chat se frotte à l’embrassure de la porte. Je suis en retard. Son dîner de chat a eu une brouette de travail à abattre. Je débite les larmes du parquet en petites allumettes tellement je traîne des pieds.
Hier on s’est parlé, chacune de nos têtes passées dans la fenêtre entrouverte. On s’est dit « Oh oui, tu te souviens ? », « On pourrait faire ça », « N’oublies pas ». Ca faisait longtemps que ta silhouette ne s’était pas étirée le long des transistors tirés. Elle qui s’allongeait, diaphane, sur les pages de mon cahier.
On s’est écrit longtemps, on s’est connu comme ça. On s’est perdu comme ça aussi. Peut-être qu’on pourrait remonter en sens inverse le Chenal de l’Encre et que nous serions là, à nous attendre, souriants. On mélangerait tous nos mots dans de beaux chapeaux et on feindrait l’innocence pour y plonger la main. Avec prudence et impatience, on les alignerait pour recommencer à se raconter.
10/06/2006BalanceJe prend une direction puis la remonte en sens inverse. Je lis, j’écoute, compte et souligne. Je prend des images et rassemble des mots. Je déchire les premières et éparpille les seconds. J’essaie d’écrire et j’hésite entre le banal et le détour. Parfois chaque mot se voit pesé et repesé comme s’il était le dernier à écrire avant de se coucher. Comme s’il y avait cette peur de ne pas se réveiller. Alors ça prend des proportions sombres. Ce n’est plus un texte mais un testament. 05/06/2006Ma barque n’est pas étanche/Je la mène seul.Il y a quelques jours, j’ai commencé à sauvegarder mes différents posts, copiant et collant sous Word les dates, textes et images. L’année passée est emballée, une bonne centaine de pages. Je pense un moment les imprimer, m’en ressaisir enfin. Du beau papier, des rayons laser, quelques anneaux. Un journal rien qu’à moi. Ca au moins ça ne change pas.
Si je dois me relire, c’est une histoire parallèle que j’ai écrit entre deux points. Méta communication abusive. Ellipses récurrentes des abîmes. Les grands thèmes sont là mais pas celui qui les raconte.
Presque seul et sans un mot plus loin que l’autre, ils sont des îlots éparpillés sur une mer d’huile, opaque et dense. Parce qu’on n’y plongerait jamais les mains, encore moins la tête. Parce que mon histoire c’est de ne rien en dire. Je frotte les cordes là où elles sont sensibles avec de petits marteaux en dent de loup. Une ligne de basse arythmique, un grésillement électroniqueDans le tiroir aux objets cassés, en série les petits destins brisés
C’est un bruit sourd que fait ton cœur, emballé de papier coton.
Je fais main basse, tube de glue équipé
Pour ta fête, je t’ai fabriqué un corps en pince à linge.
04/06/2006 |
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