08/02/2010

08/02/10 - 22:04

Lumières et noirceurs de l'âme




Dans le dernier numéro du Nouvel Observateur (je me réfère souvent à cet hebdomadaire mais il est le seul auquel je sois abonné...), Jacques Julliard discourt sur la haine en politique et notamment sur celle, la plus féroce sans doute depuis longtemps, entre Nicolaparte et Villepin. Il semble découvrir, lui qui pourtant a lu René Girard, que les grands écrivains (il cite Shakespeare et Descartes) nous en disent plus sur la "nature" humaine que Ricardo ou Marx. Saisissant passage où il met au défi de rendre compte de cet affrontement sans recourir à " l'hypothèse de l'âme, de ses noirceurs, de ses lumières" (pour les lecteurs de mon précédent billet, et surtout de son 13è commentaire, je souligne qu'il est écrit "recourir à l'hypothèse" et non pas "preuve"...). Il fût un temps où ce duel fratricide m'aurait réjoui (comme ceux, sans commune mesure toutefois, entre Giscard et Chaban, Chirac et Barre, Chirac et Balladur) car il pourrait conduire à une victoire du parti socialiste en 2012. Mais malheureusement je me sens (presque) aussi éloigné de ceux qui représentent actuellement ce parti que de ceux qui se réclament du parti majoritaire. L'épisode "Georges Frèche", pitoyable règlement de compte ( il sait lui le français et n'a fait qu'employer l'expression « pas catholique » dans le sens qu'elle a depuis des siècles, mais il est vrai qu'on veut tellement nous convaincre que la France n'a pas de racines chrétiennes qu'il est normal qu'on en oublie les dérives proverbiales de ce mot à partir du 16è siècle) interne à ce parti m'a attristé.

Jeudi je prendrai l'avion avec Bertrand, ainsi que mon ex et son ami, pour 10 jours de vacances en Israël (étonnante la question récurrente sur les "chats" de sites de rencontre gay lorsque j'annonçais ce départ : "tu es juif"?...).

Avant de partir une petite devinette : qui a dit dans une interview au Journal du Dimanche" du 7 février? :

"Benoit XVI je tente de le lire avec attention. Et, sur les relations judéo-chrétiennes, les procès d'intention systématiques qui lui sont faits sont juste incompréhensibles : outre qu'il met le débat à un niveau intellectuel élevé, il se situe dans la continuité totale de son prédécesseur, Jean Paul II. Quant à Pie XII, je demande simplement qu'on s'en tienne aux faits. Le fait que contrairement à ce que répètent en boucles les crétins, la plupart des archives sont ouvertes et consultables. Le fait est que, dans le silence assourdissant du monde entier sur la Shoah, il a été plutôt le moins silencieux de tous. Le fait est qu'il a, sans avions ni canons, plus dit et plus fait que Churchill, Roosevelt et de Gaulle réunis. Bien sûr qu'il aurait pu dire et faire davantage. Tout le monde peut toujours dire et faire davantage. Mais le présenter comme le "pape d'Hitler", brocarder inlassablement sur ce fameux "silence de Pie XII" est absurde et assez déguelasse."

05/02/2010

05/02/10 - 11:41

Gay de naissance ou la faute à maman?



Un article du Monde de hier après midi rapportait les travail de chercheurs de l’Université de Genève qui viennent de publier un livre sur le caractère inné ou acquis de l’homosexualité. Leur conclusion est sans appel, elle est le résultat d’une interaction entre le génétique et le biologique. On ne devient pas homosexuel, on l’est de naissance. Selon ces chercheurs ces travaux vont mettre l’Eglise en porte à faux car elle proclamerait, se fondant sur une approche analytique, que l’homosexualité est acquise. Il me semble que ces chercheurs sont bien optimistes l’Eglise a toujours su, parfois après une période de « résistance », intégrer les connaissance scientifiques sans toucher au dogme.
http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2010/02/04/l-homosexualite-est-genetique-selon-un-chercheur_1301366_3244.html#ens_id=1286181

Quoiqu’il en soit, ceux qui ont pu lire l’article datant de 4 ans de mon ancien blog, ci-dessous reproduit, consacré à la question de l’origine de l’orientation du désir, pourront constater qu’il cela ne fait que confirmer ce que je disais :



