23/12/2005Déclinaison du jeudi : Vendu
Je me rends à l'hôpital où mon grand-père va mourir dans quelques jours. Il a oublié qui je suis, il ne me reconnaît pas. C'est peut-être là l'un des plus grands chocs de ma vie.
Il ressemble à un enfant. Ma mère lui caresse la joue en lui disant qui elle est. Elle non plus n'est pas reconnue.
Si, avant la mort, on redevient un petit garçon ou une petite fille, alors je veux bien rester un enfant toute ma vie, et ce même si on me reproche mon manque d'indépendance affective, ma sensibilité, mon repli sur moi-même.
Après l'enterrement, ma mère ma tante et moi-même vidons la maison. J'ai enregistré ça avec un magnétophone numérique que j'avais emprunté à l'atelier Son, car j'étais encore étudiant aux Beaux-Arts en ces temps-là.
Je n'ose pas écouter la bande aujourd'hui, je savais bien que je me ferai piéger par le son : c'est bien plus émouvant d'entendre la réverbération de cette chambre, ma mère et sa sœur, que de voir une photo.
Cette maison justement. Vendue.
Vendus mes souvenirs d'enfance, vendus mes dessins, vendues les cerises, les fleurs, les volets.
Parfois dans mes rêves, l'action se situe dans cette maison.
Cette maison que je regrette encore aujourd'hui.
16/12/2005Nerfs à vif
Je rentre de chez ma toubib. Je suis furieux.
Elle m'a encore dit que j'étais un enfant et que le monde n'est pas gentil, que c'est ma vie, que je dois prendre des décisions moi-même, que je devrais me passer de l'avis des autres. Faudrait que je sois un adulte.
Ça m'emmerde de me faire rembarrer comme ça. J'ai eu envie d'exploser, je ne l'ai fait qu'en partie et timidement. Cette femme est autoritaire et emmerdante, elle dit des choses vraies. Et comme je suis orgueilleux, je me bouche les oreilles.
J'ai dit que je ne comprenais pas. Que j'essayais d'être poli et gentil.
Mais le monde à l'extérieur est méchant et ça c'est vrai. Personne n'est ma mère et mon père à part mes vrais parents. Selon elle, je me plante dans mes relations avec les autres.
C'est vrai que je suis doux, que j'envoie rarement chier. Je suis gentil. Je ne gueule pas.
Alors quoi ? Je devrais être cynique à tout va ? Hurler comme un fou ? Ne plus m'occuper des autres ?
Julie me dit souvent que je suis au service des autres.
Trop bon trop con en somme.
Et c'est vrai que la vie est dure et que les gens sont méchants.
Je m'en fous si je suis un enfant jusqu'à 40 ans. Je me fous de vouloir me faire consoler en gnorlant dans mon journal. Je me fous d'être vulgaire parfois. "Grandis un peu" me dit ma toubib. Je me fous de cette dureté, que je devrais selon elle revêtir.
Oh hé ? Y'a quelqu'un ? J'ai quand même dit "Joyeux Noël les enfants".
Mais je suis seul ici ? Qui m'entend ? Pas de commentaires ?
Tiens, je suis seul ici, je m'en doutais un peu…
En tous les cas, j'embrasse fort ceux à qui je parle tous les jours sans exception et ceux qui sont super sympa avec moi, ils se reconnaîtrons, on fait une bande en marge.
Bonnes fêtes. 15/12/2005
Joyeux Noël les enfants :)
14/12/2005
Je me lève avec peine. Fatigué. Je m'habille. Dit bonjour au chat. Julie est partie. J'ai rendez-vous chez mon cardio.
Le rendez-vous se passe bien, on rigole même. Mon cœur va très bien. Mon infarctus est loin derrière.
