Bonjour. Je suis Monsieur Népomucène et je n'existe pas.

Ceci n'est pas un blog.



This is not a blog.

"Je ne voyage sans livres ny en paix ny en guerre".


(Montaigne, "Essais", Livre III, chapitre III)



"Le paradis à n'en pas douter n'est qu'une immense bibliothèque".


(Gaston Bachelard)




J'écoute : la circulation automobile
Je regarde : le ciel
Je lis : trop lentement, en fait
Je joue : uniquement au bureau
Je mange : moins, et c'est très bien
Je bois : de l'eau minérale plate
Je cite : "Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque" (Bachelard)
Je pense : à des gens
Je rêve : de gens, et d'animaux
(mis à jour lundi 15 février 2010 à 17:36)

07/09/2010

07/09/10 - 01:08

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. Après mon premier réveil, rêvé que je couchais, en une semaine de vacances (de colonie de vacances ?) avec quatre garçons, le dernier (qui ressemblait à A.C.) éjaculant pour partie dans ma bouche. L'un de ses prédécesseurs, si j'ose dire, ressemblait-il à L.G. ? Ce n'est pas exclu, mais je ne m'en souviens pas vraiment.

Rêvé aussi (dans le même rêve ou après un réveil ponctuel ?) que j'étais très impliqué ans une affaire d'espionnage, et particulièrement recherché. Je me cache sous des travées métalliques installés sur le quai de la gare de [...], mais on se rapproche de moi, il y a des gens qui m'observent, qui tendent l'oreille tandis que je raconte toute l'histoire à quelqu'un (qui, d'ailleurs ?). Heureusement, me dis-je ou dis-je à cette personne, personne ne sait que j'ai envoyé copie des données que j'ai volées à telle adresse électronique que je n'utilise jamais pour correspondre mais uniquement à des fins de stockage (cette adresse électronique existe dans la réalité, créée non pour stocker le fruit d'hypothétiques activités d'espionnage mais pour y rapatrier certaines correspondances et ne pas les voir disparaître le jour où mon Thinkpad me lâchera).

Réveil vers 13 heures 25. Assailli par un flot de lumière en sortant de chez moi aux environs de 15 heures.

(Extrait d'un carnet, dimanche 5 septembre 2010.)


2. Septembre, mois de rentrées, mois d'agonies d'étés. Tous les étés se meurent en septembre, et m'est avis que celui-ci ne fera pas exception, le malheureux. Le temps est splendide, pourtant : grand ciel bleu, franche lumière, températures agréables, quoique pas franchement élevées. Cette espèce de fraîcheur d'été, avec un peu de vent, donne une illusion d'air marin, d'été au bord de la mer à Paris, l'impression que l'air de là-bas m'aura suivi ici.

(Extrait d'un carnet, dimanche 1er septembre 2010.)


3. Peut-être que ces carnets ne sont, ne seront finalement qu'une pièce à charge. Contre qui ? Contre le monde ? Oh, non, contre moi, c'est tout.

(Extrait d'un carnet, mardi 31 août 2010.)


4. Sensation de légèreté. Tout à l'heure, je n'en menais pourtant pas large, tenant à peine debout sous la douche, perclus de douleurs, et puis je suis sorti, fraîchement douché donc, avec l'intention de me faire plaisir en achetant quelques livres. Il y avait dans l'air comme une douceur qui allégeait le corps et l'esprit, une douceur qui faisait presque de chaque pas un enchantement, malgré la douleur qui demeurait.

(Extrait d'un carnet, samedi 28 août 2010.)


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

...un enchantement, malgré la douleur qui demeurait.


04/09/2010

04/09/10 - 02:23

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. Je considère ma vie avec une espèce d'incrédulité : il n'est pas possible que ce soit vraiment ma vie, ça ne peut pas être ma vie pour de vrai. Soit je vais apprendre qu'il ne s'agit que de ce dont ça a l'air, un brouillon, un vilain méchant brouillon tout plein de ratures, qu'on ne fait que pour s'exercer, soit on me réserve une grosse surprise, quelque chose qui va donner un sens à tout cela, quelque chose qui me fera dire ah ! c'était pour ça ! ou ah ! je comprends ! ou, à la rigueur, enfin ! Je suis incrédule face à ma vie, mais ces possibilités que je viens d'évoquer ne suscitent pas moins d'incrédulité. C'est sans doute mon côté désespéré de l'espoir, pour reprendre une expression de Duras (c'est dans Un barrage contre le Pacifique) : j'espère quelque chose en quoi je ne crois même plus.

(Extrait d'un carnet, 26 août 2010.)


2. On dirait que toute mon énergie de ces derniers jours ou de ces dernières semaines m'a quitté ; j'exagère, mais si peu. On dirait qu'il en faut bien peu pour qu'elle me quitte, qu'elle se vexe facilement, ma petite énergie de ces derniers temps. A peine la crois-je un peu fidèle qu'elle me montre à quel point je dois la soigner si je veux la conserver, elle exige d'être entretenue. [...]

Elle s'est en tout cas enfuie, sans prévenir et sans que je m'en aperçoive, pour me laisser aujourd'hui démuni. Oh, je ne suis pas triste au fond d'un abîme de tristesse, je suis d'une douce tristesse résignée et lasse qu'un peu d'écriture adoucit encore, sans envie mais sans désespoir non plus - ou alors il ne s'agit que d'un désespoir tout intellectuel, assez éloigné du désespoir qui vous possède, du désespoir qui fait toutes les fibres du corps et tous les ressorts de l'âme de qui gît au fond du gouffre, toute la saveur amère du monde et des choses.

De cette tristesse douce et résignée, je me demande à quoi bon, à quoi bon se battre, se bagarrer, se poser même des questions (surtout se poser des questions) puisqu'elles ne sont jamais suivies d'aucune réponse, à quoi bon se projeter vers l'avenir. Sans doute ferais-je mieux de ne pas faire de plans sur la comète, de ne même plus nourrir d'espoirs, de me trouver une petite maison dans l'Yonne qui n'aurait même pas pour elle d'être jolie et ne présenterait d'autres avantages que ceux d'être bon marché et au calme. Je m'y allongerais les jours où je ne travaille pas à Paris, avec des livres et personne, et je laisserais s'écouler le temps. Peut-être dans ces conditions de calme et de douce résignation pourrions-nous, le temps et moi, parvenir à un genre de paix.

(Extrait d'un carnet, 9 août 2010.)


3. Je pense au petit A., qui m'avait demandé si j'étais heureux, et à X., qui donne l'impression, sur une photographie récente où je suis assis auprès d'elle, de me dévorer du regard. J'ai envie de les revoir bientôt, comme si ma légèreté devait s'accorder à eux, comme si ma légèreté, cette sensation de légèreté, était un genre d'ingrédient qui, avec un autre, eux, devrait donner quelque chose - tout simplement un moment, peut-être - de particulièrement réussi, de particulièrement agréable. [...]

Ce matin, après ce que j'appelle mon premier réveil (mon téléphone qui sonne et dont je coupe immédiatement la sonnerie en me faisant croire que je ne vais pas tarder à me lever alors que je me rendors instantanément), rêvé de X. Elle était allongée auprès de moi, je lui caressais le bras, je lui embrassais le visage, c'était très doux, très agréable, je voudrais y être encore. Au réveil, une fois réveillé pour de bon, sentiment partagé : d'un côté, allons, allons, n'y pensons plus ; de l'autre, quand même, j'ai hâte de la revoir.

(Extraits d'un carnet, 30 août 2010 pour le premier paragraphe, 1er septembre 2010 pour le second.)


4. Noter quelques phrases dans un autre carnet, mon petit carnet bleu, me donne l'occasion d'en relire les premières pages, où j'avais consigné quelques idées en vue de quelque écrit, cela date de mes vacances de l'été 2008, et mon inspiration s'était tarie sitôt que j'étais rentré. Je suis surpris : c'est intelligent, tout cela, il y a du matériau ou de la matière ; comment se fait-il que je n'en aie rien fait ?

