15/05/2008NürnbergNous étions donc à Nuremberg ce week-end.
Si pour certains Nuremberg évoque les grands petits orateurs criminels et harangueurs de foule ou bien les procès d'exception, j'avoue, en néo-bavarois, après 3 ans sur place, quand on me dit Nuremberg, je pense immédiatement à des petites sauces blanches aux herbes, qu'on mange avec un peu de Sauerkraut ou dans un Semmel, au Biergarten, arrosées d'un maß ou deux...
Maintenant, je pourrai dire que c'est une très jolie ville moyenâgeuse, très bien reconstruite après la guerre, animée, avec beaucoup de charme.
Pour ne rien gâcher, le soleil était de la partie.
Pourtant tout n'avait pas parfaitement bien commencé.
Nous perdîmes tout d'abord trois heures en arrivant, puisque nous dûmes improviser une visite inopinée chez un médecin pour tnÅ.
Mon appareil photo est tombé en rade tout aussi inopinément.
Manifestement, si j'en crois l'absence de cliquetis à la prise de vue, l'obturateur est bloqué, en position ouverte. Ce qui donne des photos complètement surexposées... Sauf s'il s'agit de photos d'intérieur sans flash (dans un musée par exemple). J'ai acheté un argentique jetable, on verra ce que ça donnera.
Nous avons dû amputer un peu nos objectifs en nous limitant à des promenades dans la vieille ville et à la découverte de ses monuments, le tout complété par une longue visite (4h) du Germanisches Nationalmuseum.
Nous n'avons pas été au centre de documentation du site de rassemblement du parti national-socialiste, situé en périphérie de la ville et qui est, parait-il, très bien fait et très instructif.
La grande place du marché était là pour nous rappeler que la persécution des juifs de date pas d'hier, puisqu'elle se tient où se tenait le quartier juif rasé en 1349 au cours d'un pogrom où ont été brûlés les centaines de juifs qui y habitaient.
Pour alléger l'atmosphère, je peux vous toucher un mot de Flocke, à qui nous n'avons pas rendu visite (le zoo étant également hors de la ville). En revanche, nous n'avons pas échappé aux produits dérivés visibles dans tous les magasins ni aux grandes affiches en ville, la montrant, sans la nommer, si ce n'est en creux, par comparaison à Knut l'ourson berlinois devenu grand (Knut war gestern, Knut c'était hier, sous-entendu, aujourd'hui c'est Flocke) .
Si vous cherchez des idées pour un week-end, pensez à Nuremberg, il fait bon s'y promener.
14/05/2008A lireA lire sur Marianne en ligne, un éclairage citoyen intéressant sur certains textes de l'OCDE, la très influente organisation néo-libérale. Le décryptage des méthodes est instructifs.
D'un cynisme effrayant.
Le néo-libéralisme, ou la politique du catimini par Catherine Kintzler. 13/05/2008PentecôteNous avons passé un week-end en amoureux tnÅ et moi.
Nous avons fait une petite escapade dans une très jolie ville qui vaut plus qu'un détour.
Où était-ce ?
Voici comme indice, une photo que nous avons prise dans les rues de la ville :
Knut war gestern
Facile, non ? 12/05/2008L'âge du capitaineJ'aime beaucoup les petits jeux de logique.
Vous savez, les histoires où il faut faire traverser une rivière à une chèvre, un loup et des choux, ou un pont à un groupe de personnes plus ou moins rapides, les histoires de pesées et de faussaires, les histoires de pires et des pures – qui mentent toujours ou disent toujours la vérité – chers à R. Smullyan, les faux paradoxes comme celui de l'euro disparu.
Il y a une catégorie intéressante de jeux logiques, ce sont les métajeux, ainsi nommés par Smullyan, c'est-à-dire un jeu sur un jeu.
Un des plus célèbres est sûrement l'énigme des trois filles :
Deux vieux amis qui s'étaient totalement perdus de vue depuis des années se rencontrent dans la rue et discutent :
[...]
– Et je suis l'heureux papa de trois filles !
– Félicitations ! Quels âges ont-elles ?
– Comme je sais que tu aimes toujours les petits problèmes mathématiques, je vais te laisser trouver tout seul. Le produit de leurs âges vaut 36...
– Ce n'est pas suffisant pour que je trouve.
– Oui mais, vois-tu, chose amusante la somme de leurs âges donne le numéro de la maison en face dans la rue.
