Albédo 0,12
J’ai le souvenir d’un corps qui s’inverse et qui grimpe par les pieds les escaliers d’air proches du plafond
Ici, j’ai envie de jouer mais j’ai les mains liées par la langue, jointes bien au fond de la gorge. Je pourrais feuilleter, détailler les pointillés pour mieux m’éloigner de la ligne. Je traverse la pièce et me surprend dans la cuisine, le visage penché au dessus d’une casserole remplie d’eau savonneuse et la tête plaquée contre la hôte d’aspiration.
Je sens le temps avancer alors je me duplique en petits morceaux d’îles savantes. Je compulse mes fichiers de sauvegarde vieux de seulement quelques années. Les précédents ont dû être effacés par manque de place, par avarice.
Dans deux jours il est prévu que j’achète un dictionnaire. Je sors rarement le samedi. Je ne sais pas si c’est la clef, les rochers ou la cire. Je doute un instant m’y trouver, y trouver le sens d’une vie.
Mes mots sont sélénotropes.