Au fond, c'est la question de toute ma vie : je suis, ou plutôt j'étais, un garçon prometteur, un garçon très prometteur, qui n'aura tenu aucun de ses promesses. Certains se souviendront de moi comme ça, un garçon très prometteur qui n'aura tenu aucune de ces promesses, et je suis sûr qu'il en est déjà qui se souviennent de moi en ces termes. Puis, tous m'oublieront. Alors ce sera fini et je serai bien content.

(Extrait d'un carnet, 1er septembre 2010.)


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

(Date non communiquée.)


30/08/2010

28/08/2010

27/08/2010

27/08/10 - 21:43

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. Cela fait un peu plus de deux ans que j'ai décidé de recourir à ce truc avec banquiers et conseillers commerciaux ou financiers qui se prétendent professionnels. J'ai décidé que j'y recourrai également avec tous les médecins, généralistes ou spécialistes, qu'il pourra m'arriver de devoir consulter. Et je crois bien que ça marche.

En m'habillant comme un ministre, je préserve grandement mon interlocuteur de la tentation de me parler comme à un débile léger.


2. Par la fenêtre, j'aperçois cette campagne dont le passage du train ne suffit pas à troubler la paix, ces gentilles vaches, ces contrôleurs débonnaires qui osent fumer leur cigarette sur les quais de gares de province, ces paysages que de vilaines éoliennes ne parviennent même pas tout à fait à gâcher, cette verdure, ces champs, ces bois, ces fermes, ces clochers de villages dont je ne connaîtrai jamais le nom et qui me donnent à rêver d'autres vies, et cet idéal - fou, faux et ultra-réactionnaire, mais j'vous emmerde - d'une France parfaitement immobile et à jamais rurale. Puis c'est la grande gare parisienne, où il faut descendre du train, sa grisaille bétonnée, et ce maître, ce maître indigne qu'on ne s'est même pas donné, le quotidien, qui tend les bras et cache sa brutalité sous le dehors d'habitudes qui ne prêteraient pas à conséquences.

Oh, laissez-moi dans ce train, je serai sage, je ne bougerai pas, je lirai un bouquin de temps, laissez-moi, s'il vous plaît, et repartons, oui, repartons vite sillonner ce pays, sans plus jamais revenir.


3. Lu Mon Amérique de Julien Green, excellent, Rien à craindre de Julian Barnes, dont la richesse fait que je n'en retiendrai rien, L'eau grise, de François Nourrissier, à la poussière française pas désagréable, Graal-Plieux de Renaud Camus, mouais, et Le Silence des livres de Steiner, trop vite oublié (comment fais-je pour si vite tout oublier d'un livre ? pareille célérité commence à m'inquiéter vraiment). Fini Bienvenue au club de Jonathan Coe, excellent. Sans doute renoncé pour un bon moment à terminer ma lecture de L'énigme de l'arrivée de V.S. Naipaul.

Lire, lire, lire et, aussi, de temps en temps, essayer de se rappeler ce qu'on a lu.


4. Ici, mes dingues de lecteurs, racontez-moi vos souvenirs de campagne.

Ou, mieux, votre vie à la campagne.


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

Le paradis, ce pourrait être un train qui n'en finit pas de parcourir ce pays.


23/08/2010

23/08/10 - 19:46

Quelques vérités sur l'insécurité
Lionel Jospin



Depuis huit ans, je me suis gardé d'engager des polémiques contre le pouvoir. Ce n'était pas pour moi une bonne manière de participer au débat politique. Mais j'ai dû répliquer plusieurs fois à des attaques.

La droite, en effet, n'a pas fait preuve de la même réserve. Les dirigeants de l'Etat comme les chevau-légers de la majorité ont tenté avec constance de disqualifier l'action conduite par mon gouvernement de 1997 à 2002. En vérité, leur ferions-nous de l'ombre ? Et craindraient-ils que les Français ressentent trop fortement le contraste entre l'action menée par nous pendant cinq ans avec sérieux et rectitude et l'inefficacité, l'iniquité, la fébrilité, voire la vulgarité actuelles ? Est-ce une raison suffisante pour dénaturer le passé ?

Le dernier exemple en est donné par un texte, signé dans Le Monde [daté du vendredi 20août] par quelques élus de la majorité en soutien aux égarements de M. Estrosi en matière d'insécurité. J'y relève, parmi d'autres, deux contrevérités.

La première tient en cette phrase: "L'insécurité n'est pas un fantasme des Français, comme le pensait le gouvernement de Lionel Jospin." Bien loin de cela, mon gouvernement a, dès ma déclaration de politique générale, puis au colloque de Villepinte organisé par le ministre de l'intérieur, avec ma participation et celle de plusieurs ministres, placé la lutte contre l'insécurité au premier rang de ses priorités.

Certes, nous n'avons pas pu endiguer la montée déjà ancienne des actes de délinquance. Mais nous avons conduit une politique de sécurité cohérente. Nous avons affirmé le principe que l'ordre public est d'abord une responsabilité de l'Etat. Et loin d'accuser sottement et injustement les maires, comme le fait M. Estrosi, nous les avons associés à notre action en signant avec eux des contrats locaux de sécurité. Nous avons cherché à donner à chaque acte délictueux sa sanction judiciaire, fondée sur la responsabilité personnelle, en écartant bien sûr l'idée perverse de la responsabilité collective, celle qui aujourd'hui stigmatise des quartiers, des communautés ou des catégories de Français particuliers.

Nous n'avons pas négligé la prévention, en développant les politiques de la ville. Nous avons lutté contre le chômage, réduit les injustices et gouverné l'Etat en respectant les règles de la République. Car nous savions bien que la garantie de la sécurité dépend aussi des conditions de vie de la population, des valeurs qui lui sont transmises et des exemples qui lui sont donnés.

Quant aux agents de l'Etat chargés de la sécurité, nous ne les avons pas formés pour mener une "guerre", nous nous sommes gardés de les exposer comme cibles, mais nous les avons soutenus, dans le respect du droit. Notre but étant la sécurité quotidienne des Français, nous avons mis en place la police de proximité réclamée aujourd'hui par tous.

La deuxième contrevérité éclate dans une autre phrase : "Le gouvernement renforce les moyens consacrés à la lutte contre la délinquance." C'est le contraire qui est vrai. Certes, le président et ses ministres ne sont pas avares de proclamations. La majorité a voté une cascade de textes législatifs dont la succession même souligne l'inefficacité. En pleine surenchère aujourd'hui, l'exécutif annonce même des projets qu'il reconnaît comme non constitutionnels et dont il sait qu'ils seront censurés !

Mais le gouvernement n'augmente pas les moyens de lutte contre la délinquance : il les réduit. Il a supprimé en trois ans neuf mille postes de policiers et de gendarmes (alors que, sous mon gouvernement, outre les vingt mille adjoints de sécurité, les effectifs des seuls policiers avaient augmenté de plus de cinq mille).

Le constat actuel est accablant, et il accable d'ailleurs les personnels de sécurité, inquiets déjà de la façon dont on les emploie. Une telle réduction des effectifs, dictée sans doute par une idéologie hostile au service public, est incompréhensible, car la sécurité ne peut progresser quand le nombre des policiers et des gendarmes régresse.

Le pouvoir n'a pas tiré les leçons des émeutes urbaines de 2005. Il a continué à négliger les quartiers difficiles. Il s'est enfermé dans une stratégie de tension. Il cherche moins à assurer la tranquillité publique par une présence régulière des forces de sécurité sur les terrains sensibles qu'il ne privilégie les opérations coups de poing menées de l'extérieur, avec peu de résultats judiciaires.

La politique actuelle de lutte contre l'insécurité est donc un échec. La montée des agressions contre les personnes en est le signe le plus grave, mais il n'est pas le seul. Nos forces de police sont de plus en plus exposées, et elles sont inquiètes du fossé qui se creuse entre elles et certaines couches de la population. Or, faute de résultats, nos autorités se livrent à une nouvelle escalade verbale dont les accents deviennent douteux.

