28/09/2006

28/09/06 - 20:31

Prévisions – Le pêcheur du pont de Sully.


Je vois :
- mes pieds qui traversent le plancher de la Fondation Cartier. Attendez, je plisse les yeux et vois un espace temps au calendrier, « début mars, fin mai 2007 ». Cinq lettres rouges s’exposent en rouge. L-Y-N-C-H.
- un bateau surfant entre les panneaux de stationnement, une place aux pigeons, un cimetierre sur une île. Tout est possible. Je barre et soustrait les jours des semaines et se dessine un week-end en juin 2007 à Venise à l’occasion de la biennale à laquelle Sophie Calle représentera la France (et alors, me prends l’envie de l’être français).
- des traces d’infra-tourisme.
Matmos – Tract for Valerie Solanas

24/09/2006

24/09/06 - 11:30

Les multiples intersections.

Je devais avoir vingt ans quand j’ai publié, dans un journal toute boîte de la région, ma seule et unique petite annonce de rencontre. J’étais étudiant, pas vraiment sorteur et plutôt à la périphérie que dans le milieu.
De mon annonce, je n’ai pas retenu grand-chose. Elle était relativement classique avec une pointe de poésie référencée : JH 20a, br. yx blx ch. JH 20-30a pour voyages immobiles. Ec. bur. J. Quelque chose dans ce goût là.

C’est un peu fébrile que je l’avais déposée au bureau d’accueil craignant le jugement que pouvait susciter la répétition de ce binôme identitaire. Et puis il m’a fallut attendre le délai de publication.
C’était avec certaine fierté que dix ou quinze jours plus tard, je retrouvai ma minuscule quête perdue au milieu de celles des autres. Elle était là et c’était déjà une satisfaction en soi d’exister même anonyme et abrégé.
J’ai dû recevoir une quinzaine de réponse, de la lettre un peu salace mais bandante à la plus vertueuse. Il y avait un plan dans les vestiaires d’une piscine publique, une réponse qu’il fallait coller sous un banc précis dans un parc public, quelques photos moyennement réussies…
La pêche n’était pas vraiment miraculeuse mais d’avoir reçu des réponses pour trois fois rien de ma part était déjà une satisfaction.

Pour l’histoire, j’ai rencontré deux de ces personnes, presque les yeux bandés.
Le premier était plus âgé que moi, la moustache timide, ni beau ni attirant. Il parlait beaucoup de sa vieille voiture pourrie, il faisait de la moto aussi. Je ne sais plus combien de temps la rencontre à duré mais elle s’est limitée à elle-même.
Le second était étudiant, m’avait écrit que son coiffeur le trouvait charmant et qu’il dansait très bien la maccarena. Il habitait à deux pas de chez moi, on s’est donné rendez-vous sur un parking, quitte à rester dans les clichés, avant de se retrouver presque aussitôt chez moi.
Ca n’a pas duré très longtemps, nous n’existions que chez l’un ou chez l’autre, jamais en dehors, jamais avec d’autres et puis, j’étais plus avec lui que lui ne l’était avec moi. Au moins m’a-t-il donné l’occasion de vivre mes premiers grands déchirements.

Il y a quelques mois, les bureaux où je travaille ont étés déménagés. Prenant la pause cigarette sur le trottoir, je me suis rendu compte que le type à la moustache travaillait juste à côté. Je ne pense pas qu’il m’ait vu ou reconnu. C’était il y a plus de dix ans. Il n’a pas vraiment changé et est toujours aussi peu charmant. Je me suis demandé si il avait encore sa voiture pourrie, sa veste de motard en cuir, si il avait trouvé celui qu’il cherchait et ce qu’avait été sa vie pendant que je faisais la mienne.

23/09/2006

23/09/06 - 12:15

J’ai toujours aimé jouer avec le temps


Hier, fin de soirée, je sors un cd de la pile des coups de cœur qui battent rarement. Un ep de Radiohead, « Pyramid song », datant de 2001. A l’intérieur de la pochette, un cachet dateur a imprimé une série de dates rangées en trois colonnes aléatoires.

07 OCT 2005, 15 APR 2001, 05 NOV 2007, 26 JUN 1996, 23 MAY 2005, 25 FEB 2003, 23 DEC 2001, 28 AUG 1997, 05 OCT 1999, 08 OCT 1997, 28 FEB 2002, 07 OCT 2003, 12 MAR 2004, 09 AUG 2005, 24 MAY 2006, 05 DEC 2005, 06 FEB 2001, 03 DEC 1997, 11 SEP 2000, 14 FEB 2003, 19 MAY 2000, 07 APR 2003, 01 MAY 2004.