Déclinaisons du jeudi pas à la bourre cette fois sinon c'est trop facile : Clou
Impossible de planter un clou droit. J'ai deux mains gauches en ce qui concerne le bricolage. Mais seulement avec des matériaux durs. Les matières flexibles comme du carton par exemple, j'en fais ce que je veux. Un vrai prodige.
Déclinaisons du jeudi à la bourre : Écarlate
J'étais en classe de sixième. Je me curais le nez. J'aime bien me curer le nez et me débarrasser de mes petits loups le matin. Ils sont tout durs et ils voltigent bien. Je n'aime pas ceux qui collent, impossible à s'en défaire.
Je me cure le nez joyeusement donc. Au premier rang. Inconscience folle. La prof me remarque et crie (décidément, les profs et moi ça fait deux) : oh mais il se cure le nez !
Et là, comme dans un manga, la caméra se resserre sur moi, écarlate. Puis, elle se déplace sur mes camarades, hilares. Y'a même des gros plans de gens qui rient en montrant du doigt.
Déclinaisons du jeudi à la bourre : Mal à l'aise
Je suis en CM2. Nous partons pour l'île d'Oléron en classe de mer. Je ne suis pas très rassuré de quitter mes parents. En plus, je n'ai pas la côte avec ma classe.
L'inspecteur de l'Académie nous accompagne. Vieux monsieur chauve à lunettes. Repoussant.
Parfois, il nous regardait nous doucher.
Un jour, nous étions plusieurs sous la douche. Nous nous lavions vite. Il nous observait.
Nous nous prévenions si il traînait dans le couloir. On enfilait nos robes de chambre et on filait sous la douche en prenant soin de fermer les portes.
Mais un jour je suis arrivé trop tard. Il m'attendait. M'a dit que je n'avais pas besoin de ma robe de chambre. M'ordonne de la poser.
Je n'ai jamais autant ressenti un mal à l'aise aussi puissant.
Je ne sais pas ce qu'est devenu ce porc. S'il a touché mes copains. Moi, il ne m'a pas touché. Mais je ne trouvais pas normal qu'il nous regarde.
Il y a plusieurs choses que je regrette de n'avoir jamais dîtes aux adultes lorsque j'étais enfant. La première, c'était la tyrannie de cette prof de CM2, la même année justement. J'en ai parlé dans mon journal, je souhaite qu'elle soit à la retraite aujourd'hui et ne plus jamais la voir. En tous les cas, si je la croisais, je me répandrais en ironie et en bons mots cinglants en face de cette connasse. Pareil pour cet inspecteur odieux.
Je souhaite juste que mes enfants soient capables de foutre leur main dans la gueule de ces gens-là, et de ne pas ressentir un mal à l'aise pareil.
12/12/2005J'aime (10)
J'aime relire mon journal et voir celui que j'étais avant.
J'aime enregistrer une émission, la regarder en accélérant, et m'arrêter pile au moment que je voulais voir. Comme ça, j'ai pu voir Dorothée hier chez Drucker. Grand moment.
J'aime manger du pain grillé sans rien dessus.
J'aime les légumes que tout le monde n'a pas l'habitude de manger.
J'aime avoir l'odeur de ma chérie sur mes mains.
J'aime quand la machine à laver finit son boulot.
J'aime acheter quelque chose et voir cette chose plus chère dans un autre magasin.
J'aime les petites bouclettes qui dépassent des chapeaux des gens.
J'aime attendre le soir.
J'aime préparer un cours de piano pour Lucien et voir que ça marche.
J'aime certaines heures de la journée.
J'aime relire des romans pour la centième fois alors que ça fait pas la centième fois en vrai.
J'aime penser que je vais passer une bonne soirée grâce à un chouette film diffusé à la télé.
J'aime recevoir un mail de quelqu'un que je ne connais pas qui dit qu'il aime ma musique.
J'aime qu'une plante se sente bien chez moi et qu'elle pousse.
J'aime éplucher des carottes.
Dans les films, j'aime lorsque le héros est poursuivi par une bête ou bien son pire ennemi et qu'il arrive à le semer.
