27/11/2005Q.I. --> K.O. ?Dans tous les bouquins sur la théorie de l'évolution, on aime à répéter que l'espère humaine est l'espèce qui possède le cerveau le plus développé et donc que le comportement humain est le plus complexe et le plus avancé.
Mais ces temps-ci je me demande si c'est plutôt un avantage ou un inconvénient...
Les animaux vivent.
Le but de l'animal est juste de survivre, de trouver à manger, de se reproduire. Leur facon de vivre repose sur quelques principes de bases très simples qui semblent être les concepts archaiques de toute vie.
L'Homme vit et ...
Le but de l'Homme moderne et de survivre, de gagner de l'argent, de trouver un partenaire sexuel dont le but n'est pas la reproduction dans la majorité des cas, de prospérer, etc.
La vie de l'Homme moderne est dirigée par toutes sortes de concepts et il semble qu'il existe autant de concept que d'Homme vivant sur cette planète.
Cette hétérogénéité n'est-elle pas la cause de la profonde division qui est en train de s'opérer entre les Hommes ? La réalisation de nos propres objectifs, qui différent de ceux des membres de notre propre espèce, passe avant tout.
Arfff, c'est un peu confus, c'est difficile à expliquer ce que je ressens. Mais hier j'ai assisté à une scène vraiment banale mais qui m'a ému au plus haut point. Une femme clocharde dans la rue, assise sur un trottoir gelé, qui tendait la main aux passants trop pressés de rentrer chez eux dans un appartement chauffé. Elle avait un regard que je n'oublierai jamais. Perdu, vague, résigné. Comme si elle était dépersonnalisée, comme si elle n'attendait plus rien de la vie, comme si elle attendait juste que le temps passe. Et puis une dame agée lui donne quelques pièces et lui caresse le visage. Mon coeur s'est alors serré, j'ai pleuré de honte. Comment se fait-il qu'une telle exclusion soit possible. Comment se fait-il que cela ne nous choque plus, que cela soit devenu admis par la société. Car soyons honnête, un clochard dans la rue n'est plus une image étonnante, c'est devenu un fait commun.
En poursuivant ma réflexion, je me suis dis que c'était ma nature humaine qui me faisait me rendre compte de tout ceci. De part ma nature humaine, je ressens la solitude, l'exclusion, la peur mais aussi l'amour, l'amitié, la joie. Des sentiments négatifs mais aussi des sentiments positifs. Une balance à l'équilibre fragile qui oscille entre la joie et la peine pour simplifier les choses.
Mais ces temps ci la balance ne pencherait-elle pas de plus en plus du côté de la peine et de la souffrance...? Si vous ne regardez que votre propre vie, peut être que non et je vous le souhaite. Mais si vous regardez d'un point de vue global ??
Le monde animal ne semble pas avoir de balance. Les animaux ne semblent pas avoir conscience de cet division du monde. Est-ce forcément une mauvaise chose, est-ce que nous devons nous estimer heureux de pouvoir comprendre ce qui nous entoure ?
Je ne sais pas ...
Arfff c'est assez confus, je ne sais pas si j'ai réussi à faire passer ce que je voulais dire mais mes croyances personnelles ont beaucoup changé ces derniers temps. Mes objectifs changent, mes priorités ne sont plus les même que celles d'il y a quelques années, quelques mois... Mais bien évidemment mes priorités ne sont pas celles d'autres personnes et leur réalisation engendrera forcément l'irréalisation des objectifs d'autre(s) personne(s). Le fait que nous vivons dans un monde à ce point égoiste est-il devenu si établi dans la société que plus personne ne semble s'en rendre compte (et je m'inclus dans cette société, je ne cherche pas à passer pour le bon petit soldat) ...
L'évolution est-elle forcément une bonne chose ?
J'ai peur d'affronter ce monde si brutal.
Etre adulte n'est-ce pas se rendre compte de ce profond égoisme qui constitue le monde et de l'admettre ?
Je ne sais pas ...