Je parcours les dates qui il y a cinq ans n’existaient pas encore, des projections d’un futur relativement proche devenu antérieur, à l’exception d’une. J’imagine à des années lumières, le mouvement du ruban encreur tourné au hasard. Mini prédictions à l’encre noire tamponnées à l’envie.

Radiohead – The amazing sounds of orgy.
Colder - Confusion

20/09/2006

20/09/06 - 21:28

Attends, aujourd'hui c'est maintenant.

Comme à chaque début de grand huit ou de nouveau cycle, l’envie d’une régularité productive et compulsive me grimpe le long des chevilles, parfois jusqu’aux genoux. Il me faut être journalier et intello-pédestre.

J’ai deux grandes boucles dans ma vie, mon anniversaire en septembre et la nouvelle année en janvier. Le début de la première étant suffisamment proche de celui de la seconde pour me permettre de me rattraper à la rampe si je me prends les pieds dans l’escalier.


Mon clou, je l’ai trouvé ici, sur le net, sur la toile. Un blog à défaut de mails envoyés régulièrement à mes amis.
Un petit acte égoïste parmi d’autres.

Orgia of Dead 2

19/09/2006

19/09/06 - 19:31

29>32

J’ouvre le clapet du téléphone portable pour lire le message qu’il me signale d’un bruit d’insecte. Quelqu’un applaudit à quelques mètres au-dessus de moi, une paire de main passée par l’embrasure de la porte-fenêtre du premier étage. Ce n’est pas pour moi mais pour le conducteur du véhicule qui réussissait son créneau.

En traversant les bureaux, d’abord silencieux, les félicitations fusent. Le vœu est contagieux, il ne coûte rien.

Il me suit du regard alors que je le quitte et remonte la rue. Je fais mine de rien pour au tout dernier moment me retourner, que cette ultime occasion de tourner la tête prenne du coup une valeur singulière. Avant de bifurquer dans le premier passage à droite, je tourne la tête sur les traces d’un mouvement pré calculé mais il n’est plus à sa porte.

Je liquide les post-it qui fleurissent mon agenda, des bouts de mots griffonnés à la hâte, des phrases aussi :
- J’achète un corps en quatre parties, j’achète ma mort à petit prix
- Homme pois(son)
- Cherche misère, traîne galère
- Mon corps en suspension s’inversera dans l’ombre/à l’aube. J’aurais les bras poilus tendus contre l’échelle.

29>30 / 30>31 / 31>32

17/09/2006

17/09/06 - 21:00

LGLPVE


On vit dans un appartement pas très grand, peut-être le plus petit endroit depuis que l’on partage notre espace quotidien. Un endroit qui ne coûte rien.

Il y faisait chaud ce soir là. Le ventilateur brassait l’air et l’envoyait chatouiller les flammes des bougies qui perdaient ainsi, un peu trop vite, quelques centimètres de cire.
Après le départ de mes amis, on retire et chiffonne la nappe en papier sur laquelle la condensation coulant le long des verres a dessiné de petites auréoles.
J’ouvre «Le guide Lonely Planet du Voyage experimental» que Séverine m’a offert et commence à le parcourir. Je commence par la page où elle avait glissé un petit morceau de l’emballage déchiré en disant : « Celui-là, j’aimerai l’essayer avec toi ».
Page 216. L’expérience s’intitule le tourisme synchronisé, son énoncé est clair et laconique à la fois : « Voyager avec des amis de façon synchronisée et vérifier si les lignes parallèles ne se croisent jamais ». Tout de suite, je souris. En choisissant ce genre d’ouvrage conceptuel, je sais qu’elle sait avoir tapé dans le mile.
L’attention qu’elle y a porté me réchauffe le cœur. Je longe les pages du carnet de long en large et y trouve un tas d’autres invitations et de rendez-vous.
Presqu'autant que dans son cadeau de l'année dernière : un bloc de cartes postales.

11/09/2006

11/09/06 - 08:18

Snoooze contre lavabo

En sortant du lit ce matin, en lutte contre l’horizontalité, j’imagine écrire un petit texte sur la touche Snoooze du réveil électronique avec laquelle je joue tout les lundis matins. Je pense à cette histoire, l’imagine tel un lien ténu entre deux mondes, un lien à la longueur millimétrée (Tu n’iras que là où je le voudrai). Un fil d’Ariane, un quart de citron.
Passé de l’autre coté du dormoir, je cherche des rimes en OUSE.
Et puis je pars sur autre chose, sur le contact privilégié de ma bite contre le lavabo (même si ça rimerait mieux avec l’évier mais je tiens à rester dans la salle de bain). Je me dis Oh oui, ça pourrait être rigolo.
Mais j’ai juste le temps de l’écrire avant de devoir filer.

06/09/2006

06/09/06 - 16:11

Quelques jours entre mes mains.

02/09/2006

01/09/2006