Dans les films, j'aime quand les protagonistes finissent leurs assiettes.
J'aime le pain quand il a une certaine odeur.
J'aime les fruits frais en hiver.
à suivre…
11/12/2005C'est dimanche (merci The Graduate)
Questions in a world of blue
1.Dites nous qui est né(e) le même jour que vous ?
Bruno C., le frère de Nicolas, un ami à moi. Exactement les mêmes jours, mois, années. On a seulement quelques heures de différence.
2. Quand fut votre premier baiser ?
À la maternelle avec une fille.
3. Est-ce que vous avez déjà sérieusement vandalisé la propriété de quelqu'un ?
Non.
4. Avez-vous déjà frappé une personne du sexe opposé ?
Oui, c'était en 6ième et cette connasse va me le payer.
5. Avez-vous déjà chanté devant un grand nombre de personnes ?
Mais c'est mon métier mon chou !
6. Quelle est la première chose que vous remarquez chez l'autre sexe ?
Ses yeux.
7. Qu'est-ce qui vous excite vraiment ?
Qu'elle me fasse bander avec ses mains, pourquoi ?
8. Qu'est-ce que vous commandez au Starbucks ?
Rien du tout parce qu'il faut boycotter ces magasins qui fleurissent comme du chiendent.
9. Quelle a été votre plus grande bêtise ?
Voler du chocolat dans un supermarché et me faire pincer. Du coup ils ont appelé ma mère, et ça l'a humiliée vachement, j'en ai encore honte aujourd'hui.
10. Vous êtes vous déjà fait mal exprès ?
Mais bien sûr sauf que maintenant c'est fini.
11. Dites quelque chose sur vous, au hasard.
Je viens de me lever.
12. Est-ce que vous matez encore les dessins animés (films, tv) et les émissions pour enfants ?
Bien sûr car il y a des classiques : Robin des Bois, Alice au pays des merveilles, et les trucs vraiment fendards que font les grands enfants pour que les adultes y amènent leurs gosses et comme ça ils pourront les voir en même temps qu'eux sans en avoir honte sauf que moi j'ai honte de rien du tout alors.
13. Est-ce que vous avez porté un appareil dentaire ?
Non et je peux me foutre de la gueule de ceux qui en ont porté !
14. Est-ce que vous êtes satisfait de votre taille ?
Absolument.
15. Quelle est la chose la plus romantique qu'on ait fait pour vous ?
Ma chérie a fait des kilomètres pour venir me faire la surprise juste avant de monter en scène, ma chérie m'a offert des places pour aller voir Souchon, et en un mot, ma chérie EST le romantisme à l'état pur.
16. Quand savez-vous que c'est l'amour ?
Mais je le sais, c'est tout.
17. Parlez-vous d'autres langues ?
Oui, deux à peu près.
18. Avez-vous déjà fait des séances d'UV ?
Hé j'suis pas un pédé, moi !
19. Quel(s) magazine(s) lisez-vous ?
Télérama, Cosmo, Fluide Glacial, Les Inrocks, Charlie Hebdo, Libé.
20. Etes-vous déjà monté dans une limousine ?
Jamais.
21. Est-ce qu'une personne très proche de vous est déjà décédée ?
Oui.
22. Regardez-vous MTV ?
Oui, comme je regarde Équidia ou Bloomberg TV.
23. Qu'est-ce qui vous énerve vraiment ?
Pff, je viens de me lever là, tu vas pas commencer à me faire chier… L'injustice par exemple…
24. Qu'est-ce que vous aimez vraiment ?
Faire la cuisine, avoir une mélodie dans la tête.
25. Aimez-vous Michael Jackson ?
Bien sûr. "Thriller" est son meilleur disque de tous les temps. Rien que pour ça, il mérite les honneurs car cet album est merveilleux. Le triomphe de la musique black. À part ça, c'est un sale con.