« Je reviens donc sur cet épineux problème de l’origine innée ou acquise de l'homosexualité. On peut d’abord se demander pourquoi ce sujet soulève tant de passions, notamment chez les gays, l’adhésion à l’une ou à l’autre thèse relevant plus du domaine de la croyance, en fonction de ses préjugés et angoisses, de sa façon même de vivre son homosexualité, que d’une approche rationnelle.
Les uns se satisfont mieux d’une genèse « psychologique » de l’orientation sexuelle (qu’il s’agisse de la version Freudienne qui en fait une anomalie de la maturation sexuelle, ou de la version Girardienne plus positive qui en fait une des figures possibles du désir mimétique), car elle laisse, leur semblent t’ils, la porte ouverte à une possible évolution de cette orientation, voire à une possibilité de choix ( n’entend on pas dire, ici où là, que l’homosexualité est un choix ?!), à la possible « culpabilisation » du milieu environnant (la famille en général), alors qu’ils ne voient dans la thèse innée qu’un fatalité oppressante. Les autres voient au contraire dans l’origine innée, génétique, de l’homosexualité, l’ancrage dans la « nature » de leur orientation sexuelle, aussi normale, fondamentale et immuable que la couleur des yeux. C’est une autre version du débat entre Nature et Culture, entre Rousseau et Voltaire. Certains vont même pour justifier leur opinion jusqu’à mettre en avant les dangers de la thèse contraire, comme si le degré de dangerosité d’une théorie suffisait à la rendre fausse ! En effet on connaît les dangers potentiels de chaque approche : la théorie analytique a justifié et justifie encore bien des attitudes répressives (C’est contre les psychanalystes que l’homosexualité a fini par être exclue de la classification des maladies mentales, de nombreux psychanalystes ont soutenu l’opposition aux revendications du mariage gay et de l’adoption ; le Vatican s’appuie sur la psychanalyse pour interdire la prêtrise aux homosexuels ) ; d’un autre côté, la découverte éventuelle du « gène » de l’homosexualité pourrait
faire craindre un futur sinistre ( comme dans le film Bienvenu à Gataca) qui verrait l’émergence d’une société de la sélection par les gènes.
Existe t’il des arguments plus rationnels ? Il faut d’abord définir de quoi l’on parle. Je n’envisagerai ici que l’homosexualité définie comme orientation exclusive du désir sexuel vers la même sexe ( évacuant le problème de la bisexualité, autre avatar Freudien, qui mériterait un traitement à part) et qui plus est masculine ( il se pourrait que l’homosexualité féminine soit plus complexe, plus hétérogène car le mouvement d émancipation de la femme a pu faire naître, à côté d’une homosexualité « biologique » de même type que la masculine, une homosexualité « sociale » basée sur la haine ou le refus de l'homme dans le sillage du MLF). Il faut enfin distinguer « désir sexuel » et « pratique sexuelle »,c’est à dire orientation de ce désir vers le même sexe d’une part et réalisation de ce désir d’autre part. C'est sur l'orientation du désir vers le même sexe que porte la controverse sur l’origine innée ou acquise de l'homosexualité?
Que sait on? Il n’existe à ce jour aucune réponse définitive, irréfutable, mais seulement des hypothèses dont certaines sont bien plus crédibles que d’autres car bâties sur des faisceaux d’arguments. Si l’on appelle « acquis », tout ce qui est déterminé par ce qui advient après la naissance, alors il faut bien dire, qu’en dehors de « pures » théories spéculatives ( psychanalyse : voir ailleurs dans ce blog "En finir avec la psychanalyse"), il y a bien peu d’arguments en faveur de l’origine acquise de l’homosexualité. Il n’y a ainsi jamais eu d’études sérieuses sur la fréquence des « mères possessives » ou des » pères absents » chez les homosexuels, et même certaines tendraient à montrer que cette fréquence est la même chez l’hétérosexuel. La majorité des neurobiologistes défendent une origine biologique de l’homosexualité en se basant sur de nombreux arguments : l’existence d’une homosexualité animale, le côté universel, transculturel, du comportement homosexuel ( avec une fréquence qui semble assez semblable quelle que soit la culture), les études sur les jumeaux, les cas assez fréquents de fratries d'homosexuels, certaines études (certes controversées et parfois contradictoires) sur les différences au niveau des structures cérébrales impliquées dans le désir sexuel (hypothalamus), etc. Mais dire que l’homosexualité est probablement d’origine biologique, ne signifie pas qu’elle est héréditaire… En effet il semble peu probable qu’il existe un gène unique codant pour ce type de comportement, voire même plusieurs gènes. D’abord parce que la relation "un gène/un comportement", simpliste, n’a jamais pu être mise en évidence, ensuite parce que la sélection naturelle, étant donné la pression biologique en faveur de la reproduction, aurait eu tendance à éliminer ce type de gènes. Il est toutefois possible qu’il y ait des traits génétiques favorisants, mais qui demanderont la présence d'autres facteurs pour que le comportement soit présent ( on explique ainsi l'homosexualité souvent partagée par les jumeaux, mais cependant pas toujours : une origine purement génétique produirait une concordance des comportement dans 100% des cas). D’où l’hypothèse selon laquelle l’homosexualité serait de nature EPIGENETIQUE. Qu’entend on par là ? Pendant la phase embryonnaire et fœtale, les groupes de neurone qui vont migrer vers (et constituer) les régions cérébrales impliquées dans le désir sexuel ( en gros l’hypothalamus), le font sous contrôle du programme génétique, mais avec des variations statistiques qui conduisent dans un certain pourcentage de cas à une variation topographique ou fonctionnelle de ces structures qui aboutira à des comportements différents. Ces « variations » sont bien sûr influencées par des facteurs environnementaux internes (température, hormones etc..) mais aussi par toute perturbation externe qui peut avoir des conséquences biologiques internes ( y compris par exemple l’angoisse de la mère pendant la grossesse, son comportement alimentaire, etc…). Ainsi, l’orientation homosexuelle du désir serait la conséquence de variations dans la structure du cerveau, minoritaires en fréquence, variations qui sont la conséquence d’une interaction entre la programmation génétique, éventuellement favorisante, et les facteurs aléatoires qui modifient l’environnement interne et externe du fœtus. L'homosexualité serait donc innée, au sens de pré-natale, mais aussi acquise puisque fonction de variations aléatoires du milieu.
Il est bien entendu que ce mécanisme « épigénétique » est général ( encore appelé darwinisme neuronal par le prix Nobel de Médecine, George Edelman) et va bien au delà du seul comportement homosexuel. Selon cette hypothèse il n’y a aucun moyen de « prédire », in utero, un futur comportement homosexuel.
Mais dire que l’orientation sexuelle du désir est prédéterminée durant le développement in utero, ne signifie pas que la façon dont ce désir va se « réaliser » est également déterminée. La façon dont l’homosexualité va s’exprimer ( ou ne pas s’exprimer et être "refoulée") pourrait elle dépendre essentiellement de l’environnement post natal, de l’enfance et de la pression culturelle…
En d’autres termes, t’as pas choisi d’être homo mais la façon dont tu l’es, folle, hypermacho, honteuse, etc… dépend en partie au moins de toi !"

04/02/2010

04/02/10 - 20:13

Les extraterrestres aiment ils les "Beatles"




Plusieurs journaux, ce dernier week end, ont fait part des inquiétudes de certains scientifiques. Ces "experts" s'inquiètent de la profusion des messages envoyés dans l'univers à destination d'éventuels extraterrestres : "Lorsqu'on commence à émettre et à attirer l'attention sur nous, il faut faire très attention à l'image qu'on donne. Nous pouvons apparaître comme une menace pour eux". Si la plupart des messages ne leur posent pas trop de problèmes, il n'en va pas de même pour beaucoup d'autres dont ils doutent qu'ils donnent une image convenable de notre civilisation et se demandent de quel droit certains ont choisi cette représentation là : photos de célébrités, d'hommes politiques, journaux de star etc....On ne saurait contester la pertinence de l'envoi des preuves de notre génie mathématique avec l'équation de Scroendinger, ou musical avec "les variations Goldberg", mais une chanson des Beatles est ce bien raisonnable?
La probabilité de l'existence d'extraterrestres n'étant pas très élevée (des calculs mathématiques ont montré que si la vie consciente était répandu dans l'univers, l'échelle de temps de son apparition comparée à celle de l'univers ferait qu'il y aurait un grand nombre de civilisations nées avant la notre qui auraient atteint un niveau technologique suffisant leur permettant de nous contacter; l'absence d'un tel contact est une preuve par l'absurde que nous sommes seuls), ces tentatives de communication risquent fort d'être une perte de temps fort couteuse. Néammoins si de telles civilisations évoluées existent, elles n'ont pas toutes forcément suivies notre évolution vers la déculturation et elles pourraient s'interroger sur l'intérêt d'une "civilisation" où les Beatles sont préférés à Bach...(je précise que je n'ai rien contre les Beatles même si je n'ai jamais été sensible à leur musique)

Je ne sais quelles photos d'hommes politiques ont été envoyées dans l'espace mais on espère qu'il ne s'agit pas par exemple de celle de Nicolaparte en compagnie de Christian Clavier ou de Bigeard...

" Mais comment faire confiance à cet homme là? Comment croire en lui? Comment le croire? Je ne peux pas ne pas voir en lui, éternellement, "le second mari de Mme (Jacques) Martin". Il est comme un poisson dans l'eau non seulement dans le milieu médiatique, mais dans celui du show-business, et dans la frange ou plutôt dans la couche la moins savoureuse de celui_ci. ....N'empêche, je n'oublie pas les vacances avec Christian Clavier. Peut on croire sérieusement aux envolées lyriques sur la France et sur sa grandeur d'un homme qui volontairement passe ses vacances avec Christian Clavier? L'idée que c'est la France de Christian Clavier qui va nous gouverner (elle nous régit déja) me soulève le coeur"
(Renaud Camus, Une chance pour le temps, Jouranl 2007)

