03/07/2006

03/07/06 - 22:09

Lundi, Mathias.

Après plusieurs mois, nos routes se croisent à nouveau comme les regards ou les fers. On s’est laissés sans vraiment se quitter. On s’est lassés sans vraiment s’en aller. Il a toujours les cheveux courts, j’ai décidé de laisser pousser les miens. On se regarde, on se toise, à se demander qui lâchera le premier mot.
Un bus passe et fige un court instant son déplacement. Le feu est passé du vert au rouge, nous aussi. Nous n’avons jamais aimé l’orange. On ne freine pas : on s’arrête ou on marche.
Le moteur continue à tourner, les gaz à s’écouler. Nos cils clignent et battent un peu plus vite comme pour étreindre les minutes et les alléger de quelques secondes. On pourrait presque décoller, les pieds surélevés par des monticules instantanés. Nos yeux sont quatre colibris qui s’envolent. Les siens sont bruns, les miens sont bleus. Nos âmes planent sous les odeurs d’échappement.
Le soleil est un métal en fusion, il rayonne jusqu’ici d’un vacarme assourdissant. Ses coulées de plombs perforent le ciel et s’écrasent en éclaboussant nos ombres et le pare brise de l’autobus.
Le feu passe au vert et le vent se lève, tout devient presque gris.

commentaires

03/07/06 - 22:42

Triste et beau. Ou le contraire. Allons, laisserles colibris s'échapper dans un gaz d'absurdité.

04/07/06 - 20:02

S'agit-il des 5 premières minutes?

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