Je ne suis plus sûr de grand chose ces derniers temps...
26/11/2005J-91, ça ira mieux demain ...J'ai essayé de reporter le moment où je compterai les jours avant mon retour en France le plus longtemps possible mais là je ne tiens plus... Il reste donc 91 jours avant mon retour en France soit un peu plus de trois mois.
J+365 et voilà un an que je suis célibataire ...
Arfff ... Je me suis déjà bien laché sur le sujet avec mes envolées lyriques de désespoir, mes doutes, mes plaintes, etc.
Je vous épargnerai donc le couplet de la date anniversaire éloigné de tout le monde car franchement ça en devient pathétique.
16/11/2005flemme aigue ...Aujourd'hui, j'ai eu envie d'écrire un post passionnant sur comment mes amis changent quand ils sont en couple mais j'ai pas le courage...
Je ferais ça un de ces jours 03/11/2005Solitude²La nuit est tombée depuis bien longtemps. En Hongrie, comme en France, les horloges ont reculé ou avancé d'une heure je m'y perds toujours dans ces affaires d'heures d'hiver ou d'heures d'été. Le résultat est qu'il fait nuit bien plus tôt. L'obscurité gagne du terrain sur la lumière …
En ce moment je suis confronté à une double solitude que je n'ai jamais éprouvée. Je n'ai pas de copain mais je connais ce sentiment et il me semble que je commence à m'y faire. Non pas que je cherche à ce que cela devienne une habitude mais on ne combat pas le célibat. Cela ne sert à rien. Autant l'admettre et laisser le temps faire les choses, c'est moins douloureux. Bien évidemment, il est des soirs, des journées, des matins où le sentiment cruel de ne pas être attendu par quelqu'un, de ne pas être dans les pensées de quelqu'un, de ne pas faire partie de la vie de quelqu'un se fait tellement ressentir qu'il en devient presque blessant. Mais comme je le disais, combattre ce sentiment rend les choses encore plus difficile et rend la douleur encore plus aigue.
Mais le copain absent n'est qu'un patchwork des anciens copains mélangés à l'image de l'homme idéal que nous concevons tous au fin fond de notre cerveau et il en résulte une sorte de personnage flou qu'il est difficile de s'imaginer quoique ce soit.
A l'inverse nos amis sont des personnes bien réelles avec qui on a visité des endroits bien réelles, chantées des chansons bien réelles, bus des boissons bien réelles … Et là, l'absence commence à se faire cruellement ressentir. Je n'ai pas l'impression d'être moi-même ici. Je sais qu'avec mes vrais amis je peux me comporter comme j'en ai envie sans éprouver aucune gêne ou sans ressentir aucun jugement de leur part mais ici il faut se conformer aux gens. Ne pas sortir du lot… J'ai essayé de mettre un peu de fraîcheur et de folie au sein du groupe de travail mais rien de bien concluant et j'ai vite compris que je devais jouer le rôle du parfait petit ingénieur qui a une calculatrice dans le cerveau et un micro-processor à la place du cœur. Tout peut s'analyser suivant le schéma: problèmes – solutions envisageables – calcul de la solution la plus bénéfique d'un point de vue coût/besoin – application de la solution pour résoudre le problème etc.
Bref, le travail a vite été un lieu d'intérêt personnel limité et d'un autre côté cela me semble normal. Mon travail n'est pas ma passion. Je l'ai longtemps cru mais en fait je m'aperçois que c'est juste le moyen de gagner de l'argent et de profiter de tout le reste … (long sujet auquel j'ai beaucoup réfléchis et rédaction d'un article par la suite, peut être car sans grand intérêt)
Une fois rayé travail de ma liste d'occupation à Budapest, il ne restait pas grand-chose si ce n'est pour dire : rien. J'ai donc décidé de me tourner vers mes chers homologues homosexuels hongrois pour pimenter un peu ma vie à l'étranger. Résultats des courses : un ami. Bon de ce côté-là je suis plutôt content. Je n'ai jamais vraiment eu d'amis homos comme celui là. Celui avec lequel on va dans des endroits publics et où on évalue la qualité de la gente masculine suivant des critères au combien superficiels, celui avec lequel on parle de sexe sans aucune retenu, celui qui nous rend des services sans rien demander en retour (et j'ai eu recours à ses services de nombreuses fois), etc. Mais ce cher Erik a un copain et je ne peux pas abuser de son temps trop souvent. D'autres essais moins concluants qui se sont suivant traduits par des rencontres purement sexuelles sans aucun intérêt post coïtal.
