Solitude
Encore un week-end de solitude.
C'est dur de se sentir inexistant dès que le week-end arrive.
Aucun coup de fil reçu, aucune proposition de sortie avec des amis, aucune acceptation des invitations à sortir que je peux lancer, c'est ma hantise chaque week-end.
La solitude a peut-être des aspects positifs. J'ai pu les apprécier pendant plusieurs années.
Mais quand elle dure trop, elle devient insupportable, encore plus dans une grande ville comme Paris, où dès qu'on sort on voit tout autour de soi des couples, des groupes d'amis et que l'on est toujours désepérément seul pour aller au ciné, pour aller danser, pour aller se promener. Cela ne m'a pas posé de problème pendant des années, parce que je considérais cela comme une période transitoire, mais de plus en plus j'ai peur que cette période ne prenne plus fin.
L'épreuve de la fin de rédaction de ma thèse ayant nécessité toute ma concentration ces dernières semaines, ces soucis personnels étaient passés au second plan. J'espère que cette fin de thèse marque le début d'une nouvelle vie.
Mais déjà j'en doute.
Je me sens toujours aussi inexistant dès que le week-end arrive.
Hier soir plein d'espoir je suis allé me déhancher sur la piste du Tango. J'étais certainement plus détendu, plus souriant plus attentif que les dernières fois où j'y avais mis les pieds. Mais une chose n'a pas changé je me sens toujours aussi transparent.
Aujourd'hui j'ai herré sur GA et sur d'autres sites de chat gay. Mais les personnes que je trouve les plus intéressantes vivent à des centaines de kilomètres ou bien ne sont pas vraiment disponibles parce que en couple ... ou bien ne s'intérressent pas à moi. Il y a aussi ceux qui disent s'intéresser à moi, avoir envie de me voir ou revoir, et qui n'appellent jamais ou ne sont jamais joignables ou disponibles.
Ce soir je n'ai même pas envie de sortir. J'ai l'impression de m'engouffrer à nouveau dans cette spirale dépressive où plus je fais des efforts pour rencontrer du monde et tenter de nouer des relations, plus les échecs successifs renforcent mon sentiment de solitude.
Il est certainement trop tôt pour penser que la plus grande disponibilité retrouvée depuis la fin de la rédaction de ma thèse n'apportera pas un début de solution à mes problèmes, mais c'est cette impression de retomber dans cette spirale ce soir qui me fait peur. Pour une fois je l'écris, peut-être est-ce le début d'un changement ?