31/01/2010

31/01/10 - 23:59

Le chat des frères Cohen



Le dernier film des frères Cohen n'est pas d'un abord facile. Il vous hante bien après le générique de fin. Il m'avait semblé qu'une des "clés" de lecture de "No country for old men" était dévoilée dans la scène finale où l’on voit deux enfants commencer à se disputer pour un simple billet qui leur a été remis en remerciement d’une « bonne action » , le désir mimétique comme racine du problème du mal. Dans " A serious men" la grille de lecture est doublement inaugurale, dans le prélude, en forme de conte où un personnage, fantôme, est à la fois "mort et vivant", mais surtout dans l'exposé que fait Lary, le personnage central, professeur de physique quantique qui tente d'expliquer à ses élèves le paradoxe du "chat de Schrödinger" (se reporter à mon autre blog dont l'adresse est sur ce site pour plus de détail). Peu de critiques ont semblé voir que ce héros va lui même expérimenter dans sa propre vie ce principe d'incertitude, il est lui-même ce chat de Schrödinger, ni mort, ni vivant. La physique nous dit qu'on ne peut tout connaitre du "réel", qu'il nous est "voilé". Il en est de même pour la signification du mal, du malheur en série qui s'abat sur Larry. Il va tenter de chercher la réponse dans le religieux (il consulte successivement trois rabbins, des moments savoureux, car l'on rit beaucoup dans ce film noir), dont la réponse sera la même que celle de la physique, absente, nous ne savons pas : "le bagage culturel dont on hérite est un atout, une richesse, à condition de ne pas le figer en dogme, de savoir s’en délester en le fécondant au contact des mille vents qui soufflent sur une existence" (extrait d'une critique des inrrokuptibles"). On ne peut jamais vraiment savoir ce qui se passe.
Il y a bien plus que cela dans ce film, le choc des cultures notamment, avec la judéité en arrière-plan culturel qui s'affronte à la modernité "Goy-américaine" : le fils de Larry est le symbole de cette "rencontre", de cette "déculturation" (tout cela renvoie à tant de nos débats actuels). La scène finale montrera la vanité de son angoisse.
Les frères Cohen ont réalisé un film d'une intelligence inouïe, dont on ne peut sans doute saisir toute la richesse sans être imprégné de cette culture juive dans laquelle ils ont grandi.

Je pourrai faire mienne cette citation tirée de l'une de leurs interviews :
"Nous n'avons rien à reprocher à nos parents, sauf de nous avoir privés d'une enfance intéressante"

29/01/2010

29/01/10 - 22:34

Instructions pour sauver le monde



A la lecture d'un article du Monde ou de Libération, je ne sais plus, j'ai appris que les scientifiques s'effrayaient d'un conflit nucléaire, malheureusement possible, entre l'Inde et le Pakistan. Il suffirait que ce conflit voit l'utilisation d'une puissance atomique égale à 100 fois Hiroshima pour déclancher un hiver nucléaire qui aurait certes l'avantage de nous débarasser de Ben Laden dans sa banlieue pakistanaise, mais aussi, du fait du gigantesque nuage de poussières qui ferait écran à la chaleur solaire, de la plupart des espèces vivantes, l'humaine comprise.
Nous étions jusqu'ici menacés par les "catastrophistes" des conséquences dramatiques du réchauffement climatique du à l'homme, voilà que nous pourrions succomber à une ère glaciaire elle aussi due à la folie humaine. Entre les deux mon coeur balance pour le premier, d'abord parce ce que la menace est incertaine (il ne pourrait s'agir, dixit ce cher Claude allégre, que d'un changement climatique et non d'un réchauffement...de nouvelles mesures viennent de montrer que la fonte des clottes glaciares était beuacoup moins importante qu'on ne l'avait dit...) mais surtout la seconde menace pourrait être une solution à la première, bien plus efficace que la dérisoire taxe carbone si elle s'avérait confirmée. En effet, nos "experts" devraient pouvoir calculer la bonne dose nucléaire, le nombre de fois "Hiroshima", qui provoquerait une baisse des températures suffisante pour annuler l'effet du réchauffement sans provoquer de glaciation! Il faudrait bien sûr s'adresser à des "experts" plus "experts" que ceux qui ont été nos coneillers pour la pandémie de grippe porcine...

Une occasion peut être de se procurer le roman de Rosa Montero "Instructions pour sauver le monde", que le Monde vient de qualifier de " fable puissante mais désespérée sur la lutte contre le mal"


Pendant ce temps là, Vilaine Pine qui, pour paraphraser un de nos "béruriers", n'a vraiment pas une gueule très catholique, a cru un moment pouvoir se sortir des eaux marécageuses du dossier Clearstream, voit se compliquer un peu son désir de venir re-polluer la vie politqiue française.

24/01/2010

24/01/10 - 20:31

Le panthéon de Camus





Le titre de ce billet, qui est celui d’un article, une pleine page, de la rubrique littéraire du dernier numéro du Nouvel Observateur semble se référer au projet de transfert des cendres d’Albert Camus au Panthéon. Jérôme Garcin, son auteur, s’est sans doute amusé à jouer de l’ambigüité, puisqu’il s’agit en fait d’une critique, élogieuse, du nouveau volume des « Demeures de l’esprit », de Renaud Camus, ces maisons et châteaux qui ont été habitées par d’illustres écrivains, peintres, artistes, etc…Fait remarquable, ce journal ayant pris le train de la cabale contre Renaud Camus lors de la sortie de son « Journal de l’année 1994 » (il est vrai que Jean Daniel a concédé, à mi-mots, qu’on était peut être allé trop loin), il n’est jamais fait allusion dans l’article, comme si souvent dans les critiques que l’on peut lire de ses livres, mêmes favorables, aux propos « sulfureux » de la « Campagne de France ».
Un des admirateurs « critique » de l’écrivain a déclenché une vive polémique sur le site de la « Société des lecteurs de RC » en faisant remarquer que si Renaud Camus cantonnait ses « obsessions » aux communiqués de son « parti de l’innocence », son œuvre, libérée de ce qui la fait « diaboliser » par la société médiatique de la pensée unique, se verrait enfin reconnue pour ce qu’elle est, pure littérature. Il faut d'ailleurs une certaine témérité pour s'aventurer sur ce site où une petite secte d'admirateurs "rejoue" les précieuses ridicules. J'ai eu l'imprudence de d'y faire connaitre l'article de Jérôme Garcin, qui a été aussitôt qualifié de "nul"....

Autre secte, celle de chrétiens fanatiques qui au 5è siècle après Jésus Christ ont assassiné Hypatie d'Alexandrie, fille du philosophe Thenon et férue d'astronomie (elle aurait, des siècles avant Kepler, imaginait le mouvement des planètes). Le film, un peu académique et démonstratif, accrédite la thèse d'une implication de Cyrille, l'évêque d'Alexandrie (en conflit politique avec Oreste, préfet de l'empire romain, chrétien mais représentant laïque, et protecteur d'Hypatie), dans ce meurtre. D'autres sources en font un personnage féru de justice qui se montra un modèle de modération des excès de ses partisans trop zélés et de condescendance pastorale, mais cela n'aurait pas servi la thèse du film sur l'intolérance religieuse qui perdure au travers des siècles (les fanatiques chrétiens ressemblent étrangement dans leur accoutrement aux fanatiques islamiques...).

Difficile de ne pas succomber par contre à la leçon de tolérance (j'y ai laissé quelques larmes) donnée par Nelson Mandela dans le dernier film de Clean Eastwood. sans doute pas son meilleur film, mais quelle efficacité.
Une mention pour le film de Michel Blanc (en tant que scénariste), "Petites zones de turbulence", fort amusant, même si Michel Blanc en fait parfois des tonnes dans son rôle d'hypochondriaque, et un ton juste dans pas mal de situations

21/01/2010

21/01/10 - 17:25

Dissimulation?




Un tel est mort des suites d’une longue maladie….Derrière cette phrase se cache le plus souvent le mot tabou : « cancer ». Ceci ne donne pourtant pas lieu à des protestations, voire à un « outing » comme vient de le faire Act-up à propos du décès du philosophe trotskiste Daniel Bensaïd. Pourquoi ce qui ne soulève pas l’indignation quand il s’agit du cancer, pose problème quand il s’agit du Sida ? Probablement parce que le cancer est vécu comme une fatalité (ce qui est pourtant loin d’être vrai), alors que le Sida est associé à un comportement à risque (sexuel ou addictif) et à une réprobation morale du « peuple ». Dans le premier cas il s’agirait d’un mélange de pudeur et de phobie d’un mot tabou, dans le deuxième cas d’une volonté de dissimulation. C’est sans doute en grande partie vraie (d’autres morts célèbres ont ainsi vu la cause de leur décès, le sida, occultée : Michel Foucault, Bruno Carette (ex-nul), Thierry le Luron, etc…), mais on ne peut exclure qu’il puisse s’agir aussi, parfois, de simple pudeur.

