Ecrire ici, c'est comme jouir dans un mouchoir.
Alors sur le chemin du retour, j’ouvre grand la fenêtre du véhicule côté passager que l’air s’engouffre dans l’habitacle et l’emplisse d’un bourdonnement d’insecte géant. J’attends de lui qu’il couvre les grincements de mes méninges pourtant bien huilées.
J’ai cette tendance à augmenter le volume de mes réflexions, par réflexe à hurler sous mon crâne. Je passe la tête par l’ouverture et la plonge au cœur du fracas du dehors. Au lieu de laisser le fluide s’échapper, j’ai l’envie de tout garder et de l’écrire plus tard parce que c’est beau.
C’est beau le bruit de l’oubli, le sifflement du déni.
Pas l’envie d’en faire une chanson, pas l’envie de chercher des rimes. Juste celle de saisir sur le grill de mes obsessions un instant fragile parce que présent. Le siphon s’inverse, l’entonnoir se retourne et le vide menace de se sentir seul.
Alors, je retourne à la banque et débite mes intérêts en petite monnaie s’il vous plaît. Le parcmètre est vorace. La poussière coûte cher. Je me demande quel serait le prix à payer pour ne plus avoir à la souffler. Celle qui dans ma gorge enraye la machine à parler.