Faudrait-il croire alors que pour le pouvoir et son chef, si contesté, l'objectif est moins de réduire l'insécurité que de l'exploiter ? Le président s'effacerait-il derrière le candidat ? L'espoir d'une réussite électorale reposerait-il en dernier recours sur cette exploitation ? Si ce jeu devait se poursuivre, il serait peut-être hasardeux pour le candidat, mais à coup sûr dangereux pour le pays.

13/08/2010

13/08/10 - 03:06

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. Chez moi, il n'y a jamais eu qu'une seule sorte de fleurs, les jolies fleurs artificielles que j'ai rapportées du mariage de mon amie N. Nous avions fêté l'événement sur la Seine, à bord d'une péniche qui avait navigué toute une partie de la nuit.. Je me rappelle toujours - elle aussi, d'ailleurs - cette nuit comme un très bon moment, malgré notre commune stupéfaction. Tu es mariée ? Je n'arrive pas à le croire ! - Moi non plus ! Nous n'y croyions pas et nous nous en amusions toujours.

Très vite, mon amie N. est partie faire sa vie dans cette ville de l'autre bout de la Terre dont venaient son mari, qui m'avait été immédiatement sympathique, et la mère de celui-ci, cette pimpante septuagénaire guérie d'un cancer qui reviendrait pourtant quelques mois plus tard, l'emporter pour toujours.

Dans mon précédent logement, on ne pouvait pas les voir, ces jolies fleurs artificielles, elles étaient planquées derrière le clic-clac, non que je les cachais, mais tout simplement parce qu'il n'y avait plus la place de rien, dans mon précédent logement. Lorsque j'ai emménagé dans mon nouvel appartement et que j'ai enfin pu ranger tous mes livres dans de vraies bibliothèques, j'ai disposé au-dessus des rangées de livres les jolies fleurs artificielles que m'avaient données mon amie N. et que j'avais rapportées de son mariage, au petit matin, dans un état d'ébriété avancée.

Mardi soir, mon amie N. est venue m'annoncer son divorce et m'offrir un magnifique bouquet de vraies roses thé.


2. La nuit dernière, rêvé des dignitaires du IIIe Reich exécutés à la suite de leur condamnation à mort par le tribunal militaire international de Nuremberg . Leurs dix corps pendus sont tous alignés en file indienne, chacun encore accroché à sa corde, et ils avancent tous ensemble comme des pièces de viande suspendues à un dispositif mécanique dans quelque boucherie industrielle (comment ça s'appelle, ces machins ? enfin, un genre de système horizontal de treuils, de poulies, de câbles enroulés qui permet la circulation d'objets suspendus en circuit fermé). Je demande lequel est Streicher ; c'est ce petit machin ridicule en costume croisé, quelque chose entre la photo de Brasillach sur la couverture du livre d'Alice Kaplan et un personnage de dessin animé qu'on aurait oublié délibérément bâclé. Arrive derrière eux, un officier américain de couleur, manifestement très éprouvé par les exécutions, qui ont duré deux heures. Il nous apprend alors qu'il est mort, le onzième, dont le corps n'est pas ici, Goering, qui s'est soustrait aux mains du bourreau en se suicidant quelques heures plus tôt.

Deux dossiers traînent, leur couverture indique qu'ils recèlent des secrets militaires de la plus haute importance, dont la confidentialité doit être absolument préservée. Cela concerne des opérations en lien étroit avec la défaite de l'Allemagne nazie. Je fais observer au jeune officier français à qui la garde de ces dossiers est confiée qu'ils ne doivent pas traîner ainsi, n'importe qui pourrait se servir. Il me répond quelque chose comme bien, bien, sans en tirer aucune conclusion, les dossiers restent là. Je n'insiste pas : après tout, personne ne fouille dans ces dossiers, on est entre nous, personne ne va voler le moindre secret.

Surgit une petite fille, elle me fait penser à la petite bohémienne dans Les Bijoux de la Castafiore, elle est toute souriante, toute mignonne, elle fait mine de jouer, et, hop, elle prend des papiers dans un dossier et s'enfuit. Alors je hurle, je hurle de toutes mes forces, qu'on doit arrêter cette gamine, qu'elle doit être arrêtée pour violation du secret de la défense nationale, je hurle qu'il faut aussi arrêter sur-le-champ l'officier pour complicité de violation du secret de la défense nationale. Forcément, ainsi prévenu par ma discrétion, celui-ci s'enfuit immédiatement en courant, et je hurle encore plus fort qu'il sera également poursuivi pour trahison et désertion, qu'il doit être condamné à mort et fusillé.
Au moment où le jeune officier entre dans un bois, je le vois se retourner vers moi, et m'adresser un clin d'oeil complice - ou bien est-ce moi qui lui adresse un clin d'oeil complice ? -, car nous savons tous deux qu'il lui suffit de patienter un an, de se cacher pendant un an pour que toutes les poursuites contre lui soient abandonnées, et nous savons également qu'il est tout à fait capable de survivre un an caché dans la forêt.

Plus tard, je joue avec un petit chat tout mignon, un adorable petit chat roux, il se prénomme Victor. Nous nous entendons merveilleusement, nous nous plaisons beaucoup l'un avec l'autre, mais on ne doit pas nous voir ensemble, Victor ne doit pas être vu. Pourquoi ? Je crois bien que ce petit chat roux est en fait le jeune officier qui se serait ainsi métamorphosé pour mieux se cacher.

Quelle existence onirique pleine de rebondissements !


3. A quelle occasion nous retrouvons-nous ? Je ne sais plus, je ne me rappelle que la fin du rêve, le moment où nous allons nous séparer. La main posée sur sa poignée, je m'apprête à fermer une porte-fenêtre qui nous sépare sans nous cacher l'un à l'autre mais, au moment de la fermer complètement, je la rouvre, je la rouvre et je m'avance vers Lui, l'homme de ma vie, je Lui murmure qu'Il me manque, ou qu'Il me manquait. Peut-être en profité-je pour L'embrasser dans le cou, ou sur la joue, près de l'oreille. Alors... alors, Il rit, Il éclate de rire, d'un franc rire moqueur.

Réveil glacial.


4. Tiens, si je m'achetais un appareil photo numérique compact ?

C'est une idée, ça.


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

Le jour de son enterrement, comme il l'avait demandé, c'est un bouquet de roses thé que l'on a déposé sur la tombe de François Mitterrand.


12/08/2010

12/08/10 - 00:02

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. Fuyant le bruit d'une circulation automobile permanente, on s'enferme dans sa petite chambre, supposée au calme, comme les agents immobiliers disent de toutes les chambres d'appartements exposés au bruit. C'est alors que se fait entendre le ronronnement, plus paisible mais non moins permanent, de la ventilation mécanique contrôlée, merveilleuse invention pour mettre du bruit à la place du silence partout où on pouvait préserver le silence en pleine ville.

Coupez le son, bordel !


2. Que faire lorsque l'on reçoit l'effrayante lettre d'un fou ? L'oublier. C'est bien simple, quand on reçoit une lettre de psychopathe, on se garde absolument d'y répondre et, quand on ne la jette pas, on la range au fond du tiroir qu'on n'ouvre même pas une fois tous les dix ans, et on l'oublie, le plus vite possible.

Ce n'est pas simplement la meilleure chose à faire, c'est aussi la seule chose que l'on peut faire, et c'est ce que le destinataire d'une telle lettre fait forcément. Rien à craindre, donc, après avoir envoyé cette lettre il y a une dizaine de jours. Puisqu'elle était manifestement un acte insensé, loin d'avoir des conséquences insensées ou de me placer dans une situation extrêmement embarrassante, elle n'aurait précisément aucune conséquence, et je pouvais à mon tour oublier jusqu'à son existence. Inutile donc de se morfondre et de regretter d'avoir enfin osé comme on avait regretté ne pas avoir osé.

Hop, affaire classée, la lettre.

Trois jours plus tard, la sonnerie du téléphone retentit.