Autre décès, qui passera sans doute plus inaperçu, celui de Jacques Martin (pas le premier mari de Cecilia, on ne meurt qu’une fois !) mais le dessinateur d’Alix, à l’âge raisonnable de 88 ans. Son héro a très souvent été soupçonné d’être en fait gay. Combien savent tout ce qu’ont évoqués ces héros souvent dénudés (il faudrait ici aussi évoquer la série des « Prince Eric » de Serge Dalens) pour des générations de jeunes garçons (ou même d’adultes) aux sens en plein éveil?

Conservons la « Gay attitude » en parlant de cet étonnant polar, « Fakirs » d’Antonin Varenne, dont la mort d’un des protagonistes, gay, décède sur la scène d’un spectacle sado-masochiste dont il était l’unique acteur (suicide ?). Un polar superbement écrit qui vient à point pour me remettre du désastreux « Symbole perdu ».


16/01/2010

16/01/10 - 21:38

Regards




Aller retour dans la journée à Nice où régnait une douceur que nous avons un peu oublié ici, pour participer à une réunion neuro-psychiatrique dont les communications devaient s'articuler autour du "regard". La mienne concernait une nouvelle façon de "voir" la maladie d'Alzheimer, pas seulement une atteinte de la mémoire selon la description classique, mais aussi des fonctions exécutives (cela nous entrainerait trop loin de préciser, disons que les fonctions exécutives impliquent tout ce qui touche à l'attention, la planification, la stratégie). Nous avons surtout eu un exposé brillant sur "l'histoire du regard" à travers les tableaux de maîtres de la peinture. j'ai pu ainsi apprendre qu'un des dessins de l'album d'Astérix "le devin", était en fait une reproduction de la leçon d'anatomie de Rembrandt...
Le récent éclat de Vincent Peillon, m'amène à d'autres regards, ceux que l'on porte actuellement sur la notion d'identité nationale. Le terrain étant miné par les circonstances, méprisables, qui ont amené ce débat sur la scène médiatique, remobiliser l'électorat UMP à quelques mois des régionales, il est difficile de s'y aventurer sans se faire catégoriser de façon caricaturale. Mais que la question ait été mal posée, au mauvais moment, avec des arrières pensées condamnables, n'en élimine pas sa pertinence. Elle avait déjà été abordée par Cruella pendant la campagne présidentielle dans un climat plus serein et il n'est pas anecdotique que ce soit un de ses lieutenants qui ait témoigné, en érigeant "officiellement" (officieusement nous savons tous que c'est souvent la loi en politique) le mensonge comme stratégie, du malaise du parti socialiste face à cette question. Car il y a bien un problème grandissant et que ce problème, pourquoi l'éluder derrière des formulations politiquement correctes, a un rapport avec l'islam, non l'islam en tant que tel bien sûr, une religion ni plus, ni moins respectable que les autres (chez nos caricaturistes il semble qu'elle le soit plus que moins...elle est bien mieux traité que le catholicisme) , mais l'irruption massive de cette religion dans un pays qui n' a pas cette culture là. Je ne suis pas de ceux qui vivent ce problème de façon paranoïaque, je ne crois pas qu' une loi sur la burqua soit adaptée, et je suis tout à fait, depuis longtemps en faveur du vote des étrangers aux élections locales. Je ne sais s'il y a une bonne réponse au problème, il est sans doute trop tard, des générations de politiques se sont soumis au terrorisme intellectuel d'une certaine gauche, mais qu'on arrête de nous dire qu'il y a pas de problème. Certains d'entre nous, les gays, pourraient "regretter" un jour, le doux temps où ils n'avaient à endurer que les anathèmes papaux.

14/01/2010

14/01/10 - 20:03

Les trois discours



En début de semaine j'ai visionné une docu-fiction de France 2, enregistrée il ya plusieurs semaines. Il s'agissait de la reconstitution du procès pour infanticide de Véronique Courjault. Mon propos n'est pas ici de parler du téléfilm lui même, remarquable avec une interprétation éblouissante du rôle de l'accusé, faisant honneur au service public, mais des discours "psychiatriques" qui ont été tenus par trois des experts convoqués à la barre, le psychiatre universitaire, la psychanalyste et la psychologue clinicienne (en rappelant qu'il s'agit de propos qui ont réellement été tenus). Les deux premiers étaient au delà de la caricature. Le psychiatre, hautain, sûr de lui, disséquant le "cas Courjault" comme il s'il autopsiait un cadavre en salle d'anatomie, le "mandarin" dans toute sa superbe; la psychanalyste enferrée dans son délire d'interprétation si extravagant qu'on en aurait éclater de rire si le sujet le permettait (elle reliait la déclaration de la mère selon laquelle elle avait étrangler ses enfants (ce que l'autopsie a d'ailleurs invalidé) avant de les congeler, au fait qu'à sa naissance elle avait faillit mourir étouffé par strangulation due au cordon ombilical!). Heureusement il y eut le témoignage émouvant de la psychologue, la seule qui me semble avoir réussi à approcher ce qui avait du se passer dans l'esprit de Véronique Courjault, sans tenter de faire entrer la réalité dans des schémas théoriques.


Je termine péniblement le dernier Dan Brown. J'avais lu dans l'avion, d'une seule traite, le Da Vinci, pourtant déjà bien nul mais se référant à une mythologie chrétienne quelque peu familière, l'envie au moins d'en connaitre la chute, alors que pour "Le symbole perdu" j'ai l'impression de nager en plein ésotérisme ce qui m'ennuie profondément. Le succès phénoménal de cet auteur est vraiment un mystère. Quelques pages encore et je pourrais me plonger dans le nouveau volume du journal de Renaud Camus (l'année 2007) qui vient de sortir.

11/01/2010

11/01/10 - 17:02

Du principe de précaution au catastrophisme éclairé



Les récentes mésaventures vaccinales de notre chère ministre de la santé ont été attribués aux effets pervers du principe de précaution (je laisse de côté les accusations portées contre l’industrie pharmaceutique, m’en tenant à ma position de ne point aborder ici ces questions, usant d’autant plus de mon droit de réserve que je travaille pour une des firmes qui produisent le vaccin de la grippe porcine, même si l’envie me brûle de voler dans les pattes de ceux qui répandent tant de contre vérités dans les médias ou sur internet). On comprend pourtant Roselyne, que n’aurait on pas entendu dire si la grippe s’était révélée aussi virulente qu’on le redoutait et que le pays soit venu à manquer de vaccin…Les précédents du sang contaminé et de la canicule expliquent bien des décisions.
Jean Pierre Dupuy a mis en évidence les insuffisances et les dangers du principe de précaution qui se fonde sur la notion « d’incertitude » scientifique qui peut amener à paralyser toute action ou à entreprendre des actions contreproductives à partir d’un « non savoir » à partir du moment où l’on imagine un risque « possible ». On peut craindre, et on en voit déjà les prémisses, que lorsque le pire deviendra certain, le principe de précaution ne mène à l’écofascisme. Selon Jean Pierre Dupuy, le « principe de précaution » prôné par tous n’est pas de mise, car ce principe entend se limiter aux risques (potentiellement graves ou non), mais non apocalyptiques. Partant du constat que l’humanité est devenue capable de s’anéantir elle-même, soit directement (arme nucléaire), soit indirectement par l’altération des conditions nécessaires à sa survie ( réchauffement climatique, intervention sur le vivant), il
insiste sur le fait que cette constatation que nous refusons de croire est devenue certaine. L’idée de Jean Pierre Dupuy est de « se fixer sur un avenir catastrophique pour qu’il ne se produise pas ». Il faut considérer la catastrophe comme « ayant déjà eu lieu », « à se projeter dans l’après catastrophe, et à voir rétrospectivement en celle-ci un évènement tout à la fois nécessaire et improbable ». Il va sans dire qu’il s’agit d’une vision éthique, métaphysique, prophétique, apocalyptique (Jean Pierre Dupuy est un disciple de René Girard). La notion de catastrophisme éclairé est bien entendu conceptuelle, « ce n’est pas la réponse à nos problèmes qui ne peut être que politique ». Le politique doit mettre « la catastrophe » au cœur de son action, « faire voir que ce mode de vie est absurde, « contre-productif » (disciple aussi de Illich, Dupuy a montré que si l’on calculait le temps passé pour l’automobile, soit en déplacement, soit en travaillant pour se la payer, cela équivalait à un temps de déplacement moyen de 7 km/h, bien moins qu’à vélo….). L’exemple de la dissuasion nucléaire, dans l’après guerre, montre que penser la catastrophe peut permettre de l’éviter…