Résultats des courses: je me sens bien souvent seul si loin de mes amis et je me rend compte combien ils sont précieux.
Un dimanche après midi sur la Terre.Je me promène dans les rues de Budapest. Pas tout à fait inconnues mais pas tout à fait connues non plus. Il m'arrive d'être surpris au coin d'une rue par tel ou tel magasin que je m'attendais à trouver à quelques pas de là mais parfois je peux me figurer parfaitement à quoi ressemblera la rue au prochain tournant. Ma mémoire préfère se rappeler de certains endroits plutôt que d'autres, aller savoir pourquoi… Peut être le souvenir d'une personne, d'un moment, d'un lien avec un lieu similaire en France.
Les gens semblent heureux. Il ne fait pas encore assez froid pour mettre un manteau mais il ne fait plus assez chaud pour rester en tee-shirt. Cependant un franc soleil domine le ciel bleu et l'air frais d'Octobre me revigore. Je ne sais pas pourquoi mais cette journée me rappelle mes dimanches quand j'étais enfant et que mon père venait me chercher pour aller se promener à Annecy. La fin du week-end approchait mais je savais qu'il me restait encore une longue journée à passer. On achetait des farces et attrapes, des bonbons, des livres. Mon père avait tendance à me gâter. Probablement pour se faire pardonner son absence les autres jours de la semaine.
Aujourd'hui je retrouve ce sentiment que j'éprouvais étant enfant. Une joie mesurée, un sentiment de vivre un moment qui restera détaché de tous les autres. Un moment pas tout à fait joyeux mais pas tout à fait triste.
J'ai l'impression que j'ai beaucoup appris ces derniers temps. J'ai réussi à admettre que finalement la vie n'était ni une comédie, ni une tragédie. J'entends par là que rien n'est jamais parfait mais que tout n'est pas toujours perdu. Par le passé, j'avais le défaut de toujours vouloir que tout aille toujours pour le mieux. Si les choses ne se passaient pas comme je le souhaitais alors j'étais épris d'un malaise et d'une morosité qui m'affectaient au plus haut point.
A présent les évènements du monde extérieur ne me touchent plus aussi directement. J'ai développé une sorte de filtre par lequel ils doivent transiter avant de m'atteindre. A travers ce filtre, les évènements perdent de leur manichéisme. C'est comme si une épée tranchante tentait de m'atteindre mais qu'elle doive auparavant passer à travers une série de meules qui arrondiraient son extrémité. Un bleu à l'âme au lieu d'une plaie ouverte.
Ainsi, je vis beaucoup mieux. Je m'assume beaucoup mieux. Je me plais beaucoup mieux. Il n'y a aucun narcissisme dans cette attitude, c'est juste que je suis en accord avec moi-même et par conséquent je me sens beaucoup mieux avec moi-même. Il n'est finalement pas aussi nul que ça ce Mathieu…
J'aime être homo. J'aime prendre du temps pour m'habiller avant de sortir alors qu'avant je ne pensais pas que cela valait la peine vu que je ne m'imaginais pas capable de plaire. Je ne dis pas que je suis un Apollon mais je ne me considère plus comme un laideron. J'apprécie toutes les petites subtilités de la vie qui m'apparaissent beaucoup plus nettement maintenant que je m'autorise à les approcher.
J'ai encore appris beaucoup d'autres choses mais ce sera pour un prochain article …
Sur ce, bonne fin de week-end à tous et à très vite…
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