L'ami se retourne, lit le numéro, réfléchit quelques secondes et déclare :
– Désolé, je ne peux pas encore trouver leurs âges...
– Suis-je bête ! J'ai oublié de te dire que l'aînée est aussi blonde que sa mère !
– Maintenant je sais !
Quel est l'âge des filles ?
Si vous ne connaissiez pas, je vous encourage à réfléchir sur ce petit jeu, proposer vos solutions ; je reviendrai dessus plus tard.
Je disais donc en introduction que j'aime bien les jeux de logique.
Un peu dans le même esprit, enfant, en camp, j'aimais bien les énigmes qu'on se raconte au coin du feu ; non que j'étais spécialement bon, mais ça me plaisait bien.
Les situations sont souvent tirées par les cheveux mais bon...
Il y a peu je suis retombé sur un grand classique du genre :
Alphonse, agent secret, a été enlevé. Il a été assommé et lorsqu'il se réveille, après un temps qu'il n'arrive pas à déterminer, il se trouve seul dans une cellule sans fenêtre, n'ayant qu'un lit et un lavabo comme commodité. Bien qu'il n'entende rien et qu'il ne voit personne, Alphonse est rapidement certain qu'il est très loin de chez lui.
La question est : pourquoi en est-il convaincu ?
Connaissez-vous la réponse ?
Mais ce qui m'intéresse n'est pas directement la réponse à cette énigme.
Non. Si vous connaissez/trouvez la réponse, savez-vous pourquoi la réponse à cette énigme est fausse ?
03/05/2008Bloc-NotesAujourd'hui
Voilà, j'ai un mobile. Il est minimaliste,
mais je ne suis plus minoritaire.
Dimanche 27 avril
Retour de mariage par la départementale 905, de Sombernon à Sens.
Petites haltes à Flavigny et Alésia.
Un autre jour, pensez à s'arrêter à l'abbaye de Fontenay.
Arrivée à Paris un peu tardive, mais sans le moindre bouchon.
Samedi 26 avril
Voyage aller pour le mariage. Voyage express par l'A6.
A retenir : sortir à Auxerre-nord pour prendre de l'essence permet bien sûr d'économiser 12c/L sur le carburant, mais, cerise sur le gâteau, on gagne aussi 10c sur le prix du péage. Va comprendre, Charles...
L'automobile reste pour moi le moyen de transport le plus stressant qu'il soit. Certains ont peur de l'avion, moi je panique bien plus à l'idée de monter dans une voiture. Je me demande sérieusement pourquoi l'être humain devient aussi débile avec un volant dans les mains...
Il y a une thèse à faire sur le pouvoir lobotomisant de la Voiture.
La noce s'est très bien passée. Un très bon moment. ErectionJeudi nous étions le premier mai, jour de nombreuses festivités.
D'aucuns commémoraient l'Ascension,
d'autres fêtaient le travail.
Certains ont vendu du muguet,
des conscrits ont couru le mai.
Moi je regardais sagement une érection, celle du nouveau Maibaum de ma ville ; une manifestation pas si courante puisqu'elle ne se tient que tous les six ans.
Dans ma ville, comme dans toute commune bavaroise qui se respecte, se dresse un bel arbre de mai aux couleurs de la Bavière – bleu et blanc. Pendant plus de 2 ans, je l'ai toujours vu dominer le village, immuable point repère.
Un jour de décembre, je revenais, après une semaine ou deux d'absence, accompagné de mes parents qui venaient quelques jours découvrir l'endroit où je vivais (qu'ils voient l'endroit une fois tout de même avant que je parte sous d'autres cieux).
Il faisait nuit. Il était assez tard. On sortait du métro et je leur dis :
– Je vais vous montrer un truc typisch Bayerisch, on peut pas le louper, il fait 40 mètres de haut... Là ! Vous voyez le Maib... bah... il est où ?
A pu de Maibaum. Pfftttt disparu, envolé.
Mais qu'on se rassure, après cinq mois sans Maibaum, le Maibaum nouveau est arrivé ! Vive le Maibaum !
Il trônera au cœur de la ville un peu plus de 5 ans lui aussi (sauf accident) avant d'être démonté un automne, et remplacé par un fringant successeur un 1er mai.
Comme toutes choses en ce pays, l'arrivée du Maibaum est surtout un prétexte pour faire la fête et boire de la bière.