3. Je me promène dans les rues d'une banlieue que les années défigurent lentement mais sûrement, non qu'elle soit plus laide maintenant que naguère, mais simplement parce qu'elle s'éloigne peu à peu du souvenir, assez fidèle, me semble-t-il, que je conserve de ce qu'elle était. Tel bâtiment qui disparaît, tel autre qui est remplacé, tel café qui ferme, telle rénovation sont autant de meurtrissures qui défigurent peu à peu ce visage qu'on peut appeler, je m'en aperçois trop tard, un visage aimé, aimé ne serait-ce que parce que de tous les visages que purent prendre ces lieux c'était le seul que j'aie jamais connu et parce que ce monde était le seul monde dont je puisse dire qu'il était le mien, aimé sans doute également pour toutes sortes d'autres raisons, mais elles n'ont pas leur place ici, ni ailleurs. Ce visage n'est maintenant plus qu'un décor qu'ont quitté tous les acteurs que j'y ai connus et que l'on change d'ailleurs lui-même élément par élément, jusqu'au jour où je n'en reconnaîtrai rien, jusqu'au jour où plus aucun de ceux qui fréquentèrent cette même scène avec moi ne me reconnaîtra.

Tout à coup, au milieu d'un petit groupe, c'est M. qui apparaît, qui croise mon regard sans me reconnaître, M. qui n'a absolument pas changé, M. qui exerce aujourd'hui le même métier qu'il y a quinze ans, au même endroit qu'il y a quinze ans. En quinze ans, n'a-t-il pas pris quinze ans ? Manifestement, non.

L'époque et le monde que j'ai connus ne sont pas du passé : les voici, vivants, sous mes yeux. Alors, comme ça, le coup du temps qui passe, ce n'était qu'une histoire pour me faire peur ? J'en suis tellement soulagé que j'ai presque envie de rire à mon tour de cette mauvaise blague que l'on m'a faite.

Non, le temps ne passe pas.


4. « Le Wägitalersee est-il meilleur avec des frites ?
- Question purement rhétorique, j'imagine ?
- Excusez-moi, je pose des questions un peu idiotes, parfois.
- Mais non, mais non, c'est une question tout à fait judicieuse.
- Vous suggérâtes pourtant qu'il ne s'agissait que d'une question purement rhétorique.
- L'un n'empêche pas l'autre !
- Comment une question purement rhétorique pourrrait-elle être tout à fait judicieuse ? Je vous le demande d'autant plus sérieusement que vous invoquâtes précisément le caractère purement rhétorique de ladite question pour vous dispenser de fournir le moindre effort de nature à vous permettre de formuler l'ébauche de l'esquisse du début d'un réponse.
- Eh bien, elle peut être judicieusement rhétorique !
- Vous êtes d'une ECOEURANTE MAUVAISE FOI. »

* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

Plus d'bruit !


20/07/2010

20/07/10 - 00:43

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. La fin de l'opération régime n'a nullement été proclamée.

Comment, dès lors, justifier cette assiette de dégustation de foies gras ?


2. « Laisse tomber ton anthologie des vannes des années 90, par pitié !
- Je me serais attendu à ce que tu la dates des années 80.
- Oui mais, moi, j'étais pas né, dans les années 80.
- Hein !? Tu as vingt-quatre ans ! Euh, vingt-trois. Enfin, vingt-trois ou vingt-quatre, et tu es né dans les années 80.
- Bon, mais je n'avais pas une conscience très développée jusqu'au début des années 90.
- Certes, mais tu avais déjà ta grenouillère et ton Népomucène en peluche.
- Ah, non, ça laisse des poils partout, ces trucs-là !
- Mais euh ! »

* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.


3. Le déjeuner se passe bien mais bien normalement, si je puis dire, lorsque, tout à coup, je sens une vague de détente et de bien-être que je trouve à peine croyable, une merveilleuse bouffée de vie. Alors, je n'écoute plus vraiment mon interlocutrice, je me contente de lui sourire, je la regarde en souriant, et je ressens cette intense vague de détente et de bien-être, et je me laisser porter par elle en essayant de ne pas trop y penser ; quelques larmes de bonheur pourraient m'échapper. Elle me soulève, ce moment est merveilleux, ce moment est extraordinaire - je voudrais en faire mon ordinaire - et je ne trouverai que des termes bien plats pour tenter d'en rendre compte. Ce n'est probablement pas l'effet de l'alcool (pas à lui seul, en tout cas, je ne fais qu'entamer une coupe de champagne après avoir bu un verre de vin), c'est peut-être le lieu, qui m'évoque tant de choses, c'est peut-être une ambiance, c'est aussi la compagnie de mes commensaux, en premier lieu celle qui me parle ; lorsque nous nous séparons en fin d'après-midi, cette pensée : vous m'êtes indispensables, vous m'êtes essentiels. C'est aussi plus que l'addition de tout cela.

Bien des heures plus tard, l'impression que cette vague ne m'a pas encore déposé sur le rivage, la sensation qu'elle me porte encore quelque peu, ou alors c'est qu'elle m'a déposé tout en douceur et comme reposé, profondément reposé.


4. Le point 4, j'vous l'offre, mes dingues de lecteurs.

Alors, à vous de le rédiger, et soyez brillants.


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

Cela aussi, c'est à peine croyable.


18/07/2010

18/07/10 - 20:05

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. L'opération régime est un succès total.

Sur ce, mangeons un peu, même si on n'a pas vraiment faim.


2. Depuis que, grâce à l'argent gagné chez mon précédent employeur, j'ai acheté un iPod, je ne me lasse pas de cette lecture (ce n'est pas tout à fait une lecture, ce n'est pas non plus une récitation, comment dire ?) de Céline par Luchini, un montage bien fait d'extraits du Voyage au bout de la nuit, que j'ai lu au moins deux fois avec bonheur et passion - à l'automne 1994 et fin 2003 ou début 2004 -, et de Mort à crédit, dont je n'ai lu qu'une centaine de pages ; ma lecture, entamée bien tardivement, il y a quelques années, certains correspondants avaient même été surpris de découvrir que je n'avais pas lu ce livre plus tôt, avait été interrompue au bout d'une centaine de pages, pour des raisons contingentes que j'ai oubliées. En attendant une troisième lecture du Voyage et une première vraie lecture de Mort à crédit, je ne me lasse donc pas d'écouter Luchini, je peux l'écouter tous les soirs avant de m'endormir pendant une semaine, un mois, et, lorsque je ne l'écoute pas pendant quelques jours ou semaines, ce n'est que pour mieux y revenir. Me touche particulièrement la toute fin de l'enregistrement, en fait l'incipit de Mort à crédit, dont des bribes me trottent parfois dans la tête, se mêlent parfois à mes pensées, s'y fondent même.

Nous voici encore seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste... Bientôt, je serai vieux. Et ce sera enfin fini. Il est venu tant de monde dans ma chambre. Ils ont dit des choses. Ils ne m'ont pas dit grand-chose. Ils sont partis. Ils sont devenus vieux, misérables et lents chacun dans un coin du monde.

Hier à huit heures Madame Bérenge, la concierge, est morte. Une grande tempête s'élève de la nuit. Tout en haut, où nous sommes, la maison tremble. C'était une douce et gentille fidèle amie. Demain on l'enterre rue des Saules. Elle était vraiment vieille, tout au bout de la vieillesse. Je lui ai dit dès le premier jour, quand elle a toussé : "Ne vous allongez pas surtout !... Restez assise dans votre lit !" Je me méfiais. Et puis voilà... Et puis tant pis.

Je n'ai pas toujours pratiqué la médecine, cette merde. Je vais leur écrire qu'elle est morte Madame Bérenge à ceux qui m'ont connu, qui l'ont connue. Où sont-ils ?

Je voudrais que la tempête fasse encore bien plus de boucan, que les toits s'écroulent, que le printemps ne revienne plus, que notre maison disparaisse.

Elle savait Madame Bérenge que tous les chagrins viennent dans les lettres. Je ne sais plus à qui écrire... Tous ces gens sont loin... Ils ont changé d'âme pour mieux trahir, mieux oublier, parler toujours d'autre chose...

Vieille Madame Bérenge, son chien qui louche on le prendra, on l'emmènera.