Ce week-end nous avons vu « Accident », un polar asiatique original (la mort d’un des ses complices dans un accident va rendre paranoïaque le héro, tueur à gages dont la méthode d’action est justement de camoufler ses meurtres en accidents). La réalisation, très esthétisée, peut ennuyer, mais j’y ai été très sensible. Vu également « Esther », qui m’a beaucoup moins emballé, même si le mythe de l’innocence de l’enfance y ait mis à mal (du moins jusqu’au retournement final) et s’il est assez savoureux de voir une famille très « moderne » (père bobo, mère alcoolique, garçon « déculturé »), victime d’une psychanalyste « bien pensante » et décimée par une jeune fille qu’on croirait sortie de l’ancien monde (élégante, cultivée, éduquée).


« Ce que j’appelle le « catastrophisme éclairé » s’inspire de cette démarche. Il
nous faut vivre désormais les yeux fixés sur cet événement impensable –
l’autodestruction de l’humanité –, avec l’objectif, non pas de le rendre
impossible, ce qui serait contradictoire, mais d’en retarder l’échéance le plus
possible. Nous sommes entrés dans l’ère du sursis. Le catastrophisme éclairé est
une ruse qui consiste à faire comme si nous étions victimes d’un destin tout en
gardant à l’esprit que nous sommes la cause unique de notre malheur.
Jean-Pierre DUPUY, « Fin du monde, il est moins cinq »,
entretien avec B. Poulet, l’Expansion, 1er juin 2007.
(http://lexpansion.com) »

07/01/2010

07/01/10 - 20:11

En mal d'inspiration




J'alimente bien moins ce blog que celui qui l'a précédé , sur un autre site, en d'autres temps. Sur ce dernier j'avais déja fait part de mon manque d'inspiration, ayant abordé peu à peu, tous les sujets qui me tenaient à coeur, et de ma crainte de ne faire que me répéter. Certes un blog avant tout conçu comme un journal personnel et non comme un blog à thème, peut toujours s'alimenter de la narration d'épisodes de la vie personnelle, de ses coups de coeur ou de tête, mais on peut s'en lasser. Mon blog précédent n'étant plus accessible, l'envie m'est venue d'en reprendre certains billets, en les actualisant, mais sur un autre blog que celui ci afin de ne ne pas imposer une nouvelle lecture aux quelques lecteurs de l'ancien site qui ont migré avec moi sur celui ci (et ce d'autant plus que certains de ces billets avaient parfois suscité des torrents d'indignation...).
Ce nouveau blog, sur overblog, reprend donc les articles de celui ci, écrits au jour le jour, et reproduit les billets les plus significatifs de l'ancien blog sur des sujets qui me tenaient à coeur.

04/01/2010

04/01/10 - 13:46

2010




L'année nouvelle commence avec sa petite corvée du jour de la reprise : l'interminable rituel du bonne année en arrivant au boulot. Un collègue m'a dit que, lui, cela le faisait marrer en pensant aux morts à qui il avait dit "bonne année" en 2009!
Tout reprend très vite en tous cas : une partie de la semaine à Versailles, pour la réunion nationale du réseau de visite médicale, puis un congrès de gériatrie dans un grand hôtel parisien. Des changements probables aussi dans notre façon de travailler à la suite du départ à la retraite de mon directeur médical, sans que nous connaissions encore le nom de son (sa?) successeur, et de celui, pour d’autres horizons, de la responsable de l’unité marketing ventes avec laquelle j’avais noué des liens étroits depuis 10 ans. 2010 s’ouvre donc, du point de vue professionnel, sur des interrogations.

Beaucoup d’interrogations aussi sur le plan économique, en espérant que les « cassandre » ont tort ( mais je crains que non) lorsqu’ils prédisent que la dette des états va nous précipiter vers une longue et profonde récession, ce qui ne manquerait pas d’induire des bouleversements qui pourraient se révéler cataclysmiques. Sur le plan politique je crains que rien ne se passe qui ne puisse enfin mettre fin à mon vagabondage idéologique (qu’il était doux le temps où j’avais des convictions enracinées dans le marbre….). Je ne peux que me souhaiter des évènements aussi divertissants que le rejet de la taxe de Nicolas Hulot par le conseil constitutionnel (Jean Louis Debré plus écolo que les verts, c’est à crever de rire), la revente des stocks de vaccin de grippe A ou l’indignation générale devant les propos d’un député UMP qui, tel monsieur de La Palice, a proclamé l’évidence suivante « lorsque les minarets seront aussi nombreux que les cathédrales, la France ne sera plus la France » ( je précise tout de suite, à titre préventif de commentaires à leur tour indignés, que ce que l’on aurait du fustiger, c’est qu’il ait utilisé le futur (ce qui laissait supposer une menace éventuelle totalement farfelue à ce jour, ce qui rend le propos indiscutablement xénophobe vis-à-vis d’une religion) et non le conditionnel ( « si les minarets étaient aussi…..la France ne serait plus… »).

Pour terminer l’année, nous sommes allé voir « Plein Sud » : de beaux garçons nus sur les plages du Porge ont eu tout de même du mal à me tirer de l’ennui….
.

31/12/2009

31/12/09 - 20:08

Une soirée bien banale




Ce soir, comme souvent depuis quelques années, nous réveillonnerons entre quelques amis, que des garçons bien sûr, chez moi cette fois ci, avant peut être d'aller faire un tour dans le marais...Soirée plutôt banale donc, avec un menu tout aussi banal : huitres, foie gras, saumon fumé, fromage et dessert arrosés de champagne. J'ai passé cette semaine de vacances à "glander", Bertrand lui travaillait, entreprenant la lecture, vraiment peu fatiguante pour l'esprit du dernier Dan Brown, ou, plus éprouvant pour les nerfs, m'essayant à progresser dans le jeu vidéo "Call of Duty 2" qui vient de sortir. Je dois avouer que son " réalisme" est époustouflant. On y passerai des heures, en oubliant presque les sites de rencontres du net....Il était grand temps que j'acquière quelque expèrience dans ce qui pourrait bien constituer, dans quelques années, un plaisir de substitution....