Beaucoup se sont mis sur leur 31 :

Il est midi tout est en place, on érige doucement ce tronc d'arbre peint de plus de 40 m :
mais certains sont déjà attablés et occupés à descendre leur maß
Le mât est maintenant redressé, solidement arrimé, les pompiers fixent les dernières enseignes puis détachent le câble de tractage.
Tous cela bien sûr au son de la fanfare qui elle non plus n'oublie pas de se réhydrater :
Puis le drapeau à damier losange bavarois est hissé.
Monsieur le curé fait un discours, madame le pasteur également. Peut-être une bénédiction.
C'est ensuite au tour de l'ancien Bourgmestre et de la toute nouvelle Bourgmestrine d'y aller chacun de leur petit mot.
Mais je ne sais pas ce qu'il s'est dit, j'ai fuit avant, échappant ainsi également aux danses des enfants...
Tout est rentré dans l'ordre. Je vois de nouveau de chez moi ce fier arbre qui tutoie le ciel mieux que la flèche de l'église.
25/04/2008Bloc-NotesAujourd'hui
Un saut en France pour le week-end, direction Dijon.
Je suis de mariage.
Deux ans que je n'ai pas mis les pieds à Dijon, déjà.
Ca me fera l'occasion de découvrir la salle des mariages, au palais des Ducs. Il paraît qu'elle vaut le coup d'œil.
Samedi 19 avril
Nous avons donc visité Salzbourg.
Jolie ville en effet, comme on les aime. La vieille ville se concentre sur un petit espace entre la rivière et les collines abruptes du château et du Mönschberg. Nous l'avons toutefois trouvée un peu grise. Peut-être était-ce dû au temps, mais je n'en suis pas sûr. Ca m'a semblé moins coloré que d'autres villes autrichiennes. Je ne vais pas faire un compte-rendu détaillé, mais je peux vous livrer une ou deux impressions.
Déambuler dans ces rues moyenâgeuses, hautes et étroites, est un vrai bonheur.
La vue depuis le château est magnifique, même si l'accès est hors de prix (7€)...
Un coup de cœur : autour de l'église Saint-Pierre : le cimetière est vraiment joli, même sous la pluie – ça donnerait presque envie de s'y faire inhumer, la place qui sert de parvis à l'église est tout à fait charmante et l'intérieur du monument est très élégant. Après Wilhering, mon impression se confirme, autant je trouve le baroque oppressant par sa lourdeur, autant je peux apprécier la finesse et les tons pastels du rococo...
Une mention spéciale : pour l'église franciscaine, sa nef romane, haute et sombre, son cœur gothique lumineux avec une magnifique architecture en palmier – on se croirait à Toulouse, mais en gris blanc... – et un maître-autel baroque. Une synthèse.
Et puis bien sûr, les Mozartkugeln, les originales de chez Fürst. Un gourmand comme moi ne pouvait passer à côté. ;-)
Mardi 15 avril
Ca y est je suis fixé. Ce n'est pas pour cette année non plus. Pas de poste pour moi.
J'irai donc bien à Toulouse en octobre.
On retentera une ultime fois l'an prochain.
20/04/2008Les Allemands sont formidablesJ'ai remis tout à l'heure tnÅ dans l'avion. La reprise est demain.
Nous avons passé trois semaines ensemble : deux à Paris, une petite ici.
Aujourd'hui il a fait un temps superbe. Quel contraste avec la journée d'hier.
Chose rare, en rentrant de l'aéroport, j'ai vu, depuis le S-Bahn, les Alpes. Assez nettement même.
Hier nous nous sommes organisé une petite escapade pour profiter du temps ensemble, même si le temps était à la grisaille.
Lever 5h30, métro 6h38 pour prendre un train à la gare à 7h42.
Nous avons utilisé un Bayern-Ticket.
C'est bien le Bayern-Ticket.
Un ticket, 27€, valable pour un petit groupe, jusqu'à 5 personnes ensemble.
On peut utiliser tous les trains et bus régionaux de Bavière, les transports en commun dans plusieurs grandes villes.
Oui, c'est bien le Bayern-Ticket.
Comme nous étions un peu en avance à la gare, nous avons fait un petit tour.
Dans l'espace voyageur, notre attention a été attirée par un grand présentoir où étaient disposés de nombreux exemplaires d'un dépliant de la D-Bahn.
Ce dépliant ne vantait pas les mérites du Bayern-Ticket, ni ceux d'une carte de réduction pour seniors, juniors ou familles nombreuses.