Tout le chagrin des lettres, depuis vingt ans bientôt, s'est arrêté chez elle. Il est là dans l'odeur de la mort récente, l'incroyable aigre goût... Il vient d'éclore... Il est là... Il rôde... Il nous connaît, nous le connaissons à présent. Il ne s'en ira plus jamais. Il faut éteindre le feu dans la loge. A qui vais-je écrire ? Je n'ai plus personne. Plus un être pour recueillir doucement l'esprit gentil des morts... pour parler après ça plus doucement aux choses... Courage pour soi seul !

Sur la fin, ma vieille bignolle, elle ne pouvait plus rien dire. Elle étouffait, me retenait par la main... Le facteur est bien entré. Il l'a vue mourir. Un petit hoquet. C'est tout. Bien des gens sont venus chez elle autrefois pour me demander. Ils sont repartis loin, très loin dans l'oubli, se chercher une âme. Le facteur a ôté son képi. Je pourrais dire toute ma haine. Je sais. Je le ferai plus tard s'ils ne reviennent pas. J'aime mieux raconter des histoires. J'en raconterai de telles qu'ils reviendront, exprès, pour me tuer, des quatre coins du monde. Alors ce sera fini et je serai bien content.


3. A l'instant, pour la première fois depuis bien des années, un autre Nicolas, Nicolas [B.] Quand l'ai-je vu pour la dernière fois ? En 2001. A l'instant, donc, il sortait de la station de métro, il a vite traversé, vite descendu la rue, vite disparu. Prochaine rencontré en 2019 ? Dans un texte que m'avait inspiré l'entrée « J'aime/Je n'aime pas » du Roland Barthes par Roland Barthes, j'avais écrit ces mots : « J'aime l'idée que Nicolas [B.] aura été mon dernier ami. »

(Extrait de notes prises cet après-midi.)


4. OnirikAttitude. Rêvé dans la nuit de mercredi à jeudi que je croisais F. au détour d'un couloir, là où je travaille ; cela ne ressemblait d'ailleurs pas forcément aux lieux tels qu'ils sont in real life mais peu importe. Comme de temps en temps - régulièrement ? - lorsque je suis chez moi, je ne porte qu'un caleçon, mais, précisément, je ne suis pas chez moi et aller au travail ne serait-ce que sans cravate m'est tout à fait impossible. Quoi d'autre dans ce rêve ? Aucune idée. Je me rappelle juste y avoir croisé F. au détour d'un couloir, et c'est tout.

Ce rêve rejoue en quelque sorte une brève rencontre avec F., croisé un soir de juin à la sortie de l'immeuble où je dînais et sur le chemin du retour au bureau. Peut-être mon inconscient me rappelle-t-il (mais alors à quelle fin ?) que F. a proposé un dîner, ce à quoi j'ai répondu d'un Pourquoi pas ? qui ne devait guère exsuder l'enthousiasme.


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

Alors ce sera fini et je serai bien content.


16/07/2010

09/07/2010

09/07/10 - 01:14

Où Monsieur Népomucène n'est pas gentil

Conversation*


L'autre : Salut, il me semble que l'on a déjà échangé qq messages, mais que tu n'as jamais voulu me dire ce que tu fais dans la vie ...
Monsieur Népomucène : Effectivement. :)
L'autre : Tu ne veux toujours pas me le dire ? au moins une piste ? ;-)
Monsieur Népomucène : Pourquoi voudrais-je te le dire ?
L'autre : Oh tu fais bien comme tu veux, mais je ne rencontre personne avant d'avoir une idées de ce qu'ils font dans la vie ?
Monsieur Népomucène : Ce n'est pas non plus comme si j'avais demandé à te rencontrer. :)

Votre interlocuteur n'a pas souhaité vous répondre...


* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.

28/06/2010

19/06/2010

19/06/10 - 15:34

Une vie de singe
Post en trop de points de Monsieur Népomucène


1. L'opération régime se poursuit.

Il serait temps de s'arrêter, peut-être.


2. Délesté d'une centaine d'euros par un pickpocket au cinéma. C'était la première fois que cela m'arrivait, et j'ai failli m'en apercevoir sur le moment même. Pourquoi ne pas avoir un peu déplacé mon sac ou simplement regardé par terre lorsque j'ai entendu ce léger bruit de fermeture éclair ?

Je ne déteste pas le pickpocket de m'avoir volé, je me déteste de m'être ainsi fait voler.


3. Mon précédent logement, je l'ai détesté, oh que oui, mais j'aurai tout de même mis quelques années à en venir là.

Mon logement actuel, il ne faudra peut-être pas un an pour que j'aie envie de le quitter.


4. Une solution me paraît devoir être envisagée (surmodalisation assez vilaine, je le reconnais, mais ce n'est qu'un (non-)blog de singe, alors n'en demandez pas trop). Peu satisfaisante sur le plan intellectuel et sur le plan affectif (oui, affectif), elle n'en présente sans doute pas moins une certaine efficacité immédiate.

Des boules Quiès, vite.


5. De toute façon, à la fin, on meurt.

Fin de la crise du logement.


14/06/2010

11/06/2010

20/05/2010

20/05/10 - 01:22

Point de vue
New Labour : de l'ascension à la chute, par Anthony Giddens
LEMONDE.FR | 15.05.10 | 13h01 • Mis à jour le 16.05.10 | 08h52



'ère de l'hégémonie du New Labour est révolue. Quel bilan en tirer ? Beaucoup aujourd'hui ont tendance à décrier l'action du New Labour au cours des treize années où il a été aux affaires. Même des observateurs bien disposés conviennent que peu de résultats substantiels ont été atteints. Pour les critiques les plus déterminés, le Labour au pouvoir – c'est-à-dire le Labour mué en New Labour – a généré plus qu'une déception ; ce fut un vrai désastre. Le parti a grignoté les libertés civiques, trahi les idéaux de gauche, n'a en rien réduit les inégalités et, le pire de tout, s'est lancé dans une guerre calamiteuse en Irak. Alors que le New Labour avait promis une "aube nouvelle", beaucoup se sont sentis floués.



"LE 'NEW LABOUR' N'EST PAS UNE SIMPLE FORMULE"

J'admets certaines de ces critiques. Mais on peut aussi leur opposer une défense solide de beaucoup des politiques de fond menées par les travaillistes. Et il est nécessaire de dresser un bilan équilibré si l'on souhaite que ce parti se fixe une orientation efficace pour l'avenir. Un point de départ réaliste pour y parvenir est de comparer l'action du Labour au cours de la période où il a été au pouvoir à celle de partis frères dans d'autres pays à peu près à la même époque – Bill Clinton et les démocrates aux Etats-Unis, les socialistes de Lionel Jospin en France et le SPD allemand dirigé par Gerhard Schröder.

Le Labour a réussi à rester au pouvoir plus longtemps qu'eux, plus longtemps même, en vérité, que tout autre parti de gauche dans la période récente, y compris les partis scandinaves. Les changements idéologiques qui ont motivé l'adoption du terme "New Labour" expliquent en grande partie ce succès électoral. Car l'appellation "New Labour" n'était pas une simple formule conçue pour masquer un vide politique.

Dès le départ, les architectes du New Labour ont procédé à un diagnostic convainquant des raisons pour lesquelles la politique de centre-gauche avait besoin d'innovation, et ils ont, sur cette base, défini un agenda politique clair. En gros, ce diagnostic établissait les points suivants : les valeurs de la gauche – la solidarité, la volonté de réduire les inégalités et de protéger les plus vulnérables, la croyance au rôle actif du gouvernement – demeuraient intactes, mais les politiques conçues pour atteindre ces objectifs devaient être radicalement redéfinies en raison des profonds changements que connaissait le monde. Ces changements étaient provoqués entre autres par l'accélération de la mondialisation, par le développement d'une économie post-industrielle ou de services et, à l'ère de l'information, par l'émergence d'une opinion publique qui s'exprime plus, qui est plus combative et qui marque moins de déférence qu'autrefois à l'égard des représentants de l'autorité (un processus que l'apparition d'Internet n'a fait qu'accentuer).