26. Savez-vous danser ?
Quand j'ai bu quelques verres, je peux tout danser.
27. Avez-vous déjà sérieusement cru que vous alliez mourir ?
Le 11 juillet 2005, mais je me disais au fond de moi-même que ce n'était pas mon heure et que j'allais vivre. C'était juste un pépin de santé.
28. Est-ce que vous lisez vraiment les questionnaires des autres ?
Crétin, va !
10/12/2005Jour avec
- C'est ça, me laissez aucun commentaire, mais allez-y ! De toutes façons, je suis pas populaire ici. Et je ne l'ai jamais été. Comme le dit Dolphito, je suis en marge. Hé bien, restons en marge.
Au début avec Julie (hé oui, je suis amoureux donc je parle beaucoup d'elle, ça vous fait chier ? Bye bye !), à part ma famille et nos amis, sa famille n'était pas très jouasse de nous voir ensemble. On était dans la marge. Maintenant ça va un peu mieux. Mais c'est si bon d'être à part, parmi les nantis, pourvu que ça dure.
- Julie est chez ses parents justement. Je me suis réveillé seul ce matin, ça fait bizarre. Il me manque un bras. Hier soir, je m'inquiétais de la savoir chez eux, je me demandais dans quel état elle rentrerait. Souvent ses parents lui détruisent le moral, et moi vivant il faudra me passer sur le corps pour que quelqu'un - fusse-t-il le Pape - lui dise un mot de travers. Mais elle est super forte, l'autre jour elle a envoyé son père sur les roses, et hier soir elle m'a téléphoné bien, je suis rassuré.
- Quoi ? Une finale de Star Ac' Jérémy/Magalie ? Tous mes espoirs tombent à l'eau, c'est fichu. T'inquiète pas Pascal, tu restes le meilleur et tu vas grimper dans les charts bientôt. Et aux chiottes les deux finalistes !
- Avec Clem et Babou, nous avons fait des photos hier soir. Une petite idée que j'avais dans la tête pour les Brutes : se peindre les visages en noir, se vêtir en noir, le tout sur fond noir ou blanc. Et nos yeux grands ouverts. Ça le fait grave. Si vous êtes sages et me laissez 17 commentaires, peut-être que, et si Babou est d'accord pour montrer son boulot…
09/12/2005Brefitudes
- Nous sommes allés voir "Le temps qui reste" de François Ozon. C'est un film magnifique. Julie pleurait. Moi, je regardais ce type mourir à petits feux en me disant que je n'avais fait seulement que le quart du chemin : la maladie. En disant ça à Julie à la sortie du film, j'ai failli fondre en larmes. Mais pas de tristesse, non, juste pleurer parce qu'on est tous les deux en vie, en bonne santé, que je l'ai échappé belle, que je l'aime et accessoirement que je me fous de mon découvert grand comme le Luxembourg.
- En fait, c'est un film sur la vie plus que sur la mort. Y'a qu'à voir cette scène dans le train, où notre héros regarde une mère allaiter son enfant, et lui de sourire en se cachant un peu dans les rideaux.
- D'ailleurs, je profite de l'occasion pour vous donner des nouvelles de ma santé : je ne vais pas mourir, et je vais très bien, car je guéris tous les jours un peu plus. Bruno mon kiné m'a dit qu'aux examens que je vais faire la semaine prochaine, je vais déchirer ma race. Il m'a dit : on ne dit rien à ton cardio, laisse-le se frotter les yeux devant tes résultats.
- On a déprimé pendant tout le reste de la soirée en pensant au film. Pourquoi, je ne le dirais pas, mais maintenant ça va mieux. J'ai l'impression d'avoir servi à quelque chose hier soir, d'avoir été là avec elle, comme elle a été là avec moi. Ma nature me pousserait à en faire plus, voire même un peu trop, tellement je l'aime et que je veux qu'elle se sente bien.