Non, rien à voir...
Vous vous souvenez de Knut, non ?
Mais si ! Ce trognon nourson blanc, star et coqueluche du zoo de Berlin l'an dernier, abandonné à la naissance par sa môman et nourri par les soigneurs du zoo.
Aujourd'hui il fait plus de 200 kg et tout le monde s'en fout, mais à l'époque une véritable knutmania avait envahi l'Allemagne. Marque déposée, produits dérivés et tout le toutim, queues monstres pour aller le voir au zoo. Bref, une manne pour le zoo de Berlin.
Si vous avez oublié, voici pour vous rafraîchir la mémoire :
Mais Knut, c'est le passé. Exit. Out.
Aujourd'hui c'est Flocke.
Une petite oursonne polaire, séparée de sa mère au zoo de Nuremberg.
Elle a été présentée au public le 8 avril dernier.
Et donc voici ce qu'on trouve à la gare :
rendre visite à Flocke (flocon) et voir Nuremberg
C'est mignon, non ?
Moi, je trouve que les Allemands sont formidables, d'un enthousiasme rafraîchissant.
Cependant, notre objectif n'était pas le zoo de Nuremberg.
Nous avons pris la direction d'une charmante bourgade, classée au patrimoine mondial par l'Unesco, dont voici une vue d'ensemble (la photo n'est vraiment pas terrible, mais le temps ne l'était pas non plus) :
Alors ? Où avons-nous usé nos semelles samedi ?
Une idée ?
Si vous séchez, je peux vous donner un indice.
Un seul.
Vous le voulez ? Vous êtes sûr ?
Mozart.
C'est facile maintenant... 29/03/2008Aujourd'huiAujourd'hui, je vole à Paris.
Pour quinze jours.
Deux semaines pour les concours, pour la parade. Hypocrisie, séduction et trahison à foison.
Aujourd'hui j'ai décidé de faire confiance au printemps. Malgré le froid et les averses neigeuses de la semaine, inspiré par la caresse du soleil ce matin, j'ai remisé mon duffle-coat rapé et l'ai troqué contre mon blouson usé.
Il faudrait que je renouvelle ma garde-robe.
Il faudrait que je m'achète quelques habits.
Il faudrait.
Les habits sont utilitaires. Se protéger du froid, là où mes pourtant abondants poils font défaut, et respecter les mœurs sociales en cours.
Les habits servent à mettre le corps en valeur. Cacher pour montrer. Montrer en cachant.
Deux approches. Deux visions.
Je me classe indéfectiblement dans la première catégorie, en essayant de ne pas ressembler à une grosse vache.
Je me contente d'une vache pas trop grosse.
C'est sympa les vaches.
J'aime bien.
P.-S. : je suis donc à Paris, si le cœur vous en dit... 22/03/2008Valse des déplacementsRentré de Vienne hier soir, après une semaine de travail sur place. Pas tellement eu le temps de me promener, même pas eu le temps de rentrer dans un vrai café, boire un mocca et déguster une part de Sachertorte...
Malgré mon éloignement momentané, j'ai tout de même appris que mon prochain maire en France sera à gauche. La ville rose l'est doublement maintenant. Bien.
Pour en finir avec ma série sur les élections, voici l'épilogue de mon aventure comme électeur en Bavière.
Dimanche, avant mon départ j'ai voté pour le Stichwahl (second tour) pour l'élection du maire : en lice, un candidat SPD et une candidate CSU, et pour celle du Landrat : un candidat CSU et une candidate SPD.
Eh bien, j'ai appris qu'on a élu une maire de droite et une conseillère de gauche (qui bat le candidat sortant).
Les deux femmes ont gagné.
Même dans ma commune où la candidate maire conservatrice a été élue, la candidate au Landrat socialiste obtint la majorité.
Comme quoi...
La personne serait-elle plus importante que l'étiquette ?
Pour en revenir sur ma semaine viennoise, vendredi, avant de partir j'ai pu faire un tour dans ce qu'on pourrait appeler un marché de Pâques.
Comme à Noël mais à Pâques. Vous comprenez ?
Avec des décorations de Pâques et pas de Noël.
Le mieux est de vous montrer.

N'est-ce pas joli, coloré, ovoïde ?
Tous ces œufs peints et enrubannés.
Partout.
Une belle image pour vous souhaiter de
Joyeuses Pâques ! 14/03/2008MalaiseLes quiproquos sont souvent amusants.