La plupart des propositions politiques du Labour ont procédé de cette analyse. L'époque de la gestion keynésienne de la demande, couplée à la mainmise étatique sur l'entrepreneuriat économique, était révolue. Une nouvelle relation entre l'Etat et les entreprises devait être établie, qui reconnaisse le rôle vital de l'entreprise dans la création de la richesse et admette les limites du pouvoir étatique. Aucun pays, aussi vaste et puissant soit-il, ne peut contrôler ce marché : d'où l'"offensive des cocktails de crevettes" que le Labour lança au milieu des années 1990 pour courtiser la City de Londres.

"TONY BLAIR, LOIN D'ÊTRE UN TRAVAILLISTE PUR SUCRE"

L'expansion de l'économie de services eut pour conséquence une forte diminution de la classe ouvrière, bastion historique des travaillistes. C'est pourquoi, pour gagner les élections, un parti de centre-gauche devait s'adresser à une catégorie beaucoup plus large d'électeurs, y compris parmi ceux qui n'avaient jamais voté travailliste jusque-là. Le Labour ne pouvait plus se contenter de ne représenter que des intérêts de classe particuliers. En Tony Blair – qui était loin d'être un travailliste pur sucre – le parti sembla avoir trouvé le leader parfait pour atteindre ce but.

La politique du Labour a évolué au cours de ses années au gouvernement. Certaines idées fondamentales, pourtant, sont restées les mêmes. La prospérité économique, dans un marché mondialisé, devait prendre la première place comme condition préalable à une politique sociale efficace. Une économie de plus en plus prospère générerait des ressources permettant de financer l'investissement public tout en évitant d'avoir à instaurer de nouveaux impôts. Le Labour chercha à rompre avec sa vieille tendance à "taxer pour dépenser". "Prudence" fut le maître-mot de Gordon Brown lorsqu'il était ministre des finances. Une gestion économique prudente était essentielle si l'on voulait augmenter les dépenses sociales et améliorer la justice sociale.

Dans ce domaine, le Labour dut affronter l'héritage désastreux des années Thatcher. L'inégalité avait plus fortement augmenté au Royaume-Uni au cours de ces années-là que dans tout autre pays industrialisé à l'exception de la Nouvelle-Zélande (laquelle avait également mené une politique thatchérienne). Le système de prestations sociales étant exsangue, l'investissement dans les services publics, accompagné de réformes visant à les rendre plus souples et plus adaptés aux besoins de leurs utilisateurs, devint le principe directeur de l'action des travaillistes. Le Labour ne serait pas le parti du "plus d'Etat", mais le parti de l'Etat intelligent.

Une autre caractéristique importante de la politique du New Labour fut son refus de laisser la droite s'approprier certains problèmes, et de leur apporter à chaque fois des solutions de centre-gauche. Cette stratégie, qui fut attaquée par certains au motif qu'elle mettait en danger les libertés civiques, fut un élément essentiel de la longévité du Labour au pouvoir. Dans d'autres pays, les sociaux-démocrates ont perdu le pouvoir en raison de leur incapacité à faire la même chose. Au lieu d'affronter directement les questions liées à la criminalité, au désordre social, à l'immigration et à l'identité culturelle, la gauche avait jusqu'ici voulu leur trouver des explications et les avait en fait esquivées – comme si les inquiétudes éprouvées par les citoyens étaient déplacées ou injustifiées. On partait par exemple du principe que la plupart des comportements criminels provenaient des inégalités et, donc, qu'une fois ces inégalités réduites, la délinquance diminuerait automatiquement. Sans nier le lien, le Labour adopta une autre attitude. Quand Tony Blair, dans le manifeste qu'il publia en 1997, s'engagea à se montrer "dur envers la criminalité et dur envers les causes de la criminalité", il ne s'agissait pas d'un simple slogan ; c'était un principe d'action qui fut effectivement mis en œuvre.

UNE POLITIQUE ÉTRANGÈRE ACTIVISTE

Evoquer à présent l'importance accordée par le Labour à la mise en œuvre d'une politique étrangère activiste pourrait sembler éloigné des préoccupations précédentes. Il n'en est rien. En raison de la mondialisation, politiques nationale et étrangère se superposent désormais beaucoup plus que par le passé. Même s'il est clair que la Grande-Bretagne n'est pas menacée d'invasion, elle doit être prête à jouer un rôle actif dans le monde. L'interventionnisme devient une doctrine nécessaire lorsque la souveraineté nationale a perdu une grande partie de son sens et que les préoccupations humanitaires universelles l'emportent sur les intérêts locaux. Le terrorisme transnational, lui-même généré par la mondialisation, constitue une menace bien plus grande que les formes localisées de terrorisme qui prévalaient autrefois.

Dans quelle mesure ces stratégies et politiques ont-elles porté leurs fruits ? S'il est évident que le bilan travailliste est imparfait, il serait pourtant difficile de nier que le Labour a eu un impact beaucoup plus fort que n'importe lequel des gouvernements de centre-gauche précédemment mentionnés. Le Royaume-Uni a connu dix années d'une croissance économique ininterrompue qu'on ne peut écarter d'un revers de manche en affirmant qu'elle n'était due qu'aux bulles de l'immobilier et du crédit. Cette croissance est intervenue alors qu'était instauré un salaire minimum national. Des investissements de grande ampleur ont été réalisés dans les services publics et des réformes importantes conduites dans les domaines de l'éducation et de la santé.

L'inégalité entre salaires et revenus a été contenue, même si elle n'a pas été réduite de manière significative. La condition des plus pauvres s'est toutefois nettement améliorée. Les objectifs de réduction de la pauvreté des enfants n'ont pas été atteints, mais avant la récession, 600 000 enfants ont été extraits d'une relative misère ; par rapport à une norme absolue, ce nombre peut être quasiment doublé.

Les programmes du New Deal et du Sure Start ainsi que les politiques de crédit d'impôt ont certes connu des difficultés, mais ils ont en général prouvé leur utilité. Même la PFI (Private Finance Initiative) tant décriée a fonctionné, surtout quand on la compare aux systèmes de financement public. La dévolution de pouvoir à l'Ecosse et au Pays de Galles a été pour l'essentiel une réussite, et une paix durable semble avoir été établie en Irlande du Nord. Les chiffres de la criminalité ont substantiellement baissé dans l'ensemble du Royaume-Uni et la Grande-Bretagne a réussi de manière plus féconde que la plupart des autres pays européens à s'adapter à une diversité culturelle croissante.

Venant d'un parti si souvent considéré comme antilibéral et autoritaire, ce sont là des réalisations appréciables dans la direction opposée. Le Labour a souscrit au Chapitre social de l'Union européenne ainsi qu'à la Convention européenne des droits de l'homme, adopté une loi sur la liberté d'information et instauré un partenariat civil pour les couples homosexuels. La Grande-Bretagne est devenue une société plus libérale et plus tolérante qu'avant, et les politiques du Labour ont incontestablement joué un rôle dans cette évolution. En matière de politique étrangère, l'aide à l'étranger a été portée à des niveaux bien supérieurs à tout ce qu'avaient fait jusque-là les gouvernements conservateurs.

DÉCISION CALAMITEUSE À PROPOS DE L'IRAK

Les interventions militaires en Bosnie, au Kosovo – où Blair a joué un rôle crucial pour inciter les Américains à envisager de déployer des forces terrestres – et en Sierra Leone ont été largement considérées comme des succès. Si seulement Tony Blair s'en était tenu là ! Rien n'a entaché plus fortement sa réputation que sa calamiteuse décision de devenir le principal partenaire de George Bush dans l'invasion de l'Irak.

D'autres erreurs graves ont été commises. Les expérimentations dans le domaine de l'image et de la gestion des médias au cours des premières années du gouvernement travailliste ont eu l'effet inverse de celui escompté et ont donné l'impression que le New Labour était plus préoccupé de communication que de politique. Blair a échoué à mieux intégrer la Grande-Bretagne dans l'Union européenne, et certaines relations étroites qu'il entretenait avec d'autres dirigeants européens – notamment avec le premier ministre italien Silvio Berlusconi – ne manquaient pas de surprendre.