Dans le billet précédent, j'évoquais les distances prises avec ce qui me reste de famille. Il se trouve que celle ci s'est rappelée à moi hier, un appel d'un de mes neveux, 21 ans maintenant, de passage à Paris avec sa "copine", qui se proposait de passer me voir. Je l'ai revu avec plaisir, 4 ans après mon dernier passage dans un Noël familial. C'était la premiére fois qu'il venait chez moi... L'homosexuel et sa famille, cet épisode qui a coïncidé avec la lecture récente du billet que Jeremy a consacré au dernier livre de Didier Eribon, m'ont remis en mémoire les propos que ce dernier consacrait à ce sujet dans son livre "Réflexions sur la question Gay" : "Les vies gays sont des vies différées; elles ne commencent que lorsqu'un individu se réinvente lui même, en sortant de son silence, de sa clandestinité honteuse. Lorsqu'il choisit au lieu de subir et par exemple, lorsqu'il se compose une autre famille-constituée de ses amis, de ses amants, de ses anciens amants et des amis de ses anciens amants- et se reconstruit ainsi son identité après avoir quitté le champ clos et étouffant de sa famille d'origine et de ses injonctions tacites ou explicites à l'hétérosexualité. Une telle fuite ne signifie pas nécessairement, cela va de soi, la rupture totale avec sa famille, mais plutôt la nécessité de s'en tenir éloigné et de la tenir à distance. Avant cela, les vies gays ne sont que des vies vécues par procuration, des vies imaginées, ou des vies attendues, espérées autant que redoutées."

28/12/2009

28/12/09 - 21:54

" Tetro"



Noël seul chez moi, cela n'est plus inhabituel.depuis que j'ai pris quelque distance avec ce qui me reste de famille. Bertrand dans la sienne en lointaine banlieue et les bars du Marais tous fermés ou presque, il ne me restait plus qu'à me préparer un bon petit repas autour d'un Pomerol. Je ne déteste pas ces petits moments d'une solitude qu'on sait ne point devoir durer. Le temps de lire, notamment quelques articles de journaux consacrés à Benoît 16 qui refait enfin parler de lui en faisant avancer le processus de béatification de Pie 12, sans craindre de braquer et braver à nouveau l'opinion telle que la forgent les médias. Pourtant Serge Klarsfeld a déclaré qu'il n'était absolument pas choqué car Pie 12 a joué un rôle déterminant contre Hitler et a eu des gestes efficaces pour sauver de nombreux juifs : " "Il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint". En revanche il s'est dit choqué par la publication dans la pléiade des lettres antisémites de Céline, coïncidence, ce volume de la correspondance de Céline dans cette collection se trouve être le cadeau de Noël que vient de me faire Bertrand.
En vacances depuis jeudi, beaucoup de temps aussi pour aller au cinéma. Dans l'impossibilité de trouver une place dans une salle 3D pour "Avatar", nous avons choisi des films moins "grand public", "La route", très fidèle au roman, un travail bien fait, mais qui ne saurait faire oublier le choc que m'avait procuré ce dernier; "Persécution", un Chéreau qui m'a semblé pas totalement maitrisé mais qui imprime tout de même durablement sa marque, et puis il y a Romain Duris...; "Tetro" surtout, sorte de variation sur le thème de Caën et Abel (mais combien de films de Coppola, y compris le parrain, renvoient à ce thème) un époustouflant moment de cinéma, un choc équivalent à celui que m'avait procuré "Rusty James", du même virtuose, il y a bien longtemps...Ce dernier trimestre s'est révélé d'une grande richesse cinématographique avec 4 œuvres de premier plan : "Le ruban blanc", "Le prophète", "Tetro" et le dernier Resnais.

09/12/2009

09/12/09 - 14:47

Un retard à combler



Un certain temps que j’ai déserté ce blog. Une occasion peut être de survoler tous les sujets que j’aurais pu aborder….
Dire par exemple tout le plaisir que m’avait procuré le dernier film d’Alain Resnais et celui que j’ai eu de constater que dans « 2012 », le seul hôtel de Las Vegas qui ne se soit pas encore effondré n’était autre que celui dans lequel je me trouvais il y a quelques semaines. Parler du débat sur l’identité nationale que les suisses viennent d’illustrer à leur façon, thème qui me semble t’il était cher à C ruella lors de la campagne présidentielle, et peut être aussi des 6 voix que Renaud Camus a obtenu lors de l’attribution du Grand Prix du roman de l’Académie Française (seul les initiés verront le rapport….). Oser aborder le terrorisme vert à propos du changement climatique (au fait les glaçons fondent aux pôles mais on ne nous dit jamais ce qui se passe à l’équateur, ce serait drôle que la température y soit en baisse…) et suggérer que si , à l’encontre du consensus qui nous annonce la reprise, ceux qui au contraire nous prédisent une récession sans précédent qui devrait débuter dans un an tout au plus, une fois les plans de relance épuisés et que le poids de la dette de tant de pays aura nécessité une augmentation massive des impôts, ont raison, alors le rêve des écologistes d’une « décroissance » sera réalisé, moins de CO2 au prix d’une explosion de la pauvreté . Plus téméraire encore, parler du projet de rendre optionnel l’enseignement de l’histoire pour les terminales scientifiques sur un site hanté par la corporation (pour une fois tout le monde est d’accord, les « pédagogistes » et autres laudateurs des IUFM, comme les nostalgiques du bon vieux temps, pour une fois le consensus aurait il raison ?). Parler de la grippe A et de son vaccin….non là je fais usage de mon droit de réserve pour éviter tout « conflit d’intérêt » (et pourtant que de bêtises ont été dites sur les vaccins en général). S’étonner de la façon dont ont été présentés les résultats très intéressants de l’enquête (par tests totalement anonymes) en milieu gay sur la contamination par le VIH, et qui s’ils ne sont pas du tout rassurants, soyons clair, me semblent cependant beaucoup moins dramatiques que ce qu’on aurait pu supposer. J’aurais pu parler aussi de Ségolène, comment ne pas parler de Ségolène, qui a osé s’inviter à une réunion du courant qu’elle a fondé ! Ou du dernier tome, il vient de paraître, des « Chroniques secrètes de la Vè république », de Michèle Cotta, qui couvre la période 1986-1997 et notamment celle où Rocard était le 1è ministre de Mitterrand, douce nostalgie de ces temps là où j’espérais naïvement que ces deux là finissent par s’entendre ; ce livre nous fait aussi replonger dans les dossiers des « affaires » qui florissaient à l’époque, notamment celles des marchés publics dont le récent film la « Sainte victoire » illustre avec intelligence et absence de parti pris le mécanisme, avec un étonnant rôle à contre emploi de Christian Clavier ; stupéfiant épisode que raconte aussi Michèle Cotta, celui où Jacques Martin qui s’apprêtait à animer une émission en direct avec elle, fait soudainement défection, tétanisé par un appel téléphonique de Cecilia qui lui annonçait qu’elle le quittait pour Nicolas Sarkozy…

J’aurais pu aussi aborder des sujets plus personnels, nos projets de vacances d’hiver par exemple, le voyage en Egypte qui était envisagé avec nos amis Jean-Phi et Luc ayant été temporairement abandonné en raison des problèmes professionnels du premier, la faillite de sa boîte, la crise encore, nous avons fait volte face et projetons de visiter le camp adverse, Israël, avec Bernard (mon ex) et son ami qui rêve de visiter les lieux saints (depuis qu’il a fait partie de l’équipage de l’avion qui a amené Benoît 16 à Lourdes ? tiens au fait Benoît a cessé d’être la tête de turc, le mot n’est peut être pas approprié, les Suisses sont les nouvelles brebis galeuses..), mais aussi Tel Aviv et sa vie nocturne gay ; ou encore mes aventures avec mon nouvel ordinateur transportable Asus, un bête de jeu (6Go de mémoire vive !) qui m’a enfin permis de profiter du jeu vidéo « FEAR », acheté il y a 4 ans, mais qui faisait irrémédiablement planter mon ancien pc de seulement 1 Go de mémoire vive, et conter la partie de plaisir qu’a été « l’upgrade » vers Windows 7 sorti quelques semaines plus tard, ou le remplacement de la version d’évaluation de Norton Security pré installée par « Bitdefender » (le nom m’a plu..) ; ou encore d’autres aventures, celles des bars sexe, notamment le bunker, où nous allons régulièrement avec Bertrand (les autres étant secrètes), mais je ne suis pas sûr que ce site soit approprié pour cela.