Mais être pris dans un quiproquo concernant la mort de quelqu'un (exemple : on vous annonce la mort de X et sous le coup de l'émotion de votre interlocuteur, vous comprenez Y et vous réalisez votre erreur 45 minutes plus tard), ça fout vraiment mal à l'aise.
Partir à 31 ans.
Saloperie de cancer.
. 13/03/2008Municipales et autres scrutins locaux (3)L'attribution des sièges
Pour les scrutins uninominaux, le principe est similaire à celui des élections présidentielles françaises : celui qui obtient la majorité absolue l'emporte. Si personne ne l'obtient, un second tour entre les deux candidats ayant obtenus le plus de voix est organisé 15 jours plus tard.
Par exemple dans ma commune nous revotons dimanche. Un second tour classique CSU/SPD. Il n'y a pas de nouvelles affiches, juste de petits autocollants sur les affiches restantes des deux candidats encore en lice, du genre : « ballotage le dimanche des Rameaux, votez Machin ». Ah si ! il y a de nouvelles affiches, posées par un des candidats malheureux du premier tour : le candidat indépendant (Ni noir, ni rouge, ni jaune, ni vert était son slogan1) appelle à voter pour la candidate CSU (oui il est très indépendant manifestement).
C'est un peu comme si entre les deux tours des présidentielles, un des perdants du 1er tour faisait des affiches « Moi, Truc, vous appelle à voter Machin ».
Pour les scrutins par liste, ce n'est pas très compliqué.
On compte pour chaque liste le nombre de voix qu'elle obtient, i.e. le total des suffrages recueillis par chaque candidat de la liste. Par exemple, s'il y a 5000 bulletins exprimés et 24 sièges à pourvoir, il y a au maximum 120 000 voix (au maximum, car il se peut que certains électeurs n'aient pas distribué toutes leurs 24 voix) réparties sur toutes les listes.
On attribue alors le nombre de siège à la proportionnelle.
A la différence de la France :
- il n'y a pas besoin d'un score minimum (ou alors peut-être 1% ?) pour obtenir des siège (nos fameux 5%) ;
- il n'y a pas de prime à la majorité ;
- la méthode de distribution des sièges à la plus forte moyenne ne doit pas être la même qu'en France.
Dernière étape : attribuer les sièges aux candidats.
Le principe est tout aussi simple : si une liste obtient n sièges, ils sont attribués aux n candidats de la liste qui ont recueilli le plus de voix. En cas d'égalité seulement, le numéro d'ordre sur la liste intervient en faveur de celui mieux placé.
On voit ici tout l'intérêt de pouvoir donner plusieurs voix à la même personne : cela permet en quelque sorte de réarranger un peu la liste, en ayant la possibilité de donner plus de poids à quelqu'un qui est en bas de la liste au détriment de quelqu'un mieux placé sur la liste mais qui ne nous plaît pas.
Un tel mode de scrutin, purement proportionnel, aide les petites listes, comme la
rosa Liste (je vous laisse deviner quel genre de liste c'est), à avoir un représentant au conseil municipal. Qui dit petites listes dit aussi en particulier listes d'extrémistes, c'est vrai.
On est vraiment dans une situation contraire à la France, où, par peur de ne pas avoir une majorité claire qui nécessiterait une coalition, notre système de prime à la majorité est si violent qu'il réduit toute opposition à la portion congrue.
Voilà, vous en savez maintenant autant que moi sur les élections locales allemandes.
PS : je rapporte ici ce que j'ai compris des explications qu'on m'a données et ce que j'ai empiriquement déduit.
1Pour information, les couleurs correspondent dans l'ordre à la CDU/CSU, au SPD, au FDP et aux Verts.06/03/2008Municipales et autres scrutins locaux (2)
Le Scrutin
Première différence avec la France (mais la France a plutôt l'air d'être l'exception que la règle), pour un scrutin donné, on ne choisit pas entre plusieurs bulletins qu'on met dans une enveloppe : il n'y a pas d'enveloppe, et un seul bulletin.
Prenons par exemple un scrutin uninominal, disons pour l'élection du maire.
Dans ma commune, il y avait 5 candidats : 5 des 6 têtes de listes pour le conseil municipal.
Le bulletin était donc une feuille, jaune, format type A5 avec la liste des 5 candidats, avec pour chacun leur nom, leur profession, la mention d'un éventuel mandat municipal en cours, suivi d'une case circulaire.