Il était juste d'affirmer que le Labour devait améliorer son rapport au monde des affaires, et il était également juste de reconnaître l'importance de la City pour l'économie britannique. Mais ce fut une erreur fondamentale d'autoriser "l'offensive des cocktails de crevettes" à sombrer dans une dépendance servile, ce qui eut pour résultat de transformer le Royaume-Uni en une sorte de gigantesque paradis fiscal. L'idée selon laquelle le Labour devrait avoir "l'esprit absolument tranquille à l'égard des gens qui s'enrichissent de manière éhontée" n'a pas seulement exacerbé les inégalités au sommet de l'échelle sociale, mais a contribué à l'émergence d'une culture de l'irresponsabilité. Les patrons se protégeaient des risques qu'ils demandaient à leurs employés d'endosser.

BLAIRISME DIFFÉRENT DU THATCHÉRISME

Je n'accepte pas l'idée simpliste qui voudrait que le blairisme soit la simple prolongation du thatchérisme. La politique travailliste s'est traduite par une large intervention gouvernementale dans la vie économique – même si cela s'est produit surtout au niveau de l'offre. Et elle entendait sincèrement améliorer la justice sociale - une notion totalement étrangère à Margaret Thatcher, Keith Joseph et à leur gourou Milton Friedman. Pourtant Blair et Brown auraient dû affirmer beaucoup plus clairement qu'ils ne l'ont fait que reconnaître les vertus du marché ne veut pas dire se prosterner devant lui. Le fanatisme du marché aurait dû être plus explicitement critiqué et ses limites clairement dénoncées. Quant à la représentation proportionnelle et autres réformes constitutionnelles, le Labour aurait dû en faire une question de principe, et non donner l'impression de les défendre par opportunisme.

Les autres partis ont dû se repositionner par rapport à l'agenda fixé par le New Labour. Les conservateurs défendent aujourd'hui les droits des homosexuels, acceptent la nécessité de réduire la pauvreté, soutiennent les lois sur le changement climatique et l'énergie que le Labour a initiées, et poursuivront la plupart des réformes du marché du travail qui ont été mises en route. En défendant leur idée de "grande société", les conservateurs entendent s'inspirer des mêmes traditions communautaires que Tony Blair a en son temps défendues. Bien entendu, ils pourraient revenir sur ces engagements, mais pour l'instant ils paraissent sincères.

La crise financière mondiale, dont rares ont été ceux qui l'ont vue venir, semble avoir signé la fin du monde qui avait contribué à façonner le New Labour. Tout s'est brusquement inversé : le keynésianisme et l'intervention gouvernementale dans l'économie sont de retour. Plus personne ne nie la nécessité de trouver un moyen de réguler les marchés financiers qui semblaient autrefois omnipotents. Une taxe sur les transactions financières mondiales, jusqu'ici jugée totalement irréaliste, est de nouveau sur la table. Il est, somme toute, possible d'augmenter le taux d'imposition des plus riches.

Pendant ce temps, les principaux partis discutent d'un retour à une politique industrielle active et d'une renaissance de l'industrie manufacturière. Le changement climatique et d'autres menaces environnementales, dont le Labour ne s'est préoccupé que très tardivement, sont aujourd'hui au cœur des préoccupations politiques de tous. La planification, reléguée aux oubliettes depuis des années, est de nouveau d'actualité, tout comme les coupes sévères dans les dépenses publiques – l'exact contraire de l'audacieux et massif investissement social sur lequel était fondée la politique du New Labour. La prudence budgétaire a cédé la place à d'énormes emprunts et à une gigantesque dette cumulée.

LE NEW LABOUR EST MORT

Le New Labour en tant que tel est mort, et il est temps d'abandonner le terme lui-même. Pourtant certaines des évolutions sociales et économiques auxquelles il apportait une réponse sont toujours en cours, et des pans significatifs de son cadre de travail politique restent valables. Le Labour devra continuer demain à séduire des électeurs traditionnels et aisés, au sein d'une culture politique changeante dans laquelle les médias électroniques joueront un rôle de plus en plus important. Même s'il apparaît éminemment sensé de vouloir réduire la domination du secteur financier dans l'économie et encourager une renaissance de l'industrie manufacturière, le Royaume-Uni restera une économie post-industrielle dans laquelle les activités fondées sur les services et la connaissance resteront prédominantes.

La réforme des prestations sociales constituera un problème toujours aussi épineux, surtout lorsque l'efficacité des dépenses sera devenue une priorité. Mener une politique progressiste sur l'immigration et le multiculturalisme sans se couper de l'électorat demeurera une question délicate, tout comme celle de trouver une façon d'apaiser les peurs de la population à l'égard de la criminalité. Problématique, également, sera la manière de trouver un juste équilibre entre les libertés civiques d'une part, la protection du pays contre la menace du terrorisme international d'autre part. Keynes est redevenu à la mode, mais il ne peut y avoir de retour à une gestion keynésienne de la demande telle qu'elle a été pratiquée entre 1945 et 1979. Le défi auquel nous devrons répondre sera de préserver et d'améliorer la flexibilité et la créativité qu'engendrent les marchés tout en orientant ces qualités vers des objectifs à long terme socialement souhaitables.

Une révision fondamentale de la pensée est nécessaire et de nouvelles politiques doivent être définies. Le principal problème du Labour dans l'opposition sera de contenir les querelles intestines qui affectent tant de partis, surtout à gauche, au lendemain d'une défaite politique. La reconstruction idéologique pourrait jouer là un rôle décisif. Son point de départ pourrait être la redéfinition du rôle de la sphère publique.

Les "blairistes", pourrait-on dire, penchaient plus vers le marché que les "brownistes", plus attachés à l'Etat. La sphère publique doit toutefois être distincte à la fois des marchés et de l'Etat, et peut être utilisée comme un tremplin pour reconstruire les uns et l'autre. Si l'on en croit ses tentatives, à la suite de la crise financière, de réintroduire dans le débat politique la notion de mutualisme, il semble que le Labour tâtonne dans cette direction. Ces efforts encore timides doivent être poursuivis et mis au service de la construction d'une forme responsable de capitalisme, associée à une approche subtile des problèmes de durabilité.

Anthony Giddens est professeur de sociologie à l'Université de Cambridge et ancien directeur de la London School of Economics (1997-2003). Il a été le concepteur de la "troisième voie", socle de la refondation du Parti travailliste par Tony Blair, dont il fut l'un des principaux conseillers. Anobli en 2004, il siège à la Chambre des Lords.

© Anthony Giddens (article paru dans The New Statesman)

(Traduit de l'anglais par Gilles Berton)

16/05/2010

 

jeuneparisien1978

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Ce (non-)blog est rédigé sous le regard bienveillant de Népobitcheuh, mon gros singe... Il est beau, non? Népobitcheuh est une création originale de Jérômeuh.
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Lecture(s) en cours :


Je me permets de vous indiquer quelques blogs divers et variés qui présentent au moins pour point commun de tous m'intéresser, quoique ce soit parfois pour des raisons différentes.


[NB1: la liste des blogs n'est pas exhaustive]

[NB2: les descriptions que je donne ci-dessous doivent être lues comme l'expression d'une sensibilité qui m'est personnelle et non comme le reflet fidèle de la réalité objective de ce qui est décrit]

[NB3: si malgré l'avertissement précédent l'un ou l'autre des auteurs de blog ci-dessous évoqués considérait que mon propos, forcément trop synthétique et imparfait, donne une idée de son blog trop éloignée de sa réalité, qu'il n'hésite pas à me le faire savoir]

- le protocole, c'est le protocole:
Donc je place en haut de cette liste le blog de Samdech Norodom Sihanouk, ancien Roi du Cambodge. Pour l'anecdote, sachez que Samdech Norodom Sihanouk du Cambodge est favorable au mariage des homosexuels.

- catégorie plutôt culturelle/littéraire, ici et ailleurs:
Je recommande vivement le blog de Matoo , que je lis rarement mais de plus en plus souvent et toujours avec le plus grand intérêt. Des réflexions de son auteur sur ce qu'il peut lire ou voir. Toujours bien écrit et intelligent.
Je recommande autant qu'il est possible de recommander le blog de Waves, voire plus. De la vie, de l'intelligence, du talent. Du foutre aussi, ce qui ne gâche rien.
Le blog de Matthieux est bien écrit comme c'est pas permis.
Depuis peu est apparu le blog de Sixte , jeune "scribouillard" (dixit himself) qui, à mon humble avis, scribouille très bien.
Je peux aussi vous recommander le blog d'Olivier.
Mais à mon avis, vous feriez mieux d'aller voir directement son site personnel , d'une très grande richesse, très bien écrit, qui mêle étroitement création littéraire et journal personnel (je ne sais si "intime" serait approprié).