- Petits essais de vie ensemble dans mon appartement. J'ai hâte… J'en parle tout le temps… Avoir un enfant avec elle, avoir une maison avec elle, ce sont des rêves qui vous paraissent lointains ? Trouvez l'amour de votre vie et c'est juste au fond à gauche.
08/12/2005En bref (suite)
- Julie est partie bosser. En pensant à elle, je l'imagine dans le bus, les marques du plaisir lui caressant encore le visage. J'écoute de la musique au casque encore sonné, je dodeline de la tête en rythme, je pourrais rester des heures comme ça, mon corps vidé, resplendissant, éveillé comme jamais. Je sens son odeur sur ma peau, je veux juste me passer de l'eau sur la figure, et moi aussi garder sur mon visage tous les signes du plaisir affichés devant tout le monde dans le bus.
- Ils ont réédité touts les albums de Lio, précipitez-vous. Le tout premier avec le "Banana split" est un chef d'œuvre de pop disco malin, intelligent et bien foutu musicalement. Enfin une lolita qui déchirait sa race à l'époque. Celles d'aujourd'hui sont bien niaises, Lio, au moins, elle envoyait du bois : "la chantilly s'écroule en avalanche, banana…"
- J'aime bien les orages avec un nuage noir et à côté de lui le ciel bleu.
- J'aime pas mettre la couette dans sa housse.
06/12/2005En bref
- Je me réveille déprimé. Julie est partie. Pas de bisou du matin. Je ne l'ai pas entendue partir. Sur la table, un mot. Elle m'en veut un peu de m'être écroulé hier soir. Trop fatigué, je ne lui ai rendu qu'à peine ses caresses. Je me dis que je suis nul.
- Je téléphone à mon cardio pour un rendez-vous de routine, normal, six mois après. Il m'annonce les examens de rigueur, et je flippe. Je ne veux plus être malade, je ne veux pas qu'on me trouve encore quelque chose.
- J'appelle pour re-signer mon RMI. Le type n'est pas là, moi je me barre le 16, faudrait qu'il se bouge.
- Mon bureau est recouvert de factures en retard.
- Momo m'appelle : il a tué la souris. En fait, il avait acheté de la glu, la souris s'y est prise dedans et il veut que je rentre à la maison pour que je lui en débarrasse car il ne peut pas la toucher. Saisi par l'horreur, je lui dit qu'il peut se brosser.
- Pour une fois, j'ai écrit un super morceau en un temps record. Ça s'appelle "Mon cœur va bien", c'est super beau, je suis content.
- Mon compte en banque s'écroule. Je vivrais encore à découvert pour le mois. Au delà de 400 euros, c'est l'interdit bancaire. Fais chier. Je sais bien que Julie s'en fout que j'ai pas de thunes, mais moi, je voudrais bien arriver avec des fleurs tous les jours. Et je peux pas. Alors je pense à ce que m'a dit Nicolas, de trouver un vrai boulot, une vraie maison, des thunes pour elle et moi… Voilà que je me met à crever de trouille comme lui, je vais simplement arrêter les cafés au shit qui me font psychoter en ce moment. Ça ira mieux demain. Je ne vais rien changer à ma vie, je serai à découvert, tant pis. Je ne vais pas travailler au Mac Do pour autant. Mon métier c'est la musique. Pas de concert, et les temps sont durs ? Hé ben tant pis, restons à la maison avec ma chérie, pour les soirs où je ne serai pas là car en tournée au Brésil. Mangeons des nouilles. Et mon cœur va bien, j'en suis sûr.