Dans l'isoloir, un gros crayon bleu. Il suffit de mettre une croix pour désigner son choix, puis de replier la feuille en deux.
De même pour l'élection au Landrat.
Les choses se compliquent un peu pour les scrutins sur listes.
Prenons le conseil municipal.
Dans ma commune, il y a 24 sièges à pourvoir.
Il y a 6 listes. Chaque liste comptant donc 24 candidats. Jusque là, rien de très exceptionnel.
Sur le bulletin, rose et au moins 3 fois plus grand, se trouvent côte à côte les 6 listes, détaillant bien sûr les candidats. On trouve une case circulaire en haut de chaque liste, à côté du nom de la liste, mais aussi une case carrée à côté de chaque candidat.
Que faut-il faire?
On peut voter simplement, pour une liste, comme en France dans les grandes communes. On met un croix dans le cercle à côté du nom de la liste choisie. Point.
Mais on peut également panacher et répartir ses 24 voix (au maximum) comme on le souhaite (comme dans les petites communes françaises). Mais ce n'est pas tout : on peut mettre jusqu'à trois voix sur une même personne ! On spécifie donc à côté d'un candidat : 1, 2 ou 3.
Vous me direz, 6 listes à 24 candidats, ça va.
Oui. Mais pour l'élection au Kreistag, il y avait aussi 6 listes. Pour 70 sièges. Votre bulletin de vote est alors de la taille d'un journal, avec 340 noms, qu'il faut déplier, re-déplier, re-re-déplier, re-re-re-déplier (n fois) pour cocher ce qu'on veut ; ça peut prendre du temps d'ailleurs, si on panache, si on pondère. La chaise dans l'isoloir (un bureau derrière un paravent) est nécessaire ! Puis on plie, on replie, on re-replie (n fois).
J'aurais aimé voir les bulletins pour le conseil municipal de Munich : 11 listes, 80 sièges. 880 noms sur la feuille. Le bottin.
Dernière remarque qui simplifie un peu la vie : lorsque vous panachez, vous pouvez quand même mettre une croix sur une liste. Admettons que vous ayez 70 voix à distribuer et que vous ayez déjà donné 3 voix à X et Y, 2 à Z, et 1 à A, B et C, soit 11 voix, reste 59. SI vous cochez une liste, vos 59 voix restantes seront attribuées au 59 premiers de cette liste à qui vous n'avez pas encore donné de voix.
Est-ce clair ?
Ce qui m'a marqué lorsque je suis allé voter :
- Les grosses urnes en métal, non transparentes.
- L'absence de solennité du moment (pas entendu d'équivalent au « a voté ») et le fait que j'ai ouvert moi-même les urnes pour y glisser mes bulletins (sous l'œil de l'assesseur tout de même !)
- On n'a pas voulu de mon passeport, on s'est contenté de ma carte d'électeur pour cocher un registre que je n'ai pas signé !
à suivre L'attribution des sièges.
PS : je rapporte ici ce que j'ai compris des explications qu'on m'a données et ce que j'ai empiriquement déduit.
04/03/2008Municipales et autres scrutins locauxCe week-end, tnÅ était venu à Munich, et tout s'est bien passé malgré la tempête. Nous avons eu de la chance. C'est vrai que ça a bien soufflé ici tout le week-end. Samedi matin, nous avons même eu un bel orage de grésil, assez impressionnant.
Rien de tout cela ne m'a toutefois empêché d'accomplir mes devoirs de citoyen.
Dimanche se tenaient dans ma commune quatre scrutins locaux, auquels, en tant que citoyen européen, je pouvais ... non – auquels je me devais de participer.
Deux scrutins municipaux,
deux scrutins au niveau du Kreis (en gros, le canton).
Deux scrutins par liste : pour le conseil municipal et pour le Kreistag.
Deux scrutins uninominaux : pour le maire et pour le représentant au Landrat.
Oui, ici ce n'est pas comme en France, on élit directement le maire, lors une élection dédiée.
Je vais vous livrer en 2 ou 3 posts les impressions que moi, petit Français, j'ai eu sur ces élections.
Bien sûr, ce sont des impressions ; ce n'est qu'un reflet probablement déformé de la réalité.
La campagne
Je ne sais pas s'il y a une campagne officielle.
J'ai reçu l'équivalent d'une carte d'électeur me spécifiant mon bureau de vote, ce pour quoi on votait, et la date du scrutin.
