25 ans de la dépénalisation de l'homosexualité : merci la gauche
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Homosexualité : 25 ans après la dépénalisation, la droite reste la droite
Pour le président d'Homosexualités et socialisme, la droite est restée conservatrice et réactionnaire sur le plan des moeurs.
Il y a 25 ans, les socialistes supprimaient l'alinéa 2 de l'article 331 du code pénal, hérité du régime de Vichy, qui incriminait « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe ».
Après la victoire de François Mitterrand en mai 1981, les services de police ont reçu l'instruction de cesser les discriminations à l'égard des homosexuels. La France a cessé de ranger l'homosexualité parmi les maladies mentales. La loi du 4 août 1982 a abrogé les lignes du code pénal sur lesquelles reposait la répression des homosexuels. La droite, majoritaire au Sénat, s'y est opposée à deux reprises. Les socialistes ont donc dû faire voter le texte trois fois par l'Assemblée nationale, qui l'a adopté en dernière lecture, le 27 juillet 1982.
Pour les lesbiennes, les gays, les bis et les trans. (LGBT), l'alternance de 1981 a mis un terme à la répression. L'alternance de 1997 a conduit au PACS, et, à travers lui, à la reconnaissance des couples homosexuels. Une alternance en 2007 aurait débouché sur l'égalité des droits entre tous les couples, avec l'ouverture du mariage et la reconnaissance de l'homoparentalité. Dans beaucoup de pays d'Europe, les victoires de la gauche ont eu la même signification.La droite a voté contre la dépénalisation de l'homosexualité. Elle s'est mobilisée pour faire obstacle à l'institution du PACS. Elle a rejeté les amendements socialistes visant à lutter contre les discriminations à l'égard des trans. Elle a rendu un rapport parlementaire hostile à la reconnaissance de l'homoparentalité, mais cela ne surprendra pas, puisque quelque 300 de ses parlementaires ont signé une pétition contre l'adoption par un couple de même sexe. Christine Boutin, qui a mené la bataille contre le PACS, a été nommée ministre. Christian Vanneste, que la justice a condamné pour ses propos homophobes, n'a pas quitté le groupe UMP. La position conservatrice et réactionnaire de la droite est une constante.
L'UMP contre le mariage et l'adoption des homosexuels
L'UMP est hostile à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe et à la reconnaissance de l'homoparentalité. La segmentation de l'électorat, qui a guidé la campagne de son candidat, l'a conduit à parler de l'homosexualité sur un ton compassionnel. Un discours nourri de deux propositions imprécises : l'union civile pour les couples de même sexe, et le statut des beaux-parents. Curieuses promesses : l'union civile existe, c'est le PACS ; le statut des beaux-parents existe, c'est la délégation d'autorité parentale. S'agit-il de réformer ces institutions ? Dans quelle direction ? Les réponses tardent. Et elles ne suivent pas le calendrier annoncé. S'il devait s'agir d'élaborer un statut spécifique aux couples homosexuels ou aux familles homoparentales, nous le dénoncerions. Cela serait donner une réponse spécifique à une demande qui ne veut pas l'être. Cela serait établir de nouvelles frontières pour isoler des communautés. Cela serait aggraver le glissement de notre société vers des terrains éloignés de la République.
Observons l'attitude de la droite depuis 2002 : en matière d'égalité des droits, elle ne cède qu'à reculons, et masquée. La pénalisation des propos homophobes s'est glissée en 2004 dans la transposition de la directive conduisant à créer la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Des améliorations du PACS se sont glissées dans la loi de finances pour 2005 (réduction des délais fiscaux) et dans la loi « en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat » (égalité en matière de succession pour le conjoint survivant)... La droite a-t-elle peur d'elle-même ou peur d'ouvrir la voie à d'autres concessions ?
La vertu éducative de la loi a ici autant d'importance que sa fonction strictement juridique. En modifiant la situation de droit des LGBT par petites touches discrètes, on ne transformera pas leur situation de fait. C'est en ayant le courage de montrer aux Français que la République protège tout le monde avec les mêmes institutions que l'on disqualifiera les discriminations et les violences qui pèsent sur les LGBT. En Espagne, ce courage, Zapatero l'a eu. La loi a donné de l'élan à un mouvement de l'opinion espagnole qui n'attendait, pour changer, qu'un acte politique fort.
Dans l'opposition et à la tête des collectivités qu'elle dirige, la gauche a la responsabilité de porter haut le combat pour l'égalité. C'est un sujet politique. Il met en cause les liens entre notre projet de société et nos libertés individuelles. Il appelle des réponses de gauche, puisqu'il révèle des injustices et des violences que la société fait peser sur les plus vulnérables. Les inégalités face à l'emploi, au logement, à l'éducation, à la santé sont encore plus dures lorsqu'elles s'ajoutent aux difficultés rencontrées par les LGBT.
La République qui agit a une valeur d'exemple. Devant le renoncement de la droite, la gauche doit agir et assumer son rôle. Les collectivités dont elle a la responsabilité doivent, en s'appuyant sur les associations, les lieux de mémoire, les célébrations, montrer que la République ne fait pas de différence.
Samedi 04 Août 2007 - 08:12
Gilles Bon-Maury, Président d’Homosexualités et Socialisme