05/12/2005En bref
- Vendredi soir, concert. Je chante avec un petit rouge dans le ventre. Je suis détendu. Je me goure parfois dans les paroles. Personne s'en aperçoit. Tous mes amis sont là. Je suis ému, car ça fait depuis juillet que j'avais pas chanté en public. C'est une renaissance ? Non, pas trop, la vie continue, faut pas être baroque comme ça. Merci au cher public qui était là… En chantant, j'ai envie de Julie qui me regarde du coin de l'œil elle aussi. À la fin, je m'installe au piano torse nu et je chante des chansons d'Anne Sylvestre, Marie-Paule Belle. Les gens rigolent. Puis, je m'enquille plusieurs autres verres et ce qui devait arriver arriva, je me prends une mite carton. Je remballe le matos en titubant ; Mickey auparavant m'a fait une déprime, hop, je chope Clem qui le console ; je rentre m'étendre auprès de Julie. Là, enfin dans ses bras, je me laisse aller et je pleure. La semaine fut agitée.
- Samedi matin, Bruno me réveille sur mon portable. Je dois aller dans les Landes, je chante une chanson ce soir avec le Groupe Sans Gain. Mal au crâne, mais je gère. Je tombe de fatigue. Je suis sale. Je suis un rockeur, j'aime ça. Drogue, sexe et chanson française.
- Marie et Marie-Christine vivent ensemble depuis dix ans. Elles ont environ 60 et 52 ans. Elles forment le Groupe Sans Gain. Outre leurs voix chaleureuses qui se marient merveilleusement, les reprises goûteuses qu'elles font, Marie écrit et compose des chansons belles à fendre les pierres. Je suis bouleversé quand, à la fin du repas, Marie prend sa guitare et chante. J'ai les larmes aux yeux devant ces femmes qui chantent avec toutes leurs tripes. J'ai encore leurs chansons dans la tête, j'ai promis qu'en avril j'irai les enregistrer avec Bruno pour faire un disque.
- Sinon, j'ai écrit ça :
C comme Cœur
Mon cœur va bien / Il ne bronche pas / Mon cœur va bien / Je suis encore là.
Un jour mon cœur a trébuché / On l'a bien sûr rabiboché / Depuis, que vivent les courgettes / Le diamant blond des pâquerettes.
Mon cœur va bien / Il est à l'abris / Mon cœur va bien / Dans son jakuzi.
Sur mon chêne avec un hibou / Je sucrais les fraises et les choux / Depuis bien des choses ont changé / Je ne suis plus un naufragé.
Mon cœur va bien / Tout est silencieux / Mon cœur va bien / Excusez du peu.
Dans une maison près des landes / On me dira "qu'est-ce que tu glandes" / Que je ne fais rien de ma vie / En attendant, je suis en vie.
Mon cœur va bien / Et je suis tranquille / Je vais très bien / Je fais l'imbécile.
Je suis heureux comme un idiot / Et je sais faire la poule au pot / Je sais reconnaître les plantes / J'aime et je suis aimé, je chante.
Mon cœur va bien, mon cœur va bien.
02/12/2005En bref
- En allant chez le kiné, je râlais. Je me disais que ce serait le dernier concert des Brutes ce soir parce que tout le monde s'en fout. J'ai le sentiment que dans le groupe, plus personne ne s'intéresse à quoi que ce soit. Je reste très déçu que Nolwenn ait manqué la répet de lundi (mais bon, elle était coincée dans les embouteillages et après elle avait une autre répet) ; que Mickey annule notre résidence au Krakatoa en février (mais bon, il n'aura pas vu Élodie plus de trois jours en trois mois à cause de son projet avec Fred) ; que Nicolas ai vidé son sac rempli de mots amers envers moi. Je m'imaginais dire à Nicolas ce matin que c'est ma vie, que j'ai failli la perdre il y a six mois, que je glande rien si je veux, que je n'admettrais plus qu'on me dise ce que je dois faire. En fait, il voudrait que je valide ses propres choix de vie car lui, il crève de trouille. J'avais presque les larmes aux yeux lorsque je suis arrivé chez mon kiné. Julie me manquait terriblement à ce moment-là. Pas pour pleurer dans ses bras, j'ai déjà une maman. Juste pour elle, tout l'amour qu'elle me donne et que je lui rends. Cette fille m'aime tellement que c'en est bouleversant. Je vivrais bien ma vie dans ses bras, comme ce matin dans notre lit.