Mais je n'ai reçu aucun matériel électoral, c'est-à-dire, je n'ai pas de professions de foi.
J'ai en revanche eu dans ma boîte-aux-lettres, à plusieurs reprises, des tracts et des livrets de plusieurs candidats, mais rien d'officiel.
De même, je ne suis pas sûr d'avoir vu des affichages officiels, comme en France, à proximité du bureau de vote. Il n'y en avait pas à côté du mien par exemple.
En revanche les villes se sont mis à foisonner d'un affichage quasi-anarchique.
Attention, je n'ai pas dit sauvage. Non, on est loin des affichages sauvages qu'on peut voir en France un peu partout sur les murs à l'approche des élections.
Non.
Ici j'ai vu fleurir des portes-pancartes un peu partout. Porte-pancarte plus ou moins rustique, attaché au tronc d'un arbre ou d'un lampadaire, adossé à un abribus, ou simplement posé comme un tréteau au milieu de la place ou sur un trottoir. J'ai même vu de plus grand affichages, style 4x3, dressés sur une remorque, du genre remorque à foin, garée en bordure d'une route.
Sur ces affiches, on trouve des messages politiques bien sûr, ou la photo du candidat maire évidemment, ou encore les photos des 24 candidats au conseil municipal d'une liste, avec leur nom, éventuels titres, profession, nombre d'enfants... de vrais petits CV.
Voici quelques exemples d'affiches. cliquez pour agrandir
C'est plutôt amusant, atypique, je trouve parfois : par exemple, la candidate au Landrat sur la seconde affiche avance comme arguments de campagne : proche des citoyens, humaine et compétente ; compétence qu'elle n'est pas la seule à revendiquer, comme l'indique la première affiche. Celui-là d'ailleurs se vend comme un bon produit : Compétent. Qualification & expérience – Comparez !. Sur la troisième affiche, on trouve ce puissant slogan du FDP : littéralement, Le futur commence chez soi.
Quant au slogan Modern aus Tradition, je l'aurais cru bien adapté à la CSU ; en fait, non, ici c'est celui du SPD, alors que la CSU annonce Vertrauen schafft Zukunft/Ideen schaffen Zukunft! ( La confiance/Les idées crée(ent) le futur).
Tout un programme.
Il fallait donc choisir et se rendre aux urnes...
à suivre Le scrutin.
PS: Les traductions sont littérales et donc bancales ; elle sont ici simplement pour que vous en saisissiez l'esprit si l'allemand vous est hermétique.
25/02/2008Bär'nRetour à Munich aujourd'hui.
J'ai passé 15 jours avec tnÅ.
Le 8 réunion à Paris, arrivée la veille au soir.
Retour le samedi 9, avec tnÅ dans mes bagages.
Puis une semaine de vacances. Semaine plus ou moins au repos, entrecoupée de quelques heures au travail, et gâchée par une petite grippe ou un sérieux coup de froid.
Nous avons tous de même pu passer une petite journée de promenades et visites au pied des Alpes, à Füssen.
Le week-end suivant, nous avons mis le cap sur la capitale helvète. Moi, pour une semaine d'atelier de travail ; tnÅ, parce que, en vacances, il avait décidé de m'accompagner pour découvrir la ville aux Ours. J'allais donc travailler la journée, le laissant flâner dans la ville et découvrir ses nombreux musées entre deux tas de copies à corriger, avant de le retrouver le soir pour dîner.
Nous sommes arrivés dimanche après-midi. Je ne pensais pas que la communauté kosovar était si importante dans la ville, mais nous avons entendu et vu de nombreuses manifestations de joie ce jour d'indépendance autoproclamée.
Berne est une ville avec beaucoup de charme.
Sa vieille ville moyenâgeuse, classée au patrimoine mondial de l'humanité, est un très bel endroit pour flâner de rues en ruelles, à l'abri des arcades.
Berne est une ville vertigineuse. La ville est sur plusieurs niveaux. Escaliers, terrasses. Certains ponts offrent de magnifiques vues plongeantes sur l'Aar.
A Berne, on remarque également toutes ces caves, tous ces sous-sols reconvertis en boutiques, troquets ou restaurants.
Berne est à taille très humaine ; c'est vraiment une petite ville pour une capitale européenne. Ca a un petit côté "Dijon" ^^.
Berne est chère.