Peut être ceux qui ont comme moi migré leur blog depuis un autre site et me liraient encore se souviennent ils du récit que j’avais fait de mon aventure avec Ph., ma première rencontre, et de son évolution si douloureuse pour lui. Il ne s’était plus jamais manifesté après la tournure sordide qu’avait prise notre dernière rencontre, alors qu’il s’était fait ordonné prêtre. Je viens de retrouver sa trace grâce à Google, il anime une paroisse. Le temps a passé, il a maintenant plus de 50 ans, mais la crainte de rouvrir une plaie qui ne serait pas cicatrisée m’a empêché, jusqu’à maintenant, de me manifester.

« Le parti de l'In-nocence s'associe bien sûr sans réserve aux pétitions et protestations contre la suppression programmée de l'enseignement de l'histoire et de la géographie dans les classes terminales à vocation scientifique. Il y voit un nouveau coup porté à la culture générale déjà si fort éprouvée et une catastrophique confirmation de la tendance déjà si gravement engagée à ne produire plus, pour l'Éducation nationale, et dans le meilleur des cas, que des spécialistes préparés à leur seule fonction et dès lors incapables de tout regard critique sur le monde qui les entoure, qui n'est plus intelligible puisqu'il a cessé d'être un objet de sens, et même plus appréciable puisqu'il a cessé d'être un objet de contemplation et d'amour. Une telle mesure est parfaitement représentative de l'entreprise de Grande Déculturation à son stade ultime, quand sa tâche est suffisamment avancée pour que le Grand Remplacement s'accomplisse en silence, si ce n'est aux applaudissements béats des remplacés. »
(Renaud Camus, 7/12/2009)

08/11/2009

08/11/09 - 22:44

Du Bootstrap à Lévi-Strauss



Il fit très beau à Las Vegas, un peu frais les deux premiers jours (15°), puis nettement plus chaud. Un peu moins d'ambiance me semble t'il que lorsque de mon bref séjour en mars 2008, la crise peut être. Nous étions dans un des nouveaux hôtels, si immense qu'il fallait bien 10 mn pour aller de la chambre au buffet du petit déjeuner, même dans les toilettes il fallait marcher. Lors d'une communication du congrès, mon attention fût attiré par l'emploi du terme "bootstrap" pour désigner une méthode statistique. J'avais pour la première fois découvert ce terme à propos de la mécanique quantique. La théorie du bootstrap est une théorie de la transformation de la matière à partir du vide (pas si vide que ça car rempli de particules virtuelles), qui se réfère aux lois de la théorie quantique, et de la relativité générale. En fait ce terme, en français "rééchantillonnage", proposé par Efron (1979), inspiré de la légende du Baron Munchausen qui est réputé s'être " hissé en tirant sur ses propres lacets", pour s'échapper d'un marécage, désigne aussi un ensemble de méthodes qui consistent à faire de l'inférence statistique sur de "nouveaux" échantillons tirés à partir d'un échantillon initial. Le bootstrap recouvre une méthode d'ajustement de la fiabilité d'un modèle prédictif, sans avoir besoin de recourir à de nouvelles observations....
Mais une recherche google m'a appris qu'il était largement utilisé : "En Economie, il désigne le démarrage d'une activité sur ses fonds propres, sans faire appel à des financements extérieurs. En informatique, il décrit le problème complexe du premier compilateur destiné à écrire le compilateur d'un nouveau langage de programmation. En Histoire, cette notion fut surtout utilisée par Arnold Toynbee, pour qui l'apparition et la disparition des civilisations venait en réponse à des défis extrêmes, menés par des minorités particulièrement créatrices."
Les artistes, les créateurs, utilisent le " bootstrap " par analogie avec la mécanique quantique : "Comment le processus même de création pourrait il se passer d'un vide inaugural, de ce vide puissant du travail qui est devant chaque page blanche ", disait Rodin conseillant le jeune Rilke. Il inspire même les psychanalystes : "C'est la réussite des débrouilles du sujet qui lui tient lieu d'appropriation de l'impossible."
Le "bootstrap" me semble une transition toute trouvée pour passer au "Structuralisme" que la mort de Lévi-Strauss vient de ramener au devant de la scène. Etonnant ce concert de louanges pour une pensée qu'on nous décrit, abominable contre sens, comme un humanisme, alors que ce système a proclamé la "mort de l'homme", la dissolution du sujet dans les structures qui le sous tendent...Je fus un temps, les années 70, séduit par cette pensée, Althusser, Derrida, Foucault, Lacan...dans laquelle le communautarisme a pris racine. Avant que je ne découvre René Girard. C'est sans doute cela aussi la "déculturation" chère à Renaud Camus (qui a tout de même obtenu 6 voix lors du vote pour le prix de l'Académie Française), dire n'importe quoi.

27/10/2009

27/10/09 - 08:58

Le ruban blanc



Lorsque ce film reçut la palme d'or à Cannes, je n'ai pu m'empêcher de croire à un favoritisme certain au détriment du "Prophète" d'Audiard, Isabelle Huppert, présidente du jury, étant très proche de Haneke. J'avais tort. Ce film est magnifique. Je n'ai pas aimé tous les films de ce réalisateur, notamment "La pianiste", mais j'avais apprécié "Caché". "Le Ruban blanc" m'apparait comme un de ces films qui vont compter dans l'histoire du cinéma. C'est un film sur les racines du mal, du mal "radical", qui apparaît comme la conséquence d'une exigence de pureté qui amène à la haine de l'autre. Rien n'est totalement dévoilé, comme souvent dans les films de Haneke, et le parti pris esthetique, renforcé par le noir et blanc, nous amène parfois aux limites du fantastique. Ces enfants aux têtes blondes, élevés dans la terreur à la veille de la 1è guerre mondiale, seront sans doute 30 ans plus tard, des officiers nazis, amis ce serait excessivement réducteur de ne voir dans ce film qu'une génèse du nazisme, le film va bien au delà.

Départ en fin de matinée pour Las Vegas, un autre congrès sur la maladie d'Alzheimer. J'avais trouvé un peu court mon passage dans ce dysneyland pour adultes, lors de mes vacances aux US en 2008, bonne occasion d'en profiter un peu plus. Retour dimanche pour affronter ce mois de novembre que je déteste.