- Mon kiné m'a fait m'allonger sur le dos. Posé 5 kilos sur le ventre. Le dos bien collé au matelas, les jambes pliées, je devais respirer par à coups, et soulever le poids sur mon ventre. Parfois, les profs de chant lyriques font faire cet exercice-là. Il me disait : tout le poids que tu as, tu l'enlèveras quand je t'aurais retiré les sacs sur ton ventre. Sur ce, il a remit 5 kilos supplémentaires.
- Je suis rentré tout zen, je ne pensais plus les mêmes choses qu'à mon entrée. J'ai cuisiné en arrivant, parlé un peu à Pascal qui fumait son joint. J'ai regardé "Huit femmes" d'Ozon, j'ai hâte d'aller voir "Le temps qui reste".
- Je joue ce soir, je crève de peur, six mois que je n'avais pas joué. Je vais dormir un peu. Comment ça je ne fous rien ? Allez vous faire foutre.
Je suis toujours agressif avant un concert, mais sans le montrer trop, ça ne sert à rien de jeter les gens. Autant se donner à fond devant eux.
- Je trouve que j'ai eu une semaine chargée. Encore une fois, j'ai gardé mes rancœurs pour moi. J'aurais du gueuler un bon coup, au lieu de pleurnicher. Il n'y a qu'avec Julie que je me sens bien, nous faisons l'amour comme des dieux, plus ça va, plus je ne contrôle plus rien, je me laisse aller complètement. Parfois, c'est si fort que je tremble pendant quelques minutes.
- Julie je t'aime.
01/12/2005En bref
- Le concert de vendredi approche et je me sens de plus en plus dépressif. En ce moment, c'est Julie qui est plus forte que moi dans sa tête, j'adore me glisser contre elle, nus tous les deux, pendant des heures. Elle me protège et me rassure comme personne.
- Pascal s'installe et m'a parlé comme si j'étais un suzerain ou un métayer. C'est à peine s'il ne disait pas à son seigneur : "oui m'sieur Ingalls, j'travaillerai dur pour vous payer l'loyer à vous et à m'sieur Momo. Elle est belle mam'zelle Julie…". J'ai mis le hola tout de suite : Pascal, avec moi on est cool et je ne suis pas le maître du palais. Relax mon garçon.
- Clémentine et venue penaude à la maison. Il y avait du monde, et j'ai écouté ses problèmes malgré tout. J'ai senti qu'elle n'a pas tout à fait vidé son sac. Je m'en veux un peu aujourd'hui. Mais hier soir, je me suis mis au piano et je lui ai chanté des chansons tristes (du genre celles qui consolent : "Les gens qui doutent" d'Anne Sylvestre par exemple…).
- Ce soir c'est qui qui vont aller voir Harry Potter 4 ?
- J'ai réécouté Dick Annegarn, son premier album et c'est vachement bien. Putain qu'il joue bien de la guitare, ce pédé !
- J'ai de plus en plus de mal avec la fumée de cigarettes, pourtant je fumais comme un pompier il y a six mois.
- Déjà 8 mois de vie amoureuse. J'ai envie que ça fasse 10 ans.
- La cuisine est dans un sale état, c'est bouleversant. Je ne me sens plus trop chez moi, depuis que je dors chez Julie. J'ai l'impression de jouer à ce jeu de territoire de chez Parker, je sais plus son nom.
 |
| De plus en plus libre. De plus en plus fort. (_Snoop_)
Du coq à l'âne il n'y a qu'un pas. (Brigitte Fontaine)
Un duo, c'est très compliqué. C'est deux personnes, comme dans la vie normale. (impayable Raphaëlle Ricci) |