Se nourrir à Berne coûte cher ; Paris est bien meilleur marché en comparaison – comme une bonne partie de la Suisse, je suppose. Les soirées aux restos (des restaurants sans prétention, qui plus est) font exploser le budget de la semaine ; sans compter qu'il me faut presque une assistance respiratoire à la sortie de ces établissements tant le tabac est ici encore omniprésent.
La semaine fut vite passée. Intense, plutôt productive.
Vendredi, nous avons fait le chemin inverse pour Paris, avec en prime du magnésium dans du chocolat dans nos valises.
06/02/2008C'est une belle journéeEncore une journée bien remplie. Elle n'a pas commencée de bonne heure remarquez. 10h au bureau. A force de partir à point d'heure, on arrive chez soi à point d'heure, on se couche le soir la nuit à point d'heure. Forcément, on se décale.
Alors ce soir à 22h, stop, on rentre. Suis Fatigué.
Et il faut se lever tôt demain pour donner à mon appartement un semblant, non vraiment d'ordre, mais de viabilité, avant d'aller travailler.
Demain après-midi, je vole vers Paris, pour une réunion importante vendredi.
Je retrouve enfin tnÅ après 30 jours de séparation.
Puis une semaine de repos ensemble, ici à Munich.
En vacances, mais il me faudra quand même travailler un minimum.
J'ai dégrossi le travail, mais il faudra quand même l'achever la semaine prochaine, avant cet atelier de travail à Berne.
Tant à faire. Si peu de temps.
Je sais, il est chiant ce post, je ne fais que me plaindre.
Je ne me plains pas vraiment, je constate.
Si je voulais me plaindre je commenterais cette nouvelle : ces trois dernières années, au concours astr0n0me, il y avait typiquement 7 ou 8 postes ouverts. Pour un nombre croissant de candidats (bah oui ça s'accumule) 98, 100, 112. Sept ou huit postes, ce sont des années fastes. Ca aurait pu continuer cette année. Mais suite à un changement des règles concernant le remplacement des départs en retraite, le nombre de postes devrait être 1, 2 ou 3, ai-je appris aujourd'hui.
Ca va faire du dégât je le sens.
Voilà je me suis plains.
Alors autant conclure sur cette pertinente remarque d'un philosophe moderne :
C'est une belle journée
Je vais me coucher
Une si belle journée
Qui s'achève
Donne l'envie d'aimer
Mais je vais me coucher
Oui c'est ça, je vais me coucher. Bonne nuit.
05/02/2008VieillerieIl y a un an et demi, j'avais fait cette image, que je n'ai pas encore publiée.
Je trouve une certaine élégance dans ces structures concentriques, couche sur couche, étonnamment régulières.
Cette image est une promesse. Une invitation.
L'enrobage solide semble en même temps si fragile. Il ne demande qu'à fondre doucement .
Lentement.
Pour révéler la graine qu'il protège, cette graine au centre qui semble prête à germer et attend non pas le printemps mais la bouche du gourmand pour se révéler.
Voilà une bien douce image pour Mardi Gras. 04/02/2008Ouvrez le banJe voudrais l'avis des mieux informés ou des mieux comprenants que moi.
Cela concerne le dernier mariage politico-médiatique français, ou plutôt le grand secret qui l'a entouré.
D'après ce que j'ai suivi, loin comme je suis, les journalistes – comme le reste du monde – ne l'ont appris qu'après l'événement.
Pourtant il me semblait qu'un mariage, en République Française, était sujet à certaines règles, en particulier la publication de bans 10 ou 15 jours à l'avance, je ne sais plus.
Il me semble y avoir une contradiction, non ?
Comment s'explique-t-elle ? 03/02/2008rapprochement inopportunLa présidence annonce que la France va débourser 1,6 milliards sur 5 ans de plus pour le plan de lutte contre la maladie d'Alzheimer.
C'est bien. Enfin je trouve ; même si je ne me rends pas compte ce que ça représente effectivement.
1,6 milliards sur 5 ans.
1,6 milliard. Ce nombre entrait en résonance avec une autre somme rencontrée un peu plus tôt.
Quelques heures avant, je lisais comment la même présidence, à cause de ses boulettes coutumières, avait fait perdre ~1,3 milliards à la France en quelques minutes, en annonçant trop tôt, le 29 novembre, la vente de 3% d'EDF...
02/02/2008
Vous ne vous êtes pas fait mal au moins, Monsieur Népomucène ?  |