24/09/2006

24/09/06 - 11:30

Les multiples intersections.

Je devais avoir vingt ans quand j’ai publié, dans un journal toute boîte de la région, ma seule et unique petite annonce de rencontre. J’étais étudiant, pas vraiment sorteur et plutôt à la périphérie que dans le milieu.
De mon annonce, je n’ai pas retenu grand-chose. Elle était relativement classique avec une pointe de poésie référencée : JH 20a, br. yx blx ch. JH 20-30a pour voyages immobiles. Ec. bur. J. Quelque chose dans ce goût là.

C’est un peu fébrile que je l’avais déposée au bureau d’accueil craignant le jugement que pouvait susciter la répétition de ce binôme identitaire. Et puis il m’a fallut attendre le délai de publication.
C’était avec certaine fierté que dix ou quinze jours plus tard, je retrouvai ma minuscule quête perdue au milieu de celles des autres. Elle était là et c’était déjà une satisfaction en soi d’exister même anonyme et abrégé.
J’ai dû recevoir une quinzaine de réponse, de la lettre un peu salace mais bandante à la plus vertueuse. Il y avait un plan dans les vestiaires d’une piscine publique, une réponse qu’il fallait coller sous un banc précis dans un parc public, quelques photos moyennement réussies…
La pêche n’était pas vraiment miraculeuse mais d’avoir reçu des réponses pour trois fois rien de ma part était déjà une satisfaction.

Pour l’histoire, j’ai rencontré deux de ces personnes, presque les yeux bandés.
Le premier était plus âgé que moi, la moustache timide, ni beau ni attirant. Il parlait beaucoup de sa vieille voiture pourrie, il faisait de la moto aussi. Je ne sais plus combien de temps la rencontre à duré mais elle s’est limitée à elle-même.
Le second était étudiant, m’avait écrit que son coiffeur le trouvait charmant et qu’il dansait très bien la maccarena. Il habitait à deux pas de chez moi, on s’est donné rendez-vous sur un parking, quitte à rester dans les clichés, avant de se retrouver presque aussitôt chez moi.
Ca n’a pas duré très longtemps, nous n’existions que chez l’un ou chez l’autre, jamais en dehors, jamais avec d’autres et puis, j’étais plus avec lui que lui ne l’était avec moi. Au moins m’a-t-il donné l’occasion de vivre mes premiers grands déchirements.

Il y a quelques mois, les bureaux où je travaille ont étés déménagés. Prenant la pause cigarette sur le trottoir, je me suis rendu compte que le type à la moustache travaillait juste à côté. Je ne pense pas qu’il m’ait vu ou reconnu. C’était il y a plus de dix ans. Il n’a pas vraiment changé et est toujours aussi peu charmant. Je me suis demandé si il avait encore sa voiture pourrie, sa veste de motard en cuir, si il avait trouvé celui qu’il cherchait et ce qu’avait été sa vie pendant que je faisais la mienne.

commentaires

25/09/06 - 22:52

On en apprend des choses :)

27/09/06 - 19:31

Tiens, pas mal comme histoire. A 20 ans, je n'aurais jamais pu faire une chose pareil. Avec le recul, je m'apperçois que j'ai peu provoqué la vie.

06/10/06 - 17:04


Pour tout bagage on a vingt ans
On a des réserv's de printemps
Qu'on jett'rait comm' des miett's de pain
A des oiseaux sur le chemin
Quand on aim' c'est jusqu'à la mort
On meurt souvent et puis l'on sort
On va griller un' cigarette
L'amour ça s'prend et puis ça s'jette

06/10/06 - 18:21

L'amour c'est comme une cigarette
Ça brûle et ça monte à la tête
Quand on ne peut plus s'en passer
Tout ça s'envole en fumée.
L'amour c'est comme une cigarette
Ça flambe comme une allumette
Ça pique les yeux ça fait pleurer
Et ça s'envole en fumée.

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