Vous qui partez en voyage
Voilà, l’année 2006 s’est terminée en beauté, en compagnie de quelques uns des héros de ma petite vie. Et oui, GA est mon fournisseur officiel de héros depuis quelques mois.
Mais, après avoir passé la nuit à Paris, il est temps de revenir au camp de base. La ligne 11 dans le brouillard, la 5 dans un demi sommeil. Gare d’Austerlitz. Mon train est déjà à quai, départ pour Orléans dans une demi heure. Je traine ma carcasse vers la voiture de tête, choisi un compartiment vide et monopolise une banquette entière pour m’allonger, et sombre immédiatement.
Quelques minutes plus tard, une voix grave et agréable retentie dans le compartiment: “voici quelqu’un qui a dû réveillonner bien tard” Les yeux fermés, envouté par cette voix, je ne sais pas trop si je dors, si je rêve. Je répond vaguement à mon interlocuteur invisible qui ajoute: “Bonne année au fait”. Je ne résiste plus à la curiosité de mettre un visage à cette voix posée. Je me relève mollement et découvre face à moi un charmant garçon, aux yeux marrons pétillants et aux cheveux bruns hirsutes. Nos regards se fixent, nous nous sourions. Il s’installe face à moi.
Mais entrent ensuite six garçons tout à leurs souvenirs de la nuit passée à Paris. Ils occupent la conversation, le garçon brun et moi nous contentons de nous sourire et d’échanger des regards.
L’ambiance étant détendue, nous prenons chacun nos aises si bien que nos genoux et nos mollets sont au contact. Ni l’un ni l’autre ne bouge pour autant. Nous restons ainsi tout le temps du voyage jusqu’à la gare d’Orléans.
10 minutes d’arrêt. Les six garçons descendent ici, mon brun ne semble pas bouger, je dois descendre également mais je laisse partir les garçons. Je suis à nouveau seul dans le compartiment avec lui. Je m’étonne qu’il ne descende pas ici, il me dit qu’il descent au prochain arrêt. Mon intention de lui offrir un café tombe à l’eau. Je lui demande s’il habite ici. Non plus, il est parisien, mais rejoint ses parents. Je suis Orléanais, et rejoins mon appartement.
“Au revoir monsieur le parisien”.
“Au revoir monsieur l’orléanais” sera sa réponse.