- blogs régulièrement lus sur ce site:
Le blog de MisterPatate, poétique, à sa manière peut-être, mais assurément poétique.
Le blog de Etasseureuh , sale gosse à l'humour décapant.
Le blog de Diabolito, sans doute ce qui se rapproche le plus d'un journal intime réussi (je ne dis pas par là qu'il est exhaustif; il me semble que la question de la qualité d'un "journal intime" et celle de son exhaustivité sont indépendantes l'une de l'autre), avec ce qu'il faut de finesse d'observation de l'existence humaine (je dis existence et non pas nature pour des raisons que je ne développe pas pour l'instant).
Le blog de Nico_Paris12, chez qui je retrouve parfois quelques traits de ma vie, mais perçus avec un peu d'humour.
Le blog de Ricroel, "drôle malgré lui" (J. Diabolito); Ricroel a écrit les scénarios et les dialogues de plusieurs films de Woody Allen.
Tant qu'à faire, vous pouvez aussi lire celui de Matth-dk, qui n'est pas sot non plus.
Le blog de Bamf, décalé, mi-déjanté mi-sarcastique mi-autodérision (je sais, ça fait trois moitiés, mais je n'ai pas fait maths sup', alors bon, hein).

- ailleurs:
Le blog de Ruxor, qui est très loin d'être sot et doué d'une grande aptitude à l'analyse de la vie (précision: ne pas interpréter ce que j'en dis comme un jugement, car ce n'en est pas un).
Je regroupe ensemble les blogs de Bradshaw, Dextropropoxyphèneet Paumé dont les univers me paraissent proches, et me fascinent.
______________________________________
Une fournée de nouveaux liens vous menant en divers endroits de la blogosphère (désormais par ordre chronologique d'ajout à mes liens) :

- chez Benoit, parce qu'il le vaut bien,

- chez freakydoll, parce qu'il y a du foutre et que ça me plaît,

- chez Elizabethtessier, électeur de trèmovèzfoa mais pratiquant parfois un humour 2bongoo2bonaloi, quoiqu'un peu cruel,

- chez Romain, parce que je trouve qu'il fait preuve d'une grande sensibilité, dans le meilleur sens du terme, dans ses articles sur ses relations avec les garçons,

- chez Jipé, un cadre sensible et plein d'humour, lecteur du journal dans lequel écrit Alexandre Adler, ce qui n'est pas une mince affaire,

- chez Pascal Riché, le correspondant aux Etats-Unis de Libération, et pas seulement parce que son blog m'a appris qu'aux Etats-Unis, à la piscine, les hommes se douchent collectivement et généralement sans maillot,

- chez Sébastien Cramoisi, parce que son blog est très bien écrit,

- chez Fanougreenboy, dont j'aime bien le blog-notes régionaliste,

- chez la Potiche Suprême, parce qu'elle me harcèle pour que je fasse un lien, et puis bon, quand même, c'est la Potiche Suprême,

- chez Kris, parce que c'est mon Lapon préféré.

- chez Sixte (bis), parce qu'il a ouvert un autre blog, ailleurs,

- chez Kevin Sites, journaliste indépendant, actuellement en Irak pour la chaîne américaine NBC (en anglais),

- chez Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre, professeur d'économie, etc., dont le blog avait été évoqué sur le sien par Nicolas,

- chez Glenn Reynolds, professeur de droit à l'université du Tennessee, qui s'intéresse notamment aux questions des nouvelles technologies, de la liberté individuelle et de leurs relations,

- chez Pierre Haski, correspondant de Libération en Chine.

- sur le blog A l'heure américaine, que Pascal Riché vient (janvier 2005) d'ouvrir avec son collègue Fabrice Rousselot, le précédent blog de Pascal Riché, consacré à l'élection présidentielle américaine de novembre 2005, n'ayant plus lieu d'être,

- chez Chapichapo dont le blog présente cette particularité qu'il est régulièrement mis à jour quoique définitivement fermé,

- chez Baptiste Coulmont, sociologue enseignant à l'université de Paris 8 - Vincennes,

- sur la république des livres, le blog de Pierre Assouline, journaliste et écrivain, ancien directeur de Lire, chroniqueur au Monde 2, critique au Nouvel Observateur,

- chez M. le faune, dont j'ai évoqué le blog dans un article du mien,

- chez mon iench', dont je trouve l'écriture poétique,

- chez Cadence_rompue, parce que ce sera intime, oui, très intime,

- chez Ataegina, dont l’univers, à tort ou à raison, me paraît proche-du-mien-mais-pas-tout-à-fait,

- chez Farkas, blogueur réformé, austère et progressiste, dont les articles sont parfois un peu pornographiques,

- chez Furt, blogueur au talent indéniable,

- chez Anatole (prénom fictif), pour son humour, pour ses qualités d’écriture, pour ses séries (bonnes lectures dominicales, jeunes giscardiens, belles cartes postales, etc.), pour Bernard Menez,

- chez Cathogay, dont le blog contient des lectures et des réflexions, le tout étant très intéressant, sur le sujet "être gay et être catholique" (et on n'est pas obligé d'être gay ni d'être catholique pour apprécier, hein),

- chez Oli, où l'on trouve des lectures, du ciné et de l'actu,

- chez Mike qui écrit de bien jolis récits de rencontre,

- chez Neimad, dont j'ai déjà parlé dans un récent post,

- chez Chickenfamille, qui raconte sa vie d'ado insipide (ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui),

- chez -alias- adoré, parce j'adore -alias- adoré, et que j'adore son blog,

- chez Margotte, parce qu'elle est bonnasse,

- chez Steve Zissou, parce qu'en fait c'est la grosse Babête,

- chez Alain Juppé, ancien Premier Ministre, ex-futur Président de la République,

- sur le kolkhoz-blog, centre de réflexion et de prospective sur le marxisme-léninisme,

- chez Gerboise, parce que, pour un vulgaire rat, il écrit bien tout de même (bon, en plus, il est beau, mais je ne vais pas vous dire un truc pareil, on va encore me trouver superficiel),

- sur Dyschromatopsy, photoblog que j'aime beaucoup,

- chez Pacannerabo, qui, en plus d'être mon p'tit Sarthois, a oublié d'être bête,

- chez Jean Quatremer, qui s'occupe des questions européennes à Libé,

- chez Morrissey, qui, en plus d'être trop beau, a oublié d'être con,

- chez Willywalt, qui souffre du même genre de défauts que Morrissey,

- chez Garûdûdû, ouaibmaster adoré de mon site préféré,

- chez Matt, qui souffre du même problème que Garûdûdû, et le suit dans l'ordre alphabétique,

- chez - mon Chapichapoupounénet à meuha, qui a ouvert un autre gue-blo en plus de celui évoqué ci-dessus,

- chez Hugoindigo, parce qu'il fait bon s'y promener,

- chez Matthieux, qui a ouvert un nouveau blog, ailleurs,

- chez M'sieu Pheel, parce qu'il est complètement ouf'.

Bloc permanent de la bogossité

Le principe est simple : si vous êtes l'une des personnes figurant dans ce bloc permanent, vous êtes invité à m'écrire. Je crois que je vous lirai avec plaisir.

Dans l'ordre alphabétique :


Benjamin Biolay


Daniel Brühl


Arnaud Cathrine


Lorant Deutsch


August Diehl


Jérémie Elkaïm


Jean Galfione


Louis Garrel


Richard Gasquet


Stanislas Merhar


Amalric Gérard


Melvil Poupaud


Stéphane Rideau


Guillaume Romain


Robinson Stévenin

Aurélien Wiik


Florian Zeller


Malik Zidi

Monsieur Népomucène may explode without warning
M
EXPLOSIVE

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