16/10/2009

16/10/09 - 23:56

Souvenirs de Lyon


J’ai redécouvert le vieux Lyon le week-end dernier, à l’occasion d’une conférence de presse réunissant des journalistes « grand public » sur diverses questions de santé, dans un superbe hôtel, « la cour des loges ». J’ai bien des souvenirs à Lyon. J’ai conté ailleurs, sur un autre blog, mon aventure avec le dénommé « bengali », rencontré à Bordeaux, mais poursuivi jusque dans son lyonnais natal, dont je ne sais ce qu’il est devenu. Il y eut aussi Jean Luc, qui lui vit toujours à Lyon, avec lequel je correspond encore, il avait répondu, alors qu’il n’avait pas encore tout à fait 18 ans, à une annonce que j’avais passée dans Gai Pied, internet n’existait pas en 1983. Sa mère, ayant intercepté notre correspondance, m’avait appelé pour me dissuader de venir le voir (« je découvre mon fils » m’avait elle dit, à ce moment là il venait d’avoir 18 ans), je lui avais répondu que son fils était libre de venir ou non au rendez vous que je lui avais fixé non loin de chez lui. Il est venu. Nous ne sommes vu que deux ou trois fois en tant qu’amants, je n’étais pas « libre », il l’a compris même s’il en a souffert.
N’ayant aucune vocation à devenir ministre je peux sans crainte faire état de mes relations passées…Cette affaire Mitterrand aura été révélatrice. La jeune garde socialiste, Hamon bien sûr, Montebourg, mais de façon plus surprenante Manuel Walls, ont emboîté les pas du FN, au nom de la « morale » (voir à ce propos la tribune édifiante de ce dernier, en réponse à BHL, dans libération, BHL qui ne manque pas d’air de s’en prendre à ceux qui ne font pas pire que ce qu’il fit subir à d’autres). Quel renversement des valeurs quand on sait ce que furent les combats de la jeunesse de gauche dans les années 70/80 ! Certains, comme Jacques Julliard, y ont vu une séparation des générations, les « vieux » socialistes comme Delanoë ou Melanchon restant fidèles à leur tradition, ou tout au moins comme Aubry, restant neutres. Il faut mettre à part les « couples reconstitués » comme Cruella et Hollande, qui, d’une même voix, ont porté leurs attaques sur Sarkozy, « qui n’aurait pas du le nommer ministre », et ont préféré la lâcheté d’une attaque indirecte. Le plaisir qu’on a pu prendre à voir la droite obligée de défendre Frédéric Mitterrand, ne saurait contrebalancer l’effarement que m’ont procuré les réactions de certains socialistes. Le béarnais s’est tu (à moins que je ne l’ai entendu), échaudé sans doute par l’affaire « Cohn Bendit ». Le soutien « embarrassé » de la droite m’a paru culminer avec les propos de Xavier Darcos qui à la question « s’il s’avérait que Fréderic Mitterrand a eu des relations avec des mineurs, devrait il démissionner ? », a répondu « oui ». Il semble que Mr Darcos ne connaisse pas la loi, en vigueur depuis un autre Mitterrand, en 1981, mettant sur le même plan relations homosexuelles et hétérosexuelles, en légalisant les rapports avec des mineurs de 15 à 18 ans (à condition bien sûr qu’ils soient consentants et non sous « dépendance d’une autorité morale du partenaire majeur » ce qui tomberait sous l’appellation de détournement de mineur).
L’affaire psychanalytique qui concerne Jean Sarkozy occupe maintenant les médias…

Plus satisfaisante la décision d’exclure l’équipe de foot amateur de Créteil, de confession musulmane, qui avait refusé de rencontre un club gay (il se murmure que les deux clubs pourraient former une équipe commune pour un soirée de gala réconciliatrice !)




08/10/2009

08/10/09 - 19:49

La partie exposée du dossier

J'ai passé ce week-end à Giens, jusqu'à mardi, où se déroulaient les entretiens annuels de pharmacologie clinique. Cette manifestation a la particularité de rassembler depuis 25 ans, des représentants des Autorités de Santé, de l'hôpital public, de l'industrie pharmaceutique, des caisses d'assurance maladie et de l'université. Des groupes de travail sur des sujets d'actualité essaient de définir une vision française qui pourrait influencer les positions internationales. Je participais bien sûr au groupe de travail sur la maladie d'Alzheimer et le développement de nouveaux médicaments. Ces entretiens se déroulent dans un village de vacances, dans des conditions assez "conviviales", puisqu'on partage un bungalow à deux : c'est donc la surprise du premier jour, avec qui va t'on partager la salle de bains et les toilettes. J'ai eu le plaisir de tomber sur le plus jeune et le plus mignon du groupe...Seul inconvénient, il a fait très chaud et nous avons subi une invasion de moustiques carnassiers.

A mon retour la polémique quant au passé sexuel de Frédéric Mitterrand commençait à enfler. J'avais été un peu étonné de sa nomination, car j'avais lu (partiellement, un certain ennui en dépit de du talent de l'écrivain) son livre et j'avais trouvé que c'était une décision courageuse de Sarkozy (si il était au courant du contenu). Il me semble mal parti, cette "partie du dossier homosexuel" est volontiers sacrifiée sur l'autel de notre droit à l'indifférence. Cette opinion m'avait d'ailleurs valu des invectives, en d'autres lieux, sur un autre blog. Les temps ont bien changé, les socialistes sont maintenant avec la meute infame.


"Sur la mise en cause de M. Frédéric Mitterrand
Le parti de l'In-nocence est indigné par la mise en cause opportuniste et purement stratégique, de la part du Front national et du Parti socialiste, du ministre de la Culture M. Frédéric Mitterrand à propos d'un ouvrage littéraire écrit par lui où ses adversaires affectent de voir, contre toute évidence et contre tout ce qu'on sait de l'auteur, une apologie des relations sexuelles avec les enfants, la si mal nommée "pédophilie".
Le parti de l'In-nocence, politiquement et culturellement, est bien éloigné d'approuver en tout point et en toute circonstance le ministre de la Culture mais, en l'occurrence, il lui témoigne son soutien sans réserve face à la bassesse et à la sottise des attaques dont il fait l'objet. "
(Renaud Camus, 7 octobre 2009)



21/09/2009

21/09/09 - 23:18

La main invisible



La "main invisible" d'Alan Smith, le père du libéralisme, vous vous souvenez? Selon sa théorie la recherche de l'intérêt individuel concourt à l'intérêt général. Le "marché" serait ainsi guidé par un principe "divin" qui nous conduirait vers un monde meilleur. On a rapproché cette théorie de la monadologie de Leibnitz, le mal n'ayant été créé par Dieu que pour permettre au bien de se réaliser. Le mal comme "ruse" de la raison. Certaines conséquences de la crise financière et économique que nous venons de vivre pourraient être interprétés dans ce cadre : la récession actuelle aurait entrainé une diminution des productions des gaz à effet de serre. Si comme certains économistes nous l'annoncent nous nous engageons, après la reprise technique actuelle qui serait due à une reconstitution des stocks et aux plans de relance conjoncturels, vers une récession longue, à la japonaise, cette diminution devrait se poursuivre et ralentir à terme le réchauffement climatique... La "main invisible" aurait provoqué la crise des subprimes pour nous sauver d'un avenir funeste. Bien sûr, s'il s'avère qu'en dépit de la récession les modifications climatiques s'amplifient, la théorie de la main invisible déjà mal en point.....
Cette vision optimiste de notre avenir n'est pas partagée par Jean Pierre Dupuy et autres "girardiens" qui ont une autre approche de Dieu : en succombant au "désir mimétique", le péché originel, l'homme a fait le choix de la liberté. C'est l'homme qui a son destin entre ses mains, y compris celui de se détruire, l'Apocalypse de St Jean.
C'est ainsi une vision bien pessimiste, mais si réaliste, de l'humanité que nous délivre cet ovni cinématographique qu'est District 9. Ce film, avec relativement peu de moyens, ce qui en accentue le réalisme, réalisé presque comme un documentaire, raconte l'odyssée d'un vaisseau extraterrestre, tombé en panne au dessus de Johannesburg, et dont les occupants vont être parqués dans une réserve et soumis à des expérimentations avant de se révolter, aidés par un des agents de la société chargée de les contrôler, petit bourgeois "facho" qui, infecté par un virus "alien" va subir une transformation physique et morale. Un grand moment.

Pendant ce temps là Villepin prend la posture de la victime dans une mise en scène qui frise le ridicule.

Ce n'est que pur hasard si j'ai commencé " Le club des incorrigibles optimistes", un premier roman dont on parle beaucoup en cette rentrée littéraire.